Bonne lecture!

réseau lecture

Je découvre de nouveaux sites Web ces derniers temps et je vais partager un de ceux-ci avec vous aujourd’hui. C’est un média social qui permet de découvrir et de partager des livres. Le site  Goodreads (malheureusement en anglais seulement), affiche 15 millions de membres. Une fois membre, il est possible d’adhérer à des groupes (des Clubs de Lecteurs) partageant nos intérêts en littérature. Dans un océan anglophone, j’ai tout de même déniché trois groupes de francophones actifs, en inscrivant le mot « français«  dans la recherche de groupes. Il y a plus de 20 000 groupes, sur tous les intérêts possibles, des romances historiques à la philosophie, en passant par le paranormal, les bibliographies ou la science-fiction.

En plus de partager nos lectures,  nous pouvons aussi faire des évaluations des livres que nous avons lus et ajouter les livres que nous désirons lire. Le site suggère aussi des lectures selon  les intérêts que nous avons indiqués dans notre profil. L’on peut choisir d’utiliser le site de façon privée, de rendre nos lectures visibles par nos amis uniquement ou de permettre à tout le monde de voir nos données.

Goodreads nous permet de découvrir davantage de livres, que ce soit de nouveaux auteurs, des livres à succès ou des livres électroniques. En théorie, les évaluations sur Goodreads seraient plus fiables que celles que l’on retrouve sur un site qui vend des livres, comme Amazon par exemple, car Goodreads ne produit ni ne vend aucun livre. De plus, le site nous permet de bâtir notre réseau social en incluant comme amis des gens avec des goûts et des intérêts similaires aux nôtres, ce qui nous portera à faire confiance aux évaluations et aux recommandations de nos amis. Il y a plus de 21 millions d’évaluations de livres sur Goodreads.

Goodreads est devenu particulièrement important pour les auteurs qui publient eux-mêmes leurs livres, car il leur permet de se faire connaître par une vaste audience. Certaines maison d’éditions américaines ont même commencé à afficher leurs propres pages Web sur Goodreads, pour faire la publicité des livres qui seront publiés prochainement, au même titre que Facebook ou Twitter.

Il est aussi possible d’ajouter un widget de Goodreads sur notre propre site Web ou notre blogue, pour partager nos évaluations et nos lectures. J’ai d’ailleurs installé un de ces widgets ici dans la colonne de droite, montrant les livres que je lis présentement. Des applications sont disponibles pour les appareils mobiles, comme Android et iPhone.

Un autre site, francophone celui-là, mais dans la même veine est Babelio, que je n’ai pas vraiment investigué, mais  qui semble bien lui aussi.

En passant, si vous avez la chance d’aller lire ce blogue: Madame Unetelle, n’hésitez pas, personnellement, c’est une découverte récente et j’adore!

Chacune de nos lectures laisse une graine qui germe.   –   Jules Renard
Un soir consacré à la lecture des grands livres est pour l’esprit ce qu’un séjour en montagne est pour l’âme.    –    André Maurois

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La dynamique familiale

méthode agile

L’édition du 9 février 2013 du Wall Street Journal affichait un article assez intriguant sur la dynamique familiale, en faisant un parallèle avec ce qu’on retrouve dans le monde du travail. Je vous en fait un résumé ici.

Plusieurs manufacturiers japonais ainsi que certaines compagnies de la Silicon Valley utilisent un système de dynamique de groupe appelé la Méthode Agile (Agile Development). Ce système regroupe les travailleurs en petites équipes qui tiendront de courtes réunions quotidiennes sur leur progression et une rencontre hebdomadaire pour revoir ce qui a été accompli durant la semaine.

En 1983, Jeff Sutherland était un technologue de la Nouvelle-Angleterre, lorsqu’il a remarqué à quel point le développement de logiciels était dysfonctionnel. Le système utilisé par les compagnies, appelé le Modèle en Cascades, voyait les gestionnaires émettre des demandes ambitieuses que les programmeurs surchargés avaient peine à rencontrer. De nombreux projets échouaient. Jeff Sutherland entreprit le développement d’un système plus souple, dans lequel les idées ne viendraient pas seulement du sommet, mais pourraient aussi émerger du bas de la hiérarchie.

Aujourd’hui, le Développement Agile est utilisé dans une centaine de pays et a transformé le monde de la gestion. Inévitablement, certains se sont mis à appliquer ces techniques dans d’autres domaines, y compris la famille.

En entreprise, la responsabilisation est un facteur clé du Développement Agile. Les équipes utilisent des tableaux pour que les travailleurs puissent indiquer leurs progrès.

Dans une dynamique familiale, les adultes rêvent d’une maisonnée fonctionnant rondement, mais la réalité est souvent composée d’épuisement, de cris et de grincements de dents.

En appliquant certaines techniques du Développement Agile, il serait possible d’améliorer la communication, la productivité et de diminuer le stress, tout en impliquant chaque membre de la famille, comme dans une équipe.

Selon l’article du Wall Street Journal, de courtes réunions de famille, de vingt minutes tout au plus, sont suffisantes pour que tout le monde soit sur la même longueur d’ondes quant à l’organisation familiale.

Il y a de nombreuses techniques du monde du travail qui peuvent aisément se transférer dans le milieu familial. Ainsi, les listes de responsabilités, les réunions hebdomadaires, une meilleure résolution des conflits, utiles à la dynamique de groupe, peuvent aussi s’appliquer à la famille.

Les familles mentionnées dans l’article ont vu les cris et les récriminations parentales diminuer de moitié après avoir instauré les listes de responsabilités. Le secret du succès par contre, viendrait de la réunion familiale, au cours de laquelle trois questions sont posées, adaptées du Développement Agile :

  1. Qu’est-ce qui a bien fonctionné durant la semaine?
  2. Qu’est-ce qui n’a pas bien fonctionné?
  3. Sur quoi sommes-nous d’accord de travailler la semaine prochaine?

Chaque membre de la famille peut répondre et faire des suggestions, puis l’on vote sur les deux problèmes ou secteurs sur lesquels se concentrer durant la semaine à venir.

