Il est encore temps de commencer à vivre!

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Zach Sobiech n’avait que 14 ans lorsqu’on lui a diagnostiqué un cancer, plus particulièrement un ostéosarcome. Il est décédé hier à l’âge de 18 ans. Une mort si jeune est toujours une épreuve pour les proches, mais Zak a laissé derrière lui plusieurs choses qui le rendront inoubliable.

Il a eu quatre ans pour vivre la vie dont il rêvait. Il les a utilisées au maximum, sans se plaindre et en profitant de chaque moment. Il disait qu’il ne fallait pas attendre de savoir qu’on allait mourir pour commencer à vivre.

Il a composé plusieurs chansons pour exprimer ses sentiments et ses émotions et il les chantait en s’accompagnant à la guitare. Il a formé un groupe: A Firm Handshake, avec un autre garçon et une fille à la voix magnifique et ils ont mis leurs chansons sur YouTube. On y parle d’espoir, de rêves, de vie et de mort. Les paroles de ses chansons sont très belles et il avait un talent certain.

En lisant sur ce jeune homme, qui m’était inconnu encore hier, j’ai été frappée par la justesse de ses paroles; nous passons une grande partie de notre vie bien confortables entre les deux extrêmes que sont l’espoir de voir tous nos rêves se réaliser et l’approche de notre mort. Les jours s’écoulent paisiblement et nous attendons que le bon moment arrive, pour changer, agir, bouger, ou courir après nos rêves et nos buts. Ce n’est que lorsque l’on se sent menacé; par la maladie, la mort d’un proche ou autre tragédie, que l’on se secoue un peu en se disant qu’il ne faudrait pas gaspiller cette seule vie qui nous a été allouée.

Zach avait l’âme d’un vieux sage à seulement 18 ans et je me suis demandée ce que mon moi de 18 ans penserait de la femme de 52 ans que je suis devenue. Je me suis imaginée rencontrer ma version à peine adulte pour lui montrer ma vie.

Jeune Opus aurait apprécié Charmante Ado et Tendre Moitié. Elle aurait aussi fortement approuvé de toute notre ménagerie. La maison et le paysage qui l’entoure l’aurait favorablement impressionnée, elle qui sortait tout juste d’un appartement dans un immeuble à logement situé dans un quartier un peu rude de la ville.

Elle adorerait le piano et le fait que je suive des leçons depuis plus de trois ans, car elle en rêvait depuis l’enfance. Elle serait étonnée d’apprendre que les études d’infirmière qu’elle avait entrepris n’avait pas résulté en une carrière en pouponnière comme elle le souhaitait. En fait, je n’ai jamais remis les pieds dans une pouponnière après mon stage, les postes y étant quasi impossible à obtenir dans les années quatre vingt.

La carrière suivante, dans le contrôle de la circulation aérienne la surprendrait tout à fait car cela ne lui aurait pas encore effleuré l’esprit. Elle serait probablement mitigée face à mon emploi du temps actuel car elle serait encore en mode production et consommation alors que mon moi actuel est en mode frugalité, équilibre et satisfaction.

Jeune Opus trouverait probablement que je n’ai pas atteint ce à quoi elle rêvait sur plusieurs points et me jugerait peut-être avec l’intransigeance de la jeunesse. Je n’ai pas eu plusieurs enfants mais je me suis battue pour en avoir une et cela n’a pas été du gâteau à 38 ans. Je n’ai pas eu une seule et unique carrière comme je l’avais envisagé, mais les temps ont changé et les circonstances aussi.

Elle serait déçue que ses rêves d’écrivaine ne se soient pas concrétisés. Oh, j’écris bien sûr et elle serait intriguée par ce blogue, mais je n’ai pas poursuivi ce rêve à la hauteur de mes ambitions de jeunesse.

