Les portes de la perception

réalité

J’ai lu un article intéressant en anglais portant sur la perception de la réalité et notre réaction aux évènements. Je vous fait part des grandes lignes de cette théorie.

Notre plus grande source de souffrance viendrait du fait que nous ne réalisons pas à quel point nos croyances limitent notre existence. Croire que ce que nous ressentons est basé sur des faits est une erreur; nos réactions et nos sentiments sont plutôt basés sur notre perception des faits.

Donc si on pousse plus loin, la souffrance ne vient jamais des faits eux-mêmes, elle provient de notre perception des faits; c’est la signification que nous donnons à ce que nous sommes en train de vivre en ce moment.

Notre cerveau reçoit des données à partir de nos cinq sens. Notre esprit traite ces données en se basant sur le système de croyances que nous avons mis des années à bâtir, de façon inconsciente. Ce système de croyances ou de valeurs représente le filtre que notre esprit utilise pour créer notre perception du monde, notre réalité qui est unique à nous. Ce filtre est une partie intégrante de notre personnalité.

Nous pouvons essayer d’être conscients de notre filtre et ainsi modifier notre perception des choses. Personne ne peut nous faire penser, ressentir ou voir quelque chose; nous seuls pouvons nous faire du mal avec nos sentiments. Voici une petite histoire pour illustrer le tout…

Deux jeunes amies avaient l’habitude d’aller au restaurant tous les vendredis soirs. Un certain vendredi, Diane appelle Sophie pour lui dire qu’elle a le rhume, ne se sent pas bien et préférerait sauter une semaine. Sophie ne s’en fait pas avec ça, ce sont des choses qui arrivent. Plus tard dans la soirée, Sophie décide finalement d’aller se chercher des mets pour emporter à leur restaurant favori.

En arrivant au restaurant, Sophie est surprise d’y voir Diane attablée et en train de manger avec une autre fille. Elle n’en croît pas ses yeux. Elle s’esquive avant que Diane puisse la voir et les larmes aux yeux, retourne chez elle.

Durant toute la fin de semaine, Sophie revoit la scène en pensée et se sent trompée et blessée. Finalement, elle en vient à la conclusion que Diane s’est lassée de leur amitié. Elle se sent dévastée et a de la difficulté à dormir, elle imagine la confrontation qu’elle aura avec Diane lundi et se demande si leur amitié peut être sauvée.

Lundi arrive et avant que Sophie puisse placer un mot, Diane lui apprend que sa sœur est arrivée à l’aéroport à l’improviste vendredi soir alors que son vol faisait une escale en ville. Elle lui raconte qu’elle était vraiment contente de voir sa sœur mais qu’elle était tellement malade qu’elle n’a pas vraiment profité de sa visite.

On peut imaginer le soulagement de Sophie et on peut aussi voir comment elle a souffert inutilement. Lorsqu’elle a vu Diane vendredi soir, Sophie n’a pas traité les faits seulement, elle leur a donné un sens en y voyant de la réjection et un potentiel abandon. Quand Sophie a pu connaître les faits réels, elle a alors donné un nouveau sens à la situation, un sens qui l’a fait se sentir beaucoup mieux.

Si on regarde cela d’une manière détachée, Sophie pouvait être en contrôle du sens qu’elle donnait à la situation pendant tout cet épisode. Elle aurait pu s’épargner toute cette souffrance en ne sautant pas aux conclusions et en prenant conscience que peut-être, son esprit filtrait et traitait les données en leur donnant une direction biaisée par ses expériences passées.

Lorsque l’on perd son temps à croire notre propre scénario, nous diminuons notre pouvoir. En réalisant que l’autre personne qui nous a blessé est aussi aux prises avec son scénario et son histoire; nous pouvons réduire la charge émotionnelle de leurs actions. Nous pouvons contrôler à quel point les faits peuvent nous affecter. Nous avons le pouvoir de choisir ce que nous ressentons.

J’aime bien cette théorie de la perception. Il m’arrive d’être blessée par des situations pour finalement découvrir que c’est le sens que j’ai donné à l’évènement qui m’a amené à être affectée alors que les faits réels avaient un tout autre sens. Tendre Moitié pourrait confirmer que j’ai une certaine tendance à la catastrophisation, mais je me soigne!

Je crois que c’est un réflexe bien ancré de filtrer inconsciemment l’information pour qu’elle se conforme à notre système de croyances. Je vais essayer de prendre conscience de ce réflexe et voir si je pourrais changer ma manière de percevoir certains évènements.

La réalité est une chose mystérieuse et fluctuante, car la perception que nous en avons ne reste jamais la même.   –   Joe Tan
La sensation d’être heureux ou malheureux dépend rarement de notre état dans l’absolu, mais de notre perception de la situation, de notre capacité à nous satisfaire de ce que nous avons.   –   Dalaï Lama

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