Mémoire disparue

ère digitale

Nous sommes devenus une  société informatisée, où une grande partie de nos données, photos, textes, musique, courrier, dessins, et,c sont entreposés sur des supports numériques. Qui imprime encore ses photos? La plupart d’entre nous, nous contentons de les classer dans notre ordinateur ou nous les plaçons en ligne sur des sites tels que Facebook, Picasa ou Pinterest. Nos souvenirs en entier se retrouvent dans nos ordinateurs.

La technologie change rapidement. Tout évolue à une vitesse très rapide. J’ai connu les tourne-disques et j’ai même un gramophone fonctionnel chez moi. J’ai encore toute une série de cassettes VHS, neuves, de la série télévisée Twilight Zone. Heureusement, j’ai aussi un lecteur VHS qui est encore fonctionnel. Chaque fois que je me dis que je devrais les transférer vers le support numérique du moment, un nouveau type de support arrive sur le marché. Je reste donc avec mes vénérables cassettes VHS. De plus, elles ne valent presque rien de nos jours, on peut acheter la même série en DVD  pour une fraction du prix que j’ai payé pour l’ensemble.

Est-ce que les anciens ont décrié le papyrus et le parchemin quand ces nouveaux produits ont remplacé la tablette de pierre comme support d’écriture? Probablement qu’ils ont dénigré le peu de durabilité de ce support et prédit que cette lubie ne durerait pas.

Et si le numérique nous laissait tomber? Que ce soit une tempête électromagnétique ou autre catastrophe naturelle ou causée par l’homme, il y a toujours le risque qu’un jour, nous voyions les souvenirs de toute une vie se volatiliser. Saurons-nous préserver toutes les informations contenues numériquement?  C’est certain que si une telle catastrophe se produisait, nous aurions des problèmes plus pressants que de nous soucier de préserver nos photos et nos chansons.

Ci-dessous, vous trouverez un court film de trois minutes réalisé par François Ferracci qui résume bien l’ère numérique et l’importance grandissante des médias sociaux.

Lost Memories, en français avec sous-titres anglais, se déroule à Paris en 2020. La ville, et on suppose, le monde entier, est saturé d’hologrammes, et les médias sociaux semblent être devenus une obsession pour certains.

On voit un jeune couple d’amoureux devant la tour Eiffel, passant un moment romantique. L’homme n’est pourtant pas tout à fait présent pour sa compagne, car, tout en l’embrassant, il prend des photos d’eux deux sans arrêt et les affiche immédiatement en ligne. Les effets sociaux sont excellents et sont utilisés pour souligner la froideur métallique du numérique.

À un moment donné, la compagne négligée sort un appareil photo Polaroïd et prend son copain en photo. Elle lui tend l’image et s’en va. On voit ensuite tous les hologrammes disparaître et le tout ce qui est numérique devenir inerte et inutile.

Lorsque la fille tend la photo à son ami, on ne voit pas les gratte-ciels en arrière-plan sur l’image, alors qu’ils sont bien visibles derrière lui en réalité.

En entrevue, l’auteur du film, un Français habitant maintenant Toronto, mentionne qu’il a voulu faire réfléchir les gens sur ce qui resterait de nos souvenirs si un jour tout ce qui est numérique disparaissait ou devenait inutilisable.

Peut-être qu’aucune catastrophe ne viendra freiner la croissance numérique. Nous pouvons toutefois nous arrêter pour réfléchir à la place que l’on accorde aux médias sociaux et l’importance de plus en plus grande de l’instantané au dépens de l’intimité.

La révolution numérique est beaucoup plus significative que l’invention de l’écriture ou même de l’imprimerie.   –   Douglas Engelbart 

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Battre la mesure

Qui va piano va sano

Cette semaine, en plus de la rentrée scolaire, c’est le début de nos cours de piano pour Charmante Ado et moi. Je ne pratique pas autant que je le souhaiterais durant l’été et j’approche habituellement le retour des cours avec un peu de remords d’avoir relâché mes efforts.

