Course contre la montre

courseVous avez sûrement remarqué à quel point certaines personnes adorent se déclarer ‘’occupées’ ou ‘’stressées’’. Il semble même parfois y avoir une hiérarchie du stress, où certaines occupations sont déclarées plus importantes parce que plus stressantes. J’ai moi-même œuvré pendant dix-sept ans dans un domaine considéré comme très stressant, le contrôle aérien et je peux honnêtement affirmer que mon plus haut niveau de stress n’a été atteint que lorsque j’ai délaissé les opérations, le travail dans la tour, pour devenir gestionnaire.

Dans mon cas, je ne vivais pas de stress lorsque je faisais quelque chose que j’adorais, qui m’inspirais et que je croyais utile. La gestion, pour moi, a été une magistrale erreur et c’est ce qui m’a amené à quitter le domaine plus tôt que prévu, car un retour aux opérations (domaine syndiqué), n’était pas possible une fois qu’on accédait à un poste de cadre.

J’ai donc beaucoup de difficultés à voir le stress comme une glorification de l’importance ou de la valeur d’une personne, alors que ma période la plus malheureuse dans le domaine du travail correspond aussi à la plus stressante.

Vivre beaucoup de stress n’est pas selon moi un gage de valeur. Cela ne nous rend pas supérieur aux autres. L’absence de stress ne rend pas une personne moins importante pour autant. Chacun réagit au stress de façon différente et on ne peut pas en déduire grand-chose et surtout pas évaluer la valeur d’une personne sur cette base.

Nous avons tous entendu des gens nous confier qu’ils étaient tellement occupés qu’ils ne savaient plus où donner de la tête. C’est presque devenu la réponse par défaut lorsqu’on demande aux gens comment ils vont. Ce ne sont pas les gens qui doivent jongler avec deux emplois, le service de garde pour les enfants, les fins de mois difficiles ou les difficultés de la vie mono-parentale qui se plaignent d’être trop occupés, ces gens-là sont plus exténués qu’autre chose.

Non, les gens qui se déclarent super occupés le sont généralement par des choses qu’ils se sont imposées eux-mêmes volontairement. Ils enrôlent leurs enfants dans une foule d’activités, prennent des cours de perfectionnement pour leur travail en plus de  prendre un abonnement au gym et de s’imposer d’y aller cinq fois par semaine.

Personne ne veut réellement vivre comme ça, mais il y a une certaine pression sociale à se déclarer et à se montrer occupé. Être occupé constamment et surtout, aimer se déclarer débordé ou trop occupé nous convainc que ce que l’on fait est important, mais cela nous amène aussi à devenir anxieux et nous nous sentons coupables lorsque nous ne faisons rien de productif.

Tout le monde est occupé. Nous avons tous des choses que nous voulons accomplir dans une journée, un mois ou une année, mais si nous prenons sur nos épaules une charge trop lourde, ce n’est pas une raison pour en être fier.

En général, les gens trouveront du temps pour faire les choses qui sont importantes pour eux. J’aime écrire et c’est quelque chose de très important pour moi alors j’y consacre du temps. M’arrive-t-il d’être stressée par des échéanciers que je me suis imposée et de me retrouver à 23 heures sans aucune idée pour mon prochain article? Bien sûr, mais pas au point de perdre de vue que mes limites peuvent être modifiées sans que cela ait une grande importance.

Nous nous enfermons trop souvent dans la mentalité que nous devons tout faire et que nous devons performer à tout prix. Nous oublions que nous sommes en charge de notre temps et qu’il nous revient d’organiser notre vie selon ce qui nous convient le mieux.

Nous choisissons où mettre notre énergie et nos efforts. Ce qui vaut la peine et même le stress pour l’un ne le vaudra pas pour l’autre. Chacun a un rôle et ses propres passions, certaines sont plus apparentes que d’autres et les personnes les plus occupées ne sont pas nécessairement celles qui se vantent d’être débordées.

Être occupé peut vouloir dire que nous accomplissons des choses et que le travail se fait. Être trop occupé signale quelque chose de beaucoup moins positif, un certain déficit dans l’établissement des priorités. Toutes les tâches ou activités ne sont pas d’une égale importance, il faut être capable de trier ce que l’on a à faire et d’y aller avec le plus important d’abord.

Nous avons tous les mêmes 168 heures par semaine. Les heures passeront qu’on leur prête attention ou non, nous devrions peut être examiner ce que nous faisons de notre temps.

