Zones Bleues

BLUE ZONES

Dan Buettner a étudié pendant une dizaine d’années les lieux où les gens vivent le plus longtemps tout en étant en santé. Il a appelé ces endroits des zones bleues. Parmi celles-ci, on retrouve  Okinawa au Japon, la Sardaigne en Italie, le Costa Rica, Loma Linda en Californie et plus particulièrement les membres d’un groupe religieux, les Adventistes du septième jour, qui y habitent et l’île de Ikaria en Grèce. Il a publié en 2008 un livre intitulé Blue zones : Où vit-on mieux et le plus longtemps. 

Les gens des zones bleues ont dix fois plus de chances d’atteindre l’âge de 100 ans que ceux des États-Unis. Les raisons de cette longévité seraient une diète basée sur les plantes, un environnement où l’on peut circuler à pied, des rituels permettant de décompresser quotidiennement; comme la méditation, la prière ou la sieste et une communauté tissée serré.

L’auteur détaille longuement chaque zone bleue, le style et les conditions de vie particulières à chacune. Il donne ensuite neuf suggestions pour que l’on puisse créer notre propre zone bleue.

  1. Pratiquer une activité physique régulièrement.
  2. Avoir une raison de se lever chaque jour.
  3. Prévoir et utiliser des moments de repos pour évacuer la tension.
  4. La règle des 80% implique de ne manger que jusqu’à ce que notre estomac soit rempli à 80% de sa capacité.
  5. Tous les centenaires rencontrés durant l’étude ne mangent que très peu de viande, ou même pas du tout.
  6. Éviter les abus d’alcool, consommer un seul verre quotidiennement
  7. Donner la priorité à la famille et passer beaucoup de temps ensemble.
  8. Tous les centenaires de l’étude faisait partie d’un groupe religieux dans leur communauté et y participait de manière active.
  9. S’entourer de personnes qui partagent nos valeurs.

L’état de l’Iowa aux États-Unis a récemment fait appel à Dan Buettner et à l’équipe de Blue Zones pour l’aider à devenir l’état américain le plus en santé. L’Iowa est présentement 16e et veut être au premier rang de l’index du bien-être Gallup-Healthways, d’ici 2016. Présentement, 70% de la population de l’état a un surplus de poids ou est carrément obèse. Ce programme de cinq ans, auquel 93 villes de l’état ont auditionné, choisira dix villes de plus de 10 000 habitants ayant un certain pourcentage de citoyens prêts à signer un engagement et des dirigeants municipaux  faisant montre de leadership.

Les quatre villes choisies jusqu’à présent sont Mason City, Waterlook, Cedar Falls et Spencer. L’engagement consiste à suivre une liste de stratégies démontrées comme améliorant la santé. Cela va de l’ajout de pistes cyclables à fournir des opportunités de bénévolat, en passant par l’augmentation du prix de la malbouffe pour qu’elle devienne moins attrayante. En tout, on demande aux participants de faire une vingtaine de changements à leur environnement.

Certaines recommandations rendent les mauvaises habitudes plus difficiles à pratiquer, comme restreindre les endroits où l’on peut fumer, d’autres favorisent la pratique de meilleures habitudes de vie, comme  rendre la nourriture santé moins coûteuse et plus facilement disponible que la malbouffe dans les épiceries, les restaurants et les écoles. Il est aussi prévu de modifier le design des immeubles pour améliorer la circulation des personnes et augmenter les opportunités de socialisation.

Si ces villes implémentent toutes les recommandations et que les citoyens profitent des installations, services et avantages disponibles, l’on prévoit réduire le coût des frais de santé de 30%. Pour guider les participants vers une meilleure hygiène de vie, on leur recommande de suivre les neuf règles mentionnées ci-haut.

