Prévoir pour éviter les déboires

récupérer

Je me targue d’être une personne efficace et organisée. Aujourd’hui toute cette organisation s’est révélée insuffisante lorsque le serveur qui héberge mes cinq sites Web a failli à la tâche.

Ce matin, comme à l’habitude, je suis allée vérifier si mon article quotidien avait bien été publié sur Opus Secret. Depuis un mois, j’ai pris l’habitude de planifier la publication des articles à une heure fixe. J’avais d’abord choisi six heures du matin, mais Tendre Moitié m’a fait remarqué que mes lecteurs européens devaient patienter jusqu’à midi (à leur heure), avant de pouvoir lire mon article du jour. J’ai donc récemment modifié l’heure de publication pour une heure du matin, ce qui donne sept heures en France et Belgique.

Donc, ce matin, je me connecte et TOUS mes sites ont disparu. Branle-bas de combat, je communique avec Bluehost la compagnie qui héberge mes sites. On me promet de régler cela rapidement, mais on ne peut pas me dire quelle est la nature du problème.

Je patiente tant que je peux, mais rien ne se passe. Je commence à penser qu’Opus Secret est peut-être perdu à jamais, car contrairement à mes autres sites, je ne fais pas de sauvegarde régulière. Si Bluehost ne récupère pas mes articles, je suis perdue. J’ai 296 articles en ligne sur Opus Secret, j’approche tranquillement de mon objectif d’écrire un article par jour pendant un an. Une insouciance de ma part va peut-être ruiner tout mon projet!

Bon, comme vous lisez cet article présentement, il n’y a pas grand suspense et vous savez que j’ai récupéré mon site. Cela ne s’est pas fait sans heurt, cependant. Huit heures après mon appel, Bluehost a finalement remis tous mes sites en ligne. Malheureusement, Opus Secret a perdu les deux derniers articles publiés. Il n’y en a plus aucune trace et, dois-je le mentionner encore, j’ai été assez idiote pour ne pas faire de sauvegarde régulière.

Nouvel appel à Bluehost, ou l’on m’offre de faire une restauration à un point précis, soit juste après la publication du 296e article. Malheureusement, cela n’a rien donné et les deux articles sont demeurés introuvables.

J’ai donc passé la soirée à les réécrire de mémoire, en m’aidant de quelques notes et d’un brouillon que j’ai retrouvé dans la corbeille de mon ordi. Vous pouvez les relire, ils sont probablement légèrement différents des originaux, mais l’essence des articles s’y retrouve.

J’écris toujours mes articles dans Word avant de les transférer dans WordPress pour les mettre en forme, ajouter une photo, un titre et des citations. Ensuite, j’avais l’habitude de supprimer le texte dans Word pour ne pas encombrer mon ordi.

À partir d’aujourd’hui, chaque article complet sera sauvegardé dans Word et je vais programmer une sauvegarde complète de Opus Secret une fois par jour. Je ne comprends pas pourquoi j’ai omis de le faire, pour ce site seulement, peut-être parce qu’il est personnel alors que les quatre autres sont des sites pour le travail.

Ce n’est pas très logique de ma part car les quatre sites sont en fait deux sites différents, écrits chacun en anglais et en français. Il y a donc très peu de risques que je perde des données car si un site français disparaît, j’aurai accès au site correspondant en anglais pour recréer le site disparu.

J’ai des sauvegardes programmées pour ces quatre sites, mais jusqu’à aujourd’hui, je n’en avais pas pour le seul site non traduit. C’est une petite leçon d’humilité pour une personne minutieuse et organisée. On a tous des moments moins étincelants et aujourd’hui, c’était à mon tour.

Heureusement, je m’en sors bien, mais j’ai été chanceuse de ne perdre que les deux derniers articles. Ils étaient encore frais dans ma mémoire mais si cela avait été plus, je ne crois pas que j’aurais su tout refaire.

