L’artisan du futur

fabriquer objets

Un des objectifs de nos récentes vacances aux États-Unis était de trouver des chaussures pour Charmante Ado. Malgré une recherche intensive, il nous a été impossible de trouver un endroit qui avait sa pointure en stock. Cela nous a d’abord surpris, puisque l’an dernier à Chicago, nous avions vu de nombreux commerces avec des pointures allant jusqu’à 13 pour les femmes.

Après réflexion, nous sommes venus à la conclusion que ce large éventail de pointures se retrouve seulement dans les grands centres et comme nous n’avons visité que de petites villes, l’inventaire de ces commerces était plus restreint.

Nous avons toutefois acheté une imprimante high tech pour notre travail. Charmante Ado, voyant la grosseur de la bête, l’écran et les touches de contrôle,  m’a demandé si elle imprimait en 3D. Ceci, en conjonction avec notre problème de chaussures m’a fait réfléchir et j’ai fait quelques découvertes intéressantes.

L’imprimerie tridimensionnelle existe mais pas dans le format auquel pensait Charmante Ado. En fait, on parle d’imprimante mais ce serait plutôt une mini manufacture.  »Imprimer »  un objet fonctionnel en trois dimensions est maintenant possible et cela pourrait changer totalement l’industrie manufacturière dans un futur assez proche.

La technologie utilise un procédé appelé  »Additive manufacturing »  (fabrication par couches additives) qui est un processus d’assemblage de matériaux permettant de fabriquer des objets à partir des données d’un modèle 3D, créé par un logiciel, en superposant couche après couche.

Le design de l’objet désiré est dessiné à l’ordinateur puis est envoyé à l’imprimante 3D.  Celle-ci va fabriquer l’objet en déposant couche par couche les matériaux requis (plastique, nylon, acier, titane, par exemple) en de fines tranches superposées, jusqu’à ce que la pièce dessinée soit reproduite.

Traditionnellement, l’industrie fabrique des objets en coupant, taillant et perçant les matériaux pour enlever ce qui n’est pas requis. Cela génère une perte considérable de matières premières et des coûts de production élevés, qui ne peuvent être recoupés qu’en produisant un objet en masse.

Avec l’impression additive, il n’y a pas de perte et produire une seule copie n’est pas plus coûteux que d’en produire plusieurs. Il est même simple et facile de modifier légèrement le design pour obtenir un objet différent d’une fois à l’autre.

Actuellement, cette technologie permet d’imprimer entre autres, un exo-squelette pour une petite fille, des bijoux, des vêtements, des jouets, une voiture et même, une maison entière fabriquée de plastique recyclé, avec toute la plomberie, l’électricité et une fondation en béton, en 20 heures seulement.

Il est maintenant possible de fabriquer une imprimante 3D à partir d’une imprimante 3D, la machine se reproduit elle-même en quelque sorte. À Philadelphie, pour 2000$, vous pouvez participer à un atelier pour apprendre à fabriquer votre propre imprimante 3D. Après l’atelier de deux jours, vous repartez avec votre imprimante, une  MendelMax 1.5 et le logiciel MOI v2, 3D qui vous permettra de créer vos propres designs et modèles.

Il devient concevable de penser que nous pourrons un jour fabriquer nos propres objets (chaussures pour Charmante Ado!) dans le confort de notre foyer. Si cette technologie se répand, les manufacturiers cesseront probablement d’envoyer les matières premières en Chine pour les faire assembler  puisqu’ils pourront fabriquer des objets à coût modique localement.

En ce moment, les consommateurs peuvent se procurer des imprimantes tridimensionnelles qui leur permettent de créer leurs propres designs dans un format équivalent à un document sauvegardé dans l’ordinateur. Il est aussi possible de choisir un design existant à partir d’une base de données et de l’envoyer à l’imprimante. La technologie est encore récente et elle peut être difficile à maîtriser pour le commun des mortels. Le but étant d’imprimer un objet qui sera actuellement fonctionnel et résistant tout en ne demandant pas une formation d’ingénieur pour le réaliser, Adobe Systems est une des nombreuses compagnies qui travaille ainsi sur un projet pour simplifier le processus et permettre au consommateur ordinaire d’utiliser la technologie.

Il y aura plusieurs embûches à franchir, incluant les lois de propriétés intellectuelles. Je ne crois pas que Nike, Hermès ou autre compagnie, appréciera de voir le consommateur reproduire leurs produits, à moins qu’elles ne développent des revenus additionnels en vendant les schémas (blueprints) de leurs créations. Le risque serait alors que le consommateur se retrouverait à payer le fort prix, peut-être même l’équivalent du produit acheté, pour le  »plaisir » de le fabriquer lui-même, avec les risques que les garanties soient moins bonnes ou même nulles pour les produits maison.

Et-ce que les compagnies qui vendront les matières premières (cartouches de métal en poudre ou de plastique liquide par exemple) feront comme les fabricants d’imprimantes conventionnelles et vendront ce produit à des coûts tellement élevés que l’attrait pour la fabrication maison sera moindre?

Cela reste à voir, mais je trouve tout de même que c’est une innovation fascinante et que l’avenir sera très intéressant.

Toute technologie avancée est magique.    –    Arthur Charles Clarke

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Commentaires

  1. Fanny a écrit:

    Dans tous les cas, cela va permettre de mettre à jour pas mal de créateur et de créativité . Peut être créer de nouveaux emplois mais je ne pense pas que ça risque de causer des problèmes aux usines.

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