On suggère aux parents de laisser les enfants choisir les récompenses et les conséquences, dans la mesure du possible et du raisonnable. Il semblerait, selon les études, que les enfants qui planifient et structurent leur temps eux-mêmes, qui se fixent des objectifs et évaluent leur propres tâches, deviendraient plus aptes à se motiver intérieurement et développeraient un plus grand contrôle de soi.

Les parents ne sont pas infaillibles et  lorsque le leadership n’est pas dictatorial, tous les membres de la famille peuvent contribuer.

Finalement, la flexibilité du modèle Agile permet de s’adapter aux changements et aux différentes étapes de la croissance des enfants. Les parents devraient passer plus de temps à se concentrer sur ce qu’ils font bien plutôt que d’obséder sur les choses qu’ils ne réussissent pas.

L’on peut même définir la ‘’mission’’ de la famille pour articuler ce qui va bien et énoncer les valeurs cruciales de notre famille.

Au lieu de se fier sur l’osmose pour éduquer, il ne faut pas avoir peur de parler d’argent avec ses enfants. Il faut aussi laisser les enfants faire leurs propres erreurs. Mieux vaut qu’ils se trompent avec une allocation de 6$ plutôt qu’avec un travail de 60 000$ ou un héritage de 6 millions.

Les enfants devraient avoir l’occasion de gagner eux-mêmes de l’argent. Il faut encourager leur fibre entrepreneuriale car cela leur permet de vraiment comprendre la réalité des affaires et de l’argent.

Toutes les familles connaissent des conflits. La résolution de ces conflits sera plus sereine si l’on guide nos enfants dans le processus, en leur apprenant à s’arrêter, à sortir de la pièce pour se calmer et à revenir avec des solutions et des alternatives pour résoudre le conflit.

La psychologie positive suggère que le bonheur dépend en grande partie de nos relations interpersonnelles. Notre famille constitue une grande partie de nos relations, pourtant, nous passons peu de temps à essayer de les améliorer.

Dépendant du type et du tempérament de la famille, le système Agile peut être très structuré ou au contraire, plutôt décontracté. Certains tiendront des réunions officielles, à heure et endroit déterminé, d’autres; préféreront faire cela de manière plus conviviale durant le repas familial par exemple. L’important, c’est que chacun comprenne ce que l’on attend de lui et comment il peut contribuer au bien-être familial.

Les repas de famille ne consistent pas à se manger entre parents.   –   Jules Jouy
La famille sera toujours la base des sociétés.    –   Honoré de Balzac
Les familles heureuses se ressemblent toutes ; les familles malheureuses sont malheureuses chacune à sa façon.   –   Léon (Lev) Trotski

Maximiser ou minimiser

minimax

Dans le domaine des jeux, le terme minimax  (ou minmax) réfère à une stratégie qui vise à obtenir les meilleurs résultats possibles en mettant le  maximum d’efforts sur les choses importantes et en investissant le moins d’efforts et de temps possible sur les choses qui n’ont pas vraiment d’importance. Cette stratégie permet de faire le meilleur usage de ressources limitées.

Le minimax peut aussi s’appliquer avec nos achats et nos dépenses. La plupart des gens de  classe moyenne achètent sans trop y penser, des produits de qualité médiocre à ordinaire pour leurs produits de consommation.

Si l’on considère l’achat d’ustensiles de cuisine, des couteaux par exemple, nous aurons tendance à examiner trois ou quatre modèles qui nous semblent raisonnables, puis nous choisirons probablement celui dont le prix se situe au milieu de la gamme. Ce comportement se répétera pour la plupart de nos achats et lorsque le produit arrivera à la fin de sa vie utile, au bout de deux à quatre ans habituellement, nous utiliserons la même stratégie pour acheter un produit de remplacement.

En fait, nous agissons souvent  ainsi pour à peu près tous nos achats, de la pâte dentifrice aux voitures.

Par contre, une personne passionnée pour un domaine, que ce soit la cuisine ou les voitures, utilisera une stratégie complètement différente. Un cuisinier en herbe investira dans des couteaux de qualité, qu’il n’hésitera pas à payer un bon prix, car il désire un produit qui sera agréable à utiliser et qui durera longtemps.

Au fil des années, le produit de qualité représente souvent un bon investissement car il n’aura pas à être remplacé aussi souvent.

Lors d’un prochain achat, au lieu de nous mettre sur le pilote automatique et de suivre notre routine habituelle, nous pourrions examiner le produit et nous demander si ce ne serait pas l’occasion d’utiliser le minimax.

Si nous prévoyons utiliser un produit tous les jours et que nous pouvons véritablement différencier entre un produit de piètre qualité et un autre d’excellent qualité, tout en étant persuadés que le meilleur produit aura un impact sur notre usage, alors n’hésitons pas et achetons le produit de meilleure qualité.

Une bonne manière de vérifier si un produit est relié à une activité qui nous passionne, est de se demander si l’entretien de ce produit sera pour nous un plaisir ou une corvée. Un bricoleur passionné prendra grand soin de ses outils, un peintre en herbe nettoiera et rangera soigneusement son équipement.

Il faut bien faire la différence entre un hobby et une passion. Un hobby peut n’être qu’une passade qui ne durera que quelques mois. Il ne serait alors pas très judicieux de dépenser de fortes sommes pour une activité temporaire. Il serait peut-être même opportun d’emprunter ou d’utiliser du matériel d’occasion au début d’une nouvelle activité, tant que nous ne sommes pas certains de notre intérêt.

J’ai utilisé un clavier électronique bon marché pendant la première année de mes leçons (et de celles de Charmante Ado) de piano. Lorsque j’ai été convaincue que nous allions persévérer et qu’un piano serait utilisé quotidiennement dans notre vie, je n’ai pas lésiné et je me suis procuré un piano acoustique Yamaha, neuf et de grande qualité. Trois ans plus tard, c’est toujours le meilleur achat que j’ai fait de ma vie. L’accordeur de piano adore venir l’ajuster deux fois par an et il prend plaisir à en jouer. Selon lui, je n’aurais aucune difficulté à le revendre au même prix que je l’ai payé car les prix ont augmentés en trois ans. De plus, mon piano est garanti dix ans.

