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Grandir, c’est se réconcilier avec la notion que la Terre ne tourne pas autour de nous. Un très bel essai publié il y a quelques jours dans le New York Times, On Being Nothing, mérite d’être lu, si vous êtes confortables avec l’anglais.

À chaque étape de notre vie, nous désirons être remarqué et voir notre importance confirmée par les autres. Les bébés ont autant besoin d’affection que de lait. Les enfants qui joue ne veulent pas de notre participation directe mais désirent plus que tout être regardé : Regarde maman, ce que je peux faire!

Les adolescents dont le désir principal est d’être populaire ou ‘’comme les autres’’, ne regardent pas les autres de leurs propres yeux; ils essaient plutôt de deviner comment les yeux des autres les voient.

Lorsqu’ on vieillit ou qu’on se rapproche de la mort, nous nous inquiétons de laisser notre marque, nous voulons que les autres se souviennent de nous, de notre existence.

Les gens des petites villes racontent souvent qu’ils les ont quittées parce qu’ils se sentaient étouffés par le regard des autres et leurs jugements.  Certains au contraire, se rappellent avec plaisir la reconnaissance et le sentiment d’appartenance que leur apportait cette petite communauté.

Il y a un conflit intérieur qui fait rage en chacun de nous. Nous voudrions être à la fois autonome et indépendant, mais aussi faire partie ou appartenir à quelque chose.

Il y a toujours un moment dans notre vie où nous réalisons que nous sommes une toute petite partie d’un immense puzzle. Cela survient souvent lorsque l’on change de milieu de vie; en arrivant à l’université dans une ville étrangère, en déménageant dans une grande ville, ou en émigrant dans un autre pays.

Le besoin d’être reconnu et remarqué est probablement plus fort et plus apparent chez un extraverti que pour une personne introvertie, mais, à moins d’être un ermite ou un misanthrope, nous avons tous besoin d’une certaine validation.

Les introvertis la trouveront auprès de leur famille et leurs amis proches. Les extravertis auront besoin d’un regard provenant d’une source plus publique et ratissant plus large.

Comme je le disais au début, la maturité vient en partie de la réalisation que notre petite personne n’est qu’une parcelle d’un tout immense, et qu’il y a tout un monde qui n’a, et n’aura jamais conscience de notre existence.

Cela me rappelle un incident avec Charmante Ado alors qu’elle avait environ deux ans. Nous avions passé un bon moment au terrain de jeux et il était temps de partir. Après plusieurs encouragements de notre part à nous suivre jusqu’à la voiture, elle refusait toujours de quitter les lieux. Nous avons finalement dû la prendre dans nos bras et l’amener à la voiture. En l’attachant dans son siège, je lui expliquais qu’on ne pouvait pas toujours faire  tout ce qu’elle voulait, que parfois papa et maman avaient d’autres choses tout aussi importantes à faire.

Elle a réagi fortement à la mention que nous ne pouvions pas toujours faire ce qu’elle voulait. Elle a lancé dans un élan de désespoir, en pleurant à chaudes larmes : Pourquoi, pourquoi? Moi veux!!

Je crois, qu’à ce moment là, elle a ressenti un choc en réalisant, de façon confuse à cet âge bien sûr, que la Terre ne tournait pas autour d’elle.

Il y a quelques années, un dessin humoristique du magazine New Yorker montrait un homme accoudé à un bar qui disait au barman : Je sais que je ne suis rien, mais je suis tout ce que j’arrive à  penser.

En vieillissant, nous avons généralement moins besoin de ce regard externe pour nous donner une valeur à nos propres yeux, nous apprenons à relativiser les choses qui ne méritent pas qu’on s’y attarde et à attacher de l’importance aux choses vraiment importantes selon nos valeurs.

Nous pouvons  nous concentrer sur notre propre contribution à ce monde et nous contenter de la satisfaction d’avoir vécu une existence en accord avec nos valeurs. Nous pouvons aussi reconnaître que ce besoin d’exister dans l’œil de l’autre est, quoiqu’à un degré variable, quelque chose d’universel, et nous efforcer d’accorder cette reconnaissance aux autres. Un regard, un petit geste, une attention, peuvent réconforter une personne qui passe un mauvais moment, ou tout simplement illuminer la journée d’une personne qui se sent invisible.

 

Ce n’est pas le bol de soupe ou le morceau de pain qui garde les gens en vie. C’est de savoir que quelqu’un pense à eux et se soucie d’eux.    –   Mère Teresa
Nous ne saurons jamais tout le bien qu’un simple sourire peut être capable de faire.   –   Mère Teresa

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