Être apprécié; un besoin fondamental

être apprécié

Me voilà avec du temps libre pour écrire et profiter du reste de l’été. En effet, je viens de quitter mon travail auprès des animaux dans une pension. J’y pensais depuis plusieurs mois, mais j’ai finalement pris ma décision au retour de mes vacances.

Ce fût une belle aventure et j’ai beaucoup aimé prendre soin des chiens et chats qui venaient en pension au Centre. J’ai réalisé que j’étais très bonne avec les animaux, qu’ils venaient à moi facilement et que je savais décoder leurs signaux quant à leur état d’esprit. Le travail était intense et assez dur physiquement, mais c’est plus le style de gestion des propriétaires qui a motivé  ma décision de quitter.

Pour illustrer, deux jours avant mon retour de vacances, j’apprends de ma collègue qu’elle s’occupe seule de 20 chiens et qu’on lui demande aussi de faire  le ménage de la boutique, le tout en deux heures ou moins. Je décide d’écrire aux patronnes pour leur mentionner que ce qu’elles demandent est impossible et qu’on ne peut pas prendre soin convenablement de 20 chiens en deux heures. Il faut nettoyer les enclos et les bols, donner de l’eau et de la nourriture et ensuite jouer avec les chiens dans la salle de jeu et à l’extérieur. Il y a aussi des photos à prendre pour mettre sur la page Facebook, afin que les clients puissent voir les activités de leur animal durant leur séjour.

Certains chiens ne sont pas sociables et doivent être sortis seuls et on doit prendre le temps de leur donner de l’attention, et de jouer avec eux. La plupart s’entendent bien avec les autres et on fait  alors des groupes de jeu, selon la grandeur et leurs affinités.

Comme il n’y avait personne d’autre de disponible, je me suis offerte pour aider ma collègue lors de mon dernier jour de vacances. Je suis donc allée travailler tôt le matin. Vers la fin de mon quart, une des propriétaires est arrivée et de façon très brusque nous a annoncé qui ferait les prochains quarts et avec qui cette personne serait jumelée. Elle a dit que le problème actuel venait du fait que ma collègue ne les avait pas avisées que le nombre de chiens en pension augmentaient depuis quelques jours, ce que ma collègue a démenti. Elle a terminé en disant d’un ton exaspéré qu’elle et son associée était présentement en vacances mais qu’elles devaient  tout le temps venir au Centre pour régler des problèmes.

Étrangement, lorsque j’étais partie en vacances, elles m’avaient dit qu’elles partiraient elles-mêmes en vacances deux jours après mon retour. Déjà, que les deux patronnes prennent leurs vacances ensemble, ce n’est pas l’idéal, mais elles font toujours ça. Or, il semble qu’elles aient décidé entre-temps de prendre leurs congés durant mon absence, laissant la pauvre employée, avec seulement deux mois d’expérience, payée au salaire minimum, gérer tout complètement seule.

Cela signifiait qu’elle devait répondre aux téléphones et aux courriels, retourner les appels de ceux qui avaient laissé des messages, tenir la boutique, nettoyer le Centre au complet (2 étages) en plus de s’occuper de la pension.   Elle a rapidement été débordée et ils la traitaient plus ou moins d’incompétente.

Je leur ai fait remarquer qu’un entrepreneur, propriétaire d’un commerce n’est techniquement jamais en vacances, à moins d’avoir formé et de payer une personne pour le remplacer en tant que gérant de l’entreprise. Elles voulaient sans cesse que je m’associe avec elles mais j’ai toujours refusé, voyant la façon dont elles géraient cela. J’ai accepté la gérance de l’entreprise à un certain moment, mais je suis retournée simple employée après deux mois en voyant leur style de gestion. Elles ont quand même continué à me confier des tâches hors des heures de travail en prenant pour acquis que je ferais tout cela gratuitement.

De plus, mes patronnes aimaient bien parler dans le dos de cette employée. Elles la dénigraient devant moi et se moquaient d’elles sans retenue. Je leur disais chaque fois que c’était méchant et que je n’appréciais pas. Quelles que soient les lacunes d’une personne, il faut la respecter. Elles lui disaient sans cesse qu’elle n’était pas bonne dans son travail et la comparait à moi qui était là depuis 15 mois. Je leur faisais remarquer qu’elle avait du coeur à l’ouvrage mais manquait simplement d’organisation et qu’un peu de formation additionnelle et d’encouragement seraient sûrement plus utiles que ces remarques. Je trouvais ces attaques personnelles très inconfortables et je me suis naturellement portée à sa défense. Je soulignais ses bons coups et ses bonnes idées, au point où on m’a reproché de trop la défendre.

Il faut avoir la fibre de entrepreneuriat en soi pour être en business et mes patronnes ne l’ont clairement pas. Elles m’ont dit avec le plus grand sérieux, que leurs jours de congé étaient sacrés et qu’elles ne voulaient recevoir aucun coup de téléphone durant ces journées. Pourtant, elles ne se gênaient pas pour m’appeler en vacances ou en congé et elles m’envoyaient des courriels de demandes d’information et de réservations pour que j’y réponde de chez moi, le soir et les fins de semaine, même si j’étais en congé.

Bref, j’ai quitté après cette dernière journée de vacances que j’ai passée à travailler. J’ai reçu un beau courriel disant qu’elles m’aimaient beaucoup et que j’étais très professionnelle et elles concluaient en me demandant si je voudrais bien continuer de m’occuper de la page Facebook de l’entreprise (mettre une cinquantaine de photos des chiens par jour sur la page, avec des commentaires pour montrer leurs activités), bénévolement bien sûr. J’ai refusé.

J’ai tenu cette page, sans aucune rémunération pendant 15 mois, passant souvent deux heures par jour à découper et à mettre en page les photos et les commentaires. Les clients adorent cette initiative et la page est très populaire. Pourtant, j’ai reçu très peu d’appréciation de la part de mes patronnes pour ce travail, durant ces 15 mois.

C’est dommage, mais je ne me suis jamais sentie si peu appréciée dans un travail et ultimement, c’est ce qui a tué ma passion.

Un chapitre de ma vie se clôt, mais j’aime bien voir se dessiner à l’horizon un grand nombre de possibilités. Je réfléchis à la prochaine étape, tout en me préparant à la visite de ma mère et mon frère, qui arrivent la semaine prochaine. Leur dernière visite en mai s’est très bien déroulée et j’espère que le beau temps sera de la partie car leur séjour précédent avait été très pluvieux.

Je devrais avoir plus de temps pour ce blogue avec la réorganisation de mon emploi du temps. Alors, restez en ligne pour la suite de la chronique de la vie quotidienne de la famille Opus.

 

Le plus grand besoin de chaque humain est le besoin d’être apprécié.  –   Anonyme
Il y a plus de faim dans le monde pour l’amour et l’appréciation que pour le pain.    –   Mère Teresa

 

 

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