Une série de petits actes

action

Des études tendent à démontrer qu’un moyen sous-estimé d’être plus heureux est d’essayer de rendre les autres plus heureux, à travers des actes prosociaux, que l’on peut définir comme étant des  comportements d’aide, dirigés vers les autres dans le but de leur apporter un avantage voire un bien-être physique ou psychologique.

Une étude récente examine quels types d’activités prosociales procurent le plus grand sentiment de bonheur ou de satisfaction pour la personne qui donne. Intuitivement, nous pourrions penser que les gestes destinés à accomplir de grands objectifs prosociaux, comme de rendre quelqu’un heureux, engendreraient la plus grande satisfaction pour le donneur.

Les chercheurs ont fait une série de quatre exercices pour vérifier cette hypothèse. Les résultats suggèrent que les objectifs prosociaux concrets et plus facilement atteignables donnaient de meilleurs résultats que les objectifs de grande envergure.

Les participants étaient séparés en deux groupes pour chaque exercice. Pour le premier exercice, on a demandé à un groupe d’essayer de faire sourire quelqu’un d’autre, dans les prochaines 24 heures. Le deuxième groupe devait essayer de rendre une personne heureuse durant la même période.

Le jour suivant, chaque participant devait répondre à un questionnaire où on leur demandait des questions destinées à mesurer leur niveau de bonheur. On leur demandait d’évaluer si l’acte de la veille avait créé une sensation de bonheur ou de satisfaction pour eux. Ils devaient aussi indiquer dans quelle mesure l’acte qu’ils avaient exécuté la veille était destiné à susciter un sourire ou du bonheur.

Le deuxième exercice a encore une fois demandé à de nouveaux participants, séparés en deux groupes. de faire sourire quelqu’un ou de tenter de rendre heureuse une personne, dans les prochaines 24 heures.

Le jour suivant, les participants ont répondu à un questionnaire qui avait pour but de mesurer trois éléments. Le premier leur demandait d’évaluer si l’acte de la veille avait créé une sensation de bonheur ou de satisfaction chez eux. Le deuxième item mesurait l’ampleur de l’écart entre les attentes et la réalité, en demandant aux participants d’indiquer à quel point le résultat réel avait rencontré leurs attentes et les chances qu’ils s’étaient donnés de réussir. Le dernier élément demandait aux participants d’indiquer à quel point, l’objectif qu’ils avaient en tête, était spécifique et concret.

Les participants qui ont accompli des actes de gentillesse en tentant de faire sourire une personne en ont retiré une plus grande satisfaction que l’autre groupe qui tentait de rendre une personne heureuse. Un but plus modeste réduit la différence entre notre perception de nos chances de réussir et le résultat obtenu en réalité.

Les participants avaient faussement jugé que des tentatives de rendre une personne heureuse entraîneraient un plus grand sentiment de satisfaction, que des efforts pour faire sourire quelqu’un. Pourtant, contrairement à leurs attentes, ce sont les petits gestes concrets qui ont eu le plus d’impact sur leur bien-être personnel.

On peut voir dans ce résultat une certaine analogie avec les études qui rapportent que les gens seront plus enclins à aider ou à porter secours à un individu qu’à un vaste groupe de personnes.

Une des raisons évoquées pour cette réticence à aider un groupe important, est que les gens ont le sentiment que le problème est trop gros pour que leur geste ait un impact quelconque. La perception des gens serait qu’ils auront plus d’impact en aidant un individu qui en retirera un bénéfice immédiat.

Cette étude-ci tend à démontrer que des objectifs trop vagues ou ambitieux diminueront l’envie d’agir et que si l’on décide tout de même d’aller de l’avant, on en retirera moins de satisfaction personnelle.

Si l’on examine la question des personnes ou organismes qui tentent d’amasser des fonds pour des problèmes de taille;  il peut être rationnel pour les gens d’être réticents à donner pour ces causes, vu que des dons à plus petite échelle ou à des individus en particulier semblent plus concrets et qu’ils en retirent une plus grande satisfaction.

Lorsque les gens s’attendent à changer la vie des autres en faisant du bénévolat ou d’autres actes prosociaux, l’écart entre leurs aspirations et les résultats réels engendre fréquemment un sentiment de frustration et de désappointement, ce qui rend l’acte d’aider les autres plus négatif que positif, lorsqu’on examine la satisfaction ressentie.

Il serait donc plus pertinent et réaliste de procéder à petits pas, avec des objectifs simples et atteignables, comme essayer de faire sourire les gens, au lieu de tenter de régler tous leurs problèmes.

De cette manière, nos actions auront un impact positif et nous y gagnerons aussi en augmentant notre sentiment de bonheur.

Dans le titre: Accomplir de grandes oeuvres par une série de petits actes.   –    Tao te King
Rappelez-vous qu’il n’y a rien de tel qu’un petit geste de bonté. Tout acte crée une ondulation sans fin logique. – Scott Adams

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