Finalement, si on examine le service à la clientèle de Bluehost, la compagnie qui héberge le serveur, je ne suis pas impressionnée. Il n’y a eu aucune explication ou excuse. Ils ne semblaient pas préoccupés d’avoir fait disparaître deux de mes articles, si ce n’est de m’offrir d’acheter le service Pro qui me permettrait de faire les restaurations moi-même au lieu de passer par eux. Comme la fameuse restauration n’a pas fonctionnée, je ne me bousculerai pas pour adhérer a ce ‘’service’’.

Il est indispensable de prévoir pour prévenir; mais prévoir n’est pas toujours prévenir.
– Charles Dollfus
La plus grande prévoyance est d’avoir des heures destinées à prévoir les choses.
– Baltasar Gracián y Morales

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L’art de ne rien faire

ne rien faire

Il est très difficile de ne rien faire. Tendre Moitié se moque gentiment de moi, car même si je m’efforce de relaxer, mon esprit tourne sans cesse à organiser la prochaine chose à faire.

En passant tout notre temps à courir d’une tâche à l’autre, nous  en venons à avoir de la difficulté à tolérer même les courtes périodes d’inactivité. Les loisirs eux-mêmes deviennent une suite d’activités programmées que nous nous efforçons de compléter pour pouvoir les cocher sur note liste.

Note vie finit par se résumer en une liste sans fin de choses à faire. Nous avons l’air très occupés, mais en fait, nous nous sentons fatigués et pas vraiment heureux.

Il y a un certain contexte culturel qui nous suggère de ne jamais être oisif, de toujours avoir des buts et des projets, ou à tout le moins, de se tenir occupé. En contraste, d’autres cultures, en Afrique par exemple, ne partagent pas notre opinion sur la noblesse, l’utilité ou la pertinence de passer tout son temps à courir sans cesse d’une tâche à l’autre. Au Kenya, on se moque des étrangers qui sont sans cesse en mouvement, en riant gentiment et en les appelant des ‘’ Mzungu’’, ce qui veut dire littéralement ‘’Celui qui tourne en rond’’.

La tentation est forte de toujours meubler chaque minute disponible et de ne jamais laisser de temps libre à notre horaire. Notre agenda finit par ressembler au jeu Tetris, avec très peu de marge de manoeuvre ou de moments pour refaire surface et respirer.

Notre culture encourage la productivité, ce qui pourrait nous porter à penser que cette course constante est une bonne chose. Je crois pourtant que je devrais m’efforcer d’en faire moins, même si cette option n’est pas très populaire.

Je crois par exemple, qu’il serait bon d’insérer une pause entre l’achèvement d’une tâche et le début d’une autre. Notre entourage (enfants, conjoint, collègues de travail) apprécieront sûrement de voir que nous avons planifié suffisamment de temps pour faire une transition en douceur d’une activité à l’autre.

Pensons seulement aux occasions où nous avons dit à quelqu’un : ‘’Je suis à toi dans deux minutes mais j’ai seulement dix minutes à te consacrer car j’ai un autre rendez-vous (ou tâche à compléter)’’. La personne  qui est prise en sandwich entre deux tâches, n’apprécie pas vraiment note horaire super chargé.  Elle préférerait certainement qu’on ait un peu plus de temps à lui consacrer, tout en étant présent mentalement, et non pas en train de planifier notre prochaine activité.

La course effrénée devrait être une exception, quelque chose qui n’arrive pas tous les jours, sinon, il faut réviser notre horaire et nous demander si nous ne nous en mettons pas trop sur les épaules,

En allouant une certaine marge de temps pour les impondérables, cela diminue le stress relié au trafic, aux réunions qui s’étirent plus longtemps que prévu et nous nous sentirons moins hors d’haleine. Si tout fonctionne parfaitement par miracle, cela nous fera de beaux moments pour prendre une pause et respirer.

Il peut être très difficile de regarder son horaire et de résister à la tentation de remplir tout les moments libres. On se convainc facilement que nous serons capables de caser juste un rendez-vous ou une tâche supplémentaire, pour faire plaisir à quelqu’un. Le résultat final bien souvent, sera que nous ne plairons à personne car nous serons trop à la course et les gens se sentiront bousculés.