L’engagement requis est très détaillé et les villes participantes pourront obtenir une certification Blue Zones si elles accomplissent les responsabilités auxquelles elles se sont engagées : cela implique entre autres une participation active d’au moins 20%  de la population de la ville, de 25% des écoles publiques, des restaurants indépendants et des magasins d’alimentation, de 50% des plus gros employeurs de la communauté ainsi qu’un engagement politique actif de la ville.

Je trouve l’initiative de l’état de l’Iowa très positive et il est très encourageant de voir que 93 municipalités ont appliqué pour faire partir du projet car il est évident qu’il doit y avoir une volonté politique de changer les choses pour que cette expérience fonctionne. Les villes qui réussiront pourront se vanter d’être des endroits où il fait bon vivre et travailler, où les gens sont plus heureux et en santé et cela attirera sûrement de nouveau habitants et employeurs. J’aimerais bien habiter un endroit aussi dynamique, mais en attendant, je vais me construire une petite zone bleue personnelle.

 

Les graines d’un vieillissement en bonne santé se sèment tôt.     –   Kofi Annan 
Il faut définir le cadre d’une longévité en bonne santé. Vieillir n’est pas une maladie.    –   Etienne-Emile Baulieu

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L’artisan du futur

fabriquer objets

Un des objectifs de nos récentes vacances aux États-Unis était de trouver des chaussures pour Charmante Ado. Malgré une recherche intensive, il nous a été impossible de trouver un endroit qui avait sa pointure en stock. Cela nous a d’abord surpris, puisque l’an dernier à Chicago, nous avions vu de nombreux commerces avec des pointures allant jusqu’à 13 pour les femmes.

Après réflexion, nous sommes venus à la conclusion que ce large éventail de pointures se retrouve seulement dans les grands centres et comme nous n’avons visité que de petites villes, l’inventaire de ces commerces était plus restreint.

Nous avons toutefois acheté une imprimante high tech pour notre travail. Charmante Ado, voyant la grosseur de la bête, l’écran et les touches de contrôle,  m’a demandé si elle imprimait en 3D. Ceci, en conjonction avec notre problème de chaussures m’a fait réfléchir et j’ai fait quelques découvertes intéressantes.

L’imprimerie tridimensionnelle existe mais pas dans le format auquel pensait Charmante Ado. En fait, on parle d’imprimante mais ce serait plutôt une mini manufacture.  »Imprimer »  un objet fonctionnel en trois dimensions est maintenant possible et cela pourrait changer totalement l’industrie manufacturière dans un futur assez proche.

La technologie utilise un procédé appelé  »Additive manufacturing »  (fabrication par couches additives) qui est un processus d’assemblage de matériaux permettant de fabriquer des objets à partir des données d’un modèle 3D, créé par un logiciel, en superposant couche après couche.

Le design de l’objet désiré est dessiné à l’ordinateur puis est envoyé à l’imprimante 3D.  Celle-ci va fabriquer l’objet en déposant couche par couche les matériaux requis (plastique, nylon, acier, titane, par exemple) en de fines tranches superposées, jusqu’à ce que la pièce dessinée soit reproduite.

Traditionnellement, l’industrie fabrique des objets en coupant, taillant et perçant les matériaux pour enlever ce qui n’est pas requis. Cela génère une perte considérable de matières premières et des coûts de production élevés, qui ne peuvent être recoupés qu’en produisant un objet en masse.

Avec l’impression additive, il n’y a pas de perte et produire une seule copie n’est pas plus coûteux que d’en produire plusieurs. Il est même simple et facile de modifier légèrement le design pour obtenir un objet différent d’une fois à l’autre.

Actuellement, cette technologie permet d’imprimer entre autres, un exo-squelette pour une petite fille, des bijoux, des vêtements, des jouets, une voiture et même, une maison entière fabriquée de plastique recyclé, avec toute la plomberie, l’électricité et une fondation en béton, en 20 heures seulement.

