Ne pas planifier, c’est programmer l’échec

REVES

Après le printemps, ce temps-ci de l’année est celui que je préfère. La préparation du retour à l’école marque la fin de l’été et le début d’une nouvelle année, beaucoup plus que ne le fait le jour de l’An. Charmante Ado a hérité de mon plaisir à magasiner pour les différentes fournitures scolaires et nous passons de longues heures à chercher les accessoires requis.

Cette période est idéale pour les nouveaux projets et pour faire le point sur les objectifs pris en début d’année. Je me sens remplie d’énergie suite aux vacances et j’ai le goût d’entreprendre une foule de nouvelles choses. Les leçons de piano reprennent, les matchs de basket de Charmante Ado aussi, et il est naturel de structurer davantage notre vie.

Charmante Ado et moi allons commencer un programme d’entraînement ensemble dès notre retour de vacances. C’est un programme établi par une professionnelle qui est aussi spécialisée en nutrition. Ce que j’aime dans son approche, c’est qu’il y a  trois différentes sessions d’exercices, une à faire en gymnase, une  que l’on peut faire à la maison et la dernière est pour les moments où nous sommes à court de temps ou en vacances loin de la maison. Nous prévoyons faire les exercices à la maison car c’est ce qui sera le plus pratique pour nous. Le fait d’avoir des exercices adaptés à chaque situation nous permettra de mieux intégrer cette routine à notre vie. Enfin, c’est ce que l’on espère.

Professionnellement, nous allons peut-être changer d’affiliation, mais cela ne devrait pas trop bouleverser notre routine. Nous travaillons beaucoup à domicile et ne nous rendons que très rarement aux bureaux de la compagnie.

L’année dernière, Charmante Ado a eu de bonnes notes à l’école mais elle rêve d’aller à l’université à l’étranger. Nous sommes bien d’accord pour l’aider, mais elle devra faire sa part en obtenant les meilleurs résultats possibles pour être admise à l’université de son choix. Nous lui avons toujours enseigné qu’avec les efforts nécessaires, elle peut accomplir ses rêves et ses objectifs. Elle est très organisée et possède un esprit assez cartésien, alors la planification stratégique lui vient plutôt naturellement. On verra si les écueils de l’adolescence la feront dériver de son but, mais pour l’instant, elle sait ce qu’elle veut et comment y arriver.

Lorsque j’étais au secondaire, je me suis retrouvée dans une énorme école où je passais complètement inaperçue, de par mon tempérament réservé. Je suis passée d’excellente élève au primaire à une étudiante très ordinaire avec des résultats et une motivation qui ont diminués au fil des ans. Résultat: sans support, ni encouragement de la part d’adultes, je suis devenue de plus en plus convaincue que mes rêves n’étaient que des utopies et que je devrais me contenter de moins. Après quelques ratés, je suis devenue infirmière, ce qui est une superbe profession,  mais ce n’était pas ce dont je rêvais du tout. De plus, ce domaine était hyper-saturé lorsque je suis arrivée sur le marché du travail et je n’ai jamais pu travailler avec les nouveaux-nés comme je l’aurais souhaité. J’ai finalement décidé d’aller travailler en Californie où l’on m’a affectée au département d’oncologie, ce qui est très loin de la pouponnière.

Ce que j’aurais voulu vraiment, c’était devenir biologiste marin et travailler avec les baleines et les dauphins. Cela aurait impliqué d’aller étudier à l’extérieur de ma ville et peut-être même du pays, à cette époque, ce qui était hors de question financièrement. Aujourd’hui, je sais qu’il y a des bourses disponibles qui permettent d’aller étudier dans des universités, même à l’étranger, il s’agit juste de trouver quelles bourses sont le mieux adaptées à chaque situation et ont le plus de chances d’être accordées. Je viens d’un milieu ouvrier et nous ne connaissions pas ces choses à ce moment-là. Je ne ressortais pas du tout du lot lors de l’adolescence, je me fondais complètement dans la masse, ce qui fait que personne n’a vu de potentiel en ma personne, moi-même, moins que quiconque.

Aujourd’hui, je m’assure de bien suivre et soutenir Charmante Ado à l’adolescence pour prévenir la dérive. Je lui explique les options, ce qu’il faut faire pour y arriver et je la laisse choisir sa voie. C’est certain qu’à treize ans, cette voie change souvent, ces temps-ci, elle se voit avocate au criminel; pendant longtemps, elle a voulu être zoologiste. Chose certaine, je m’assure de lui enseigner que l’effort est le moteur de son avenir et que sa réussite dépendra de sa motivation et des choix qu’elle fera. Certains domaines demandent d’énormes sacrifices et elle devra choisir si elle est prête à y faire face.