Je vais donc m’efforcer de me garder des moments sans rien faire, que je ne tenterai pas d’occuper à quoi que ce soit. Cela a l’air facile, dit comme cela, mais je trouve que c’est tout un défi pour une personne super organisée et disciplinée. Nous avons tous besoin de relaxer et de ne rien faire à l’occasion, C’est un art qui se perd.

 Tout est utile même ne rien faire.   –   Marie-Claire Blais 
Immobile, assis sans rien faire, le printemps vient, l’herbe pousse.    –  Proverbe chinois

La résistance est futile

résister

Je rédige des listes. Je suis même très bonne pour déterminer les priorités, évaluer le temps requis pour chaque tâche et en général, cette planification me réussit assez bien.

Il y a pourtant quelques items qui sont sans cesse repoussés pour une raison ou une autre. Mark Foster, dans son livre  Get Everything Done and Still Have Time to Play appelle ce phénomène la résistance.

La résistance, c’est ce qu’on ressent lorsque l’on pense à une tâche difficile, ennuyeuse ou stressante; nous cherchons naturellement à l’éviter ou à la rapporter le plus loin possible en faisant quelque chose d’autre de plus facile. La résistance survient aussi lorsque nous avons des obligations à remplir, comme écrire un article, ou rédiger un mémo, un bulletin ou toute autre tâche qui  a une échéance précise.

Elle peut aussi nous pousser à reporter sans cesse un objectif ou un projet parce que nous n’arrivons pas à compléter le premier pas vers cet objectif, comme travailler sur son curriculum vitae pour éventuellement trouver un autre emploi ou acheter des chaussures de sport adéquates pour pouvoir s’entraîner.

Il y a également les tâches plus ardues émotionnellement ou physiquement, comme rappeler un client mécontent et désagréable, tenter de rejoindre le service à la clientèle d’une compagnie pour faire une plainte, ou prendre un rendez-vous médical pour un examen ou une consultation que l’on craint.

Il est très tentant de laisser la résistance diriger nos décisions mais à court terme, nous aurons constamment l’impression de vivre chaque jour comme une lutte ardue. Nous allons décider de reporter certaines tâches et accomplir d’abord celles qui sont plus faciles et souvent moins importantes. Notre niveau d’énergie baissant à mesure que la journée avance, nous trouverons de plus en plus difficile d’envisager les tâches repoussées, ce qui nous mènera à les mettre à l’horaire du lendemain. Il y a de grandes chances que nous fassions le même cheminement le jour suivant.

À long terme, cette stratégie nous empêchera d’atteindre nos buts. À peu près tout ce qui vaut la peine d’être accompli implique quelques moments de résistance. Écrire un roman, courir un marathon, perdre du poids, apprendre le piano, réussir en affaires; tout cela ne pourra pas arriver si on laisse la résistance gagner chaque bataille.

Si l’on considère la résistance comme une tentative de notre esprit à remettre l’effort à plus tard, cela nous donne un signe que cette tâche devrait être accomplie en premier.

Lorsque nous n’avons vraiment pas envie de faire cet appel difficile, le faire au tout début de notre journée est probablement l’idéal. Une fois que la tâche à laquelle nous résistions a été complétée, cela libère notre esprit. En laissant la résistance gagner, nous aurons toujours en tête que cette tâche désagréable reste à faire. À la longue, un sentiment d’échec ou de défaitisme nous envahit face à cette tâche.

En complétant ce à quoi notre esprit tente de résister, nous saurons un sentiment de satisfaction et d’accomplissement dès le début de la journée et le reste nous semblera plus facile en comparaison.