Charmante Ado a une foule d’occupations durant l’été et passe peu de temps au piano. Pourtant, elle voit la rentrée musicale de la même manière que la rentrée scolaire, pour elle, cela marque la fin d’une pause bien méritée et elle se remet au travail sans état d’âme.

Cette fois-ci, je devais durant l’été, étudier et compléter les exercices écrits des trois premiers chapitres d’un livre de théorie de musique. Cela m’a passablement occupée et je n’ai terminé les dernières pages qu’hier. Maintenant, je connais à fond les gammes majeures, mineures, harmoniques, mélodiques et homonymes. La seule chose que je n’ai pas très bien compris ce sont les gammes chromatiques, mais je vais éclaircir cela avec mon professeur.

Je devais compléter ces exercices, car cette année, je commence le programme du Conservatoire. Charmante Ado n’est pas encore prête pour cela, mais si elle s’applique, elle pourrait le débuter en janvier.

Nous avons débuté nos cours en même temps il y a trois ans, mais avec un professeur différent. Je trouve ma fille sincèrement plus douée que moi. Elle est plus intuitive et a plus de ce que je qualifierais de grâce naturelle au piano. Par contre, je suis beaucoup plus disciplinée ce qui m’amène à pratiquer environ cinq heures par semaine alors qu’elle fait habituellement moins de deux heures.

J’ai toujours crû que les enfants apprenaient plus vite la musique que les adultes, mais selon ce que j’ai lu, ce serait faux. Les enfants ont souvent l’esprit moins encombré que les adultes par toutes sortes de tracasseries, ce qui leur permet de se concentrer plus facilement. Cela donne l’illusion qu’ils absorbent plus rapidement ce qu’on leur enseigne.

Cependant, ce que les enfants n’ont pas autant que les adultes, c’est le désir. Un adulte qui se met à l’étude du piano veut réellement apprendre le piano. Un enfant choisira le piano suite à une suggestion de ses parents ou amis ou exprimera le souhait d’apprendre le piano parce que ça a l’air amusant.

Ce désir réel d’appendre chez l’adulte crée le même type de concentration qui est nécessaire pour l’apprentissage. Un adulte voudra souvent récupérer le temps perdu s’il commence le piano à un âge assez avancé et fréquemment, progressera plus vite que l’enfant parce qu’il est plus assidu dans ses pratiques.

L’an dernier, vers Noël, j’ai connu une période où je trouvais que je ne progressais pas assez rapidement et que les choses stagnaient. Mon professeur m’a rassurée en m’affirmant qu’elle ne connaissait pas un seul étudiant  qui était satisfait de sa progression. Elle disait que les élèves croyaient tous progresser trop lentement, mais que c’était rarement le cas.

Le piano est difficile et demande de longues heures de pratique pour assimiler toutes les nuances. Un autre point qui me désolait était que je n’arrivais pas rejouer correctement du premier coup, une pièce mise de côté après avoir été apprise il y a plusieurs mois. Elle m’a assuré que ça viendrait, mais que c’était normal à ce stade-ci de ma progression.

Une autre idée fausse que j’avais, étais qu’il ne fallait pas regarder ses mains en jouant. Mon professeur me fit alors remarquer que les pianistes de concert mémorisent la pièce et regardent leurs mains en jouant. Elle me dit que si je connais ma pièce par cœur, je peux regarder mes mains et que cela améliore le rythme et la vitesse. Il est évident que lorsqu’on ne connaît pas la pièce, il faut garder l’œil sur la partition pour savoir ce qui s’en vient.

Charmante Ado apprend toutes ses partitions par cœur et ne regarde la pièce que pour confirmer sa position et cela ne semble pas être un problème non plus pour son professeur.

Selon mon professeur, plusieurs personnes se mettent au piano chaque année, convaincues que tout le processus sera amusant et agréable, simplement parce qu’ils aiment la musique. Elle me faisait la remarque qu’en fait la pratique n’est pas si amusante que cela et que seulement une fraction des étudiants  ont un réel plaisir à pratiquer.

Pratiquer au piano est une activité exigeante et répétitive. Ce qui est amusant c’est le résultat de toutes ces heures de pratique, c’est la satisfaction d’atteindre une certaine fluidité en jouant une pièce ou de maîtriser une technique difficile.

