Faire face aux obstacles

difficulté
Notre cerveau aime les défis et rencontrer quelques obstacles le long de notre route contribue à nous rendre plus créatifs. Le cerveau répond mieux aux difficultés que ce que l’on croit. À l’école, les professeurs et les élèves ont tendance à croire que si un concept a été assimilé facilement, alors la leçon est un succès.

Pourtant, de nombreuses études démontrent que lorsque la matière est difficile à absorber, les élèves retiendront davantage d’informations, s’en souviendront plus longtemps et atteindront un niveau de compréhension plus approfondi.

On appelle ce concept des “difficultés désirables”. Cela représente la notion contre-intuitive que l’apprentissage devrait être rendu plus difficile, en espaçant les sessions par exemple, pour que les élèves aient à faire un effort pour se remémorer ce qu’ils ont appris durant la session précédente. Des psychologues de l’Université Princeton ont découvert que les étudiants se souvenaient mieux du matériel lu, s’il était imprimé avec une police de caractères peu attrayante.

Des chercheurs de l’Université d’Amsterdam ont récemment mené une série de tests pour analyser l’effet des obstacles sur notre processus de pensée. Dans un de ces tests, les participants devaient résoudre des puzzles d’anagrammes alors que l’on créait un obstacle à leur concentration en lisant à haute voix une série de chiffres aléatoires. Un groupe de contrôle accomplissait la même tâche sans obstacle.

Les sujets qui avaient rencontré un obstacle ont démontré une plus grande agilité cognitive et ils étaient plus susceptibles de faire des associations créatives et inhabituelles.

Les chercheurs ont aussi trouvé que lorsque les gens devaient faire face à des difficultés inattendues, ils réagissaient en augmentant leur champ de perception, en reculant mentalement pour ainsi mieux voir l’ensemble la situation. C’est un peu comme si notre route habituelle pour nous rendre au travail était bloquée et que nous ferions surgir dans notre esprit, une carte de la ville afin de modifier notre trajet.

Nous avons tendance à croire que le bonheur, c’est la liberté, mais sans obstacle à nos désirs, il est plus difficile de savoir ce que nous voulons vraiment, ou dans quelle direction aller.

Un autre obstacle au bonheur, croyons-nous généralement, est l’argent. Les gens présument que l’argent les rendra heureux. Pourtant de nombreuses études démontrent qu’au dessus d’un certain revenu, souvent fixé autour de 75 000$ dans les pays industrialisés, il n’y a pas de relation réelle entre l’argent et le bonheur.

Même si les gens plus riches peuvent se procurer plus facilement presque tout ce qu’ils désirent, ils sont tout aussi susceptibles d’être malheureux que la classe moyenne.

La facilité d’acquisition est en fait le problème. Le psychologue Robert Kenny a étudié l’état d’esprit des gens super riches. Sur 165 foyers, la plupart ayant une valeur nette de 25 millions de dollars ou plus, plusieurs des sujets étaient submergés et déconcertés par les options presque infinies qui s’offraient à eux, grâce à leur argent. Ils avaient de la difficulté à cerner ce qu’ils devaient désirer, ce qui créait une perplexité existentielle.

De notre côté de la clôture, nous pourrions bien nous dire que nous aimerions avoir ce genre de problèmes, mais il faut réaliser que le gazon n’est pas nécessairement plus vert chez le voisin. Notre société actuelle nous offre beaucoup d’occasions de rendre notre vie plus facile. Nos vies sont moins régies par les conventions sociales qu’il y a une centaine d’années. Nous pouvons nous déplacer plus facilement et plus rapidement. La vie de tous les jours est moins astreignante, grâce aux appareils et gadgets qui réduisent nos efforts et nous pouvons communiquer avec des centaines d’amis avec un clic de la souris. Les obstacles disparaissent autour de nous. Nous ne voudrions pas retourner en arrière et tout accomplir à partir de rien, comme nos prédécesseurs, mais nous devons nous rappeler que certains obstacles peuvent nous être utiles.

Parfois la voie de l’accomplissement passe par la voie de la difficulté plutôt que la voie de la facilité.

