La connexion n’a pas pu être établie

Il y a quelques jours, un article intéressant est paru dans le Washington Post. On y discutait de l’omniprésence de la technologie dans notre société actuelle. Nous sommes rarement seuls, sans cellulaire, ordinateur portable ou tablette, avec seulement nos pensées comme compagnie.

Certains d’entre nous en viennent à regretter ce manque de solitude. Nous vérifions nos courriels, nos messages textes et notre statut sur les réseaux sociaux, de façon presque constante: au lit, au travail, en voiture, ou au restaurant.

Nous nous sentons obligés de répondre à ces communications et nous sommes aussi fascinés par toute cette connectivité, à un point approchant parfois l’obsession. Nous ne savons plus comment être seuls et nous craignons de souffrir de la solitude.

Certaines personnes commencent à ressentir le besoin de se déconnecter et de se libérer de toute cette technologie si accaparante. Une organisation recommande même de se déconnecter une journée par semaine et d’expérimenter la solitude, ou alors, de passer du temps avec des amis ou de la famille.

Chez les employeurs, la compagnie Volkswagen coupe le service de courriel mobile de ses employés, trente minutes après la fin de leur quart de travail et le remet en fonction, trente minutes avant que leur prochain quart commence. Ce souci de trouver un équilibre travail-famille, permet aux employés de ne pas être dérangés à l’extérieur de leur travail.

Google, Nike et le Huffington Post, entre autres, fournissent des espaces aux employés pour faire une sieste ou méditer. Les employés qui prennent du temps pour être seuls, ressentiraient un regain d’énergie et seraient plus productifs.

L’impression de solitude provient souvent d’un sentiment d’être ignoré par les autres. Faire le choix d’être seul pour un moment ou quelques heures, est l’opposé de la solitude.

Durant mon enfance, les choses étaient plus simples. Les magasins étaient fermés le dimanche et les téléphones n’étaient pas mobiles. Les gens n’étaient pas accaparés par des appareils électroniques et étaient moins isolés par la technologie. Nous ne retournerons pas en arrière, d’autant plus que cette technologie a aussi de nombreux usages et effets positifs. Nous pouvons par contre, essayer de minimiser l’emprise de ces instruments sur note vie.

Pour aider les gens à se déconnecter un jour par semaine, l’organisation Reboot envoie à ses membres, un courriel chaque vendredi après-midi, dans lequel on suggère des sorties locales, des conférences, des sujets de conversation ou des activités créatives à faire durant la période sans technologie.

J’ose espérer que je n’aurais pas besoin d’une telle liste pour m’occuper si je prenais une journée déconnectée. Ces deux derniers jours, j’ai travaillé plus de 24 heures sur mon ordinateur, à réorganiser deux sites Web. Dans la soirée d’hier, j’étais bien contente de m’éloigner de mon bureau pour aller voir ma fille jouer une partie de basketball.

Sortir sans son téléphone cellulaire est étrangement libérateur. Après un bref moment d’angoisse de ‘’manquer’’ quelque chose, nous ressentons un sentiment de soulagement de ne plus être disponible pour tous et en tout temps. Cela nous laisse du temps pour penser, sans être constamment interrompu par un appel ou un message.

Nous nous sommes habitués à des réponses instantanées depuis que nous sommes connectés en permanence. Certaines personnes, amis ou patrons par exemple, sont vexées lorsque nous ne leur répondons pas dans les quelques minutes qui suivent leur message.

Plus l’on se rend disponible, plus les gens s’attendront à notre attention immédiate et plus ils nous solliciteront pour des choses triviales, qui auraient très bien pu attendre.

Mieux vaut développer la réputation d’une personne qui répond dans des délais raisonnables, que de créer de grandes attentes en répondant toujours dans la minute qui suit. Cela deviendrait rapidement un esclavage et il faut savoir fixer des limites à notre disponibilité.

Si on en croit Twitter et Facebook, les autres sont constamment en train de faire et de vivre des choses merveilleuses et extraordinaires. Profitons de nos bons moments sans nécessairement les diffuser à la Terre entière.

La solitude est une tempête de silence qui arrache toutes nos branches mortes.   –   Khalil Gibran 

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