Nous vivons dans une société compétitive et se lamenter sur notre somme de travail ou notre manque de sommeil, peut nous sembler une preuve de notre dévouement envers notre travail et notre famille, mais nous apportera peu de satisfaction personnelle. Mettre nos priorités sur ce qui nous importe vraiment nous donnera plus de contrôle sur notre temps et ultimement sur notre vie.

Sur une note plus légère, parce que la vie ne doit pas être prise trop sérieusement, voici une vidéo qui m’a fait sourire.

 

Il vaut mieux ne rien faire que de s’occuper mal à propos.   –   Baltasar Gracian y Morales
Je dois m’occuper d’être heureux.   –   Albert Camus

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À bout de souffle

J’écris cet article très tard le soir, en fait, mes articles sont programmés pour être publiés à une heure du matin chaque jour et en ce moment-même, il ne me reste que quelques minutes avant cette échéance.

J’ai passé la journée  à programmer nos sites Web pour notre changement d’affiliation qui entre en vigueur le 1er novembre. Cela avance bien, le site en français est pour ainsi dire terminé et l’anglais devrait être réglé d’ici 24 heures. C’est une course folle pour tout mettre à jour, commander de nouvelles fournitures administratives et de marketing et aviser toutes les associations et compagnies d’assurances professionnelles.

Comme nous avons été très occupés par ce changement ces derniers temps, nous n’avions pas décoré pour l’Halloween. Charmante Ado qui ne voulait pas faire du porte à porte cette année, insistait pour que je décore car elle voulait distribuer les friandises. Pas de décoration veut dire pas de visiteurs habituellement, surtout en milieu semi rural comme chez nous, où les enfants parcourent, la distance entre les maisons en voiture. accompagnés de leurs parents.

J’ai donc pris une pause de l’informatique juste avant que Charmante Ado arrive de l’école pour aller installer les décorations…sous la pluie. Je suis rentrée complètement trempée et peu de temps après, les petits monstres ont commencé à arriver. Cela a été un tel succès que j’ai dû envoyer Tendre Moitié acheter deux autres boîtes de friandises.

Finalement, Charmante Ado n’a pas fait la distribution car elle a été appelée pour aller travailler à la Maison de Jeunes. Elle est allée  s’occuper du groupe des 8 à 12 ans, mais il n’y a pas eu beaucoup d’achalandage. En fait, les seuls jeunes qui se sont présentés sont ceux qui étaient venus à la maison et ne la voyant pas, avaient demandé où elle était. Ils sont tous allés la voir à la Maison des Jeunes.

Ce fût une année record cette fois-ci, malgré notre manque de préparation. Par les années passées, la plupart des enfants hésitaient à venir parce qu’ils voyaient les chiens derrière la clôture. Tête de Mule y allait évidemment d’un concert d’aboiements à chaque fois qu’un enfant se présentait, ce qui n’était pas pour le rassurer. Les chiens sont maintenant dans un enclos plus vaste et plus éloigné de la maison. Tête de Mule porte aussi un collier anti-aboiement, suite aux plaintes d’un voisin au printemps dernier.

Ces derniers jours, nous croyions que le collier ne fonctionnait plus, car elle s’était remise à aboyer. En désespoir de cause, nous avons essayé de l’attacher un peu plus serré et miracle, les aboiements ont cessé. Un Montagne des Pyrénées possède une très épaisse fourrure autour du cou et je crois que le poil l’empêchait de ressentir les effets du collier. Donc, cette année, pas de chien en vue ni d’aboiements et cela a attiré les foules.

Avec toutes ces péripéties, j’ai dû annuler ma leçon de piano de cette semaine car je suis débordée de travail. J’ai par contre promis à Charmante Ado que je serais présente à sa partie de basketball cette semaine et au tournoi de trois jours qui a lieu ce week-end.

Je vous quitte sur ces quelques mots, pour reprendre mon souffle et me reposer un peu. La date anniversaire de ce blogue arrive à grands pas et je pourrai bientôt rayer un item de ma Bucket List. Je vous en reparle d’ici quelques jours.

Au travail, le plus difficile, c’est d’allumer la petite lampe du cerveau. Après, ça brûle tout seul.   –   Jules Renard

 

Le meilleur patron du monde

travailleur autonome

Tendre Moitié et moi sommes travailleurs autonomes. Par contre, nous avons tous les deux connu la vie corporative et nous nous rappelons toujours de quelques uns de ses attraits : un revenu régulier comme une horloge, l’apport important des travailleurs de soutien qui nous aident à faire notre travail et un équipement qui est souvent à la fine pointe de la technologie.