Il n’y a qu’une morale: vaincre tous les obstacles qui nous empêchent de nous surpasser. –   Louis Pauwels
J’ai peur que nous ne marchions vers une espèce de paradis à ras de terre où, nos pieds ne rencontrant plus d’obstacles, nos ailes n’auront plus d’emploi.    –   Gustave Thibon

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La connexion n’a pas pu être établie

Il y a quelques jours, un article intéressant est paru dans le Washington Post. On y discutait de l’omniprésence de la technologie dans notre société actuelle. Nous sommes rarement seuls, sans cellulaire, ordinateur portable ou tablette, avec seulement nos pensées comme compagnie.

Certains d’entre nous en viennent à regretter ce manque de solitude. Nous vérifions nos courriels, nos messages textes et notre statut sur les réseaux sociaux, de façon presque constante: au lit, au travail, en voiture, ou au restaurant.

Nous nous sentons obligés de répondre à ces communications et nous sommes aussi fascinés par toute cette connectivité, à un point approchant parfois l’obsession. Nous ne savons plus comment être seuls et nous craignons de souffrir de la solitude.

Certaines personnes commencent à ressentir le besoin de se déconnecter et de se libérer de toute cette technologie si accaparante. Une organisation recommande même de se déconnecter une journée par semaine et d’expérimenter la solitude, ou alors, de passer du temps avec des amis ou de la famille.

Chez les employeurs, la compagnie Volkswagen coupe le service de courriel mobile de ses employés, trente minutes après la fin de leur quart de travail et le remet en fonction, trente minutes avant que leur prochain quart commence. Ce souci de trouver un équilibre travail-famille, permet aux employés de ne pas être dérangés à l’extérieur de leur travail.

Google, Nike et le Huffington Post, entre autres, fournissent des espaces aux employés pour faire une sieste ou méditer. Les employés qui prennent du temps pour être seuls, ressentiraient un regain d’énergie et seraient plus productifs.

L’impression de solitude provient souvent d’un sentiment d’être ignoré par les autres. Faire le choix d’être seul pour un moment ou quelques heures, est l’opposé de la solitude.

Durant mon enfance, les choses étaient plus simples. Les magasins étaient fermés le dimanche et les téléphones n’étaient pas mobiles. Les gens n’étaient pas accaparés par des appareils électroniques et étaient moins isolés par la technologie. Nous ne retournerons pas en arrière, d’autant plus que cette technologie a aussi de nombreux usages et effets positifs. Nous pouvons par contre, essayer de minimiser l’emprise de ces instruments sur note vie.

Pour aider les gens à se déconnecter un jour par semaine, l’organisation Reboot envoie à ses membres, un courriel chaque vendredi après-midi, dans lequel on suggère des sorties locales, des conférences, des sujets de conversation ou des activités créatives à faire durant la période sans technologie.

J’ose espérer que je n’aurais pas besoin d’une telle liste pour m’occuper si je prenais une journée déconnectée. Ces deux derniers jours, j’ai travaillé plus de 24 heures sur mon ordinateur, à réorganiser deux sites Web. Dans la soirée d’hier, j’étais bien contente de m’éloigner de mon bureau pour aller voir ma fille jouer une partie de basketball.

Sortir sans son téléphone cellulaire est étrangement libérateur. Après un bref moment d’angoisse de ‘’manquer’’ quelque chose, nous ressentons un sentiment de soulagement de ne plus être disponible pour tous et en tout temps. Cela nous laisse du temps pour penser, sans être constamment interrompu par un appel ou un message.

Nous nous sommes habitués à des réponses instantanées depuis que nous sommes connectés en permanence. Certaines personnes, amis ou patrons par exemple, sont vexées lorsque nous ne leur répondons pas dans les quelques minutes qui suivent leur message.

Plus l’on se rend disponible, plus les gens s’attendront à notre attention immédiate et plus ils nous solliciteront pour des choses triviales, qui auraient très bien pu attendre.

Mieux vaut développer la réputation d’une personne qui répond dans des délais raisonnables, que de créer de grandes attentes en répondant toujours dans la minute qui suit. Cela deviendrait rapidement un esclavage et il faut savoir fixer des limites à notre disponibilité.