Lorsque l’on décide d’acheter de la qualité, mieux vaut s’assurer d’avoir suffisamment de connaissances pour faire un choix éclairé et apprécier le produit. Rien ne sert de dépenser plusieurs centaines de dollars pour un ensemble de couteaux d’excellente qualité comme ceux d’un chef cuisinier professionnel, si l’on ne peut pas le différencier d’un ensemble de bonne à très bonne qualité à moindre coût.

Dans certains domaines, il n’est pas nécessaire d’acheter toujours du neuf. Avec un peu de patience, nous pourrons dénicher à moindre coût, un produit usagé d’excellente qualité qui durera plus longtemps qu’un produit neuf de moindre qualité.

Les produits que nous utilisons moins fréquemment n’ont pas besoin d’être de qualité supérieure. Si nous faisons de la bicyclette seulement deux ou trois fois par année, nous n’avons pas besoin d’acheter ce qui se fait de mieux. Nous pourrions même considérer la location si l’activité est si peu fréquente, ce qui nous permettrait probablement d’utiliser un produit de meilleure qualité tout en évitant d’encombrer notre environnement d’objets inutilisés une grande partie de l’année.

Certains produits ont très peu d’ importance dans notre vie et nous sommes prêts à acheter n’importe quelle marque en payant le moins cher possible. Ces produits diffèrent pour chacun de nous. Certains pensent que toutes les pâtes à dent s’équivalent, d’autres que le savon à vaisselle ou à linge et les sacs poubelle n’ont aucune importance. L’important, c’est d’avoir quelques uns de ces produits dans notre liste d’objets de consommation, où nous pourrons exercer le côté ‘’minimum’’ du minimax.

En général, si nous ne trouvons pas d’arguments pour justifier de maximiser la qualité et en conséquent le prix, nous devrions minimiser les dépenses ou même ne pas acheter du tout.

Le prix s’oublie, la qualité reste.   –    Proverbe français
Le meilleur marché est le plus cher.    –   Proverbe belge

Supérieur à la moyenne

le meilleur

Dans de nombreux domaines, la plupart des gens se croient supérieurs aux autres. Quoiqu’il soit impossible pour la majorité des gens d’être tous au dessus de la moyenne, nous avons tendance à croire qu’en ce qui concerne une qualité spécifique, nous sommes meilleurs que les autres.

Ce phénomène s’appelle l’illusion de supériorité et il se produit pour une variété de raisons; entre autres, lorsque des gens incompétents n’ont pas suffisamment de connaissances ou de talent pour être capables d’évaluer leur habiletés ou parce qu’ils ne prendront pas conscience de leur incompétence car les autres seront trop polis pour leur en faire la remarque. C’est l’effet Dunning-Kruger.

Durant les études psychologiques, les gens ont l’habitude de se donner d’excellentes notes pour la plupart des traits positifs. Par contre, lorsque vient le temps d’évaluer les autres, nous sommes plutôt réalistes, ce qui contraste grandement avec l’aveuglement dont nous faisons montre lorsque nous nous évaluons nous-mêmes.

Lorsque nous examinons les autres, nous réalisons qu’il y a des circonstances et des forces externes qui influencent leurs actions. Toutefois, dans notre cas personnel, nous croyons être au-dessus de ces considérations et que seuls notre intention, notre effort, notre désir et notre but guident notre comportement.

Les gens vont aussi surestimer leur quotient intellectuel. Personne ne veut être ‘’moyen’’. Dans une étude de 1977, 94 pour cent des participants se sont placés comme étant ‘’supérieurs à la moyenne’’ comparés aux autres participants. Dans une autre étude portant sur les employés d’une compagnie de logiciels; 32 pour cent des participants ont déclaré que parmi un groupe de vingt collègues, ils se considéraient meilleurs que 19 d’entre eux.

Nous aurons également tendance à surestimer les montants que nous prévoyons faire en dons charitables alors que nous verrons juste en estimant ce que les autres donneront.

Les conducteurs s’évaluent comme étant supérieurs à la moyenne de façon constante, même lorsqu’on leur fait subir un test sur la perception du danger et que les résultats indiquent qu’ils ont une perception inférieure à la moyenne. Cette conviction d’être meilleurs que les autres se retrouvent chez les conducteurs novices, aussi bien que chez les conducteurs d’expérience ayant plus de 65 ans.

Beaucoup de traits positifs, comme être un bon conducteur, sont définis de façon assez vague pour nous laisser croire que nous nous qualifions et les autres ne rectifieront habituellement pas notre perception. La plupart des gens hésiteront à faire un commentaire honnête sur la performance des autres et peu de gens oseront nous dire face à face que nous ne sommes pas doués pour quelque chose.

Étrangement, les plus incompétents sont aussi ceux qui surestiment le plus leurs habiletés, alors que les plus performants se jugeront trop sévèrement. Les gens qui trouvent qu’une tâche ou une activité est facile, croiront que les autres éprouvent la même facilité et auront tendance à se qualifier d’ordinaire ou ‘’dans la moyenne’’.

De façon générale, les gens déprimés échappent à cette tendance à se surestimer. Plus la dépression est sévère, plus ils auront tendance à se sous-estimer. L’illusion de supériorité pourrait ainsi être un mécanisme de défense pour protéger l’estime de soi.

L’illusion de supériorité est un trait qui varie grandement selon la culture. Les Nord-Américains arrivent en tête de liste, alors que le phénomène est plutôt rare dans les cultures asiatiques comme le Japon, la Corée et la Chine. D’un côté, la culture occidentale valorise l’estime de soi, et de l’autre la culture orientale attache plus de valeur au développement personnel.

Il n’est pas vraiment possible d’avoir une vision lucide de soi-même, mais il y a tout de même moyen d’améliorer notre perception personnelle pour qu’elle soit plus près de la réalité.

En examinant des personnes que nous admirons, nous pouvons voir des traits que nous pouvons chercher à développer. De plus, comme les gens sont le plus souvent justes dans leurs évaluations des autres, il faut rechercher la rétroaction et accepter les commentaires constructifs que nous recevrons des autres, afin de nous améliorer.

On est meilleur juge des oeuvres des autres.   –   Daniel Pennac
Je suis capable du meilleur et du pire. Mais, dans le pire, c’est moi le meilleur.   –   Coluche

Voyage dans le temps

TEPS

Comme je le mentionnais dans un article dernièrement, nous essayons constamment de nous projeter dans le futur mais nous ne sommes pas très bons pour imaginer la personne ou la vie que nous aurons à ce moment-là.