Nous sommes heureux dans le domaine où nous travaillons et n’avons jamais vraiment considéré retourner au statut d’employés. Il semblerait qu’il y aurait un ensemble de caractéristiques importantes qui différencient les gens qui persistent comme travailleurs autonomes ou indépendants et ceux qui finissent par retourner avec un employeur.

Une étude, réalisée par Pankaj Patel et Sherry Thatcher, a réuni des données amasses par l’Étude Longitudinale du Wisconsin. Ces données proviennent de gens qui ont terminé l’école secondaire en 1957. On a étudié les personnes qui avaient quitté un employeur pour devenir travailleur autonome et on a noté combien de temps ils avaient persévéré dans  le travail indépendant.

Les chercheurs étaient intéressés par les cinq traits majeurs de personnalité, qui sont utilisés pour décrire la personnalité humaine:

  • Ouverture (degré de curiosité, d’ingéniosité, flexibilité)
  • Tempérament consciencieux (niveau d’organisation et d’efficacité)
  • Extraversion (degré de confort avec les autres)
  • Agréabilité (degré de compassion, tempérament amical)
  • Névrotisme (niveau de sensibilité, nervosité, confiance)

 Ces traits ont déjà permis dans des études précédentes de différencier la personnalité d’un entrepreneur de celle du travailleur salarié. Une partie des travailleurs autonomes sont des entrepreneurs, mais ont-ils tous le même type de personnalité?

L’analyse des données suggère que les individus les plus stables émotionnellement sont ceux qui ont le plus de chances de choisir un travail indépendant et d’y demeurer. Les gens qui sont ouverts aux nouvelles expériences auraient aussi de meilleures chances de succès.

Comme pour les entrepreneurs, les travailleurs autonomes doivent avoir une bonne confiance en leurs moyens et démontrer une certaine résilience pour ne pas abandonner à la première difficulté. La flexibilité et une curiosité qui les poussera à chercher des solutions aux problèmes est un autre atout majeur. Il n’y aura pas de collègues ni de patron pour offrir du soutien et des solutions lorsqu’une crise surviendra.

Les entrepreneurs ont tendance à être extravertis, consciencieux, mais moins agréables, dans le sens qu’ils se soucient moins des sentiments des gens. Ces caractéristiques ne sont pas des facteurs qui influencent la décision de devenir ou de persévérer dans le travail autonome.

Une personne qui croît être capable de maîtriser son environnement, sera plus attirée par un travail autonome, mais ne sera pas pour autant plus susceptibles de persister. Le seul trait qui influencerait à la fois le choix d’une personne de devenir travailleur autonome et la décision de persévérer dans ce domaine, est un désir d’autonomie et la ferme conviction que l’indépendance est un facteur important dans leur vie.

Les gens qui ont l’habitude de  persévérer et qui sont naturellement plus tenaces, auront tendance à réajuster leurs objectifs en considérant les obstacles négatifs d’une manière différente. Ceci leur permet de continuer à voir ces objectifs comme étant réalisables. Ce type de personne est plus sujette à persévérer comme travailleur autonome, malgré les difficultés.

En résumé, les travailleurs autonomes ne sont pas tout à fait semblables aux entrepreneurs. Un travailleur autonome a un sentiment d’indépendance, est curieux et n’aura pas tendance à ruminer ses problèmes. Ces qualités lui permettront de persévérer dans ce type de travail, en y ajoutant une ténacité qui se concentre sur l’objectif. Il n’est pas nécessaire d’être extraverti et j’en suis le meilleur exemple. Personne n’aurait idée de me considérer comme une extravertie, et pourtant, le travail autonome me convient parfaitement.

Plus l’homme a d’habitudes, moins il est libre et indépendant.     –   Emmanuel Kant

L’aventure américaine

californie

Lorsque j’ai débuté mes études d’infirmière, il y a plus de trente ans, mon seul et unique objectif était de travailler en pouponnière. J’ai adoré le stage dans ce département, mais j’ai quelque peu déchanté en parlant avec les infirmières en poste, lorsqu’elle m’ont annoncé que cela prendrait un bon dix ans d’expérience, ou plutôt d’ancienneté, pour espérer obtenir un poste en pouponnière. Ces positions étaient les plus convoités et ce n’étaient pas les jeunes diplômées qui les obtenaient.

J’ai donc travaillé en médecine interne et en soins de longue durée. Après des vacances en Californie avec une copine, j’ai commencé à rêver d’y vivre. Environ six mois plus tard, j’ai lu dans un journal qu’un hôpital de Californie recrutait à Montréal, Toronto et Vancouver pour trouver des infirmières.