Il est maintenant possible de fabriquer une imprimante 3D à partir d’une imprimante 3D, la machine se reproduit elle-même en quelque sorte. À Philadelphie, pour 2000$, vous pouvez participer à un atelier pour apprendre à fabriquer votre propre imprimante 3D. Après l’atelier de deux jours, vous repartez avec votre imprimante, une  MendelMax 1.5 et le logiciel MOI v2, 3D qui vous permettra de créer vos propres designs et modèles.

Il devient concevable de penser que nous pourrons un jour fabriquer nos propres objets (chaussures pour Charmante Ado!) dans le confort de notre foyer. Si cette technologie se répand, les manufacturiers cesseront probablement d’envoyer les matières premières en Chine pour les faire assembler  puisqu’ils pourront fabriquer des objets à coût modique localement.

En ce moment, les consommateurs peuvent se procurer des imprimantes tridimensionnelles qui leur permettent de créer leurs propres designs dans un format équivalent à un document sauvegardé dans l’ordinateur. Il est aussi possible de choisir un design existant à partir d’une base de données et de l’envoyer à l’imprimante. La technologie est encore récente et elle peut être difficile à maîtriser pour le commun des mortels. Le but étant d’imprimer un objet qui sera actuellement fonctionnel et résistant tout en ne demandant pas une formation d’ingénieur pour le réaliser, Adobe Systems est une des nombreuses compagnies qui travaille ainsi sur un projet pour simplifier le processus et permettre au consommateur ordinaire d’utiliser la technologie.

Il y aura plusieurs embûches à franchir, incluant les lois de propriétés intellectuelles. Je ne crois pas que Nike, Hermès ou autre compagnie, appréciera de voir le consommateur reproduire leurs produits, à moins qu’elles ne développent des revenus additionnels en vendant les schémas (blueprints) de leurs créations. Le risque serait alors que le consommateur se retrouverait à payer le fort prix, peut-être même l’équivalent du produit acheté, pour le  »plaisir » de le fabriquer lui-même, avec les risques que les garanties soient moins bonnes ou même nulles pour les produits maison.

Et-ce que les compagnies qui vendront les matières premières (cartouches de métal en poudre ou de plastique liquide par exemple) feront comme les fabricants d’imprimantes conventionnelles et vendront ce produit à des coûts tellement élevés que l’attrait pour la fabrication maison sera moindre?

Cela reste à voir, mais je trouve tout de même que c’est une innovation fascinante et que l’avenir sera très intéressant.

Toute technologie avancée est magique.    –    Arthur Charles Clarke

Figure positive

police

Un mouvement intéressant a débuté à Richmond en Colombie-Britannique et est en train de se répandre dans plusieurs autres villes.

Le Search Institute de Minneapolis a démontré avec de nombreuses éludes que le renforcement positif par des adultes en position d’autorité peut être plus efficace qu’une approche négative ou punitive.

Le détachement de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) de Richmond a fonctionné de manière traditionnelle durant de nombreuses années. Lorsque que Ward Clapham est arrivé en poste comme surintendant, le taux de criminalité montait en flèche et le taux de récidivisme chez les jeunes atteignaient les 60%.

Le jeune surintendant a décidé de défier les coutumes et les habitudes du système policier. Il avait remarqué que la plus grande partie des actions des policiers étaient de nature réactive plutôt que préventive. Il s’est alors demandé s’il ne serait pas préférable de créer un système qui encouragerait les jeunes à ne pas commettre de crime en tout premier lieu.

Les policiers ont alors tenté de surprendre les jeunes en train de faire de bonnes choses et leur ont ensuite remis une ‘’contravention positive (Positive ticket). Ce billet permettait au récipiendaire  d’aller gratuitement à une séance de cinéma ou au centre communautaire.

