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bilinguisme

J’ai lu un article intéressant récemment dans le New York Times.  Selon cet article, il semblerait que le fait d’être bilingue nous rendrait plus intelligent. Voici les grandes lignes de cet article.

Il y a des avantages indéniables à parler et à comprendre plus d’une langue surtout à l’ère de la mondialisation. Toutefois, ces dernières années, les scientifiques ont découvert que ces avantages sont encore plus fondamentaux que de simplement être capable de parler à une plus grande variété de personnes.

Être bilingue a un impact profond sur notre cerveau, allant même jusqu’à améliorer nos capacités cognitives, même celles non reliées au langage et pourrait possiblement  être un rempart contre la démence liée à  la vieillesse.

Durant la plus grande partie du vingtième siècle, les chercheurs considéraient qu’un deuxième langage était une interférence pour les fonctions cognitives qui nuisaient au développement intellectuel et académique d’un enfant.

Il semble qu’ils n’avaient pas tout à fait tort, il y a bien une interférence;  dans un cerveau bilingue, les deux systèmes langagiers sont actifs même lorsqu’un seul langage est utilisé, ce qui amène un système à interférer avec l’autre.

Cependant, cette interférence ne serait pas négative contrairement aux conclusions antérieures, loin d’être un handicap, ce serait même une bénédiction. Cette interférence oblige le cerveau à résoudre ses conflits internes ce qui renforce les fonctions cognitives.

Les personnes bilingues seraient plus adeptes à résoudre certains types de puzzles mentaux.

Un nombre important d’études suggèrent que le bilinguisme améliore la fonction exécutive  du cerveau; le système qui dirige les processus attentionnels que nous utilisons pour planifier, résoudre des problèmes et accomplir d’autres tâches exigeant un effort mental.

Un des processus attentionnels est la capacité d’ignorer les distractions pour rester concentré, être capable de déplacer notre attention d’une chose à l’autre tout en gardant l’information en tête, par exemple en se souvenant de l’itinéraire lorsque nous conduisons.

Jusqu’à tout récemment, les chercheurs croyaient que l’avantage du bilinguisme provenait principalement de notre capacité d’inhiber un des langages pendant l’utilisation de l’autre. La croyance était que cette habileté à supprimer un système de langage entraînait notre cerveau à ignorer d’autres distractions dans des contextes différents.

Il semble maintenant selon de nouvelles études que les personnes bilingues performent mieux que les unilingues même dans des tests qui ne requièrent pas d’inhibition.

La différence principale entre les bilingues et les unilingues serait plutôt que les gens bilingues ont une capacité plus élevée à surveiller leur environnement. Le cerveau d’un enfant qui parle une langue avec son père et une autre avec sa mère doit être capable de suivre les changements dans l’environnement pour y répondre correctement. Il semblerait que les cerveaux bilingues réussissent à le faire plus aisément et que moins d’activité cérébrale leur serait nécessaire pour y arriver, les rendant plus efficaces que les unilingues.

L’expérience du bilinguisme affecterait notre cerveau de la petite enfance à la vieillesse et s’appliquerait aussi à ceux qui apprennent une deuxième langue plus tard au cours de leur vie.

Une étude italienne faite en 2009 rapporte que des bébés de sept mois exposés à un environnement bilingue font montre d’un meilleur niveau d’anticipation en redirigeant leur regard, que les bébés élevés dans un milieu unilingue.

Le bilinguisme aurait aussi des effets sur notre longévité. Une étude de l’Université de la Californie suggère que plus le niveau de bilinguisme est élevé, plus grande est notre résistance à l’apparition de la démence et aux symptômes de la maladie d’Alzheimer, reculant ainsi l’âge du début des symptômes.

Qui aurait crût que le bilinguisme pouvait avoir autant d’influence, au point de laisser une empreinte dans notre cerveau.

Il faut tourner sa langue sept fois avant de parler… Quatorze fois pour les bilingues.   –   Georges Raby
Dès qu’on parle une langue étrangère, les expressions du visage, des mains, le langage du corps changent. On est déjà quelqu’un d’autre. –    Isabelle Adjani

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