Jeune Opus rêvait de voyager et j’ai visité la Belgique, l’Égypte, le Costa Rica, la République Dominicaine, la majeure partie des États-Unis ainsi que du Canada, en plus d’habiter sept ans en Californie et quelques mois en Colombie Britannique. J’ai travaillé dans le Grand Nord Québécois et aux îles-de-la-Madeleine. Je crois que tout cela serait un bon bilan de voyage aux yeux de mon moi plus jeune. Je souhaite maintenant reprendre les voyages que nous avons délaissés ces trois dernières années, pour amener Charmante Ado à travers le monde car cela commence à la faire rêver elle aussi et il ne reste pas tant d’années que ça avant qu’elle vole de ses propres ailes, en voyage et dans la vie.

Finalement, ce n’est pas si mal et je ne crois pas que Jeune Opus me jugerait trop durement. Elle me secouerait sûrement en me disant que ce n’est pas fini et qu’il reste plein de temps pour accomplir d’autres rêves comme ceux de ma Bucket List.

Lorsque l’on demandait à Zach comment rendre notre monde meilleur, il répondait qu’il suffisait d’essayer de faire plaisir aux autres.

Écouter une des chansons de Zach dans la vidéo ci-bas et demandez-vous si votre copie plus jeune approuverait votre vie actuelle. Que sont devenus vos rêves? Il est encore temps de commencer à vivre!


La deuxième vidéo est un documentaire de 22 minutes sur les derniers mois de Zach. Si vous comprenez l’anglais, vous verrez un magnifique jeune homme vivre pleinement le peu de temps qui lui restait.


Si un jour nous ne sommes plus ensemble, garde moi dans ton coeur, j’y resterai pour toujours.   –  Le grand voyage de Winnie l’ourson de A.A. Milne
Comme je suis chanceux d’avoir quelque chose qui rend les adieux si difficiles.   –  Le grand voyage de Winnie l’ourson de A.A. Milne

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23 heures et demie

médicament préventif

Je suis tombé récemment sur cette petite vidéo réalisée par un médecin, le docteur Mike Evans. Il y explique la puissance incroyable de ce traitement qui surpasse à peu près tout en médecine. J’inclus la vidéo en anglais ici, mais je vous en fait aussi une traduction de mon gré pour ceux qui ne comprennent pas bien l’anglais.

Le Dr Evans a un grand intérêt pour la médecine préventive, domaine qui peut inclure une foule de choses comme le dépistage du cancer, l’augmentation de notre apport quotidien en fibres, avoir un réseau social bien développé, avoir un poids santé, boire moins d’alcool, arrêter de fumer, contrôler la pression artérielle et le taux de cholestérol.

Toutes ces choses sont véritablement importantes et il ne faut pas négliger les efforts dans chaque catégorie. Toutefois, le Dr Evans s’est demandé quel élément devrait être le premier, celui qui aura le plus grand impact et nous procurera le meilleur retour sur notre investissement (return on investment).

Qu’est-ce qui aura le plus d’effet sur notre santé? Le Dr Evans a poussé ses recherches pour trouver une réponse à cette question. Le problème est complexe car plusieurs choses sont interdépendantes, mais il a trouvé une intervention qui avait un effet majeur sur une grande variété de problèmes de santé.

Par exemple, chez les patients souffrants d’arthrite dans le genou, bénéficiant de ce traitement pendant une heure, trois fois par semaine, on a noté une diminution de la douleur et de la perte de mobilité de l’ordre de 47%.

Chez les patients plus âgés, on a noté un ralentissement de la progression vers l’Alzheimer ou la démence  d’environ 50% suite à ce traitement.

Pour les gens présentant un risque élevé de diabète, en combinant ce traitement à d’autres modifications reliées au style de vie, on a réussi à diminuer la progression vers le diabète de 58%.

Chez les femmes ménopausées, ce même traitement, quatre heures par semaine, résultait en une diminution du risque de fractures de la hanche de 41%.

Ce traitement réduirait l’anxiété de 48%. 30% des patients souffrant de dépression amélioraient leur condition avec un traitement à faible dose et ce taux grimpait à 47% avec une dose plus élevée.

Une étude a suivi plus de 10 000 diplômés de l’université Harvard pendant  plus de douze ans et a observé que ceux qui avaient suivi le traitement voyaient leur risque de décès devenir 23% moins élevé que ceux qui ne l’avaient pas suivi. C’est aussi le traitement de choix contre la fatigue.