Le surintendant de Richmond comprenait que les jeunes se sentaient mal aimés et non respectés par les autorités policières et son but était que les policiers utilisent les contraventions positives pour briser la glace avec les jeunes. Le fait d’avoir des liens positifs avec des adultes dans la communauté les rendaient moins sujets à fréquenter des gens qui les auraient entraînés dans de mauvaises activités. Avoir des adultes dans la communauté à qui l’on veut plaire et dont on veut conserver le respect est utile pour que les jeunes développent un sens d’appartenance et d’implication.

Le renforcement des bons comportements par les policiers a permis de développer de bonnes relations avec les jeunes en soulignant les aspects positifs du système policier et en augmentant le nombre d’adultes vers qui un jeune peut se tourner en cas de besoin.

Les policiers de Richmond ont donné en moyenne 40 000 contraventions positives par année, ce qui représente trois fois le nombre de contraventions négatives pour la même période.

Ce ratio de trois pour un correspond à ce que l’on retrouve lorsqu’on étudie le rapport entre l’expression des émotions positives versus les émotions négatives. Cela se nomme la ligne de Losada. En effet, 2.9 serait le ratio minimum qui doit exister entre les items positifs et les négatifs pour qu’une équipe ait du succès.

Dans toute équipe de haute performance ou même un mariage, ce ratio grimpe à 5.1. Un mariage avec un ratio de 0.7 est pratiquement certain de finir en divorce. Le positif doit donc largement dominer le négatif pour qu’une relation ou une activité ait une chance de succès et c’est ce que le surintendant Clapham a créé dans sa communauté en modifiant la relation entre les policiers et les jeunes.

Selon le surintendant Clapham, le récidivisme chez les jeunes est passé de 60% à 8%, le taux de criminalité en général a diminué de 40% et la criminalité juvénile a diminué de moitié. Tout cela à un coût atteignant seulement un dixième de celui d’un système traditionnel.

La contravention positive est la porte d’entrée vers une relation plus positive entre les jeunes et le système policier. Cela crée un évènement positif et la prochaine fois que le jeune rencontrera ce policier, ils auront déjà une base de confiance au lieu de se méfier l’un de l’autre.

Les commerces sont heureux de l’initiative et participent en fournissant les récompenses. Le jeune reçoit ainsi un deuxième renforcement positif en allant fièrement échanger sa contravention contre la récompense.

En plus des contraventions, les policiers distribuent aussi des cartes, ressemblant à des cartes de joueurs de baseball. Chaque policier a une carte aVec sa photo, son nom, un numéro de téléphone et ses intérêts personnels, comme le ski, le parapente, les ordinateurs et la technologie, le mentorat, etc. Il y a aussi un message personnel pour les jeunes. Le surintendant Clapham affichait le message : ‘’ Tu n’as pas besoin de drogues pour tripper dans la vie’’.

Ward Clapham travaille maintenant pour la ville de Vancouver et il a aidé plus de 53 contés au Canada et aux États-Unis à mettre ce système en place. Comme il le dit si bien; ‘’Nous devons avoir un modèle pour préparer au lieu de réparer. La meilleure manière de préparer notre jeunesse pour leur avenir dans notre société est de commencer très jeune, avec du renforcement positif et en établissant de bonnes relations avec les adultes.

 

S’il n’est pas soutenu par un tuteur, le jeune arbre se courbe facilement.    –   Proverbe chinois

 

 

C’est injuste!

juste

Ce n’est pas juste! Les parents ont tous déjà entendu cette expression.  Que ce soit en rapport avec une part de gâteau plus grosse qu’une autre  ou une permission accordée à l’un et refusée à l’autre, les enfants sont prompts à déceler le moindre signe d’inégalité.

Tout ne peut pas être parfaitement équitable en tout temps. Ce qui favorise l’un, a le potentiel de causer un sentiment d’injustice chez l’autre. Ce que nous recherchons lorsque nous exigeons que les choses soient équitables peut être résumé en quelques éléments.

Nous voulons que les choses ou les situations soient semblables. Tout le monde doit faire la queue pour acheter un billet et personne n’a de passe-droit.