La société en général,  fait aussi cet exercice régulièrement et tente d’imaginer ce que sera la vie de sa population dans plusieurs décennies.

En 1967, le réseau américain CBS présentait une série sur le 21e siècle. L’animateur était le célèbre présentateur de nouvelles Walter Conkrite. Un épisode en particulier, présenté en mars 1967, s’intitulait ‘’ At Home 2001’’ et présentait une vision de la maison familiale telle qu’envisagée par les penseurs de l’époque.

Dans cet épisode, on suggérait entre autres, que notre vaisselle serait entièrement recyclable, au point d’être liquéfiée par une machine après chaque repas, pour être reconstituée en de nouveaux couverts pour le repas suivants. De plus, la préparation des aliments devait devenir presque entièrement automatique. Nous n’aurions qu’à taper le menu désiré à l’avance et il apparaîtrait au moment voulu.  Les ingrédients pré-emballés seraient conservés pendant des décennies si besoin, congelés ou ‘’irradiés’’. Lorsque requis, ils seraient acheminés de l’entreposage au four micro-ondes, pour former un repas et être cuits en quelques secondes. Pour obtenir des couverts, il suffirait d’appuyer sur un bouton pour voir apparaître le bon nombre d’assiettes et d’ustensiles, fabriqués à l’instant même. Cela me fait un peu penser aux imprimantes 3D développées ces dernières années, mais nous sommes encore loin d’une telle réalité.

Walter Cronkite  assurait aussi les téléspectateurs que les robots ménager seraient d’usage courant. Nous avons bien les aspirateurs robots tels la Roomba, mais nous n’avons pas encore les robots envisagés, qui feraient tout le travail domestique et utiliseraient les escaliers sans problème.

Les experts s’imaginaient que les meubles seraient gonflables. Nous aurions ainsi quelques fauteuils supplémentaires en réserve, que nous n’aurions qu’à gonfler pour nos visiteurs et  que nous pourrions ranger par la suite dans l’armoire pour ne pas encombrer la maison. Les lits gonflables sont effectivement devenus une réalité et sont bien utiles pour dépanner.  les meubles pour enfants quant à eux devaient devenir jetables et être fabriqués à partir de papier.

La maison à l’aube du 21e siècle allait être auto-suffisante, comme un vaisseau spatial. Elle ferait re-circuler toute l’eau utilisée et aurait sa propre source d’électricité à partir de batteries. En entrant dans la maison, on pénétrerait dans un sas vitré où la poussière et les impuretés extérieures seraient aspirées de manière ‘’électrostatique’’.

Les penseurs de cette époque ont correctement prévu l’avènement de la télé couleur à écran géant, mais nous sommes un peu en retard sur l’horaire en ce qui concerne la télé en 3D qui devrait être répandue dans tous les foyers depuis un bon moment.

Walter Cronkite explique dans l’émission de 1967 qu’un rapport gouvernemental récent avait conclu que les américains travailleraient 30 heures par semaine en l’an 2000 et qu’ils bénéficieraient d’un mois de vacances à la base. Les gens auraient beaucoup plus de temps pour les loisirs. Disons, que la fiction dépasse la réalité là dessus, les Américains travaillant plus d’heures et prenant moins de vacances aujourd’hui qu’à l’époque.

L’ordinateur, comme objet de la vie courante avait été prédit, avec une console géante comprenant plusieurs écrans qui informerait, donnerait des instructions et fournirait les divertissements de la famille toute entière. On soutenait aussi que cet équipement permettrait de travailler à partir de la maison, sans jamais avoir à se rendre à un bureau. Les nouvelles seraient distribuées dans cette console via des satellites de partout dans le monde. On prévoyait aussi la création de vidéo-téléphones.

L’ambiance de l’époque était enthousiaste. La NASA et l’âge spatial était en effervescence et on imaginait le futur rempli de gadgets qui transformeraient la vie de tous les jours.

De nombreux items de cette émission d’il y a plus de 45 ans sont devenus réalité. Je m’amusais cette semaine à essayer de concevoir ma personne dans 25 ans. C’est difficile comme exercice car on se sait pas ce que sera notre vie et la société à ce moment-là, sans parler des changements internes dont j’ai discuté dans un autre article.

J’ai donc regardé mon moi d’il y a 25 ans, en 1988. Cette année-là. j’avais 27 ans et si aujourd’hui, je pouvais prendre cette personne de  27 ans et lui présenter mon quotidien, elle serait effarée. Juste dans la maison, il y a l’internet par câble DSL, les nombreux ordinateurs de bureau ou portatifs reliés par un réseau wi-fi, les téléphones cellulaires intelligents, les thermostats programmables, le robot aspirateur, la télé sur demande, Facebook, Twitter et autres réseaux sociaux et une multitude d’objets qui n’existaient pas et que mon moi de 27 ans n’aurait pas pu imaginer à son époque.

En 1988, j’achetais mon journal quotidien et c’était ma source unique de nouvelles, à part quelques abonnements à des magazines d’actualités. Aujourd’hui, je peux prendre connaissance des nouvelles n’importe quand et de n’importe où dans le monde grâce à internet.

Lorsque je me projette 25 ans dans le futur pour imaginer ma vieillesse, je peux difficilement concevoir toutes les avancées scientifiques et les changements majeurs qui se dérouleront sur une si longue période. Les changements seront-ils aussi grands que sur les derniers 25 ans? Probablement, et c’est pourquoi nous serons toujours approximatifs dans notre conception du futur.

Dans le temps, même le futur était mieux.   –    Karl Valentin
La distinction entre le passé, le présent, le futur n’est qu’une illusion, aussi tenace soit-elle.
–   Albert Einstein

Le regard tourné sur l’avenir

costa-rica

Nous avons eu une bonne nouvelle hier, concernant mon frère. Il va finalement recevoir sa greffe de cornée la semaine prochaine. Il y aura donc eu une attente de 13 mois ente la première greffe et la seconde.  Sa vision s’est beaucoup améliorée dans l’oeil qui a déjà reçu une greffe et il avait hâte de subir la deuxième chirurgie pour retrouver une vision binoculaire. Il dit qu’il est très difficile d’évaluer les distances ,les reliefs et la profondeur avec un seul oeil.