Le meilleur traitement, de l’avis du Dr Evans est celui qui entraînera une meilleure qualité de vie chez le patient et ce traitement a démontré clairement qu’il améliore grandement la qualité de vie des personnes qui le suivent.

Quel est ce médicament ou traitement miracle? C’est  tout simplement l’exercice et plus précisément la marche. Nul besoin de courir le triathlon. Si l’on pense à une de nos journées typique de 24 heures, nous passons plusieurs heures sur le sofa à regarder la télé, assis au travail devant un bureau ou à dormir. Durant toutes ces heures, nous sommes complètement inactifs.

Si nous nous efforçons d’être actifs pour un minimum de trente minutes à une heure par jour, nous pourrons profiter de tous les bénéfices décrits plus haut et ce traitement est la meilleure chose que nous pourrions faire pour notre santé.

Steven Blair, un professeur en santé publique à l’université de la Caroline du Sud, a réalisé une étude comprenant plus de 50 000 sujets. Il a examiné le nombre de morts qui auraient été évitées si un facteur de risque spécifique avait été éliminé.

Ces facteurs incluaient par exemple, qu’un fumeur devienne un non-fumeur ou qu’un adepte du sofa se transforme en un marcheur quotidien. Les différents facteurs de risque étaient l’obésité, la cigarette, l’hypertension, un taux élevé de cholestérol,  le diabète est le plus important; une faible capacité  cardiorespiratoire, ce qui signifie tout simplement une mauvaise forme physique.

Les conclusions de l’étude démontrent que la mauvaise forme physique est le plus grand facteur prédictif de décès.

La plupart des études sont habituellement financées par les entreprises pharmaceutiques, des compagnies qui vendent un médicament pour l’hypertension, le cholestérol ou le diabète par exemple. Nous voyons rarement la forme physique comme étant un facteur dans les conclusions de ces études. Les études comme celle du Professeur Blair sont donc importantes car elles ne sont pas cloisonnées et examinent tous les facteurs qui peuvent avoir une influence, et pas seulement le médicament.

Steven Blair a réalisé une autre étude sur l’obésité et a démontré que l’obésité associée à l’inactivité était une très mauvaise combinaison et résultait en de nombreuses conséquences négatives sur la santé.

Toutefois, si la personne obèse était active physiquement, même si elle ne perdait pas de poids;  l’exercice diminuait tout de même une grande partie des conséquences négatives de l’obésité.

Donc, si l’exercice est le médicament, quel est le dosage? Le dosage inclus habituellement la durée, la fréquence et la quantité (l’intensité). La réponse est quelque peu ambivalente. Plus d’exercice est préférable mais si l’on examine le taux de rendement (rate of return), il diminue au-delà de 20 à 30 minutes d’exercice par jour.

Un adulte devrait être actif pendant au moins 150 minutes (2 heures 30)  par semaine, alors qu’un enfant a besoin d’au moins une heure par jour.

Lorsqu’une personne passe d’une inactivité complète à se mettre à faire un peu d’exercice, on peut observer de grands changements  sur sa santé dès le départ, mais par la suite, les effets seront moins prononcés mais tout aussi présents.

Une étude sur la santé des infirmières a démontré que les sujets qui passaient de l’inactivité complète à une heure par semaine d’exercice ont vu leur risque de maladie coronarienne diminuer de près de 50%.

Cet exercice peut être fractionné en trois segments de dix minutes pour un total de trente minutes par jour. Une augmentation de l’intensité de l’exercice permet de réduire la durée, pour un rendement équivalent.

Il faut aussi songer à notre style et à nos signaux personnels. Mettre l’exercice à notre horaire peut nous aider à accomplir ce trente minutes par jour. Nous pouvons marcher avec notre conjoint, des amis ou avec notre chien. Les statistiques démontrent que 67% des propriétaires de chiens complètent 158 minutes de marche avec leur animal par semaine.