La notion de justice ou d’équité implique que l’on obtient ce que l’on mérite. Si nous travaillons dur, nous réussirons et nous pourrons récolter et conserver le fruit de nos labeurs. L’équité signifie que nous pouvons conserver ce que nous méritons et n’obtenons pas ce qui n’est pas mérité.

Ceux qui travaillent le plus fort, qui se donnent au maximum, qui ont plus de talent ou sont plus intelligents obtiendront plus, parce qu’ils ont ces attributs. Ceux qui sont paresseux, insouciants ou ineptes obtiendront moins. Si l’on s’en tient à une justice basée sur le mérite, cela devient un calcul rationnel et relève de la liberté individuelle de choisir à quel point l’on désire quelque chose.

La réciprocité est essentielle pour avoir une société (ou une relation) équitable. Cela signifie que nous obtiendrons une compensation pour un service, que nous retournerons une faveur et que nous nous efforcerons de faire notre juste part. Nous devons aussi respecter les droits et les intérêts des autres en ne leur faisant pas subir ce que nous ne voudrions pas endurer.

Une autre manière d’envisager la notion d’équité est du point de vue social. Ainsi, ceux qui ont davantage devraient donner un plus grand pourcentage pour aider les moins bien nantis. Le sens d’équité ici, implique que les humains ont une obligation morale envers leurs semblables et qu’on exigera une plus grande contribution de la part de celui qui possède le plus de biens. On lui demande de contribuer au bien-être des autres. L’équité est alors liée à la responsabilité et un sentiment de compassion entre en jeu pour évaluer ce qui est juste et équitable.

Il semblerait que notre sens de ce qui est juste et équitable, soit un trait de personnalité distinctif. Il y a cependant de grandes variations entre les personnes. Selon les études, environ 25% des gens sont en quelque sorte déficients lorsqu’il est question d’équité, ce qui signifie qu’ils sont centrés sur eux-mêmes, égoïstes et manquent d’empathie. De plus, certaines personnes sont totalement insensibles aux besoins et aux intérêts des autres.

La plupart d’entre nous réagirons aux demandes de faire les choses équitablement. Nous tenterons d’atteindre un équilibre entre les besoins et intérêts des autres et les nôtres. Inévitablement, un jour, une personne agira de façon extrêmement injuste à nos yeux et nous nous creuserons la cervelle pour essayer de comprendre comment les choses ont pu se passer ainsi alors que nous avions confiance en cette personne.

Il est difficile de rester serein lorsque que notre sens d’équité et de justice est bouleversé. Ce peut être par exemple, un poste obtenu par un autre, alors que nous étions certains de le mériter. Ce n’est pas nécessairement injuste si quelqu’un a obtenu quelque chose que nous désirions, même si nous pensions le mériter. Il est probable que l’autre personne a été choisie pour d’autres raisons que celles que nous considérions importantes. Il faut alors comprendre que nous n’avions aucun contrôle sur cette décision et nous rappeler que ne pas avoir été choisi n’est pas un jugement sur notre valeur en tant que personne.

Il faut aussi garder en tête que ce qui est juste n’est pas toujours ce que nous croyons l’être. Personne n’a le monopole de définir ce qui est juste ou pas, et parfois quelqu’un d’autre que nous sera favorisé selon les critères d’équité de la personne qui prend la décision.

La justice, c’est l’injustice équitablement partagée.    –   Maurice Chapelan
Une société parfaitement juste ferait le malheur des crétins. Une société injuste leur laisse au moins l’illusion qu’ils n’ont pas la place qu’ils méritent.    –   Michel Polac

Oser être différent

créativité

Lorsque l’on examine les offres d’emplois, un des critères que l’on rencontre le plus souvent est la créativité. Il semble que toutes les compagnies désirent des travailleurs créatifs alors que dans les faits, on leur demande de se conformer à des règles et à une structure la plupart du temps assez rigide.

