Les jeux de la faim

Jeux de la faim

Charmante Ado vient de se passionner par la trilogie de Hunger Games en lisant les trois volumes en une semaine et elle veut maintenant voir le film.

J’ai donc résolu de lire la série et de l’accompagner au cinéma par la suite. Je ne m’attendais à aimer à ce point une série écrite pour les jeunes, Twilight m’a laissée indifférente et le Journal d’un vampire ne m’attire pas non plus.

Hunger Games est différent. C’est une vision tordue de la télé-réalité mais certains points sont très plausibles. Je m’interroge toujours sur l’engouement des télé-réalités, je n’arrive pas à y trouver de l’intérêt. Au Québec, Star Académie est très populaire et je peux comprendre le plaisir d’écouter des interprètes mais je ne suis pas du tout intéressée par leur vie privée ni à les voir cheminer dans leur vie privée de façon publique.

Je comprends encore moins Loft Story ou Occupation Double. J’ai un sentiment très développé de mon intimité et de ma vie privée et je ne peux concevoir un tel exhibitionnisme. Aux États-Unis, c’est devenu une véritable folie avec des obèses qui essaient de maigrir en direct, des couples avec de multiples enfants qui étalent leur vie sur un plateau de télévision et toutes sortes d’émissions plus loufoques les unes que les autres.

Je peux donc imaginer assez facilement un futur où la télé-réalité n’aura aucun scrupule à faire s’affronter jusqu’à la mort s’il le faut, des  »volontaires » en direct.

Hunter Games se situe dans un pas si lointain futur. L’Amérique du Nord est devenue un seul pays; Panem, divisé en treize districts. Chaque district  est en charge d’un domaine précis, comme l’agriculture, les mines, la pêche, les objets de luxe destinés au Capitole par exemple. Le Capitole est une ville et le gouvernement, situé dans les Rocheuses. Les résidents du Capitole sont riches et mènent une vie décadente aux dépens de la population des treize districts qui doit trimer dur pour leur fournir des produits.

Éventuellement, une rébellion a lieu. Le Capitole en ressort vainqueur en défaisant douze districts et en anéantissant le treizième. Pour punir la population, le Capitole institue les Hunger Games. Chaque année, un garçon et une fille de douze à dix-huit ans est choisi dans chaque district au moyen d’une loterie. Les jeunes, nommés Tributs, doivent s’affronter et s’entretuer jusqu’à ce qu’un seul demeure et soit déclaré vainqueur.

Toute la population doit obligatoirement visionner le déroulement des Hunger Games à la télévision. Les tributs sont munis d’un gadget électronique sous-cutané qui peut les retracer en tout temps. Les gens ont le loisir de parrainer ou commanditer les concurrents en payant pour des cadeaux qui leur seront utiles.

Le livre montre les gens pauvres du onzième et douzième districts comme des victimes impuissantes de ce jeu cruel. Ils ne regardent les jeux qu parce qu’ils y sont forçés par le gouvernement, mais n’y prennent aucun plaisir. On monte par ailleurs que les gens des premiers districts, ayant une vie plus aisée, sont plus cruels et qu’il y a même de véritables volontaires qui s’entraînent dans l’espoir d’aller aux Hunger Games; on les appellent les Carrières.

Ce point m’a un peu agacée car je le trouve simpliste. Les pauvres sont dignes et n’embarquent pas dans le jeu alors que ceux ayant une vie plus facile sont nécessairement des gens cruels et sans coeur? Permettez moi de douter que ceci serait vrai dans la réalité. Nous voyons actuellement des gens de toutes les couches de la société s’enthousiasmer pour la télé-réalité.

À part ce fait, j’ai bien apprécié l’histoire. Ce n’est pas trop sanglant même s’il y a, de par les Jeux, beaucoup de morts très violentes. Seule la dernière s’éternise sur quatre longues pages. J’ai lu que le film ne s’y attardait pas aussi longuement, heureusement.

Qu’est-ce que je retire de cette histoire? Que la résilience et l’auto-suffisance seront toujours des outils essentiels à notre survie. Que la télé-réalité n’est qu’un substitut à la vraie vie et que si nous n’y prenons garde, nous oublierons de vivre en regardant les autres faire semblant d’être réels tout en suivant un scénario déjà établi et de toute façon, coupé au montage.

Quoi de mieux que la vraie réalité plutôt qu’un ersatz  décadent?

Méfie-toi des images. Ce n’est pas parce qu’on photographie le réel qu’on montre la réalité.    –   Sophie Bassignac
La vie peut être belle même si la réalité ne l’est pas.    –   Ingmar Bergman

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