Auparavant, je me disais que je prendrais des leçons pendant deux ou trois ans et que j’arrêterais lorsque je pourrais jouer le genre de musique que j’aime. Maintenant, je réalise que l’apprentissage du piano n’est jamais terminé et qu’il y a toujours quelque chose à apprendre, même au simple niveau amateur auquel j’aspire. Le piano et les leçons feront donc partie de ma vie pendant longtemps encore.

En terminant, le serveur a encore eu des problèmes intermittents dans les dernières 24 heures, alors mon article a un peu de retard sur l’heure de publication habituelle. Bluehost m’affirme maintenant que le problème est réglé. Merci de votre patience.

La musique vaut toutes les philosophies du monde.       Ludwig van Beethoven
Sans musique, la vie ressemble à une traversée du désert.   –   Pat Conroy

À travail égal, salaire égal

équité

Nous avons une notion innée  de la justice et de l’égalité. Nous avons évolué pour devenir une espèce hautement collaboratrice. Au cours de cette évolution, nous avons commencé à comparer nos efforts et nos gains avec ceux des autres.

Cela nous a amené à rechercher une certaine égalité et à développer un sentiment de ce qui est juste ou pas. Nous avons ainsi créé certaines attentes plus ou moins conscientes. Lorsque ces attentes ne se réalisent pas, nous nous ressentons une violation de notre sentiment de justice.

Nous ne sommes pas la seule espèce à nous comporter de cette manière. Plusieurs espèces animales vivent en collaboration et sont guidées par des attentes précises quant aux résultats d’une collaboration et le partage des ressources obtenues . La division des ressources suit une règle tacite qui, si elle n’est pas suivie engendre une forte réaction négative chez l’animal qui se sent floué.

Frans B. M. de Waal et Sarah F. Brosnan de l’université Emery à Atlanta ont réalisé une étude avec des singes capucins. Ils ont démontré que  ce primate réagit négativement à une rétribution inégale lors d’échanges avec un expérimentateur humain.

Les singes de l’étude ont refusé de participer lorsqu’ils ont réalisé qu’un congénère recevait une récompense plus attrayante pour un même effort. La réponse négative était encore plus amplifiée si le partenaire recevait une récompense sans avoir à fournir un effort. Ces résultats suggèrent que notre aversion pour l’injustice  serait un trait qui remonte assez loin dans notre évolution.

Les singes devaient remettre un jeton au chercheur pour obtenir immédiatement un morceau de concombre en échange. Chaque singe était dans sa propre cage, située l’une à côté de l’autre.

Ensuite, pour examiner le principe d’injustice ou d’inégalité, un des singes recevait des raisins contre ses jetons, alors que l’autre continuait à recevoir du concombre. Pour un singe capucin, un raisin est une rétribution hautement préférable au concombre.

Les deux types de récompense étaient visibles, mais le singe ignorait quelle récompense il allait recevoir tant qu’il n’avait pas remis son jeton au chercheur. Il est rapidement devenu évident que la présence d’une récompense de haute valeur diminuait considérablement la tendance à accepter une récompense de moindre valeur. Si, de plus, l’effort demandé par chaque singe était différent, alors le singe refusait simplement de continuer la procédure. Les refus allaient de refuser de remettre son jeton, à accepter la récompense pour ensuite la lancer hors de sa cage.

Il semble que le refus de remettre un jeton soit un comportement hautement inhabituel pour ces singes capucins  qui ont été entraînés  à faire ces échanges. En deux ans d’études sur les échanges, les refus d’échanger un jeton ne représentent que  5% des échanges. La réaction de refus est donc particulière à la situation injuste. Lorsque la seule récompense est le concombre, cette monnaie d’échange est considérée comme acceptable par tous et les échanges continuent rondement.

Lorsque les singes refusent une récompense habituellement acceptée en d’autres circonstances, cela semble être une réaction à ce qu’ils perçoivent comme une violation des règles.

