Partir pour mieux revenir

instinct de retour

Possiblement une des journées les moins productives de ma vie aujourd’hui.  Aux prises avec une vilaine grippe, j’ai végété toute la journée pendant que Tendre Moitié allait signer un contrat avec un nouveau client et que Charmante Ado fignolait son article pour sa chronique animale dans le journal communautaire.

Voici donc un sujet que je gardais en réserve pour une journée moins inspirée, d’autant plus qu’avec l’automne qui s’en vient, la migration des oiseaux est d’actualité.

Les chercheurs cherchent toujours à comprendre comment les oiseaux naviguent d’énormes distances sans se tromper. Les scientifiques croient que les oiseaux utilisent un système qui s’apparente à nos cartes et compas. Ils commencent par localiser leur position, comme nous le ferions sur une carte, puis ils mettent le cap vers la direction souhaitée.

Une étude réalise dans les années 1950 a déplacé plus de 10 000 étourneaux de la Hollande vers la Suisse. Pour se rendre à leurs quartiers d’hiver habituels en Angleterre et dans le Nord de la France, les étourneaux adultes ont réussi à ré-orienter leur trajet pour se rendre à bon port. Les jeunes étourneaux, dont c’était le premier voyage, se sont envolés dans la direction prévue comme s’ils n’avaient pas été déplacés et se sont retrouvés en Espagne et dans le sud de la France. Leur compas interne s’est comporté comme s’ils n’avaient pas été déplacés.

On pense qu’ils utilisent le soleil, les étoiles et le champ magnétique comme compas. Un groupe de chercheurs américains a récemment découvert que le tronc cérébral des pigeons enregistrait à la fois la direction et la force du champ magnétique. Ils ont conclu que l’information parviendrait aux oiseaux à travers leur oreille interne.

Il y a aussi quelques indices qui suggéreraient que les oiseaux possèdent un compas chimique, dépendant de la lumière dans leur oeil droit.

Avec les outils électroniques qui permettent maintenant de suivre à la trace les oiseaux durant toute la durée d’une migration, nous en apprenons de plus en plus sur les obstacles qu’ils rencontrent et les indices qu’ils utilisent pour se rendre à bonne destination.

En 2011, une équipe de chercheurs britanniques a attaché des dispositifs de repérage par satellite sur cinq coucous. Deux des coucous sont revenus en avril 2012 et on a pu examiner le trajet complet de leur migration. Ils avaient passé l’hiver dans la forêt tropicale du Congo et l’un des coucous a quitté le Ghana et a traversé le Sahara en avril, puis a parcouru 1 880 kilomètres vers le nord en moins de cinq jours pour atterrir près de l’endroit où il avait été équipés des dispositifs, à Norfolk Broads en Angleterre.

Les trajets migratoires couvrant la plus grande distance sont ceux des sternes arctiques  qui passent de l’Arctique à l’Antarctique chaque année.

Il semblerait que d’autres espèces possèdent aussi cette capacité et cet instinct de retourner à leur lieu d’origine; les saumons, les rats et les chats le font aussi. Un chat en Angleterre a parcouru plus de 160 kilomètres pour retourner à l’ancien domicile de sa famille après un déménagement. Un autre chat anglais, plutôt obstiné, a refait 40 fois le trajet de près de 13 kilomètres pour retourner à son domicile précédent. Il devait pour ce faire, traverser des routes très achalandées et des champs remplis de troupeaux de bovins. Chaque semaine, ses maîtres devaient aller le chercher à l’ancien domicile. L’histoire ne dit pas s’il s’est habitué à sa nouvelle demeure, mais voilà un chat qui sait ce qu’il veut. Le record de distance et de persévérance pour retourner à la maison pour un chat pourrait bien être celui de Ninja, un chat qui a déménagé de l’Utah à l’état de Washington en 1996, avec ses propriétaires. Il disparut peu après son arrivée et réapparut à son ancienne adresse en Utah, à plus de 1350 kilomètres, un an plus tard.

On se sait pas comment les chats retrouvent leurs anciens quartiers sur une si grande distance mais on sait que les saumons se dirigent avec leur odorat pour retrouver leur territoire dont les eaux auraient une odeur distincte.

Pour les humains, heureusement qu’il y a le GPS, car avec la brume que crée la grippe dans mon cerveau, je ne crois pas que je retrouverais quoi que ce soit, sinon mon lit.

La maison c’est l’endroit que nous voulons quitter en grandissant et où nous voulons retourner en vieillissant.   –    John Ed Pearce

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Commentaires

  1. Captivant! J’ai vraiment beaucoup aimé cet article. Moi aussi je regarde partir les oiseaux et je me vois d’ailleurs tout à fait bien m’envoler avec eux…

    Sur une autre note, j’espère que tu vas aller mieux rapidement. Il est encore trop tôt pour tomber malade, on n’est même pas encore officiellement en automne. Ou alors peut-être que tu prends de l’avance, comme ça tu seras en pleine forme quand nous serons tous alités avec la goutte au nez? 😉 Allez, Courage!

    • J’ai rarement la grippe mais Charmante Ado nous a ramené cela de l’école et Tendre Moitié et moi sommes tous les deux à terre aujourd’hui. Par contre, je m’encourage en regardant le compte à rebours pour notre voyage à Noël; Bruxelles, Paris et Cannes, plus que 95 jours! Alors aussi bien avoir la grippe tout de suite et ce sera réglé pour la saison! Bruxelles, je connais, mais Paris et Cannes, non, j’ai bien hâte de m’envoler, comme les oiseaux. Merci pour les bons voeux.

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