Difficile à cerner

hostile

Le numéro de mai de la revue Psychology Today publie un article détaillé sur les personnes difficiles. Je l’ai trouvé très pertinent et j’en discute, un peu longuement c’est vrai, aujourd’hui.

Les personnes difficiles viennent en plusieurs variétés, il y a celles qui sont geignardes ou à l’autre extrême, intimidantes, et celles qui ont une mèche très courte et sortent de leurs gonds à la moindre broutille. Il y aussi celles qui jugent tout, du haut de leur tribunal.

Comme le mentionne l’article, ces personnes ont toutes une chose en commun : leur but est de provoquer puis de vous faire sentir que vous n’aviez aucune raison de réagir et affirmer que finalement, tout est vraiment de votre faute depuis le début. Les interactions avec ce genre de personne, sont épuisantes, dévalorisantes et agressantes.

D’autres traits de personnalité se retrouvent fréquemment chez les personnes difficiles; tempérament explosif, désagréable, facilement sur la défensive au point de ne plus être capable d’écouter, cynisme, méchanceté, ne pas accepter d’avoir tort, méfiance et paradoxalement, un sentiment de ne pas valoir grand-chose, ce qui les pousse à intimider et à rabaisser les autres pour se remonter à leurs propres yeux.

L’article distingue quatre types de personnes difficiles :
• La personne hostile
• La personne hypersensible au rejet
• La personne névrosée
• La personne égoïste

Lorsqu’une personne est hostile, la solution facile serait d’éviter de la fréquenter, mais que faire lorsque c’est un collègue, un patron ou encore un membre de la famille?

J’ai eu un jour une collègue qui traitait la plupart des employés du département comme des déchets. Elle était méprisante, arrogante, brutale et sarcastique et elle aimait plus que tout être le centre de l’attention. Au début, j’étais dans ses bonnes grâces mais cela n’a pas duré et j’ai rejoint le troupeau des gens méprisables, au point où elle refusait même de me parler, ce qui était ingérable dans nos tâches quotidiennes qui demandaient une étroite collaboration.

J’ai enduré son exclusion et les remarques qu’elles faisaient en ma présence pendant quelques jours puis je lui ai écrit un courriel avec copie aux deux superviseurs l’avisant que son attitude était inacceptable et non professionnelle et que si ce traitement ne cessait pas immédiatement, je ferais une plainte officielle aux dirigeants de la compagnie. Elle a modifié son comportement instantanément et a prétendu que c’était un malentendu (de ma part bien entendu). J’ai quitté ce travail pour devenir travailleur autonome peu après mais je sais qu’elle a continué à intimider et à provoquer les autres, au point où plusieurs personnes ont fait des demandes de mutation dans d’autres départements.

Même les patrons du département avaient peur d’elle, elle était impliquée syndicalement et avait plus de vingt ans d’ancienneté. Une seule personne arrivait ainsi à terroriser une vingtaine de personnes et à empoisonner le climat de travail. Un collègue m’a même avoué qu’il avait l’estomac noué et des sueurs froides juste à l’idée de rentrer travailler le matin. Il était une de ces cibles favorites. Il a finalement changé de poste pour l’éviter.

Lorsque la personne difficile est un patron, la situation devient très délicate. Ce type de patron abuse de ses pouvoirs en humiliant publiquement les employés et en étant verbalement agressif. Il sera souvent très contrôlant et gérera tout dans les moindres détails sans être capable de déléguer quoi que ce soit.

Dans une réunion, avoir une opinion différente du patron résultera en un barrage de critiques et de propos méprisants. Il est complètement insensible aux sentiments des autres et se croît tout puissant. Dépendant de la compagnie, si ce genre de patron est tout de même productif, on ne se pressera pas de le remplacer, ce qui fait que l’on verra un haut taux de roulement parmi ses employés.

Certaines personnes hostiles choisiront plutôt l’agression passive. Leur hostilité ne sera pas apparente au grand jour, comme la femme qui rabaisse son mari devant les autres et prétendra ensuite que ce n’étaient que des blagues alors que le mari se sent complètement humilié.

