Les mots pour le dire

choisir ses mots

Les mots que nous utilisons peuvent en dire beaucoup sur notre personnalité. Une étude a même démontré que nous sommes plus persuasifs si nous prononçons des jurons en les plaçant au début ou à la fin d’un énoncé. L’auditoire aurait alors l’impression que notre intensité plus élevée est plus convaincante.

Lorsque nous mentons, nous utilisons souvent des mots différents. En analysant 242 messages instantanés (Instant Messaging), les chercheurs ont découvert que les menteurs écrivent davantage de mots, en utilisant des mots en relation avec les sens (voir, toucher, etc) plus fréquemment et utiliseront de préférence les pronoms orientés vers les autres plutôt qu’eux-mêmes. De plus, les menteurs évitent les termes qui évoquent une cause ou un effet (parce que, pour cette raison, si bien que, dans ces circonstances, etc). Les menteurs peu motivés eux, utiliseront davantage de termes négatifs.

Les choses que notre cerveau absorbe facilement nous semblent plus véridiques que les concepts qui sont difficiles à assimiler. C’est pour cette raison, entre autres, que nous avons tendance à préférer ce qui nous est familier à ce qui nous est inconnu. Cela implique que nous croirons plus facilement les explications succinctes et désinvoltes que les explications plus détaillées mais compliquées.

Les mots courts seraient plus efficaces que les mots plus longs et  essayer d’avoir l’air intelligent nous ferait paraître moins brillant. Une personne peut de façon naturelle  utiliser des termes longs et complexes et cela sera bien perçu, mais se forcer à utiliser de grands mots ne convainc personne et rend notre discours maladroit.

Dans son livre, The Secret Life of Pronouns: What Our Words Say About Us, James W. Pennebaker explique que la manière dont les employés parlent de leur compagnie peut en prédire la réussite ou l’échec. S’ils en parlent en utilisant des termes comme ‘’la compagnie’’ ou ‘’cette compagnie’’ et disent ‘’ils’’ en parlant de leurs confrères de travail; cela indiquerait qu’ils ne s’identifient pas du tout avec leur employeur et sont probablement peu satisfaits et heureux dans leur travail. Ces compagnies ont habituellement un fort roulement de personnel.

Un président de compagnie qui utilise constamment le mot ‘’je’’ dans la lettre annuelle aux actionnaires révélerait une personnalité égocentrique qui augure mal pour le succès de la compagnie.

Les personnes qui sont en position de pouvoir utilisent en général peu souvent le mot ‘’je’’. Ce sont les gens qui ont moins de pouvoir qui l’utilisent le plus. Les menteurs éviteront le ‘’je’’ pour se distancer psychologiquement de leurs propos.

À l’opposé, le mot ‘’nous’’ peut être très puissant. Les gens sont plus attirés et positifs envers les personnes qui prononcent souvent le mot ‘’nous’’ car cela crée un sentiment de familiarité. Dans un couple, des partenaires qui disent souvent ‘’nous’’, décriront leur relation comme étant plus satisfaisante. Les mots ‘’tu’, ‘’toi’’, ‘’toi-même’’ seraient plus présents dans les relations toxiques parce qu’ils indiquent souvent des accusations ou des commentaires sur les défauts de l’autre.

Lors de pourparlers, utiliser les mêmes genres de mots que son interlocuteur peut améliorer les négociations. Nous sommes davantage attirés vers les personnes qui parlent et utilisent un vocabulaire semblable au nôtre.

.Les mots ne sont pas tout cependant. Notre langage corporel influencerait les gens huit fois plus que nos mots. En 1971. un professeur de psychologie de UCLA, Albert Mehrabian, a postulé que 55 pourcent  de notre message lorsque nous parlons, provient de notre langage corporel,  38 pourcent vient de notre ton de voix et seulement 7 pourcent provient de notre choix de mots.

Il y a des paroles qui portent plus loin que le vent.   –  Suzie Murray
Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement, et les mots pour le dire arrivent aisément.   –   Nicolas Boileau

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