Une étude réalisée dans les années cinquante a révélé que le désir de conformité est extrêmement puissant et que nous supprimerons notre instinct et parfois nos convictions pour nous conformer au reste du groupe.

Dans cette étude, les sujets devaient dire quelle forme était identique à une autre forme. Il y avait un seul sujet par groupe de huit personnes, les autres faisant partie de l’étude à l’insu du sujet. Ces autres personnes devaient donner des réponses manifestement fausses et l’on cherchait à savoir si le sujet serait influencé par leurs réponses. Les sujets se sont ralliés aux réponses des autres. Nous suivons le troupeau car nous ne voulons pas nous démarquer du groupe.

Au début des années 2000, un neuroscientifique de l’Université Emory, docteur Greg Berns décida de refaire cette étude en utilisant cette fois-ci  l’imagerie  par résonance magnétique (IRM). Cette fois encore, les participants se sont conformés aux réponses des autres membres du groupe.

En examinant les données de l’IRM, les chercheurs ont découvert que l’observation de l’objet que les sujets devaient évaluer activait les régions du cerveau qui traitent les informations visuelles, comme l’on s’y attendait. Toutefois, lorsque les sujets se conformaient à la réponse fausse des autres, le cortex pariétal, qui n’était que faiblement éclairé auparavant, s’allumait comme un arbre de Noël, indiquant une activité très intense.

L’explication plausible selon les chercheurs, serait que la mauvaise réponse du groupe imposerait une ‘’image virtuelle’’ dans l’esprit du sujet. En se conformant, cette fausse image prendrait le pas sur la perception réelle du sujet et l’amènerait à faire le même choix que les autres et à rejeter l’image perçue par lui-même.

Nous pensons souvent que la conformité résulte de la peur de se démarquer et d’être rejeté. Cette étude suggère que la conformité serait aussi un problème de perception; notre cerveau nous montrerait de fausses données lorsque nous commençons à craindre d’être à part des autres.

Nous sommes des êtres sociaux et en tant que tels, un certain degré de conformité peut être souhaitable pour maintenir l’harmonie du groupe, mais  au delà de cette tendance naturelle à nous conformer, comment peut-on en venir à être aussi des personnes créatives?

De nos jours, un iconoclaste est une personne qui ne s’embarrasse pas des traditions, qui réalise des choses qu’on disait irréalisables, des gens comme Walt Disney, Ray Krok, Warren Buffet ou Richard Branson. Selon ces mêmes chercheurs, ces personnes ne font pas que penser différemment, elles perçoivent les choses différemment aussi.

Dans la perception visuelle, le cerveau rejette une partie des données et assimile le reste dans des composants de plus en plus abstraits. L’expérience joue un rôle majeur dans ce processus. Le cerveau humain voit les choses de la manière qui nous est la plus familière.

Toutefois, les idées originales, les éclairs de génie, nous viennent rarement en observant un environnement qui nous est familier. Pour voir comme un iconoclaste, il faut observer des choses que nous n’avons jamais vu auparavant.

Une autre chose importante est de regarder ce qui nous est familier d’un autre angle, essayer de voir le connu comme étant quelque chose de nouveau. Ces efforts pour penser différemment stimulent la créativité et nous aideraient à surmonter notre tendance à la conformité.

La créativité permet de contrebalancer notre instinct de groupe et nous permet d’être original, différent et nous stimule davantage que la conformité. Se conformer apporte un sentiment de réconfort et d’appartenance. La créativité elle, nous amène à nous sentir plus vivants car elle apporte du nouveau dans notre quotidien.

La vérité n’est pas toujours conforme à l’opinion de la majorité.   –    Jean-Paul II 
La première qualité d’un créateur, c’est le courage. Le courage d’affronter le scepticisme, le conformisme et, finalement, la jalousie.    –   Claude Allègre