Parfois nous faisons montre de résistance face à des tâches simples ou même insignifiantes, mais qui doivent être faites. Depuis le début de l’été, j’avais deux tâches que je rapportais constamment au lendemain sans raison apparente. La première consistait à appeler le service à la clientèle pour qu’on vienne changer une pièce de la cuisinière. Cette pièce cassée n’empêchait aucunement le fonctionnement de l’appareil, alors je ne prenais tout simplement pas le temps de discuter avec un département de service à la clientèle qui a souvent le don de m’exaspérer. Pourtant, la garantie vient à échéance dans quelques mois et après cette échéance, le remplacement de cette pièce aurait été à mes frais. Même si le problème n’est qu’esthétique, cela valait la peine de faire l’effort.

Une autre tâche que j’ai reportée tout l’été fût de commander un uniforme de basketball sur mesure pour Charmante Ado. Il est incroyablement difficile de rejoindre la personne responsable et depuis mai, je n’ai eu que des échanges de courriel avec cette personne. Je devais lui téléphoner, mais seulement à une certaine heure. J’ai passé une bonne partie de l’été à reporter cet appel. Au fil du temps, je me disais que c’était pour le mieux, car Charmante Ado a encore grandi en trois mois, mais la saison de basketball approche et son uniforme de l’an dernier est trop petit

Pourquoi ais-je résisté plusieurs mois à faire ces tâches plutôt simples pour ne pas dire faciles? Aucune idée. Je vois bien que j’ai fait montre de résistance mais à l’analyse, il n’y avait rien de bien compliqué à cela. C’est souvent ce qui arrive une fois la tâche complétée, on réalise que cela ne valait vraiment pas la peine de reporter l’exécution et que cela s’est très bien passé.

J’ai finalement rayé la cuisinière de ma liste. Le réparateur est venu la semaine dernière et a changé la pièce, sans frais et sans douleur. Pour ce qui est de l’uniforme, après avoir repris contact par courriel, j’ai obtenu une nouvelle date et heure pour contacter le responsable. Lorsque j’ai fait l’appel, j’ai obtenu une boîte vocale où j’ai laissé un message. J’ai par la suite reçu un autre courriel m’expliquant qu’il avait dû s’absenter pour cause de décès dans sa famille et que je devrais rappeler. Je ne comprends tout simplement pas pourquoi cette personne ne peut pas m’appeler elle-même lorsqu’elle est disponible afin que je puisse lui donner les mesures ou même les lui envoyer par courriel, mais enfin, cela a l’air très compliqué comme procédure. Quand je pose des questions par courriel, il me dit de lui téléphoner! Je ressens une certaine résistance de la part de cette personne vu que ma demande doit être plutôt inhabituelle, les équipes de sport ayant l’habitude de commander en groupe des uniformes aux grandeurs standards. La résistance au carré est plus difficile à vaincre! Plus qu’un mois avant le début de la saison de basketball, je n’aurais pas dû repousser sans cesse cet appel car nous risquons de manquer de temps.

On peut résister à de minuscules tâches comme à des choses plus vitales. Le résultat sera le même, nous finirons par manque de temps ou de moyens pour atteindre notre but. Si l’on décide de consacrer dix minutes dès le début de notre journée à quelque chose que nous ne voulons pas faire, nous arriverons à briser notre résistance ou à tout le moins commencer à accomplir la tâche.

Je crois que je devrai prendre l’habitude de ne pas commencer par les tâches faciles sur ma liste, mais plutôt par celles qui me rebutent le plus. Qu’elles soient grandes ou petites, ces tâches non accomplies rongent mon esprit en étant toujours en arrière pensée. Mieux vaut s’en libérer en les expédiant le plus tôt possible.

Charmante Ado a une manie commune à bien des gens; elle mange ce qu’elle préfère en premier dans son assiette. Elle se retrouve ensuite avec un aliment qu’elle n’apprécie pas, isolé dans toute sa splendeur et qui semble encore moins appétissant. C’est un peu ce que nous faisons lorsque nous faisons les choses faciles en premier.