J’aurais aimé avoir un adulte pour me guider lors de mon adolescence. Un ado peut sembler être exaspéré par notre présence et notre appui, mais je peux vous assurer que c’est ce que j’aurais voulu à l’époque et je peux voir que Charmante Ado apprécie ces discussions où nous regardons ensemble ses rêves et examinons comment elle pourra les réaliser.

Rêver ne suffit pas. Il faut tout mettre en place pour se donner une chance de succès. Tout est dans la préparation.

Les plans ne sont rien; c’est la planification qui compte.    –  David Dwight Eisenhower 
Ne pas planifier, c’est programmer l’échec.    –  Auteur inconnu

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Le meilleur post-it

pense-bête

Une technique intéressante pour nous aider à atteindre nos objectifs est de les encadrer par les mots ‘’si’’ et ‘’alors’’. Plus d’une centaine d’études ont démontré que si  l’on décide à l’avance de l’endroit et du moment d’une action, nous avons beaucoup plus de chances de réaliser notre objectif.

Une étude entre autres, examinait des participants qui désiraient faire de l’exercice régulièrement. La moitié des sujets devaient planifier en décidant où et quand ils allaient s’entraîner chaque semaine; par exemple;  ‘’si c’est un lundi, mercredi ou vendredi, alors, je vais au gym après le travail pour m’entraîner durant une heure’’. Le reste des participants n’avait pas à établir une planification.

Les résultats ont été spectaculaires. Après plusieurs semaines, 91% des planificateurs s’entrainaient encore régulièrement, contre seulement 39% des gens qui n’avaient pas planifié.

D’autres études ont démontré des résultats similaires pour les comportements visant à adopter des habitudes bonnes pour la santé, comme l’auto-examen mensuel des seins où les planificateurs ont réussi à 100% à intégrer cette tâche à leur vie, alors que ceux qui ne l’avait pas planifiée ont eu un taux de succès de seulement 53%. .

Il semblerait que la technique du ‘’si-alors’’ soit parfaite pour notre cerveau. Notre cerveau comprend le langage des contingences et est particulièrement  doué pour encoder et se souvenir des informations formulées dans les termes de ‘’si X, alors Y’’.

Une fois notre planification en termes ‘’si-alors’’ assimilée, notre inconscient commencera à chercher dans notre environnement la situation qui répond  au critère du ‘’si’’. Ceci nous permet de prendre conscience du moment (‘’oh, il est sept heures,  c’est le temps d’aller courir’’), même si nous sommes occupés à autre chose.

Le fait d’avoir déjà décidé de ce que nous voulions faire nous permet d’exécuter l’action sans avoir à y penser consciemment, ni perdre notre temps à envisager ce qui doit venir ensuite. Souvent, nous réalisons que, jour après jour, plusieurs choses importantes demeurent non complétées. En les planifiant avec la technique du ‘’si-alors’’, nous nous assurerons que notre inconscient saisira le moment du ‘’si’’ pour nous rappeler que la situation désirée est présente et que nous devons continuer avec l’action du ‘’alors’’.

On peut planifier n’importe quoi de cette manière et commencer sa journée en organisant nos objectifs en ces termes, mettra notre cerveau à contribution, mieux que n’importe quel post-it.

Cette technique est aussi utile pour éviter les conséquences désagréables ou dangereuses d’un coup de tête ou d’une réaction impulsive. Par exemple, nous pourrions décider avant une soirée que ‘’si je bois de l’alcool, alors  je prendrai un taxi, ou ‘’si une personne m’insulte ou me provoque, alors je prendrai une grande respiration et ignorerai la remarque’’. Planifier de cette façon nous aide à éviter les tentations ou provocations qui soumettent notre volonté  à rude épreuve en mettant à l’œuvre notre inconscient pour nous diriger vers la bonne action.

En fait, il a trois types de planification ‘’si-alors’’. Le premier est le remplacement et est utilisé pour remplacer une mauvaise habitude avec une bonne. Cela peut être le désir de contrôler notre humeur ou notre tendance à grignoter. Pour contrôler notre humeur, nous pourrions utiliser ceci’ ‘, si je sens que je deviens de mauvaise humeur, alors je vais prendre trois grandes respirations pour me calmer’’.