Les personnes hypersensibles au rejet elles, sont constamment à l’affût d’un affront, réel ou imaginaire. Elles auront tendance à se décomposer à la moindre suggestion de désapprobation et à l’extrême, peuvent devenir des personnes qui harcèlent leurs proies.

Nous avons tendance à marcher sur des oeufs dans l’entourage des ce type de personne, pour maintenir la paix et le calme mais leur penchant pour la victimisation fera que tôt ou tard nous prononcerons une parole qu’elles percevront comme un rejet et ce sera comme si une bombe atomique explosait. Elles peuvent devenir très vindicatives si elles se sentent rejetées à tort ou à raison.
À la longue, leur comportement amène précisément ce qu’elles cherchaient à éviter, le rejet.

Les personnes difficiles de type névrosé sont négatives et pessimistes, elle s’opposent de façon véhémente à toute idée nouvelle ou suggestion et trouveront milles et une explications pour prouver que notre idée ne fonctionnera pas. Ces gens ne réalisent pas qu’ils sont difficiles, ils se croient réalistes et même serviables de nous prévenir.

Les autres les trouvent difficiles parce qu’ils ne voient que des problèmes et jamais de solutions, ce qui finit par taper sur les nerfs. Ils essaieront toujours de nous décourager d’entreprendre la moindre initiative car ‘’cela ne marchera jamais’’.

Les névrosés ne sont pas difficiles intentionnellement, ils sont seulement insécures. On peut les écouter et tenter de comprendre leur point de vue sans se laisser influencer par leur négativisme.

La personne difficile de type égoïste prend tout de façon personnelle, est incapable de compromis et verra à ses intérêts avant tout. Ces gens ont une très haute opinion d’eux-mêmes et prennent beaucoup de place. L’autre jour, j’étais dans le bureau de la directrice de mon affiliation à discuter d’un problème de contrat. Tout le monde sait que si la porte de son bureau est fermée, qu’il faut attendre et ne pas la déranger. Un de mes collègues passait sans arrêt devant la porte en faisant de grands signes. La directrice lui a finalement fait signe d’entrer. Ce qu’il voulait était de la plus haute importance, à ses yeux; il avait une question au sujet de sa carte d’affaires et il voulait la poser maintenant! Ce collègue  a le verbe très haut et prend toute la place dans les réunions. Il croît que nous devons absolument  écouter tout ce qu’il a envie de nous dire à tout moment, car c’est d’une importance vitale selon lui. Il n’a aucun intérêt pour toute conversation qui n’est pas à son sujet, d’ailleurs, il est à peu près impossible de placer un mot en sa présence, il se mettra à parler très fort pour nous enterrer.

Ce type de personne aura tendance à tasser tout ce qui est sur son chemin, à exiger la meilleure place, le plus beau bureau, des faveurs, un traitement spécial, tout simplement parce que tout doit tourner autour de leur ego. Ils supportent mal le questionnement et présumeront tout de suite que nous les blâmons. Ils perdent les pédales s’ils n’obtiennent pas ce qu’ils veulent. Ils vont s’emporter et s’entêter pour tenter de prouver qu’ils ont raison. Une personne qui est convaincue de toujours avoir raison, que ses idées, ses croyances ou ses valeurs sont supérieures aux autres ne tolérera aucun compromis.

À la fin de l’article, Mark Leary, psychologue à l’université Duke remarque que la société d’hier avait l’habitude de voir la colère comme un défaut. Aujourd’hui, les gens pètent les plombs à la moindre provocation lorsque quelqu’un est en désaccord avec eux. Nous n’attachons plus de valeur au stoïcisme qui nous incitait à faire des efforts pour contrôler notre colère. Selon lui, la téléréalité de la dernière décennie a contribué au développement de l’égoïsme actuel, parce ces émissions sont basées sur des gens qui ont des réactions exagérées à des situations ou des choses qui ont peu ou pas de conséquences pour eux.

Ce portrait des gens difficiles est assez réaliste mais je crois que nous pouvons aussi trouver des traces d’un type ou l’autre en chacun de nous, dépendant du moment. Nous pouvons tous être difficile à l’occasion sans être nécessairement étiqueté « difficile ».

L’important, c’est de ne pas en faire un mode de vie ou une philosophie!

Sur un fond d’hostilité, tous les détails prennent du relief.     –  Jules Renard

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