La victoire aime l’effort.   –   Catulle
L’esprit commande le corps et le corps obéit. L’esprit se commande à lui-même et trouve de la résistance.    –   Saint Augustin

Prévoir l’imprévu

planification

Examinons aujourd’hui comment nous gérons la planification. Nous sommes souvent incroyablement optimistes lorsque nous tentons d’estimer et de planifier une tâche. Nous extrapolons à partir d’une tendance que nous croyons percevoir. Nous tirons des conclusions à partir d’une sélection d’exemples tellement restreinte qu’on ne peut logiquement en tirer une conclusion pertinente ou représentative. Nous sous-estimons régulièrement l’effort requis pour compléter une tâche complexe.

De plus, dans certaines situations, nous sommes sujets à nous tromper magistralement lorsque nous tentons d’estimer le taux de probabilité qu’un événement particulier se produise.

Des études ont démontré que nous allons sous-estimer la probabilité que des événements pourtant plausibles surviennent. Nous allons d’autre part surestimer la probabilité d’un événement ou résultat qui n’a pourtant que très peu de chances de se produire.

On dit souvent que les optimistes sont ceux qui accomplissent les choses dans la vie. Il y a pourtant un problème lorsque cet optimisme nous amène à ne pas évaluer les choses objectivement.

Une étude réalisée en 2000, a demandé à ses participants de faire une prédiction sur la durée d’un projet ou d’une tâche, en envisageant le meilleur scénario possible, sans aucune embûche pour ralentir la progression. On leur a ensuite demandé de prévoir la durée réaliste et raisonnable de ce même projet. Étonnamment, les sujets ont donné deux prévisions identiques.

Lorsque l’on demande aux gens d’envisager un scénario réaliste, ils prédisent que tout se déroulera exactement comme prévu, sans retard imprévu et sans catastrophe imprévisible.

Pourtant, en réalité, le déroulement et les résultats sont rarement aussi facile que ce que l’on prévoit.

Pour éviter cette tendance à ne pas prévoir les obstacles et à être trop confiants dans nos prévisions, il faut s’efforcer d’examiner la chose d’un point de vue extérieur plutôt qu’intérieur.

Lorsque nous faisons une prévision, nous pensons aux particularités de la tâche à accomplir et nous construisons un scénario du déroulement du processus pour compléter le travail. Ceci est ce que nous appelons la planification, mais c’est aussi notre vision interne du processus. Cela ne tient pas compte des délais imprévus ni des problèmes susceptibles d’enrouer le mécanisme. Nous tenons rarement compte de la Loi de Murphy (Si une chose peut mal tourner, elle va infailliblement mal tourner).

Si l’on examine un projet ou une tâche de l’extérieur, nous évitons alors délibérément de considérer les particularités et les étapes du projet, pour nous concentrer uniquement sur le temps que des projets ou tâches globalement similaires ont pris pour être complétés dans le passé.

Cela peut être difficile à faire car nous préférons instinctivement la vision interne qui contient beaucoup plus de détails et nous croyons à tort que nous ferons une meilleure estimations de la durée en tenant compte de tous les données.

Ce n’est pourtant pas le cas. Pensons aux estimés que nous donnent les entrepreneurs pour des travaux de rénovation. Ils détaillent toutes les tâches en y indiquant le temps requis pour arriver à un chiffre puis il citent les complications inattendues lorsqu’inévitablement les travaux se retrouvent hors délais.

Les résultats passés sont beaucoup plus pertinents car ils sont basés sur la réalité, avec tous les problèmes qui ont vraiment influencés les résultats. Si on constate que lors des dix occasions précédentes, la tâche a été complétée en dix jours, il est irréaliste de croire que cette fois-ci nous allons la terminer en deux jours. Cela relèverait de la pensée magique.

Un autre élément découvert lors des études a été que les gens qui ne font pas partie du projet ou n’ont pas à compléter la tâche seront beaucoup plus corrects et précis dans leur estimation de la durée que les planificateurs qui connaissent tous les détails.

Donc, si nous avons à prédire la durée d’une tâche ou d’un projet, mieux vaut demander à ceux qui ont complétés des choses similaires ou regarder objectivement notre performance passée dans le même domaine.