J’ai été une des infirmières choisies et après cinq mois de paperasses administratives pour obtenir un visa de travail et un permis d’exercer en Californie, je me suis retrouvée à San Jose.

J’aurais bien aimé travailler en pouponnière, mais encore une fois, ce n’est pas arrivé. On m’a plutôt attitrée au département d’oncologie. L’adaptation s’est bien faite, quoique le système de soins de santé était bien différent du Québec. Chaque seringue, rouleau de diachylon ou pansement, comportait un autocollant que nous devions appliquer au dossier du patient pour qu’il soit facturé. Cela donnait des situations où les patients récupéraient les bouts de rouleaux pour ne pas avoir à en payer un nouveau.

Je n’ai pas vraiment aimé le travail dans cet hôpital mais cela m’a procuré une très bonne expérience. Au bout d’un an, j’ai fait renouveler mon permis de travail, pour une période de deux ans cette fois-là, tout en appliquant pour la résidence permanente. Un permis de travail ne me permettait de travailler que pour l’hôpital qui m’avait parrainé et je voulais changer de milieu de travail.

Les procédures sont assez longues pour obtenir une Green Card (résidence permanente) et ce n’est que dix-huit mois plus tard que j’ai finalement reçu mes papiers. Je pouvais alors travailler n’importe où aux États-Unis.

Je suis allée travailler pour une compagnie qui offrait des services d’infirmières visiteuses. Vu mon expérience en oncologie, je fus affectée aux patients cancéreux qui recevaient des soins à domicile. J’ai adoré ce travail, qui bien qu’il était beaucoup moins bien payé que le précédent, était infiniment plus valorisant.

Je rencontrais les gens chez eux, dans leur environnement et cela leur donnait une certaine confiance en eux-mêmes et en leurs moyens. Ils se sentaient moins malades qu’à l’hôpital, même si ce n’était souvent pas le cas en réalité. Être à la maison les aidaient à être plus optimistes quant à leur maladie.

J’ai habité la Californie pendant sept ans et j’ai gardé cet emploi tout ce temps. On remarquait moins les effets de la médecine privée et je n’avais pas à gérer l’aspect financier. Les patients que nous voyions avaient des assurances privées ou avec leur employeur et tout ce que je savais, c’était le nombre de visites par semaine auxquelles ils avaient droit.

À l’hôpital, j’avais vu des gens ruinés par la maladie. Il y a eu par exemple ce patient assez âgé atteint d’un cancer du cerveau et dont la femme a tout perdu pour payer les frais médicaux;  toutes leurs économies, la maison qui dut être vendue, la vieille dame n’avait plus rien lorsqu’il est décédé.

Nous critiquons beaucoup la médecine sociale, mais en cas de maladie catastrophique, elle permet de ne pas voir disparaître les économies de toute une vie. Oui, les temps d’attente sont plus longs, c’est difficile de trouver un médecin de famille, moi-même en ce moment, je n’ai pas de médecin attitré, mais j’ai vu l’alternative, et ce n’est pas joli.

Personne ne peut faire face aux dépenses médicales qu’engendre un cancer ou autre maladie demandant des soins considérables.

De tout mon séjour en Californie, le système de soins de la santé fut de loin la chose la plus difficile à comprendre et à accepter.  Tout ceux qui étaient assurés via leur employeur ne voyaient pas de problème. Toutefois, il y avait aussi la masse des non-assurés, ceux qui n’étaient pas assez pauvres pour les soins gratuits, mais pas assez riches pour avoir une assurance privée et dont l’employeur n’offrait aucun plan de soins de la santé.

Lorsque l’on arrive dans un nouveau pays ou même une nouvelle ville, au début nous trouvons tout bien mieux que l’endroit que nous venons de quitter. C’est la lune de miel. La Californie des années 80 était fantastique, MTV venait d’arriver, ainsi que le Walkman. Michael Jackson venait de sortir Thriller et Lione Ritchie était au sommet de sa popularité. C’était le bon temps, c’était ma jeunesse quoi.

Il y avait bien les tremblements de terre périodiques pour nous effrayer un peu et un taux de criminalité beaucoup plus élevé qu’au Québec, mais cela restait une belle vie malgré tout. Avec les années, on acquiert un oeil plus critique sur notre environnement et on réalise que notre lieu d’origine n’était pas si mal que cela en fin compte.

Dans mon cas, l’aventure s’est terminée au bout de sept ans, je me suis retrouvée seule après avoir été longtemps en couple et j’ai décidé de revenir au bercail.

Je garde un souvenir impérissable de ces années, du soleil, de la mer, des gens ouverts et sociables, de l’esprit de folie qui régnait au début de la Silicon Valley.