Cette attente a été très longue pour mon frère, sa femme et ma mère, car cela a retardé d’un an leurs projets de retraite au Costa Rica. C’est difficile d’attendre patiemment lorsqu’on a des projets de grande envergure qu’on a envie de réaliser.

Une fois la greffe complétée, il y aura une convalescence d’environ deux mois, puis mon frère partira seul pour commencer la construction de leur future maison. Il pense rester là-bas environ deux mois. Il a engagé un architecte et il emploiera de la main d’œuvre locale pour l’aider. La sœur de ma belle-sœur a fait construire sa propre maison il y a moins de deux ans sur le lot voisin et mon  frère engagera probablement les mêmes ouvriers.

Mon frère a une facilité déconcertante avec les langues. Il parle espagnol sans le moindre accent alors qu’il avait plus de trente-cinq ans quand il a commencé à apprendre cette langue. Je parle parfaitement l’anglais, mais j’ai un léger accent. Mon frère lui, a beaucoup moins de vocabulaire en anglais, mais il le parle sans accent du tout.

Lorsque la maison sera presque complétée, ma belle-sœur ira passer deux ou trois semaines pour voir à la finition et faire les achats de meubles. Ils reviendront ensuite finaliser la vente de leur maison et quitteront, avec ma mère vers la fin du mois d’août, pour aller vivre au Costa Rica.

Ils ne prévoient pas revenir au Canada. Mon frère et ma mère détestent l’hiver avec ferveur. Ma belle-sœur a beaucoup aimé le Canada, mais est contente de retrouver son pays d’origine après 21 ans au Québec.

Je n’ai qu’un frère et bien que nous ne soyons pas tellement proches, cela me fera tout drôle de ne plus avoir de famille immédiate au pays. Déjà que nos liens ne sont pas très développés avec seulement quelques centaines de kilomètres entre nous, cela ne devrait pas s’améliorer sur une si grande distance.

Je suis étonnée de voir ma mère entreprendre ce genre d’aventure, à l’âge de 77 ans. Émigrer dans un autre pays à cet âge, ce n’est pas commun. Bien sûr, elle ne l’aurait jamais envisagé sans mon frère à ses côtés, mais  ce sera quand même un grand changement dans sa vie.

Lorsque mon père est décédé et qu’elle a décidé de vendre sa maison, je lui ai offert de venir vivre chez nous. Nous avons beaucoup d’espace, Charmante Ado débute tout juste l’adolescence et elle aurait pu la voir grandir.

Mon frère lui a aussi offert d’aller vivre avec lui et sa femme. Il lui a suggéré de partir avec eux au Costa Rica et à la surprise générale, elle a accueilli cette idée avec enthousiasme. À la vente de sa maison, ma mère est allée vivre chez mon frère et elle y est depuis neuf mois. Les choses se passent bien et ils semblent bien s’entendre.

Nous devrions aller les visiter encore deux ou trois fois avant le grand départ. Ensuite, il n’en tiendra qu’à nous de maintenir les liens en allant leur rendre visite au Costa Rica. C’est un pays magnifique  et ce serait un plaisir d’y retourner.

Cela ne m’empêche pas de penser que nos liens déjà fragiles, vont s’amenuiser davantage avec l’éloignement et la rareté de nos rencontres. Je me console en me disant que ce sera une belle vie pour eux là-bas et que c’est bien comme ça. Qui sait, peut-être que Tendre Moitié et moi iront les rejoindre un jour, quoique je ne nous vois pas laisser Charmante Jeune Adulte seule et sans famille au Canada.

Partir, c’est mourir un peu. Poursuivre le voyage, c’est peut-être ressusciter. Voyage de plusieurs années, de quelques jours, de quelques heures. Le vrai voyageur c’est celui qui jamais ne tente de revenir en arrière.   –   Jacques Renaud

Lorsque l’on pense connaître déjà la fin de l’histoire

illusion

Lorsque l’on examine notre passé et que l’on songe à la personne que nous étions auparavant, nous nous apercevons à quel point nous avons changé et nous avons tendance à nous concentrer sur les différences entre cet ancien moi et la version présente.

Nous pouvons facilement décrire comment nous avons changé au fil des ans. Nous sommes assez convaincus que notre mémoire est fiable et que ce que nous voyons comme différences aujourd’hui, représentent réellement des changements profonds.

Lorsque nous regardons vers le futur cependant, nous avons plutôt tendance à nous imaginer exactement tels que nous sommes aujourd’hui. Nous prévoyons que nos valeurs, nos intérêts et préférences seront les mêmes. Nous sommes convaincus que demain ou dans dix ans, nous serons la même personne que présentement.

Une étude récente publiée dans le journal Science, par une équipe de psychologues a démontrée ce phénomène et les chercheurs l’ont appelé ‘’L’illusion de la fin de l’histoire’’. Ils ont analysé les traits de personnalité, les valeurs et les préférences de plus de 19 000 personnes et leur ont demandé d’estimer à quel point ils avaient changé dans les derniers dix ans et à quel point ils s’attendaient à changer dans  les jours suivants et dans la prochaine décennie.

Les sujets, âgés entre 18 et 68 ans, étaient convaincus d’avoir énormément changés en dix ans, mais s’attendaient à ne changer que très peu dans le futur. Lorsqu’on leur demandait, par exemple, de rapporter les changements dans leurs goûts musicaux, les gens avaient tendance à rapporter des changements substantiels dans leurs goûts et intérêts durant les derniers dix ans, tout en s’imaginant qu’il y aurait très peu de changements dans leurs goûts musicaux dans les années futures. Pour eux, ce qui était apprécié présentement, serait sûrement tout autant aimé dans le futur.

Cela suggère que nous avons tendance à voir le présent comme un point tournant qui représente ce que nous serons toujours dans le futur et pour le reste de notre vie. Nous faisons nos choix en nous basant sur cette croyance, ce qui entraîne souvent des conséquences imprévues ou décevantes. Les achats ou les décisions impulsives peuvent sembler comme une excellente idée sur le moment, mais notre moi futur n’appréciera peut-être pas nos tatouages ou la maison de rêve immense que notre alter ego n’arrivera plus à payer.