Le trajet pour aller et venir du travail peut aussi nous aider. Nous pouvons descendre à l’arrêt de bus précédent et marcher la distance restante. Nous pouvons aussi utiliser les marches au lieu de l’ascenseur ou stationner notre voiture plus loin de notre destination.

Dans les années quatre-vingt-dix, le Japon exigeait de toutes les grandes compagnies qu’elles effectuent un dépistage annuel sur la santé de leurs employés. Une de ces compagnies, la compagnie de gaz d’Osaka, a utilisé ce dépistage pour déterminer si les gens qui marchaient le plus longtemps pour aller au travail diminuaient leurs risques de problèmes de santé grave, plus particulièrement l’hypertension.

Les résultats ont démontré qu’une marche de moins de dix minutes n’avait aucun effet sur le risque de souffrir d’hypertension. Ceux qui marchaient entre onze et vingt minutes voyaient leur risque diminuer de 12%. Les travailleurs marchant plus de vingt-et-une minutes diminuaient leur risque d’hypertension de 29%.

Les auteurs de l’étude ont conclu qu’en moyenne, chaque incrément de dix minutes de marche pour se rendre au travail résultait en une diminution de 12% du risque d’hypertension.

Un autre exemple à considérer est celui des diagnostics de rétrécissement des artères causés par des plaques, où un chirurgien vasculaire utilise des endoprothèses (stents), un dispositif tubulaire pour maintenir l’artère ouverte après l’avoir élargie avec un ballon.

Un chercheur allemand a examiné une centaine de patients cardiaques. La moitié se sont mis à l’exercice en faisant vingt minutes par jour de bicyclette stationnaire combiné à une session d’exercices aérobiques d’une heure, une fois par semaine. L’autre moitié du groupe a subi la procédure chirurgicale pour ensuite reprendre leurs activités habituelles.

Après un an, 88% des sujets ayant fait de l’exercice n’avaient pas eu de récurrence alors que le résultat était de 70% pour le groupe ayant subi l’opération. Les deux techniques fonctionnent donc, mais il est tout de même étonnant de voir que la technique la plus simple technologiquement est celle qui a démontré le plus grand succès. Il faut aussi garder à l’esprit que l’opération chirurgicale ne répare qu’une partie spécifique du corps, alors que l’exercice affecte tout le corps.

Si l’on examine la question d’un autre angle, nous savons qu’être sédentaire est mauvais pour notre santé. Un chercheur, Lennert Veerman, a cherché à quantifier le problème en réalisant une étude de vaste envergure en Australie. Il a comparé les personnes ne regardant pas la télévision à celles qui la regardaient régulièrement. Les gens qui passent six heures par jour en moyenne tout leur vie durant, devant la télé peuvent s’attendre à vivre cinq ans de moins que ceux qui ne regardent pas la télé.

Est-ce qu’il y a vraiment des gens qui passent six heures par jour devant la télévision? L’Américain moyen passerait cinq heures par jour devant la télé ou un autre type d’écran. Nous ne pensons jamais à la télé ou l’ordinateur comme étant mauvais pour notre santé mais les conséquences sont tout aussi grandes que les autres facteurs de maladies chroniques.

En terminant, le docteur Evans nous laisse sur deux citations :

Quelqu’un doit faire quelque chose, il est seulement incroyablement pathétique que cela doit être nous.    –   Jerry Garcia, du groupe Grateful Dead.
La marche est le meilleur remède pour l’homme.   –    Hippocrate

Il nous demande finalement de répondre à la question suivante. Nous pouvons tous être terriblement occupés avec des enfants, le travail ou les deux, nous avons peut-être d’autres priorités ou des maux et des douleurs qui nous freinent. La question est de savoir si nous pouvons limiter notre temps passé assis ou à dormir, à seulement vingt-trois heures et demie par jour?  Vu comme cela, cela fait réfléchir!

Bonne marche!

