L’irritante pagination Web

turn pageJe lis beaucoup de journaux, de magazines et de blogues sur internet. De nombreux sites utilisent ce que l’on appelle la pagination Web. Cela consiste à fractionner l’article en de nombreuses pages et cela oblige le lecteur à cliquer pour poursuivre sa lecture de l’article.

Cette pratique est complètement inutile, pour ne pas dire irritante. Pourtant, cette coutume persiste car en théorie, elle permet de placer plus de publicités sur ces différentes pages. En pratique, je crois que beaucoup de gens ne se donnent pas la peine de continuer vers les pages suivantes.

Au début du Web, la pagination n’existait pas. Elle est devenue de plus en plus fréquente dans la dernière décennie, avec l’augmentation des publicités.

Un blogueur pourrait être tenté par cette stratégie, car diviser un article en cinq pages au lieu d’une, résulterait potentiellement en plus de’’ clicks’’ et cela donneraient de meilleures statistiques pour les pages consultées par visite. C’est une belle théorie, mais si le lecteur est dégoûté par la distraction, les publicités et le manque de fluidité, il quittera le site et ne reviendra pas. Les statistiques s’en ressentiront.

J’ai tendance à préférer les sites qui ne fragmentent pas leurs articles. Beaucoup de blogueurs n’offrent qu’un aperçu de leurs articles à la page accueil, mais si l’on clique pour voir la suite, on pourra lire tout l’article sur une même page. Ceci n’est pas la même chose que la pagination car cela permet au blogueur d’afficher plus d’aperçus d’articles en page d’accueil.  Personnellement, je n’utilise pas cette mise en page, mais elle ne me dérange pas.

De grosses compagnies, comme le New York Times et le Washington Post utilisent la pagination, probablement pour engranger plus de revenus publicitaires. On y retrouve des articles qui devraient se lire en une seule page et qui demandent pourtant jusqu’à dix clicks pour en terminer la lecture. Chaque page ne contient qu’un fragment de l’article, souvent, seulement quelques paragraphes.

Deux trucs peuvent nous éviter cet exercice futile de cliquer constamment; chercher le bouton ‘’voir en une seule page’’ au début de l’article ou s’il n’y en a pas, on peut se rabattre sur le bouton ‘’imprimer’’, qui nous donnera habituellement une vue du document en entier.

Les adeptes de la pagination Web prétendent que les longs articles dépriment et découragent les lecteurs. Cela me semble faible comme argument; si quelque chose est intéressant, le lecteur préférera continuer sa lecture plutôt que de cliquer sans cesse pour changer de page.

Plusieurs sites utilisent aussi la technique de la liste pour amener le lecteur à cliquer sur la prochaine page. Un article ayant pour titre par exemple : ‘’Les dix meilleures résolutions pour 2013’’, exigera que vous cliquiez sur onze pages pour lire un texte ne comptant pas plus que quelques paragraphes. Il y aura une courte introduction sur la première page, puis chaque item de la liste aura sa propre page. Je considère ce type d’article comme hautement irritant et une pure perte de temps.

Cette calamité mineure est  tellement répandue que bien des gens croient que cette façon de faire n’est pas un choix, mais une obligation. Ils sont persuadés que cela fait partie de la structure du Web et qu’on n’y peut rien.

Pourtant, ce n’est pas le cas et j’ai bien hâte que les sites utilisant la pagination comprennent que cette pratique nuit à la fluidité de la lecture et n’est pas conviviale. Je viens justement d’annuler mon abonnement digital avec un journal en ligne américain qui se plaît à me faire cliquer douze fois pour lire un seul article.

Heureusement, plusieurs sites ont vu la lumière et ont cessé ou n’ont jamais utilisé cette pratique douteuse pour tenter d’avoir plus de visiteurs.

 

Ce n’est pas la peine d’avoir du talent à la cinquième ligne si le lecteur ne dépasse pas la troisième.    –    Françoise Giroud
Si vous avez un peu de patience, vous découvrirez qu’on peut utiliser les immenses ressources du Web pour perdre son temps avec une efficacité que vous n’aviez jamais osé imaginer.    –   Dave Barry

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