La démesure

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Il y a eu beaucoup de discussions récemment dans les médias au sujet des portions de nourriture et de breuvages dans les restaurants. Il y a entre autres  le maire de New York qui voudrait abolir la vente de boissons gazeuses dans des formats géants.

Le concept d’offrir des portions démesurées est venu d’un certain David Wallerstein en 1967. Cet homme était alors un gestionnaire de district pour une chaîne de cinéma à Chicago  Ses supérieurs lui avaient demandé de trouver un moyen pour augmenter les ventes de maïs soufflé et de boissons gazeuses.

Réalisant que les clients n’achèteraient jamais plus d’un contenant de maïs soufflé, il décida d’introduire un nouveau format plus grand, en plus du format régulier. Il pouvait ainsi charger beaucoup plus cher que ce que lui en coûtait le maïs supplémentaire.

Cette stratégie a eu un succès immédiat et M. Wallerstein fut bientôt recruté par McDonald, où il appliqua en 1972,  le même principe aux breuvages et aux frites.

Les gens en général achetaient rarement  une deuxième portion, mais ils étaient enclins à accepter l’offre du caissier de prendre des plus grosses portions de frites et de breuvage.

Lors de l’introduction de ce concept, l’on voyait cela comme une bonne affaire pour le client qui payait moins cher que le coût de deux portions séparées. Pour la compagnie, le coût supplémentaire était minime et considérablement moindre que ce que la chaîne chargeait au client pour la plus grande portion. Les profits montèrent en flèche et toutes les autres chaînes de restauration rapide emboîtèrent le pas.

Durant les années quatre-vingt, le marché étant un peu stagnant, une autre chaîne de restaurants, Taco Bell, introduisit le concept de repas complet en combinant différents produits pour un prix moindre que de les acheter séparément.  Ainsi, il devenait moins cher d’acheter un trio ou un combo comprenant trois produits que de prendre seulement deux produits séparément. Les gens qui n’avaient pas spécialement envie d’une frite ou d’un breuvage avec leur hamburger, décidaient finalement qu’ils faisaient une meilleure affaire en prenant la combinaison.

Dans les années cinquante, un breuvage régulier chez McDonald avait un format de 207 ml. Le format super-géant introduit en 1993 était de 1.19 litre. McDonald a cessé d’offrir ce format gigantesque en 2004, mais d’autres chaînes américaines ont persisté. Maintenant, plusieurs chaînes offrent les breuvages à volonté.

Les portions de nourriture ont ainsi augmentées au fil de ans à cause de la recherche continuelle de plus grands profits.

Vers la fin des années quatre-vingt-dix,  le docteur Barbara Rolls de l’Université Penn State a démontré que la grosseur des portions contribuait à l’obésité. Jusque là, l’on croyait généralement que si quelqu’un mangeait trop à un repas, qu’il compenserait automatiquement en mangeant moins plus tard pour équilibrer le tout. En fait, les gens vont continuer a trop manger si on leur donne des grosses portions .

Les barre de chocolat et les sacs de croustilles ont aussi grossi de façon démesurée. Dans les publicités, on montre des gens qui partagent un sac ou une barre, mais dans les faits, nous partageons rarement et les plus grandes portions nous portent à manger plus car nous voyons l’emballage comme une seule portion.

Il est effarant de comparer les portions de nourriture et de breuvages entre les années cinquante et aujourd’hui. Nos corps n’ont pas besoin de plus d’énergie qu’il y a 60 ans. Nous nous sommes graduellement habitués à ces grosses portions et les considérons tout  à fait normales.

La nourriture en restauration rapide est riche en gras et en sucre, est facilement disponible, a bon goût et coûte souvent moins cher qu’un repas santé. Il y a de plus en plus de nourriture préparée et emballée individuellement sur le marché. On sacrifie souvent la qualité à la facilité.

Il faut revenir à la vraie nourriture, préparée avec des ingrédients frais et sans additifs chimiques. Je ne suis pas si vieille que cela et je me souviens d’une époque où le restaurant était une sortie exceptionnelle et où presque tous les repas étaient et préparés et cuisinés chez soi.

Nous pourrions bien nous apercevoir un jour que les aliments en conserve sont des armes bien plus meurtrières que les mitrailleuses.   –  George Orwell 

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