Le deuxième type est l’ignorance, qui se concentre sur des sentiments non désirés, comme l’anxiété, le doute ou la peur. On planifie alors d’ignorer les pensées impulsives afin d’en diminuer les effets.

Le dernier type est la négation. Ceci implique de prendre une décision de ne pas faire quelque chose si une certaine situation se présente, par exemple : ‘’Si je vais au restaurant, alors je ne mangerai pas de plat engraissant.’’

Cette dernière technique est celle que nous utilisons le plus souvent mais c’est aussi la moins efficace. Les études ont démontrées que de planifier de ne pas faire une mauvaise habitude a souvent l’effet contraire et renforce l’habitude. Il est de loin préférable de trouver une action qui remplacera la mauvaise habitude.

Essayer de modifier notre comportement en faisant seulement appel à notre volonté n’est pas efficace. Nous finirons toujours par rencontrer une situation où notre réaction impulsive sera ‘’au diable tout cela’’ ou ‘’tant pis’’, parce que nous serons fatigués, de mauvaise humeur, en colère ou affamés.

En indiquant à notre cerveau de chercher et de relier une situation particulière à une action spécifique, nous aurons plus de chances d’arriver à notre objectif en évitant les écueils de la tentation.

Celui qui n’a pas d’objectifs ne risque pas de les atteindre.   –    Sun Tzu
Pour atteindre l’objectif final, je me concentre d’abord sur la préparation.    –    David Douillet

La force d’un minuscule changement

changement

J’ai mentionné la semaine dernière que je participais à un exercice pour acquérir ou modifier une habitude. L’exercice est maintenant terminé et je vais vous présenter 3 Tiny Habits.

Un psychologue américain de l’université Stanford en Californie, BJ Fogg, travaille sur la modification du comportement, un petit pas à la fois, d’où le nom de l’exercice. Il étudie le comportement humain depuis 18 ans et il a conclu que seulement trois choses peuvent nous amener à changer notre comportement à long terme :

1.  Avoir une révélation
2.  Changer le contexte qui nous entoure
3.  Changer en faisant de tout petits pas

Avoir une révélation est plutôt rare, alors il vaut mieux oublier cette option à moins que vous n’ayez des pouvoirs mystiques, ce que je n’ai pas.

Les deux autres options sont plus accessibles et elles peuvent nous mener à changer notre comportement. Le docteur Fogg a créé cet exercice en décembre 2011 pour aider les gens à mettre en pratique de minuscules habitudes.

À date, plus de 4 500 personnes ont participé à cet exercice (en anglais seulement) en s’inscrivant en ligne. C’est complètement gratuit et Docteur Fogg envoie un courriel par jour durant les cinq jours de l’exercice pour obtenir les commentaires des participants. Il dit que cette technique obtient les meilleurs résultats de tous les programmes qu’il a essayés dans sa carrière.

Il se donne lui-même en exemple pour expliquer le procédé. ‘’Je jouais beaucoup du ukulélé mais j’ai arrêté de pratiquer et j’avais besoin de m’y remettre. J’ai donc décidé de créer une toute petite habitude en pratiquant seulement un petit bout de musique. J’ai placé l’ukulélé près du piano et lorsque je termine mon déjeuner, je ramasse l’ukulélé et je joue pendant 30 secondes. C’est ça une minuscule habitude, une toute petite chose que l’on peut insérer dans notre vie à un moment qui nous convient, pour que cela devienne automatique.”

Trente secondes, cela semble très court lorsque nous avons des objectifs comme manger mieux ou se remettre en forme. Selon le docteur Fogg, nous rencontrons des problèmes lorsque nous tentons de changer du tout au tout immédiatement.

Selon lui, essayer de prendre des résolutions est une erreur, car nous choisissons des choses abstraites au lieu de commencer par des comportements spécifiques. Les objectifs abstraits ne fonctionnent pas lorsqu’ils ne sont pas rattachés à des comportements précis. Pour développer et maintenir un nouveau comportement, il faut qu’il devienne instinctif. Si nous devons nous efforcer de nous rappeler de faire quelque chose, il y a très peu de chances que cela devienne automatique et cela ne deviendra certainement pas une habitude. Il y a en fait, beaucoup plus de chances que nous allons plutôt  nous convaincre qu’il y a une foule de bonnes raisons pour ne pas nous y mettre.