Course contre la montre

courseVous avez sûrement remarqué à quel point certaines personnes adorent se déclarer ‘’occupées’ ou ‘’stressées’’. Il semble même parfois y avoir une hiérarchie du stress, où certaines occupations sont déclarées plus importantes parce que plus stressantes. J’ai moi-même œuvré pendant dix-sept ans dans un domaine considéré comme très stressant, le contrôle aérien et je peux honnêtement affirmer que mon plus haut niveau de stress n’a été atteint que lorsque j’ai délaissé les opérations, le travail dans la tour, pour devenir gestionnaire.

Dans mon cas, je ne vivais pas de stress lorsque je faisais quelque chose que j’adorais, qui m’inspirais et que je croyais utile. La gestion, pour moi, a été une magistrale erreur et c’est ce qui m’a amené à quitter le domaine plus tôt que prévu, car un retour aux opérations (domaine syndiqué), n’était pas possible une fois qu’on accédait à un poste de cadre.

J’ai donc beaucoup de difficultés à voir le stress comme une glorification de l’importance ou de la valeur d’une personne, alors que ma période la plus malheureuse dans le domaine du travail correspond aussi à la plus stressante.

Vivre beaucoup de stress n’est pas selon moi un gage de valeur. Cela ne nous rend pas supérieur aux autres. L’absence de stress ne rend pas une personne moins importante pour autant. Chacun réagit au stress de façon différente et on ne peut pas en déduire grand-chose et surtout pas évaluer la valeur d’une personne sur cette base.

Nous avons tous entendu des gens nous confier qu’ils étaient tellement occupés qu’ils ne savaient plus où donner de la tête. C’est presque devenu la réponse par défaut lorsqu’on demande aux gens comment ils vont. Ce ne sont pas les gens qui doivent jongler avec deux emplois, le service de garde pour les enfants, les fins de mois difficiles ou les difficultés de la vie mono-parentale qui se plaignent d’être trop occupés, ces gens-là sont plus exténués qu’autre chose.

Non, les gens qui se déclarent super occupés le sont généralement par des choses qu’ils se sont imposées eux-mêmes volontairement. Ils enrôlent leurs enfants dans une foule d’activités, prennent des cours de perfectionnement pour leur travail en plus de  prendre un abonnement au gym et de s’imposer d’y aller cinq fois par semaine.

Personne ne veut réellement vivre comme ça, mais il y a une certaine pression sociale à se déclarer et à se montrer occupé. Être occupé constamment et surtout, aimer se déclarer débordé ou trop occupé nous convainc que ce que l’on fait est important, mais cela nous amène aussi à devenir anxieux et nous nous sentons coupables lorsque nous ne faisons rien de productif.

Tout le monde est occupé. Nous avons tous des choses que nous voulons accomplir dans une journée, un mois ou une année, mais si nous prenons sur nos épaules une charge trop lourde, ce n’est pas une raison pour en être fier.

En général, les gens trouveront du temps pour faire les choses qui sont importantes pour eux. J’aime écrire et c’est quelque chose de très important pour moi alors j’y consacre du temps. M’arrive-t-il d’être stressée par des échéanciers que je me suis imposée et de me retrouver à 23 heures sans aucune idée pour mon prochain article? Bien sûr, mais pas au point de perdre de vue que mes limites peuvent être modifiées sans que cela ait une grande importance.

Nous nous enfermons trop souvent dans la mentalité que nous devons tout faire et que nous devons performer à tout prix. Nous oublions que nous sommes en charge de notre temps et qu’il nous revient d’organiser notre vie selon ce qui nous convient le mieux.

Nous choisissons où mettre notre énergie et nos efforts. Ce qui vaut la peine et même le stress pour l’un ne le vaudra pas pour l’autre. Chacun a un rôle et ses propres passions, certaines sont plus apparentes que d’autres et les personnes les plus occupées ne sont pas nécessairement celles qui se vantent d’être débordées.

Être occupé peut vouloir dire que nous accomplissons des choses et que le travail se fait. Être trop occupé signale quelque chose de beaucoup moins positif, un certain déficit dans l’établissement des priorités. Toutes les tâches ou activités ne sont pas d’une égale importance, il faut être capable de trier ce que l’on a à faire et d’y aller avec le plus important d’abord.

