Les femmes et les enfants d’abord

chacun pour soi

Nous sommes tous au courant de l’histoire du naufrage du Titanic en 1912 ainsi que celui plus récent du Costa Concordia en janvier 2012.

Il y a une notion fort répandue que les femmes et les enfants sont secourus en premier lors d’un naufrage. Il semble pourtant que cela soit un mythe. Une étude récente publiée dans le Proceedings of the National Academy of Sciences, a analysé les données de 18 naufrages survenus entre 1852 et 2011 (ce qui n’incluse pas le Consta Concordia), impliquant 15 000 passagers au total et un équipage de plus de trente nationalités différentes.

Les chercheurs, Mikael Elinder  et Oscar Erixson du  Département d’Économe de l’université Uppsala en Suède ont conclu que  les hommes ont plus de chances que les femmes de survivre à un naufrage. L’équipage quant à lui a  18.7% de plus de chances de survie que les passagers.

Il semblerait que les statistiques du Titanic, où 70% des femmes et enfants à bord ont survécu au naufrage, comparées à seulement 20% des hommes est une rare exception et non pas une règle.

Au contraire, le capitaine et l’équipage auraient tendance à veiller à leur propre sécurité en premier et les hommes à bord d’un navire ont un taux de survie deux fois plus élevé que les femmes. Les enfants sont ceux qui ont le plus bas taux de survie. 

Les données historiques démontrent que l’équipage a un plus haut taux de survie que les passagers et que seulement neuf des 16 capitaines ont sombré avec leur navire.

Le naufrage du  navire italien, Costa Concordia est survenu après la fin de l’étude et ses données n’ont pas été compilées mais le capitaine du navire a été pointé du doigt pour avoir déserté son navire Durant la catastrophe, avant que les 4200 passagers soient tous évacués. 32 personnes ont péri dans ce naufrage. L’étude démontre que ce comportement n’est pas du tout inhabituel.

Lorsque le capitaine prend les commandes de l’état d’urgence et dirige les opérations de sauvetage, en alertant les passagers et l’équipage et en établissant des règles pour donner priorités aux femmes et aux enfants, leur taux de survie est plus élevé de 7%.

Dans le cas contraire, les gens considéreront leur propre sécurité en tout premier lieu à moins qu’Il n’y ait une forte pression sociale sur le navire qui les oblige à se conformer aux règles. Si les gens pensent pouvoir vivre avec les critiques que leur comportement provoquera , ils se sauveront eux-mêmes d’abord et avant tout.

Dans le cas du Titanic, le capitaine ordonna que l’évacuation procède avec les femmes et les enfants d’abord. Des officiers auraient même tiré des balles sur les hommes essayant de désobéir aux ordres.

De tous les naufrages étudiés, seulement deux ont vu les femmes survivre en plus grand nombre  que les hommes; le Titanic en 1912 et le Birkenhead en 1852.

Beaucoup moins de femmes ont survécu dans 11 naufrages et il n’y avait aucune différence nette dans les cinq autres.

Les chercheurs ont examiné plus particulièrement les navires britanniques. Ils ont trouvé que les femmes survivaient moins que les hommes lors des naufrages de façon constante et ce, même si l’ordre de sauver les femmes et les enfants d’abord était donné plus fréquemment à bord des navires britanniques.

Il semblerait que d’autres études dans le domaine des désastres naturels arrivent aux mêmes conclusions. Ce qui est arrivé sur le Titanic nous a donné une fausse idée sur la nature humaine et sur notre comportement lorsque notre vie est en danger.

La norme du ‘’Chacun pour soi’’ semble définitivement s’appliquer en situation de vie ou de mort. Une des raisons pour laquelle les hommes ont un meilleur taux de survie lors d’un naufrage pourrait être dû à leur plus grande force physique.

Pour survivre à une évacuation de navire en situation de naufrage, il faut être capable de bouger rapidement et de circuler à travers les corridors et les escaliers. Ceci est souvent rendu difficile à cause de débris, du gîte considérable du navire et de la congestion. Certains traits de personnalité ou physiques pourraient augmenter les chances de survie, comme l’agressivité, la compétitivité et la capacité de nager. Ces traits se retrouvent davantage chez les hommes selon les chercheurs.

 Un autre facteur qui pourrait expliquer le meilleur taux de survie de l’équipage est que ses membres sont plus familiers avec le navire et qu’ils ont reçu une formation en situation d’urgence. Ils sont aussi plus sujets à recevoir l’information sur la sévérité de la situation avant les passagers.

Il semblerait que ce soit davantage les commandes et règles du capitaine plutôt que la fibre morale des hommes qui détermine si les femmes et les enfants auront un traitement préférentiel sur les navires. Cela suggère que les leaders ont un rôle important dans les désastres.

Je pourrais comprendre que les femmes n’aient pas une priorité sur les hommes en situation d’urgence, mais j’ai beaucoup de difficultés à envisager de ne pas favoriser les enfants.

 Il en va toujours de même : chacun ne travaille que pour soi.   –   Sophocle

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