Nous ne semblons pas réaliser que notre moi futur se tournera lui aussi vers le passé et en viendra aux mêmes conclusions que nous. Il trouvera lui aussi qu’il n’est plus la même personne et que les changements ont été majeurs. Où que l’on se trouve sur notre ligne de vie, nous sommes toujours convaincus que la version  actuelle représente la version définitive de notre personne, même si cela est complètement faux.

Croire que la version présente est celle qui a atteint le sommet de l’évolution personnelle est agréable et nous nous sentons accomplis en pensant de cette manière. Réaliser que nos préférences sont souvent transitoires pourrait nous amener à questionner chaque décision et être une source d’anxiété. Nous préférons donc voir l’expérience acquise comme une source de satisfaction et de croissance, sans considérer que le processus se poursuivra dans le futur.

Ce phénomène est un point important à prendre en considération lorsque l’on fait des plans pour le futur, comme pour la retraite par exemple. J’ai toujours pensé que je voudrais passer ma retraite sur la route, à voyager dans un véhicule récréatif, sans domicile fixe. En vieillissant, je réalise que je deviens plus casanière et que j’ai souvent hâte de revenir dans mes choses à la maison.

Sans rejeter ce rêve, je prends maintenant en considération que je préférerai peut-être un jour avoir un pied à terre quelque part, tout en continuant à voyager. Je prévois donc de garder des fonds pour l’achat éventuel d’un petit condominium alors que mon moi passé croyait que la vie de bohème serait toujours son vœu le plus cher.

La réalité est que nous changeons tout au long de notre vie et que cela continuera jusqu’à notre dernier souffle.

 

Prévoir, c’est à la fois supputer l’avenir et le préparer ; prévoir, c’est déjà agir.   –  Henri Fayol
On ne peut prévoir les choses qu’après qu’elles sont arrivées.   –   Eugène Ionesco

 

Une année mémorable

changement

Notre maisonnée a entrepris de mieux s’alimenter et surtout de surveiller les portions que nous absorbons, ce qui semble être notre principal problème. Nous utilisons donc un système qui nous permet de savoir combien de calories  ingurgitées chaque jour.

Après un mois d’utilisation du site Web et de l’application MyFitnessPal, je peux vous confier que c’est un succès retentissant! J’ai perdu 17.3 livres (7.8 kilos), Tendre Moitié affiche une perte de 11.1 livres (5 kilos) et Charmante Ado se retrouve avec 11.3 livres (5 kilos et des poussières) en  moins.

Je crois que ma perte de poids plus grande est quelque peu biaisée, probablement par une rétention d’eau, car j’ai « perdu«  près de dix livres dans la première semaine. Dans les semaines qui viennent, je crois que la perte sera beaucoup plus modeste et raisonnable.

Nous avons chacun une approche différente, quoique nous prenions nos repas ensemble et mangeons la même chose la plupart du temps. Je mise beaucoup sur l’exercice, mais je n’utilise pas les calories dépensées ainsi, pour augmenter mon quota quotidien.Le programme du site Web ajoute automatiquement les calories dépensées au quota de la journée.  Charmante Ado au contraire, a des journées très intenses physiquement, les jours où son horaire inclut à la fois un cours d’éducation physique  et une pratique ou un match de basketball.

Charmante Ado a donc choisi de considérer sa moyenne hebdomadaire plutôt que quotidienne. Ainsi, elle mange un peu plus les jours d’activités physiques, mais elle garde une partie des calories « gagnées«  en faisant de l’exercice, pour le jour suivant. Cela lui permet d’avoir une alimentation assez régulière, sans trop de hauts ou de bas. Certains diront qu’une adolescente ne devrait pas être à la diète parce qu’elle est en pleine croissance, mais Charmante Ado avait vraiment accumulé un excès de poids qui la ralentissait au basketball et la rendait inconfortable. Son médecin croît que sa croissance est en grande partie terminée, (six pieds un pouce/ un mètre 83) et que ses genoux, qui la font déjà souffrir,  se porteront mieux en perdant un peu de poids.

Sans rendre public la perte de poids désirée, nous en avons pour un bon bout de temps, peut-être même l’année entière, particulièrement si l’on considère que la perte ralentira progressivement à mesure que nous nous rapprocherons du poids idéal. Cela ne nous dérange pas du tout car nous avons l’impression de gérer un budget. C’est un budget alimentaire au lieu de financier et nous gérons nos calories au lieu de dollars.

J’ai entré dans le programme MyFitnessPal plusieurs recettes que je cuisine fréquemment, ce qui nous simplifie grandement la vie, car plus besoin de calculer les calories ni les portions, tout est dans le programme. Nous avons chacun un petit déjeuner préféré, qui se répète presque chaque jour. Dans ce cas-là, nous n’avons qu’à cocher le bouton « Copy meal  from yesterday«  (copier le repas d’hier) et le tour est joué.

Un des grands avantages de ce programme est que Charmante Ado peut voir concrètement les bienfaits de l’exercice physique. Elle est toujours étonnée de voir le nombre de calories qu’elle brûle durant une pratique de 90 minutes au basketball. Elle manipule ses calories comme l’argent qu’elle gagne; une partie pour l’immédiat (manger quelque chose), elle en met un peu de côté pour le court terme (se permettre une gâterie le lendemain) et elle laisse le restant des calories dépensées faire leur travail et diminuer son poids.

Elle ne voit donc pas ce que nous faisons comme une punition ou une imposition. Elle a même réalisé que lorsqu’elle aura atteint son poids cible, elle aura besoin de moins de calories et qu’elle devra continuer à gérer les calories absorbées et dépensées pour maintenir le meilleur équilibre possible. Probablement, qu’à la longue, nous le ferons instinctivement, comme le font les gens qui n’ont jamais eu de problèmes de poids, mais pour le moment, nous devons défaire de mauvaises habitudes et en établir des nouvelles bien fermement avant de nous fier à notre intuition.

Tendre Moitié, avec ses genoux en ruine, ne peut pas bouger beaucoup, mais il aura ses infiltrations de cortisone dans moins de six semaines, après six mois d’attente. Nous espérons que cela diminuera la douleur pour lui permettre de bouger un peu car la simple marche lui avait fait perdre beaucoup de poids lors d’un voyage à New York, il y a quelques années.