Nous avons tous les mêmes 168 heures par semaine. Les heures passeront qu’on leur prête attention ou non, nous devrions peut être examiner ce que nous faisons de notre temps.

Nous vivons dans une société compétitive et se lamenter sur notre somme de travail ou notre manque de sommeil, peut nous sembler une preuve de notre dévouement envers notre travail et notre famille, mais nous apportera peu de satisfaction personnelle. Mettre nos priorités sur ce qui nous importe vraiment nous donnera plus de contrôle sur notre temps et ultimement sur notre vie.

Sur une note plus légère, parce que la vie ne doit pas être prise trop sérieusement, voici une vidéo qui m’a fait sourire.

 

Il vaut mieux ne rien faire que de s’occuper mal à propos.   –   Baltasar Gracian y Morales
Je dois m’occuper d’être heureux.   –   Albert Camus

Écart de langage

béluga

On a publié ces jours-ci un enregistrement d’un Béluga nommé NOC. NOC était un jeune mâle en 1977, lorsqu’il fut capturé par le Navy Mammal Program à San Diego. Après sept ans, NOC se mit à émettre des sons que les plongeurs ont confondus avec des paroles humaines.

Cela ressemblait à deux personnes qui discutaient à une certaine distance, juste au-delà de la limite pour être compris par ceux qui écoutaient. Un plongeur est même revenu à la surface après avoir cru entendre l’ordre de sortir de l’eau (Out, out, out!).

Peu de temps après, les chercheurs se sont aperçus que les sons venaient de NOC. Ils ont fait plusieurs tests pour trouver comment il parvenait à faire de tels sons.  NOC avait eu maintes opportunités pour entendre la parole humaine; il avait entendu des gens parler à la surface mais avait aussi entendu des paroles sous l’eau venant des appareils des chercheurs qui donnaient des consignes aux plongeurs.

NOC cessa de produire ce genre de sons après quatre ans en atteignant sa maturité, mais il demeura très vocal pour le reste de sa vie, qui dura trente ans. Il est décédé il y a cinq ans.

La documentation et les enregistrements de cette étude tombèrent dans l’oubli pendant près de 25 ans, avant d’être publié cette semaine par Sam Ridgeway et ses collègues dans le journal Current Biology.

Comme on peut l’entendre sur l’enregistrement ci-dessus, NOC n’était pas très doué pour la parole humaine. Il faut comprendre que les baleines et les dauphins ne possèdent pas de larynx. Le béluga a dû travailler avec les outils qu’il avait pour produire cette séquence qui imite la parole humaine. Pour produire ces sons, Noc  devait varier la pression de l’air dans ses passages nasaux tout en faisant vibrer ses lèvres phoniques (des valves ressemblant à des lèvres) et en procédant au  surgonflage des sacs vestibulaires sous son évent. De tels efforts demandaient une certaine motivation d’établir un contact.

Ces bruits ne font pas partie du répertoire habituel de sons qu’un béluga utilise avec les autres bélugas. Les sons étaient plus bas de plusieurs octaves et la cadence était semblable au rythme de la parole humaine.

Un perroquet peut parler, mais une baleine qui parlerait deviendrait beaucoup plus fascinante, principalement à cause de la taille de son cerveau. Cela porte à croire qu’elle pourrait avoir quelque chose d’intelligent à dire. Malheureusement, on n’a trouvé aucun sens à ces bruits et les chercheurs s’entendent pour croire que NOC ne faisait qu’imiter les sons des humains. On appelle souvent les Bélugas, les canaris de la mer, parce qu’ils sont très vocaux.

Récemment,  Lou Herman, un chercheur travaillant avec deux dauphins captifs à Hawaï, a créé un langage de signaux et de gestes. Avec ce langage artificiel, il a pu établir que ses deux dauphins comprenaient les nuances de la grammaire et du temps. Ses élèves ont aussi répondu à des questions et démontré une cognition capable d’anticipation  et de pensée abstraite.