Lorsque le raisin était simplement placé dans une cage vide, à côté du singe testé, le taux de refus diminuait considérablement, même s’il pouvait voir la pile de raisins grandir tout près de lui. Ce ne serait donc pas la présence d’une meilleure récompense qui motive le refus, ce serait plutôt le fait de voir un autre singe recevoir une meilleure rétribution pour un effort semblable ou moindre.

Les humains évaluent l’équité en se basant à la fois sur la distribution des gains et sur les alternatives possibles  à un résultat donné. Les singes capucins semblent eux aussi mesurer les récompenses en des termes relatifs, en comparant leurs propres récompenses avec celles qui sont disponibles, et leurs propres efforts avec ceux des autres. Une récompense considérée comme acceptable auparavant, deviendra inacceptable si un partenaire obtient une meilleure rétribution.

Les chercheurs de l’étude suggèrent que cette réaction des singes capucins est motivée, comme pour les humains, par les émotions sociales. Ces émotions guident nos réactions face aux efforts, aux gains, aux pertes et aux attitudes chez les autres. Si ces émotions ont évolué pour promouvoir la coopération à long terme chez l’humain, elles pourraient aussi exister chez certains animaux sociaux.

Les primates semblent donc avoir certaines attentes propres à chaque espèce, quant à la manière dont chacun est traité et comment les ressources sont partagées.  Contrairement aux hiérarchies despotiques d’autres types de primates, les espèces tolérantes, comme les capucins,  ayant une coopération bien établie de partage de nourriture, , ont des attentes très émotionnelles face à la distribution des récompenses ou des ressources et l’échange social, ce qui les portera à montrer de l’aversion pour l’injustice.

Un bien n’est agréable que si on le partage.    –   Sénèque
Il y a des gens qui, dans un partage à cinquante-cinquante, veulent pour eux les deux cinquante et même le trait d’union.    –    D. Syrus

Tour de Babel

langage animal

J’ai lu un article fort intéressant sur le langage des animaux dans LiveScience. Je vous en traduis les grande lignes ici. Le vidéo ci-bas est également fascinant, il est malheureusement en anglais seulement.

 

Il est tout de même étrange que plusieurs animaux différents aient réussi à comprendre le langage humain alors que nous sommes encore loin de comprendre celui des animaux.

Il y a Koko, le gorille de 40 ans qui comprend près de 2000 mots de langue anglaise. Comme elle n’a pas les cordes vocales nécessaires pour parler notre langage, elle utilise le langage des signes pour communiquer.  Elle comprend donc deux langues en plus du langage des gorilles.

Penny Patterson travaille avec Koko depuis plus de 28 ans et elle a documenté que Koko utilise le langage des signes pour communiquer une grande variété d’émotions, allant du plaisir à la tristesse, en passant par l’amour, le deuil et l’embarras.

Il y a aussi eu un perroquet nommé Alex qui pouvait prononcer 150 mots anglais,  au moment de sa mort à l’âge de 31 ans en 2007. Il pouvait compter jusqu’à six, identifier plusieurs formes et couleurs et combiner deux mots pour créer une nouvelle signification. Il comprenait le concept de plus grand et plus petit, au dessus et au dessous.  La psychologue en charge d’Alex,  Irene Pepperberg, a rapporté que ses dernières paroles furent : ‘’Portes-toi bien. On se voit demain. Je t’aime’’.

Une partie du problème du décodage du langage animal vient du fait que pendant longtemps, la communauté scientifique a rejeté l’idée même qu’un animal puisse avoir un vrai langage. Il existe toujours des gens qui veulent séparer l’humain des animaux, pour des raisons religieuses ou par sentiment de supériorité et qui sont très réticents à reconnaître toute similarité entre une espèce animale et l’homme. Il y a aussi la question de l’anthropomorphisme, qui décrit la tendance de l’humain à attribuer des caractéristiques humaines à un animal.

En fait, plusieurs chercheurs cherchent à décoder les langages animaux.  Un chercheur en particulier a déjà décodé une grande partie du langage des chiens de prairie.

