La fin du parcours

Fin de parcours

Ceci est mon tout premier article sur un iPad. Je suis vraiment très maladroite et il y deux jours, j’ai échappé mon ordinateur portable Windows. Il n’a malheureusement pas survécu à la chute et je me retrouve avec un iPad que j’avais délaissé, mais qui va faire l’affaire pour le moment. Heureusement, il est doté d’un clavier Bluetooth, ce qui rend l’écriture plus conviviale que de tapoter l’écran.

Je vais essayer de travailler avec cet iPad avant de voir si je ferai réparer mon ancien portable. Celui que je viens d’échapper est irrécupérable, mais mon ancien n’a besoin que d’un nouveau ventilateur pour prévenir la surchauffe de la carte mère. J’ai décidé de donner sa chance au iPad et je vais l’utiliser pendant un mois pour me faire une opinion.

Nous avons repris le collier cette semaine tout doucement avec un déjeuner d’affaires avec d’autres collègues indépendants. Après s’être raconté notre période des Fêtes, la conversation a tourné vers la vieillesse et plus précisément sur les problèmes de santé de nos parents.

Les parents de Tendre Moitié sont décédés et il ne me reste que ma mère, qui est en parfaite santé, à bientôt 77 ans. Par contre, la fin de vie de mon père n’a pas été rose et j’en ai déjà parlé dans le tout premier article de ce blogue.

Les parents d’une collègue ont vécu beaucoup de bouleversements dans les derniers six mois. Sa mère est devenu très confuse et elle oubliait de donner des médicaments à son mari, qui a besoin de beaucoup de soins. Mon amie s’est aussi inquiétée lorsque ses parents ont raconté avoir reçu la visite d’une personne qui leur avait demandé plusieurs renseignements comme leur numéro d’assurance sociale, leurs placements et leurs assurances. Le problème était que les parents n’avaient aucune idée de l’identité de cette personne et ils ne savaient pas pourquoi elle était venue les voir à la maison.

Finalement, après l’implication d’un travailleur social, il a été décidé qu’ils ne pouvaient plus rester à la maison. Ils ont été placés dans deux différentes résidences pour personnes âgées, parce qu’ils n’avaient pas le même degré d’autonomie et que le père demandait beaucoup plus de soins médicaux. Donc, après 65 ans de mariage, à 88 et 86 ans, ils sont séparés l’un de l’autre pour la première fois.

Depuis, l’état mental de la mère et l’état physique du père se dégradent très rapidement. La mère ne reconnaît pas toujours ses enfants et oublie où se trouve son conjoint.

Ma collègue a cinq frères et soeurs et il a fallu faire une réunion de famille pour établir des règles de visites, d’appels et de responsabilités. Au début, seulement mon amie et un frère s’occupaient de tout, mais ils ont réussi à impliquer les autres. Heureusement, les parents avaient rempli un mandat d’inaptitude et il pourra être mis en vigueur lorsque requis. Pour le moment, le père est encore capable de s’occuper des finances et des décisions importantes.

Les soins en résidence pour personnes âgées ne sont pas donnés. Les parents de mon amie paient plus de 3500$ par mois en tout. Cela gruge des économies très rapidement. Ma mère s’était retrouvée avec des frais de 2000$ par mois pour la pension et les soins de mon père et elle n’avait presque plus rien pour vivre elle-même.

Un autre collègue a raconté qu’il héberge maintenant la mère de sa conjointe pendant que le père tente de récupérer d’une crise cardiaque dans une résidence de soins intermédiaires. Le père est diabétique, en fauteuil roulant, amputé des deux jambes et de plusieurs doigts et il doit subir une dialyse trois fois par semaine. Ce couple est aussi dans les 80 ans avancés et il est douteux qu’ils puissent vivre de nouveau ensemble. S’ils vont en résidence, ils seront eux aussi séparés, vu la différence de niveau de soins requis. Il n’est à peu pas envisageable que mon ami les prenne chez lui vu la charge de soins requis, mais l’alternative va coûter énormément d’argent.

Ce fût un déjeuner assez sombre, qui nous fait réaliser à quel point nous sommes mal préparés pour notre vieillesse. Lorsque l’on pense à la retraite, nous nous voyons un cocktail à la main, voyageant de par le monde et profitant de la vie. Il est bien possible que nous puissions effectivement vivre de cette façon pendant un certain temps, mais nous vivons de plus en plus vieux et qu’arrivera-t-il lorsque nos corps et nos esprits commenceront à défaillir? Est-ce que ce qu’il nous restera d’économies suffira à pourvoir à tous nos soins? Quelle qualité de vie auront nous et dans quel genre d’endroit se retrouvera-t-on lorsqu’on ne pourra plus vivre de façon autonome?

Je n’étais pas très proche de mon père et j’avais beaucoup de choses à lui reprocher, mais il ne méritait pas (pas plus que quiconque) de finir sa vie dans une chambre pas plus grande qu’un placard à balai où on n’avait pas le temps de le faire marcher, ce qui lui a fait perdre le peu d’autonomie qui lui restait.

En plus de planifier pour notre retraite dorée, il faudrait que nous envisagions lucidement la possibilité que notre fin de parcours ne sera peut-être pas aussi agréable que désirée. Le voeu de chacun semble être de demeurer à la maison le plus longtemps possible, mais il n’y a pas vraiment de structures ni de services qui le permettent lorsque les soins deviennent trop lourds pour un des conjoints. De plus, cela devient hors de question, lorsque les deux demandent des soins élaborés.

Il y a très peu de discussion ou de questionnement social sur ce qu’on pourrait améliorer pour garder une bonne qualité de vie, près des êtres chers, malgré la diminution de notre autonomie.

On peut se dire que cela n’arrivera qu’aux autres, mais les enfants adultes voient de plus en plus leurs parents développer des problèmes de santé qui ne sont pas fatals, mais qui diminuent grandement leur autonomie. Ils doivent alors faire face à des choix souvent déchirants et très coûteux. Un jour, nous devrons aussi prendre ce genre de décisions, à moins que ce soient nos propres enfants qui auront à s’en charger.

L’idéal est évidemment de prendre soin de sa santé et de garder une bonne forme physique, mais parfois, ce ne sera pas suffisant pour nous prémunir du mauvais sort. Il faut espérer que la société progressera elle aussi et que nous trouverons d’autres solutions que des garderies pour personnes âgées.

On s’endort enfant et l’on se réveille vieillard. On fait le tour de son berceau et l’on se trouve au bord de sa tombe. – Maurice Maeterlinck

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