Un autre chercheur,  Hal Whitehead, de l’Université de Dalhousie en Nouvelle-Écosse, a utilisé un hydrophone pour identifier cinq clans différents de cachalots dans l’océan Pacifique. Chaque clan se distingue par ses séquences de ‘’clics’’ de communication, qui sont aussi particuliers à un clan que les accents régionaux pour les humains.

Un béluga qui s’amuse à imiter les humains n’est pas assurément une tentative de communication très profonde. J’aime toutefois penser qu’un jour nous serons capable de déchiffrer le langage des baleines et des dauphins. Avant d’être distraite par d’autres opportunités de carrière, Charmante Ado a longtemps voulu devenir biologiste marin pour découvrir ce langage. De ce temps-ci, elle vacille entre avocat et zoologiste.

Personnellement, si j’avais de nouveau seize ans, je ferais certainement carrière comme biologiste marin. Mon expérience comme bénévole au Mote Marine Laboratory de Sarasota en Floride m’avait vraiment passionnée et ouvert de nouveaux horizons sur les mammifères marins.

Le langage est source de malentendus.   –   Antoine de Saint-Exupéry

Le mystère du poil disparu

gorille dos argenté

C’est fou à quel point une chose peut nous mener  à une autre et complètement nous absorber pendant plusieurs heures ou même plusieurs jours.

Il y a quelques jours j’ai écouté un documentaire sur les gorilles présenté via l’émission Planète Bleue. Le film présentait l’histoire de Titus, un gorille des montagnes au dos argenté, sur une période de plus de trente ans. La primatologue  célèbre, Dian Fossey, lui a donné son nom en 1974, alors qu’elle faisait un recensement des gorilles du Rwanda.

Titus est devenu possiblement le gorille le plus photographié et filmé de tous les temps. Sa vie ainsi que celle de sa famille a été documentée dès sa naissance. Le père et l’oncle de Titus ont été tués par des braconniers alors qu’il n’avait pas encore cinq ans. Suite à une tentative de prise de pouvoir ratée par un mâle du groupe, toutes les femelles se sont enfuies parce que ce mâle avait tué le bébé d’une d’elles. Les mâles sont restés plusieurs années célibataires avant que d’autres femelles se joignent au groupe.

Éventuellement, Titus est devenu le chef de la bande et il a régné pendant quinze ans avant d’être vaincu par son propre fils. Le groupe s’est scindé en deux et seuls quelques gorilles sont demeurés avec Titus. Il a par la suite été mis au défi et harcelé pendant une dizaine d’années par un autre de ses fils, Rano et il a perdu définitivement le pouvoir. Titus est mort peu après, en septembre 2009, à l’âge de trente cinq ans. Si vous avez l’occasion de voir ce documentaire, n’hésitez pas, c’est fascinant. On voit la mère dont le bébé(qui était la petite soeur de Titus) a été tué lors du coup avorté, tenir son bébé mort, pendant deux jours dans ses bras, en essayant vainement de le ranimer. Je vous met le lien pour la version originale anglaise, car je n’ai rien trouvé en français.

Lorsque je disais au début de l’article qu’un chose en amène une autre, cette émission m’a amenée à me poser une question. Pourquoi les humains ont-ils perdus le poil dont ils étaient recouverts, en cours d’évolution? Il me semble que ce poil avait une très grande utilité et je ne voyais pas de raison logique pour que nous nous retrouvions, essentiellement nus.

J’ai donc lu sur le sujet durant les deux derniers jours et j’ai le regret de vous apprendre que les scientistes n’en ont aucune idée non plus. Il y a cinq grandes théories sur le sujet, mais aucune n’est pleinement satisfaisante ni concluante. Pour ceux que cela intéresse, voici ces théories:

La première relève d’une suggestion formulée par Charles Darwin. Il a postulé que le poil était nécessaire aux mammifères pour rester au chaud et qu’ils perdaient leur fourrure seulement pour une raison spéciale dans leur évolution. Les baleines et les morses ont perdu leurs poils pour améliorer leur vitesse dans leur nouveau milieu de vie, la mer. Les éléphants et les rhinocéros ont une peau très épaisse et sont trop massifs pour perdre leur chaleur corporelle durant les nuits froides, ils n’avaient donc plus besoin de poils. Pourquoi alors, est-ce que les humains seraient les seuls primates  à avoir perdu leur fourrure?