Si on en croit Twitter et Facebook, les autres sont constamment en train de faire et de vivre des choses merveilleuses et extraordinaires. Profitons de nos bons moments sans nécessairement les diffuser à la Terre entière.

La solitude est une tempête de silence qui arrache toutes nos branches mortes.   –   Khalil Gibran 

Le changement amusant

piano stairs

Il est difficile de changer les habitudes des gens. Je viens de tomber sur une expérience qui date de 2009 mais dont je n’avais pas eu connaissance à ce moment-là.

Lorsque nous avons le choix entre l’escalier roulant ou les escaliers dans notre vie quotidienne, dans le métro par exemple, ou un centre commercial, nous prenons souvent la voie de la facilité et suivons le troupeau dans l’escalier roulant.

La compagnie Volkswagen a trouvé un moyen amusant d’encourager les gens à faire de l’exercice. À Stockholm en Suède, une équipe de travailleurs  a transformé en une nuit, l’escalier menant vers la sortie de la station Odenplan, en un gigantesque clavier de piano. Chaque pression sur une marche jouait une note de musique.

Les usagers ont rapidement opté pour cet escalier étrange et se sont amusés à jouer des petites pièces musicales de leur crû sur les marches, en montant ou descendant les marches.

Les gens ont choisi l’escalier plutôt que l‘escalier roulant dans une proportion de 66 pourcent plus souvent que la normale habituelle.

On peut ainsi initier un changement positif en l’associant avec quelque chose d’amusant. Volkswagen a appelé l’initiative la ‘’Fun Theory’’ et a même créé un site Web où l’on retrouve d’autres incitatifs amusants à changer son comportement.

Trois éléments importants étaient présents dans l’expérience de l’escalier musical. Ces éléments ont permis que cette expérience soit un succès. D’abord, des marches qui font de la musique, c’est amusant et cela devient beaucoup plus intéressant que de prendre un escalier roulant.

Il y avait aussi l’élément de surprise. Les gens aiment les surprises en autant qu’elles soient agréables ou amusantes. La surprise captive notre intérêt et notre attention. Les choses imprévisibles laissent présager une possible récompense ou un résultat amusant.

Le dernier élément était que l’escalier se trouvait dans un endroit public très fréquenté. La validation sociale est très importante pour l‘humain. Les gens sont influencés par les comportements des autres. Lorsqu’ils voient plusieurs personnes faire une chose, ils auront tendance à les joindre.

Les autres incitatifs que j’ai retrouvé sur le site The Fun Theory, comprenaient une poubelle qui faisait un bruit de longue chute lorsqu’on y jetait quelque chose, comme si elle était très profonde. Cela a tellement amusé les passants que plusieurs se sont mis à amasser les déchets par terre pour les mettre à la poubelle et ainsi entendre le bruit En une seule journée, cette poubelle a amassé 72 kilos de déchets alors qu’un poubelle voisine normale ne contenait que 31 kilos de détritus.

Une autre expérience a eu lieu avec une machine où l’on insère les bouteilles recyclables. Elle a été transformée en arcade, avec des lumières et des bruits amusants. En une seule soirée. Cette machine a été utilisée par près de 100 personnes alors qu’une machine conventionnelle dans le secteur, n’a été utilisée que deux fois.

Je ne sais pas si ces expériences ont été poursuivies ou si elles n’étaient qu’une campagne publicitaire particulièrement réussie par Volkswagen, mais je trouve le concept très intéressant. Est-ce que des incitatifs semblables encourageraient les gens à adopter des comportements plus responsables pour leur santé et l’environnement? Est-ce que les gens cesseraient de les utiliser une fois l’effet de nouveauté et de surprise passé?

Pourquoi ne pas rendre amusant les choses que nous voudrions convaincre les autres de faire? Après tout, c’est une technique que tout parent applique instinctivement avec son enfant. Il semble que les adultes y soient aussi sensibles.