Constantine Slobodchikoff , professeur de biologie à Northern Arizona University,  a passé plusieurs décennies à décoder le système de communication des chiens de pairies Gunnison, une espèce native du sud-ouest américain. Les chiens de prairie sont des rongeurs et ils ne sont pas reconnus comme étant particulièrement intelligents.

Pourtant,  Constantine Slobodchikoff  et ses collègues ont publié des dizaines de livres dans les dernières trente années, détaillant de nombreux éléments prouvant que les chiens de prairie possèdent un langage complexe et ce chercheur en comprend une grande partie.

Lorsqu’ils aperçoivent un prédateur, les chiens de prairie avertissent les autres en utilisant des gazouillis aigus. Ces gazouillis sont différents les uns des autres et on peut les décoder car ils surviennent dans un contexte particulier, ce qui permet de les interpréter correctement.

Dans le cadre de ses recherches, Constantine Slobodchikoff   enregistre les cris d’alarme que les chiens de prairie font en réponse aux prédateurs qui s’approchent. Ensuite, lorsqu’aucun prédateur n’est présent, il fait entendre l’enregistrement aux chiens de prairie et il filme leur réponse. Si la réaction est la même que lors de la présence d’un prédateur, cela suggère que les cris contiennent de l’information significative.

Il a ainsi découvert que les rongeurs ont des cris distincts selon l’espèce du prédateur, que ce soit un coyote, un chien domestique ou un humain par exemple. Ils peuvent même spécifier la couleur, la grosseur et la forme du prédateur;  ils vont par exemple différentier entre un humain grand et grassouillet portant un chandail bleu et un autre petit, mince et portant du vert.

Les chiens de prairie peuvent même créer de nouveaux cris pour  y incorporer des objets non familiers introduits par les chercheurs, comme une image comportant une grande forme ovale et noire. Il est évident que les chiens de prairie n’ont jamais eu à discuter d’un tel objet précédemment, pourtant, ils créeront un nouveau cri pour décrire la forme, la grandeur et la couleur de l’objet d’une manière standard pour eux.

Il semble aussi que les espèces différentes de chiens de prairie ont chacune leur propre dialecte, comme les humains. Un chien de prairie Gunnison aurait probablement de la difficulté à comprendre le langage d’un chien de prairie du Mexique.

Les chiens de prairie n’ont pas que des cris d’alarme comme langage. Ils ont aussi un langage social; un chien de prairie produira une chaîne de vocalises et un autre chien de prairie, à l’autre bout de la colonie répondra avec une séquence différente de vocalises.

Le chercheur peut démontrer qu’il y a une certaine forme de syntaxe dans ces chaînes, mais comme ces vocalises n’entraînent pas une modification du comportement de l’animal, il ne peut se prononcer sur leur sens car il n’a aucun contexte sur lequel se baser.

Le chercheur a écrit un livre dont la sortie est prévue pour le 27 novembre 2012; « Chasing Doctor Dolittle: Learning the Language of Animals » (St. Martin’s Press).

Si des animaux aussi simples que des rongeurs ont un langage comprenant des noms, des adjectifs, de la syntaxe et des dialectes régionaux, pensons un peu à ce qu’une espèce supérieure intellectuellement peut produire comme langage.

Les éléphants par exemple, procèdent à ce qui ressemble à des funérailles lorsqu’un autre éléphant décède. Il a été répertorié qu’ils peuvent orchestrer des raids dans les villages  en guise de représailles contre le braconnage des leurs. Les chimpanzés organisent des guerres.

Des comportements complexes comme ceux-ci exigent des langages complexes. Les loups doivent coordonner les mouvements de la meute lors d’une chasse.

Les dauphins forment des liens sociaux très forts. Une étude récente a même rapporté qu’ils ont une certaine forme de culture, préférant socialiser avec des congénères qui utilisent les mêmes outils qu’eux. Les dauphins émettent une variété de vocalises comme des clics et des sifflements.

Les chercheurs cherchent à comprendre le langage des dauphins depuis plus de cinquante ans. Chez l’humain, les sons monosyllabiques et les phonèmes forment les éléments de base du langage. On ne connaît pas encore la base du langage des dauphins.  Nous savons qu’ils utilisent le toucher et la posture aussi pour communiquer.