Nous allons probablement arriver à une réponse qui nous semblera beaucoup trop longue et nous penserons inévitablement que les circonstances particulières de notre tâche amèneront une échéance tout à fait différente. Pourtant, réalistement et statistiquement, cette réponse est la plus plausible.

Personnellement, je ne suis pas de nature optimiste dans mes prévisions en général. J’ai tendance à allouer beaucoup de temps pour les imprévus et je considère toujours mes résultats passés pour prévoir mes performances futures.

Par contre, Tendre Moitié étant un optimiste incurable, est tout mon contraire. Il donne des estimations que je considère tout à fait farfelues et se rabat sur la fatalité des impondérables lorsque quelque chose survient.

Dans sa planification, il prévoit le plus souvent que tout ira super bien. Il ne s’alloue donc que rarement une marge de manoeuvre, ce qui l’amène à courir à la dernière minute lorsque le processus connaît des ratés.

Nous avons souvent des discussions à ce sujet car nos styles sont diamétralement opposés. À son honneur, il écoute et comprend mes observations et tente d’harmoniser nos visions, car cela est essentiel lorsque deux personnes travaillent ensemble comme nous le faisons.

Je ne veux pas briser non plus ce qui fait son charme, à savoir sa spontanéité, sa créativité et son optimisme, car ce sont des ingrédients de sa personnalité qui m’ont attirée à premier abord. J’ajoute donc mentalement un certaine marge d’erreur aux prévisions trop optimistes de ma Tendre Moitié et nous ne nous en portons pas plus mal.

 

Prévoir consiste à projeter dans l’avenir ce qu’on a perçu dans le passé.   –   Henri Bergson
L’habituel défaut de l’homme est de ne pas prévoir l’orage par beau temps.    –   Nicolas Machiavel

Dans l’ordre et le désordre

organsiation

On me considère comme une personne très organisée. J’ai une excellente mémoire et je procède logiquement et rationnellement lorsque je mets de l’ordre ou quand je planifie un espace.

Tendre Moitié est disons, l’opposé de moi. Son organisation se limite habituellement à empiler. Charmante Ado a de très nettes tendances vers l’organisation mais elles sont encore camouflées par le penchant de tout ado à tout laisser traîner derrière elle. Par contre, lorsqu’elle s’y met, elle peut faire des merveilles d’organisation avec son espace personnel.

Regardons un peu plus en détails les éléments qui me permettent de conserver un ordre raisonnable à la maison. Il faut tout d’abord être capable de résister à une ‘’aubaine’’ et se demander si l’on n’a pas quelque chose de similaire qui fait très bien l’affaire. Même si le prix est tentant, a-t-on vraiment besoin d’avoir trois paires de souliers d’exercices? On peut aussi se demander si l’on a la place pour ranger cette nouvelle acquisition.

Une personne organisée est fréquemment perfectionniste. On peut perdre un temps fou à vouloir que tout soit parfait en tout temps.
Le seul remède que j’ai trouvé à cela est d’avoir des enfants à la maison et l’âge. Les enfants peuvent virer une pièce en bordel en un instant et nous n’aurons probablement pas l’énergie de recommencer sans cesse le même rangement. Il faut quand même les laisser vivre, notre foyer n’est pas un magasin de porcelaine. Quant à l’âge; avec le temps, on décide généralement de moins voir les moutons de poussières et les quelques traîneries pour mieux profiter d’un bon café sur la terrasse ou d’une promenade à vélo en famille.

Accepter l’imperfection nous épargnera des heures de travail. Nous pouvons décider que quelques espaces (salon, cuisine, par exemple) seront maintenus à la perfection et que le reste sera juste assez propre et rangé pour être acceptable à nos yeux. En réduisant notre charge de travail, nous aurons plus de temps et d’énergie pour bien faire le reste et être satisfaits de notre organisation.

Une perte de temps certaine est d’étiqueter une boîte, un dossier, une filière ou une enveloppe avec le mot ‘’DIVERS’’ et de considérer cela comme du rangement.  Nous oublierons le contenu en moins d’une semaine et aurons tendance à y ajouter n’importe quoi. Il est préférable de faire un étiquetage précis pour chaque rangement pour ne pas avoir à recommencer.