Commencez par changer en vous ce que vous voulez changer autour de vous.   –   Gandhi
Vous devez être le changement que vous voulez voir dans ce monde.   –   Gandhi

Mémoire disparue

ère digitale

Nous sommes devenus une  société informatisée, où une grande partie de nos données, photos, textes, musique, courrier, dessins, et,c sont entreposés sur des supports numériques. Qui imprime encore ses photos? La plupart d’entre nous, nous contentons de les classer dans notre ordinateur ou nous les plaçons en ligne sur des sites tels que Facebook, Picasa ou Pinterest. Nos souvenirs en entier se retrouvent dans nos ordinateurs.

La technologie change rapidement. Tout évolue à une vitesse très rapide. J’ai connu les tourne-disques et j’ai même un gramophone fonctionnel chez moi. J’ai encore toute une série de cassettes VHS, neuves, de la série télévisée Twilight Zone. Heureusement, j’ai aussi un lecteur VHS qui est encore fonctionnel. Chaque fois que je me dis que je devrais les transférer vers le support numérique du moment, un nouveau type de support arrive sur le marché. Je reste donc avec mes vénérables cassettes VHS. De plus, elles ne valent presque rien de nos jours, on peut acheter la même série en DVD  pour une fraction du prix que j’ai payé pour l’ensemble.

Est-ce que les anciens ont décrié le papyrus et le parchemin quand ces nouveaux produits ont remplacé la tablette de pierre comme support d’écriture? Probablement qu’ils ont dénigré le peu de durabilité de ce support et prédit que cette lubie ne durerait pas.

Et si le numérique nous laissait tomber? Que ce soit une tempête électromagnétique ou autre catastrophe naturelle ou causée par l’homme, il y a toujours le risque qu’un jour, nous voyions les souvenirs de toute une vie se volatiliser. Saurons-nous préserver toutes les informations contenues numériquement?  C’est certain que si une telle catastrophe se produisait, nous aurions des problèmes plus pressants que de nous soucier de préserver nos photos et nos chansons.

Ci-dessous, vous trouverez un court film de trois minutes réalisé par François Ferracci qui résume bien l’ère numérique et l’importance grandissante des médias sociaux.

Lost Memories, en français avec sous-titres anglais, se déroule à Paris en 2020. La ville, et on suppose, le monde entier, est saturé d’hologrammes, et les médias sociaux semblent être devenus une obsession pour certains.

On voit un jeune couple d’amoureux devant la tour Eiffel, passant un moment romantique. L’homme n’est pourtant pas tout à fait présent pour sa compagne, car, tout en l’embrassant, il prend des photos d’eux deux sans arrêt et les affiche immédiatement en ligne. Les effets sociaux sont excellents et sont utilisés pour souligner la froideur métallique du numérique.

À un moment donné, la compagne négligée sort un appareil photo Polaroïd et prend son copain en photo. Elle lui tend l’image et s’en va. On voit ensuite tous les hologrammes disparaître et le tout ce qui est numérique devenir inerte et inutile.

Lorsque la fille tend la photo à son ami, on ne voit pas les gratte-ciels en arrière-plan sur l’image, alors qu’ils sont bien visibles derrière lui en réalité.

En entrevue, l’auteur du film, un Français habitant maintenant Toronto, mentionne qu’il a voulu faire réfléchir les gens sur ce qui resterait de nos souvenirs si un jour tout ce qui est numérique disparaissait ou devenait inutilisable.

Peut-être qu’aucune catastrophe ne viendra freiner la croissance numérique. Nous pouvons toutefois nous arrêter pour réfléchir à la place que l’on accorde aux médias sociaux et l’importance de plus en plus grande de l’instantané au dépens de l’intimité.

La révolution numérique est beaucoup plus significative que l’invention de l’écriture ou même de l’imprimerie.   –   Douglas Engelbart 

Vous êtes ici

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Grandir, c’est se réconcilier avec la notion que la Terre ne tourne pas autour de nous. Un très bel essai publié il y a quelques jours dans le New York Times, On Being Nothing, mérite d’être lu, si vous êtes confortables avec l’anglais.

À chaque étape de notre vie, nous désirons être remarqué et voir notre importance confirmée par les autres. Les bébés ont autant besoin d’affection que de lait. Les enfants qui joue ne veulent pas de notre participation directe mais désirent plus que tout être regardé : Regarde maman, ce que je peux faire!