La réadaptation de Toutou Parfait me donne l’occasion de sortir prendre des marches deux fois par jour, peu importe la température. De plus, je me suis créé un exercice maison, facile, rapide et intense. Je fais jouer un morceau de musique avec beaucoup de rythme, d’une durée de quatre à cinq minutes, et je monte et descend l’escalier sans arrêt durant toute la chanson. Je le fais deux fois par jour et je suis passé de onze escalades aller-retour à treize. C’est très efficace pour augmenter le rythme cardiaque et cela a le mérite d’être court au point où je peux le faire à tout moment, en attendant que l’eau bout par exemple.

La prochaine étape sera de travailler avec des poids pour augmenter la force de mes bras qui est pathétique. J’avais une routine de quinze minutes que je faisais avec Charmante Ado l’été dernier et je vais tenter de m’y remettre, probablement seule, car durant la saison de basketball, son niveau physique est nettement supérieur au mien et elle n’a pas vraiment besoin de « garder la forme« .

Les affaires sont plutôt au ralenti de ce temps-ci et j’ai envoyé hier mon texte pour le concours littéraire Zone d’écriture de Radio-Canada, dans la catégorie Récit. Le gagnant de la catégorie Nouvelle, à laquelle j’ai aussi participé en septembre dernier, est généralement annoncé à la fin mars. Ne me reste plus qu’à travailler sur mon roman qui n’avance pas tellement.

Je suis par contre très heureuse de voir que plusieurs de mes objectifs pour 2013; perte de poids, exercices, concours d’écriture, se réalisent peu à peu. Nous avons le choix d’avoir une année quelconque; dont nous ne nous souviendrons que vaguement, 365 jours qui ne laisseront que peu de traces, ou d’avoir une année extraordinaire; qui nous marquera au point d’être un point de repère dans notre vie.

Je choisis d’avoir une année mémorable. Et vous?

Une vie sans avenir est souvent une vie sans souvenir.   –   Hervé Bazin
Le souvenir de l’effort est toujours un souvenir heureux et l’on sourit aux anciennes misères vaincues.   –  Jean Guéhenno

Course contre la montre

courseVous avez sûrement remarqué à quel point certaines personnes adorent se déclarer ‘’occupées’ ou ‘’stressées’’. Il semble même parfois y avoir une hiérarchie du stress, où certaines occupations sont déclarées plus importantes parce que plus stressantes. J’ai moi-même œuvré pendant dix-sept ans dans un domaine considéré comme très stressant, le contrôle aérien et je peux honnêtement affirmer que mon plus haut niveau de stress n’a été atteint que lorsque j’ai délaissé les opérations, le travail dans la tour, pour devenir gestionnaire.

Dans mon cas, je ne vivais pas de stress lorsque je faisais quelque chose que j’adorais, qui m’inspirais et que je croyais utile. La gestion, pour moi, a été une magistrale erreur et c’est ce qui m’a amené à quitter le domaine plus tôt que prévu, car un retour aux opérations (domaine syndiqué), n’était pas possible une fois qu’on accédait à un poste de cadre.

J’ai donc beaucoup de difficultés à voir le stress comme une glorification de l’importance ou de la valeur d’une personne, alors que ma période la plus malheureuse dans le domaine du travail correspond aussi à la plus stressante.

Vivre beaucoup de stress n’est pas selon moi un gage de valeur. Cela ne nous rend pas supérieur aux autres. L’absence de stress ne rend pas une personne moins importante pour autant. Chacun réagit au stress de façon différente et on ne peut pas en déduire grand-chose et surtout pas évaluer la valeur d’une personne sur cette base.

Nous avons tous entendu des gens nous confier qu’ils étaient tellement occupés qu’ils ne savaient plus où donner de la tête. C’est presque devenu la réponse par défaut lorsqu’on demande aux gens comment ils vont. Ce ne sont pas les gens qui doivent jongler avec deux emplois, le service de garde pour les enfants, les fins de mois difficiles ou les difficultés de la vie mono-parentale qui se plaignent d’être trop occupés, ces gens-là sont plus exténués qu’autre chose.

Non, les gens qui se déclarent super occupés le sont généralement par des choses qu’ils se sont imposées eux-mêmes volontairement. Ils enrôlent leurs enfants dans une foule d’activités, prennent des cours de perfectionnement pour leur travail en plus de  prendre un abonnement au gym et de s’imposer d’y aller cinq fois par semaine.

Personne ne veut réellement vivre comme ça, mais il y a une certaine pression sociale à se déclarer et à se montrer occupé. Être occupé constamment et surtout, aimer se déclarer débordé ou trop occupé nous convainc que ce que l’on fait est important, mais cela nous amène aussi à devenir anxieux et nous nous sentons coupables lorsque nous ne faisons rien de productif.

Tout le monde est occupé. Nous avons tous des choses que nous voulons accomplir dans une journée, un mois ou une année, mais si nous prenons sur nos épaules une charge trop lourde, ce n’est pas une raison pour en être fier.

En général, les gens trouveront du temps pour faire les choses qui sont importantes pour eux. J’aime écrire et c’est quelque chose de très important pour moi alors j’y consacre du temps. M’arrive-t-il d’être stressée par des échéanciers que je me suis imposée et de me retrouver à 23 heures sans aucune idée pour mon prochain article? Bien sûr, mais pas au point de perdre de vue que mes limites peuvent être modifiées sans que cela ait une grande importance.

Nous nous enfermons trop souvent dans la mentalité que nous devons tout faire et que nous devons performer à tout prix. Nous oublions que nous sommes en charge de notre temps et qu’il nous revient d’organiser notre vie selon ce qui nous convient le mieux.

Nous choisissons où mettre notre énergie et nos efforts. Ce qui vaut la peine et même le stress pour l’un ne le vaudra pas pour l’autre. Chacun a un rôle et ses propres passions, certaines sont plus apparentes que d’autres et les personnes les plus occupées ne sont pas nécessairement celles qui se vantent d’être débordées.

Être occupé peut vouloir dire que nous accomplissons des choses et que le travail se fait. Être trop occupé signale quelque chose de beaucoup moins positif, un certain déficit dans l’établissement des priorités. Toutes les tâches ou activités ne sont pas d’une égale importance, il faut être capable de trier ce que l’on a à faire et d’y aller avec le plus important d’abord.

