Programmés pour rechercher

dopamine

Avez-vous remarqué qu’il est très difficile d’ignorer un courriel entrant? Il m’arrive aussi d’aller sur Google pour chercher une information et d’être encore là à cliquer sur différentes fenêtres une heure plus tard. Twitter, Facebook et les textos sont d’autres activités hautement accaparantes, dont on a de la difficulté à se détacher.

Il semblerait que la dopamine soit en cause. Cette substance est créée par différentes parties du cerveau et est cruciale pour plusieurs fonctions, comme penser, se déplacer, dormir, l’humeur, la motivation, l’attention, le désir et la récompense.

On dit souvent que la dopamine contrôle le sens du plaisir dans notre cerveau, que c’est elle qui nous fait ressentir du plaisir, de la joie et nous motive à rechercher certaines activités, comme manger, le sexe et les drogues.

Les études récentes par contre, suggèrent que la dopamine causerait plutôt un comportement de recherche. Elle nous inciterait à vouloir, désirer, poursuivre et rechercher. La dopamine nous rend plus alertes et augmente nos comportements orientés vers un but.

La dopamine nous garde motivés à apprendre et à survivre, ce qui est crucial du point de vue évolutif. Il n’y a pas que les besoins physiques comme la nourriture et le sexe, les concepts abstraits sont aussi importants. La dopamine nous rend curieux et nous stimule à rechercher de l’information.

Le plaisir proviendrait du système opioïde, qui est séparé de la dopamine. Les deux systèmes sont complémentaires, l’un nous poussant à rechercher de l’information et l’autre nous faisant ressentir du plaisir ou de la satisfaction lorsque l’on trouve ce que l’on cherchait.

L’internet, Twitter et les textos nous procurent une gratification presque instantanée de notre désir de rechercher. Cela nous fait pénétrer dans un cercle sans fin de recherche/récompense, La dopamine nous pousse à rechercher de l’information, nous obtenons la satisfaction et nous recommençons. Il devient de plus en plus difficile d’arrêter de vérifier nos courriels, nos textos, Facebook ou Twitter, pour voir si nous n’aurions pas un nouveau message.

Les études sur le cerveau indiquent que celui-ci montre davantage d’activité lorsque nous anticipons une récompense, que lorsqu’on l’obtient. Des études sur les rats démontrent que si l’on détruit leurs neurones de dopamine, les rats pourront marcher, mâcher et avaler mais ils vont mourir de faim, même avec de la nourriture disponible, car ils ont perdu le désir d’aller chercher la nourriture.

Quoique le désir et l’appréciation soient reliés, les recherches démontrent que le système de dopamine n’a pas un niveau de satiété prédéterminé. Le système peut continuer à envoyer de la dopamine même lorsque l’information a été trouvée. Lorsque nous avons fait une recherche sur Google, nous savons à un certain moment que nous avons trouvé ce que nous recherchions et pourtant nous nous retrouvons à chercher autre chose, puis autre chose.

Ce qui est imprévisible stimule aussi la dopamine. Les courriels et les Tweets nous arrivent sans que nous puissions prévoir le moment précis où nous les recevrons. Lorsque nous entendons le petit ‘’ding’’  ou que nous voyons un message à l’écran indiquant qu’un message est entré, c’est un signal qui renforce l’effet de dépendance qui nous poussera à rester devant l’écran dans l’anticipation du prochain message.

Cette stimulation constante peut devenir épuisante. Lorsque nous pressons sans arrêt des touches sur notre engin de recherche, nous ressemblons un peu à ces rats qui pressaient continuellement un levier pour recevoir une petite décharge électrique dans le cerveau.

On a longtemps crû que cette décharge électrique stimulait le ‘’centre du plaisir’’ et que les rats pressaient le levier pour ressentir encore plus de plaisir. Les scientifiques croient maintenant que c’est le système de recherche qui est stimulé, ce qui pousse les rats à continuer à pousser sur le levier de façon compulsive.

Nous pouvons gaspiller des heures à surfer sur internet, à chercher sans cesse pour une information puis une autre. Les courriels, les textos, Facebook et Twitter nous accaparent aussi. Une journée au grand air en famille, à fermer la piscine, à ranger les meubles de jardin et à ramasser les feuilles mortes, nous rappelle que nous avons aussi une vie à vivre, en dehors du monde électronique.

Un besoin naturel pousse l’homme à vouloir goûter au progrès et à rechercher la vérité.
–   Luben Karavelov
Le secret du bonheur ne consiste pas à rechercher toujours plus, mais à développer la capacité d’apprécier avec moins.    –   Dan Millman

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