Les adolescents dont le désir principal est d’être populaire ou ‘’comme les autres’’, ne regardent pas les autres de leurs propres yeux; ils essaient plutôt de deviner comment les yeux des autres les voient.

Lorsqu’ on vieillit ou qu’on se rapproche de la mort, nous nous inquiétons de laisser notre marque, nous voulons que les autres se souviennent de nous, de notre existence.

Les gens des petites villes racontent souvent qu’ils les ont quittées parce qu’ils se sentaient étouffés par le regard des autres et leurs jugements.  Certains au contraire, se rappellent avec plaisir la reconnaissance et le sentiment d’appartenance que leur apportait cette petite communauté.

Il y a un conflit intérieur qui fait rage en chacun de nous. Nous voudrions être à la fois autonome et indépendant, mais aussi faire partie ou appartenir à quelque chose.

Il y a toujours un moment dans notre vie où nous réalisons que nous sommes une toute petite partie d’un immense puzzle. Cela survient souvent lorsque l’on change de milieu de vie; en arrivant à l’université dans une ville étrangère, en déménageant dans une grande ville, ou en émigrant dans un autre pays.

Le besoin d’être reconnu et remarqué est probablement plus fort et plus apparent chez un extraverti que pour une personne introvertie, mais, à moins d’être un ermite ou un misanthrope, nous avons tous besoin d’une certaine validation.

Les introvertis la trouveront auprès de leur famille et leurs amis proches. Les extravertis auront besoin d’un regard provenant d’une source plus publique et ratissant plus large.

Comme je le disais au début, la maturité vient en partie de la réalisation que notre petite personne n’est qu’une parcelle d’un tout immense, et qu’il y a tout un monde qui n’a, et n’aura jamais conscience de notre existence.

Cela me rappelle un incident avec Charmante Ado alors qu’elle avait environ deux ans. Nous avions passé un bon moment au terrain de jeux et il était temps de partir. Après plusieurs encouragements de notre part à nous suivre jusqu’à la voiture, elle refusait toujours de quitter les lieux. Nous avons finalement dû la prendre dans nos bras et l’amener à la voiture. En l’attachant dans son siège, je lui expliquais qu’on ne pouvait pas toujours faire  tout ce qu’elle voulait, que parfois papa et maman avaient d’autres choses tout aussi importantes à faire.

Elle a réagi fortement à la mention que nous ne pouvions pas toujours faire ce qu’elle voulait. Elle a lancé dans un élan de désespoir, en pleurant à chaudes larmes : Pourquoi, pourquoi? Moi veux!!

Je crois, qu’à ce moment là, elle a ressenti un choc en réalisant, de façon confuse à cet âge bien sûr, que la Terre ne tournait pas autour d’elle.

Il y a quelques années, un dessin humoristique du magazine New Yorker montrait un homme accoudé à un bar qui disait au barman : Je sais que je ne suis rien, mais je suis tout ce que j’arrive à  penser.

En vieillissant, nous avons généralement moins besoin de ce regard externe pour nous donner une valeur à nos propres yeux, nous apprenons à relativiser les choses qui ne méritent pas qu’on s’y attarde et à attacher de l’importance aux choses vraiment importantes selon nos valeurs.

Nous pouvons  nous concentrer sur notre propre contribution à ce monde et nous contenter de la satisfaction d’avoir vécu une existence en accord avec nos valeurs. Nous pouvons aussi reconnaître que ce besoin d’exister dans l’œil de l’autre est, quoiqu’à un degré variable, quelque chose d’universel, et nous efforcer d’accorder cette reconnaissance aux autres. Un regard, un petit geste, une attention, peuvent réconforter une personne qui passe un mauvais moment, ou tout simplement illuminer la journée d’une personne qui se sent invisible.

 

Ce n’est pas le bol de soupe ou le morceau de pain qui garde les gens en vie. C’est de savoir que quelqu’un pense à eux et se soucie d’eux.    –   Mère Teresa
Nous ne saurons jamais tout le bien qu’un simple sourire peut être capable de faire.   –   Mère Teresa