Nous avons tous les mêmes 168 heures par semaine. Les heures passeront qu’on leur prête attention ou non, nous devrions peut être examiner ce que nous faisons de notre temps.

Nous vivons dans une société compétitive et se lamenter sur notre somme de travail ou notre manque de sommeil, peut nous sembler une preuve de notre dévouement envers notre travail et notre famille, mais nous apportera peu de satisfaction personnelle. Mettre nos priorités sur ce qui nous importe vraiment nous donnera plus de contrôle sur notre temps et ultimement sur notre vie.

Sur une note plus légère, parce que la vie ne doit pas être prise trop sérieusement, voici une vidéo qui m’a fait sourire.

 

Il vaut mieux ne rien faire que de s’occuper mal à propos.   –   Baltasar Gracian y Morales
Je dois m’occuper d’être heureux.   –   Albert Camus

Toutou Parfait se soigne

ligament

Toutou Parfait a subi sa chirurgie au genou il y a un peu plus de cinq semaines maintenant et je vais vous faire un petit compte-rendu de sa convalescence.

Pendant la phase de repos complet des trois premières semaines, il y a eu l’épisode où elle a réussi à se défaire de son collier mal fixé et où elle s’est sauvée au fond du terrain, dans la neige. À la noirceur, il était difficile de dire si elle a marché sur sa patte ou non, mais nous avons eu bien peur que son genou ait de nouveau lâché.

La clinique vétérinaire a dit que ce n’était pas nécessairement le cas mais qu’il était trop tôt pour le savoir et que tout ce que nous pouvions faire était de nous assurer qu’elle bouge le moins possible. La plaie a très bien guérie et les points de suture ont été enlevés après deux semaines.

Notre Toutou Parfait est aussi à la diète depuis novembre dernier car l’excès de poids augmente le risque que le ligament de l’autre patte arrière se déchire. Ce type de chirurgie a un meilleur taux de succès chez les petits chiens, précisément à cause du poids qui repose sur l’articulation. La diète se déroule sans problème, même si ce n’est pas au goût de Toutou Parfait qui nous fait de grands yeux tristes en voyant son bol de nourriture sèche. Elle mange quand même et elle a perdu dix livres (4.5 kilos), ce qui est excellent. Nous allons persévérer jusqu’à ce qu’elle perde un autre 5 livres (2.25 kilos), ce qui la rendra assez svelte.

Après les 21 jours de repos, nous avons commencé la réadaptation en faisant des promenades quotidiennes de dix minutes. Toutou Parfait adore se promener en laisse avec nous, contrairement à Tête de Mule qui est plutôt pantouflarde et rechigne à marcher sans but. Tout s’est bien passé pendant une semaine, puis j’ai augmenté la durée des promenades à quinze-vingt minutes.

La promenade en tant que telle se passait parfaitement bien et Toutou Parfait marchait les pattes bien droites, avec beaucoup d’enthousiasme. Par contre, elle passait ensuite la soirée couchée et elle boitait terriblement lorsqu’elle se déplaçait dans la maison. Voyant que cela ne s’améliorait pas et convaincue par mon pessimisme naturel que la chirurgie n’avait pas fonctionné, je me suis résignée à téléphoner à la clinique pour obtenir une consultation et voir ce qu’il y aurait à faire.

Après avoir expliqué la situation à la technicienne, j’ai eu en ligne le vétérinaire qui avait opéré Toutou Parfait. Il est très heureux de sa perte de poids et  le problème actuel selon lui est que les promenades sont trop longues. Il dit que si elle marche très bien lors des promenades et que par la suite elle boîte et semble avoir mal, c’est que la promenade est trop exigeante sur son articulation. Il m’a rappelé que la réhabilitation durera de quatre à douze mois et qu’il faut y aller lentement.

Il me conseille donc de faire deux courtes promenades de dix minutes au maximum, en me guidant sur sa façon de marcher ensuite. Je dois aussi lui donner des anti-inflammatoires pour réduire l’inflammation au besoin, lorsqu’elle semble ressentir de la douleur.

C’est la première fois que je trouve un vétérinaire qui donne des conseils au téléphone et qui n’exige pas une consultation en clinique qu’il pourrait facturer. Il a bien pris le temps de tout m’expliquer, me confiant même que, dans la prochaine année, il y aura un ou deux épisodes où je serai persuadée que son genou a lâché lorsque je la verrai revenir la patte en l’air après avoir couru après un écureuil ou autre bestiole intéressante. Il dit qu’à ce moment-là, il faudra la mettre au repos complet et lui donner des anti-inflammatoires pendant une semaine. Ensuite, elle redeviendra comme avant m’assure-t-il. C’est encourageant de voir qu’il a confiance en la procédure et au pronostic.

Toutou Parfait a donc de bonnes chances d’avoir une vieillesse convenable et de pouvoir maintenir son niveau d’activité. Ce week-end, nous accueillons encore une fois le Golden Retriever qui est venu en pension durant les Fêtes. Les chiens adorent voir de nouveaux copains en visite et la bonne entente est complète. Lorsqu’on a deux chiens et beaucoup de place, un troisième n’implique aucune charge de travail supplémentaire et cela permet à Charmante Ado de se faire des sous.

Les dépenses imprévues ont été considérables ces derniers mois, d’abord la chirurgie et les soins de Toutou Parfait, puis l’automobile qui a besoin de quelques milliers de dollars en réparations. Notre voyage en Europe, d’abord reporté de décembre à février, est maintenant reporté indéfiniment. Nous verrons à l’été comment nos affaires se déroulent pour cette année. Nous avons d’excellents dossiers en cours, mais la situation économique se détériore quelque peu et les gens ont tendance à se serrer la ceinture davantage, ce qui pourrait réduire notre chiffre d’affaires.

J’ai beau dire que je ne m’ennuie pas trop des voyages, cela commence à me manquer et j’espère que 2013 sera l’année où nous pourrons nous y remettre.

On croit qu’on amène son chien pisser midi et soir. Grave erreur : ce sont les chiens qui nous invitent deux fois par jour à la méditation.   –   Daniel Pennac