On se croit tous un peu plus immortels que les autres

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Steven Cave, un philosophe britannique vient de publier un livre intitulé : Immortality: The Quest to Live Forever and How it Drives Civilization.

La mort est une des seules choses dont nous ayons une certitude absolue. Nous allons tous mourir, mais peu de nous passent du temps à s’inquiéter de notre fin certaine. Pourtant, nous nous inquiétons souvent pour des broutilles, alors pourquoi la perspective de notre mort ne suscite-t-elle pas un constant état d’inquiétude?

L’auteur décrit ainsi le paradoxe de la mortalité: La mort est à la fois inévitable et impossible. Nous la voyons partout autour de nous mais cela implique la fin de notre état de conscience et nous ne pouvons pas imaginer cela. Il est impossible de s’imaginer mort et de concevoir ce que nous ressentirions à ce moment-là.

Selon l’auteur, pour détourner notre attention de cette problématique et résoudre le paradoxe, nous utilisons en fait quatre scénarios possibles pour nous aider à vivre la perspective de notre mort plus sereinement.

1) Rester en vie éternellement.
2) Le corps ressuscitera après la mort.
3) L’âme survivra à la mort physique.
4) Laisser une marque, notre empreinte personnelle et par le fait même, influencer l’avenir à travers nos enfants, notre réputation ou notre renommée.

Pour faire face à notre mortalité, nous devons choisir de croire à un de ces scénarios et vivre notre vie selon nos croyances.

Ne jamais mourir: Tous les êtres vivants cherchent à rester en vie et à éviter la mort. La possibilité de ne jamais mourir physiquement dans ce monde-ci, serait donc le scénario idéal. Malheureusement, la décision de rester en vie, d’être immortel, ne nous revient pas. Noter corps s’use, tombe malade et meurt. Le premier scénario a très peu de chance de se réaliser. La personne ayant vécu le plus longtemps était une Française, Jeanne Calment qui est décédée à l’âge de 122 ans. Pour la plupart d’entre nous, nous pouvons espérer vivre jusqu’à environ 80 ans ou un peu plus. La science persévérera et de plus en plusieurs personnes vivront éventuellement jusqu’à 120 ans, mais c’est encore loin de l’immortalité. Ce scénario n’est donc pas réaliste pour contrer notre mortalité.

Les deuxièmes et troisièmes options ont des connotations religieuses mais peuvent aussi avoir des applications scientifiques. Une résurrection scientifique impliquerait que le corps serait congelé à la mort et serait ramené à la vie dans le futur, lorsque les connaissances scientifiques seraient assez avancées pour guérir et réparer les dommages causés par la maladie qui a causé la mort. Encore ici, la science n’est pas près de réussir à ressusciter et à réparer un corps mort.

Pour les personnes croyantes, comme les chrétiens par exemple, la résurrection est ce que promet la Bible lors du jugement dernier, le retour à la vie des personnes décédées.

Résurrection: L’auteur, qui est athée, n’accepte pas le concept religieux de la résurrection. Toutefois, dans l’éventualité peu probable où ce serait possible, il y aurait quand même le problème de la recomposition du corps. Comment recréer une personne exactement telle qu’elle était si toutes ses composantes sont disparues? Est-ce qu’il y a quelque part une copie de chaque être humain ayant vécu sur Terre en attente de la résurrection?

Le deuxième scénario ne semble donc pas près d’être possible scientifiquement. Pour une personne croyante, c’est une question de foi, mais ce n’est d’aucun réconfort pour les non-croyants.

Survie de l’âme: La troisième option dépend de l’existence de l’âme qui survivrait à la mort du corps physique. La science présentement, postule que l’âme ou l’esprit, a besoin du cerveau pour exister et ne survivrait donc pas à la mort physique. Ceci implique que l’esprit et l’âme sont une seule et même chose.

Les personnes religieuses voient plutôt l’âme comme étant davantage que l’esprit et croient que l’âme se sépare du corps à la mort et survit par elle-même. Encore une fois, ce scénario est basé entièrement sur la foi.

Laisser un héritage: La dernière option pour faire face à notre mortalité est l’héritage, la marque, l’empreinte que nous laisserons après notre mort. Plutôt que d’être paralysés par notre sentence de mort, nous choisissons de vivre notre vie de manière à laisser une trace de notre passage. Les personnes religieuses utilisent aussi cette option en complément aux scénarios de résurrection et de survie de l’âme.

Ce dernier scénario est généralement la force conductrice des grandes réalisations humaines en science, dans les arts, la musique, la littérature, l’architecture et autres disciplines.

En regardant le peu de probabilités des trois premiers scénarios avec l’état actuel de la science et le dilemme de croire ou non à la religion; la décision de laisser notre marque et de changer des vies ou même le monde, sont nos seules chances réelles d’atteindre une forme d’immortalité.

Le fait d’être né augure mal de l’immortalité.   –   George Santayana
Dans le titre: On se croit tous un peu plus immortels que les autres.  –   Christelle Heurtault
Je ne veux pas atteindre l’immortalité grâce à mon oeuvre. Je veux atteindre l’immortalité en ne mourant pas. – Woody Allen

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