Raz de marée émotionnel

débordé

Charles Darwin s’est beaucoup intéressé aux émotions lors de ses voyages exploratoires. Il a observé que les expressions faciales des gens étaient semblables à travers le monde et qu’elles représentaient une certaine forme de langage universel.

Sa théorie était que les émotions sont nécessaires à notre survie. De nos jours, des imageries du cerveau semblent lui donner raison.

Il y a des centaines de sentiments, mais certains sentiments primaires  peuvent être reconnus à travers les différentes cultures. Ce sont la colère, la tristesse, la peur, la souffrance, la joie, l’amour, le dégoût et la honte. Chaque émotion primaire joue un rôle important dans nos relations avec les autres et nos réactions au quotidien.

Notre cerveau émotionnel nous protège et nous guide dans la bonne direction. Lorsque nous percevons un danger, nos émotions réagissent avant que nous ayions le temps de réfléchir. Lorsque nous ressentons un besoin, comme la faim ou un besoin de réconfort, il nous dirige vers la bonne destination.

Les émotions sont donc essentielles pour nous aider à prendre de bonnes décisions. L’amygdale, une section de notre cerveau, est notre système d’alarme  qui s’active lorsque nous ressentons des émotions primaires. Si nous ressentons une peur intense, l’amygdale prendra le contrôle de notre corps et nous fera réagir pour nous sauver du danger, avant même que nous puissions y penser. Il y a alors trois choix d’action : fuir,  rester immobile ou combattre.

Dans les temps préhistoriques, cette réaction instantanée était bien utile pour faire face aux prédateurs, mais lorsque nous l’utilisons dans nos relations avec les autres, le résultat n’est pas toujours très heureux. Ce n’est pas quelque chose que nous pouvons vraiment contrôler puisque l’amygdale prend les commandes sans nous demander notre avis.

Notre manière de gérer nos émotions influence notre capacité à résoudre les conflits dans nos relations. Lors d’un conflit intense, notre amygdale prend le contrôle et nous sommes alors submergés par une rafale de réactions physiques. Notre cœur se met à battre plus vite, notre pression monte, le sang afflue à notre visage et nos mains se mettent à transpirer.

Il devient alors très difficile d’écouter, de raisonner ou de réagir de façon rationnelle. Notre corps est rempli d’adrénaline et d’autres hormones de stress et se prépare à se battre ou à fuir.

Le problème lorsque nous réagissons instinctivement à un danger perçu lors une discussion corsée est que parfois nous allons chercher autour de nous le moindre détail qui pourrait justifier notre réaction. Au lieu d’éteindre le feu, nous l’alimentons et notre colère enfle et peut se maintenir pendant des heures et nous pouvons alors débiter les pires insultes ou commentaire,s que nous risquons de regretter une fois calmés.

Une dispute au sujet du ménage peut dégénérer sur des accusations de ‘’tu fais toujours ceci ‘’ ou ‘’tu ne dis jamais cela’’ ou ‘‘telle chose n’a jamais été réparée »,  »telle promesse n’a pas été tenue » et cela devient impossible à régler car trop de problèmes externes se sont maintenant ajoutés au problème initial. Nous cherchons une personne à blâmer pour la situation présente en examinant tout ce qui cloche dans notre environnement ou notre relation.

La meilleure solution serait de demander une trêve un ‘’time-out’’. Lorsque les émotions atteignent un trop haut niveau; il faudrait alors s’entendre pour prendre une pause et laisser les interlocuteurs se calmer. Mieux vaut reprendre la discussion ultérieurement que de voir les choses dégénérer.

Nous pouvons dire des choses vraiment blessantes lors de ces discussions enflammées. Certaines personnes croient que ce qui est dit dans le feu de l’action est la vérité absolue et représente les ‘’vraies’’ pensées de la personne. Au contraire, ces déclarations signalent plutôt que nous sommes submergés et que nous ne pouvions faire mieux sur le moment que d’énoncer des phrases lapidaires qui ne font qu’envenimer les choses.

Nous réagissons comme un animal traqué et coincé. Le meilleur des chiens mordra s’il se sent menacé. Il faut essayer de comprendre le contexte et ne pas tenir rigueur pour des propos qui ont dépassé la pensée. Ce qui ne veut pas dire que tout peut être dit sans conséquence, il faut seulement reconnaître que dans le feu de l’action, nous pouvons tous dire des paroles malheureuses.

Lorsqu’un des interlocuteurs est vraiment bouleversé, il est inutile de chercher à régler le problème et en arriver à une conclusion heureuse. Un temps mort, de quelques minutes à quelques heures dépendant de l’intensité des émotions, permettra de remettre les choses en perspective et à notre corps de retrouver son calme. Notre esprit sera alors plus apte à gérer adéquatement le problème et à trouver des solutions.

Le véritable art de la conversation n’est pas de dire ce qu’il faut quand il faut, mais de ne pas dire ce qu’il ne faut pas quand on en a tellement envie.    –  Dorothy Nevill
Dans les grandes émotions, la solitude est parfois salutaire.    –     Joseph Lallier

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