Avec le Grand Nord Québécois, la Californie fait partie de mes meilleures expériences de vie. Il y a aussi les Îles-de-la-Madeleine, mais cela, c’est une autre histoire.

Il faut avoir le courage dans la vie de quitter sa péniche, sinon on vogue au fil de l’eau en se faisant du cinoche et on crève sans être allé ailleurs qu’au cinoche.    –   René Fallet 

Savoir appuyer sur Pause

pause travail

Une étude datant de 2010 indique que les américains utilisent seulement 16 des 18 jours qui leur ont alloués en moyenne pour leurs vacances. Les Français eux, en prennent plus du double. Certains Nords-Américains pensent que cela illustre leur productivité comparée au Européens.

En fait, cela démontrerait tout le contraire; les Européens comprennent que les pauses sont souhaitables pour recharger leurs batteries et améliorer l’efficacité au travail. Nous sommes persuadés qu’en augmentant nos heures de travail, nous allons toujours augmenter la productivité mais nous ignorons l’évidence, travailler sans répit diminue la qualité de notre production.

Un des centres de recherches le plus connu dans le domaine de l’ergonomie au travail,  le  Cornell University Ergonomics Research Laboratory,  a réalisé en 1999, une étude de dix semaines dans une compagnie d’assurances de Wall Street, New Century Global. Cette compagnie cherchait à augmenter l’efficacité au travail.

Durant la durée de l’étude, un programme d’ordinateur envoyait des messages aux employés pour leur rappeler de maintenir une bonne posture et de prendre de courtes pauses. L’étude a démontré que les employés ayant reçu ces messages étaient 13% plus précis dans leur travail que ceux qui n’avaient pas reçu de rappel.

Il y a plus de cent ans, Henry Ford a diminué la semaine de travail dans son usine de six jours à cinq et les heures de travail de 48 à 40 heures, après avoir découvert que la productivité diminuait de façon progressive au-delà de huit heures par jour et cinq jours par semaine. Il s’aperçut même qu’il obtenait la même productivité en cinq jours que lorsque ses travailleurs œuvraient six jours par semaine. De nos jours, de nombreuses études témoignent du fait que la productivité diminue réellement après avoir travaillé 40 heures dans une semaine.

Nous réalisons de plus en plus que la capacité d’attention chez l’humain est limitée. Les poussées de travail, comme les heures supplémentaires, exigent une période de récupération. Plusieurs études démontrent que de courtes pauses durant les heures de travail augmentent la productivité. Nous sommes plus doués pour le 100 mètres que pour le marathon lorsque l’on parle du travail, nous sommes à notre meilleur lorsque nous fournissons des efforts concentrés pendant de courtes périodes entrecoupées de repos.

Il en découle aussi que de plus longues pauses sont nécessaires pour refaire le plein d’énergie périodiquement. Une pause de seulement trois jours est insuffisante pour décompresser complètement et une plus longue période est requise pour vraiment se déconnecter du travail et refaire le plein d’énergie. La plupart des gens reviennent de vacances avec une meilleure perspective et sont plus motivés à atteindre leurs buts et objectifs après s’être vraiment reposés, loin du travail.

Une étude datant d’il y a près de cent ans a déterminé que nous sommes moins productifs le lundi et plus performant le samedi (l’étude date d’une époque où la semaine de travail était de six jours).  Nous devenons de plus en plus productifs à mesure que la semaine progresse.

Trois éléments déterminent le niveau de productivité. Le premier est l’efficacité pratique. Nous avons besoin d’un peu de temps pour démarrer et retrouver notre vitesse de croisière après un congé. C’est pour cette raison que les lundis sont souvent au ralenti.

Le deuxième élément est l’énergie. Notre corps et notre esprit se fatigue et notre concentration diminue lorsque nous sommes fatigués.

Le dernier élément est le sprint d’arrivée. Nous travaillons souvent mieux avec des échéanciers et nous travaillons plus dur lorsque nous arrivons au terme d’une tâche ou d’un projet.

Donc l’horaire de travail idéal serait celui qui permet de prendre des pauses suffisamment courtes pour ne pas briser le rythme de travail et ne pas perdre sa concentration. Il ne faudrait pas travailler au point de s’épuiser physiquement et mentalement. Il faut voir les pauses comme de brèves récompenses suite à une étape complétée.

Travail bien réparti ne tue pas.   –   Proverbe français 
Sachez vous éloigner car, lorsque vous reviendrez à votre travail, votre jugement sera plus sûr.   –    Léonard de Vinci