Pour éviter de crouler à nouveau sous l’encombrement et le désordre, nous pouvons établir quelques routines qui nous permettrons de rester en contrôle de la situation. Faire le tri du courrier (recyclage, poubelle, à payer, à classer) immédiatement en rentrant à la maison. Cela ne prendra qu’un petit cinq minutes chaque jour et nous évitera d’égarer des factures ou des items exigeants une réponse.

J’ai un panier où je place toutes les factures à payer et les documents auxquels je dois donner suite. Une fois par semaine environ, je m’assois avec mon café et je m’occupe de cette paperasse jusqu’à ce que le panier soit vide.

Pour garder notre foyer gérable, il faut cesser de toujours chercher le bidule le plus nouveau sur le marché. Si notre marque de produits de beauté nous satisfait, nous ne devrions pas essayer toutes les autres marques. Si cela fonctionne pour nous, c’est suffisant, il ne faut pas chercher ailleurs. Nous avons une tendance en tant que consommateur à toujours rechercher le ‘’meilleur’’. Cela fait l’affaire des commerçants mais cela nous fait perdre du temps, de l’argent et de l’espace.

Il arrive que nous n’aillions pas le temps ou l’énergie pour aller ranger un item. Nous pouvons alors choisir un endroit où l’on déposera tout ce qui devra être rangé. J’ai des paniers en osier placés à des endroits stratégiques, un au pied de l’escalier pour l’étage et l’autre au sommet de l’escalier qui mène au sous-sol. Toute personne qui prend l’une de ces directions est responsable de ranger le contenu du panier.

Une chose importante pour éviter l’encombrement est de séparer les émotions des possessions. Nous avons tous des objets auxquels nous attachons une certaine valeur sentimentale; les cadeaux fabriqués par les enfants, des souvenirs de voyage ou des lettres d’amour. Par contre, ce ne sont pas toutes nos possessions qui devraient avoir une valeur émotionnelle. Nous devons examiner avec un peu plus de détachement ces objets et déterminer précisément ceux auxquels nous tenons vraiment. Un vieux t-shirt plein de trous ou des bibelots cassés pourraient probablement être jetés sans trop d’états d’âmes. Nous ne devrions garder que les choses qui sont soit belles, utiles ou aimées. Si l’item ne passe pas ce test, il quitte la maison.

Lorsque nous avons des choses qui pourraient servir à d’autres, nous aurons plus de chances de nous en défaire si l’on connaît des endroits où aller les donner. Sachons où nous pourrons donner nos livres, nos vêtements et tout autre objet dont nous auront à nous débarrasser. Ne pas savoir à qui les donner est une source majeure d’inertie. Certaines choses sont encore trop bonnes pour être jetées, on ne sait pas à qui les donner alors on les conserve et elles encombrent notre demeure.

Certaines personnes ont comme règle de ne laisser entrer un objet dans leur maison que si un autre objet du même type est retiré du foyer. C’est quelque chose que je pense essayer car j’aime l’idée de garder un équilibre de possessions pour ne pas perdre le contrôle. Un nouveau livre, film, jouet, vêtement arrive? Alors nous pourrons très probablement trouver dans nos choses un objet dont nous pouvons nous départir.

 En ce moment, Charmante Ado tient à tous ses livres, même ceux qui datent de sa tendre enfance, genre mini livre en carton épais avec seulement des images et un mot par page. Je ne crois pas qu’elle soit attachée émotionnellement à chacun de ces livres mais l’adolescence est souvent une période d’accumulation de possessions. Je vais voir si cette stratégie d’un objet qui sort pour chaque objet qui rentre pourra la convaincre de se départir de quelques biens qui ne veulent rien dire pour elle.

L’ordre : caractère créatif du rangement…      –  Pierre Dehaye
On ne peut pas être désordonné à l’extérieur et ordonné à l’intérieur.     –    Claudette Boucher