Denise Herzing et ses collègues du Wild Dolphin Project  ont découvert que les dauphins semblent se donner des noms, des vocalises que les chercheurs appellent des ‘’sifflements de signature’’. Cela pourrait signifier que les sifflements pourraient être l’élément de base du langage plutôt que les clics.

D’autres chercheurs, dont Justin Gregg du Dolphin Communication Project,  croient qu’il n’y a pas d’éléments à décoder. Ils doutent qu’il y ait dans la communication des dauphins des unités de langage équivalentes aux mots chez l’humain. Il prétend que le langage des dauphins est fondamentalement différent de celui des humains et que sa structure est complètement différente. Il doute fort que nous puissions apprendre ce langage parce qu’il est impossible de le décortiquer en unités significatives pour l’humain.

Le temps nous dira s’il y a une telle distinction entre la communication et le langage. Toutefois si les chiens de prairie sont capables de décrire de façon éloquente une image étrange d’un grand ovale noir, alors, plusieurs chercheurs croient qu’un grand nombre d’espèces ayant un mode de vie social le font aussi.

Pendant longtemps, Charmante Ado a voulu être biologiste marin pour justement découvrir et décoder le langage des dauphins. En vieillissant, sa perspective du monde s’est agrandie et elle se découvre d’autres intérêts. En ce moment, elle veut devenir avocate, mais les animaux demeurent un intérêt très profond dans sa vie.

Si un animal fait quelque chose on appelle ça l’instinct. Si un homme fait la même chose pour la même raison on appelle cela de l’intelligence.   –   Will Cuppy

Une planète, une famille

 

 

Un des items sur ma Bucket List est d’aller en orbite autour de la Terre. Je ne sais pas si cela deviendra abordable financièrement de mon vivant, mais en attendant, nous pouvons apprécier la perspective de cette vidéo dont le montage a été réalisé par un jeune homme de 18 ans, Tomislav Safundzin,  de la Croatie, à partir des images de l’Expédition 31 qui était à bord de la Station Spatiale Internationale du 23 avril au 5 juin. L’Expédition 31 a passé six mois dans l’espace avant de revenir sur Terre il y a quelques jours.

Ron Garan, un astronaute pour la NASA, a dit: Il est très émouvant de regarder la Terre à partir de l’espace. D’une part, nous voyons la beauté indescriptible de notre planète. De l’autre côté, nous savons que des millions de gens n’ont pas accès à de l’eau potable, se couchent affamés et meurent de maladies que l’on pourrait prévenir et guérir.

En regardant notre planète d’un point de vue orbital, nous réalisons que nous sommes tous passagers d’un vaisseau spatial nommé Terre qui parcourt l’Univers. Nous sommes tous du même voyage, interconnectés, une seule et même famille.

J’ai lu récemment une analogie entre l’humanité et l’océan qui illustre bien ce point.

Imaginons l’humain comme une molécule d’eau dans l’océan. Chaque molécule voit la molécule voisine comme une entité séparée et distincte d’elle-même. De par leur manque de perspective, les molécules (que nous dotons ici d’un état de conscience  pour illustrer l’exemple) ne perçoivent pas la situation d’ensemble: elles font toutes partie de l’océan. Elles sont distinctes mais tout de même interconnectées, une partie indivisible d’un tout.

Cette analogie s’applique aussi à nous. Nous sommes uniques tout en étant homogènes et nous formons un tout, une entité.

Lorsque nous nous voyons de cette manière, nous comprenons que nous sommes liés l’un à l’autre. Aider l’autre augmente notre bien-être et le bien-être collectif.

On s’intéresse à ses membres comme parties de son corps, pourquoi pas aux hommes comme parties de l’humanité ?  –  Dalaï Lama

Si chacun de nous apprend à entretenir des relations avec les autres avec de la compassion et un sentiment d’être connecté à l’autre par une certitude profonde de notre humanité commune, et plus important encore, d’enseigner ceci  nos enfants, alors je crois que cela aurait une grande chance de réduire de nombreux conflits et problèmes que nous vivons aujourd’hui.  –  Dalaï Lama