Nous aurions perdu graduellement notre fourrure à travers la sélection naturelle, puis une sélection sexuelle se serait produite avec le développement d’un goût pour l’esthétique d’une peau lisse. Ce caractère serait devenu attrayant pour l’autre sexe. Ceci n’explique pourquoi la sélection naturelle s’est dirigée vers un humain sans poil, ni pourquoi, après des millénaires d’humains poilus, présumément considérés comme attrayants, nous aurions décidé qu’un humain dégarni était plus séduisant, ce qui aurait renforcé la tendance de la sélection naturelle. Une autre question est aussi pour quelle raison n’avons-nous pas perdu tous nos poils?

La deuxième théorie suggère que l’humain a connu une phase aquatique il y a six à huit millions d’années. Nous aurions passé beaucoup de temps à rechercher de la nourriture dans les eaux peu profondes et nous aurions perdu notre fourrure pour la remplacer par un plus haut taux de gras corporel, comme plusieurs autres mammifères aquatiques. C’est une théorie originale, mais il n’y a aucune évidence paléontologique  que nous aurions connu une telle phase aquatique après avoir été des êtres très poilus.

Une troisième théorie postule que nous nous sommes débarrassés de notre fourrure pour éliminer l’infestation par les parasites. Le problème avec cette idée est que la fourrure nous protégeait aussi de nombreuses piqûres d’insectes, en plus d’offrir une protection contre le soleil et le cancer de la peau. Il y a aussi le fait que nous avons conservé suffisamment de poils sur la tête et dans la région pubienne pour souffrir d’infestation parasitaire.

La quatrième théorie suggère que l’humain a perdu sa fourrure lorsqu’il s’est établi dans la savane. Auparavant, il vivait dans les forêts plutôt fraîches. mais un humain marchant en position debout, recouvert de fourrure dans la savane chaude et humide aurait rapidement souffert d’un coup de chaleur. Toutefois, la perte de fourrure aurait aussi eu des impacts négatifs car les humains à la peau lisse auraient perdu beaucoup de leur chaleur corporelle durant les nuits froides. Il aurait aussi été plus difficile de régulariser la température corporelle durant le jour, parce que la peau absorbe davantage de chaleur que le poil.

La dernière théorie suggère que nous aurions perdu notre fourrure après avoir inventé les vêtements. Le poil aurait disparu parce qu’il n’était plus nécessaire. Le problème avec cette théorie est qu’il se serait passé un million d’années entre la perte de poils et l »invention des vêtements.

Le docteur Alan R. Rogers, un généticien spécialisé en évolution de l’Université de l’Utah,  a calculé le moment où l’humain a perdu ses poils en utilisant une manière indirecte, reliée à un gène qui détermine la couleur de la peau.

Un autre scientiste, le docteur Mark Stoneking  de l’Institut Max Planck en Allemagne  a déterminé, lui aussi de manière indirecte, la période  à laquelle les humains ont commencé à porter des vêtements. Sa méthode impliquait l’évolution du pou de corps humain qui ne vit que sur les vêtements. Si leurs calculs sont exacts, nous nous sommes promenés nus pendant un million d’années avant d’inventer les vêtements.

Aucune de ces théories ne me semble entièrement convaincante et je suis restée sur ma faim. Je ne vois pas la logique qui expliquerait une raison rationnelle pour la disparition de cette fourrure. Ce n’est pas qu’elle me manque, en fait je n’aime même pas les barbes et Tendre Moitié est toujours rasé de près, mais j’aurais bien aimé comprendre.

Les espèces qui survivent ne sont pas les espèces les plus fortes, ni les plus intelligentes, mais celles qui s’adaptent le mieux aux changements.   –    Charles Darwin
On est obligé à présent de regarder l’imposant spectacle de l’évolution de la vie comme un ensemble d’événements extraordinairement improbables, impossibles à prédire et tout à fait non reproductibles.   –   Stephen Jay Gould