La force d’une habitude est qu’elle se fait sans décision consciente de notre part, elle fait partie de notre routine. Si l’on pense ‘’oui, je crois bien que je vais aller au gym aujourd’hui’’, ce n’est pas une habitude, c’est une décision réfléchie.

Si l’on regarde par exemple l’utilisation de la soie dentaire. Au lieu d’essayer de faire toutes nos dents chaque jour, docteur Fogg suggère de commencer par une seule dent. La seconde étape est de trouver une habitude que nous avons déjà, comme se brosser les dents et d’ajouter la minuscule habitude tout de suite après. L’habitude que l’on possède déjà devient l’élément déclencheur pour le nouveau comportement que l’on veut acquérir.

Il faut ensuite se féliciter de cette petite victoire, car cela s’imprégnerait dans notre cerveau comme quelque chose de positif qui mérite d’être répété, ce qui nous amènerait à continuer dans cette voie et à éventuellement utiliser la soie dentaire sur toutes nos dents. Même si cela peut sembler ridicule de se féliciter pour une seule dent nettoyée à la soie dentaire, les participants rapportent que cela fonctionne.

Un psychiatre de Palo Alto en Californie, docteur Charles Wang, a choisi la soie dentaire dans ses nouvelles habitudes. Depuis qu’il a commencé, il a augmenté graduellement le nombre de dents nettoyées et fait en moyenne six ou sept dents chaque jour.

L’idée des comportements déclencheurs et des récompenses ou félicitations rappelle les techniques que l’on utilise dans l’entraînement des animaux. Bien que nous voudrions croire que nous sommes différents des animaux, il semble selon le docteur Fogg, que lorsqu’il est question de comportement, il y a beaucoup de similarités.

Il croit que notre habileté à créer de nouvelles habitudes s’améliore chaque fois que nous en intégrons une fermement dans notre vie. Il affirme que nous faisons l’erreur d’assumer que nous allons faire d’énormes changements dans notre vie dès le départ et nous abandonnons lorsque nous n’y arrivons pas. Mieux vaut décortiquer cela en petits pas et se féliciter à chaque progression vers notre but.

J’ai fait l’exercice sérieusement et deux de mes trois minuscules habitudes ont très bien réussies. Je veux en arriver à me lever très tôt, vers 4h30 ou 5h00, pour écrire tranquillement et dans le silence. Essayer de faire cela tout d’un coup n’a pas été un succès.

J’ai donc choisi comme minuscule habitude, après être allée au lit, de penser à l’heure où je veux me réveiller le lendemain. Je DÉTESTE les réveils et je ne peux envisager d’avoir à en utiliser un. Tendre Moitié est habituellement mon réveil matin, il met l’alarme sur son téléphone et je ne l’entends même pas. Toutefois, je veux me réveiller par moi-même pour qu’il puisse continuer à dormir.

Je peux honnêtement rapporter un franc succès avec cette approche. En dix jours, j’ai ouvert l’œil chaque fois à moins de vingt minutes de l’heure désirée. Je me levée sept fois et j’ai choisi de rester couchée les trois autres fois, car je m’étais endormie trop tard. Je me dirige tranquillement vers l’autonomie avec mon réveil et je me couche plus tôt pour profiter des petites heures du matin. Ces heures sont tellement plus productives que celles tard le soir, que j’ai l’impression d’avoir plus de temps pour faire des choses.

La deuxième habitude est de choisir une priorité pour le lendemain. Encore une fois, lorsque je me mets au lit, je choisis une chose que je veux faire absolument le lendemain. J’ai l’habitude de faire des listes et de les prioriser mais je ne les respecte pas toujours. En y pensant avant de m’endormir, cela m’aide à me concentrer sur ce point, dès le réveil en sachant que c’est l’élément important de ma journée.

J’ai eu du succès avec cette approche huit fois sur dix. Les deux fois où cela n’a pas fonctionné est lorsque j’ai choisi de faire mon rapport de TPS/TVQ (déclarations de taxes genre TVA) pour le deuxième trimestre. Je sais que j’ai jusqu’à la fin du mois pour le faire alors ce n’était pas vraiment une grosse priorité et certaines tâches plus urgentes ont eu préséance.

La troisième habitude n’a pas du tout fonctionné mais je ne me suis pas vraiment mise en situation pour qu’elle fonctionne. Docteur Fogg parle beaucoup du contexte favorable dont nous devons entourer notre minuscule habitude et c’est là que j’ai failli à la tâche.

Je veux essayer d’intégrer certains exercices avec des poids à ma vie de tous les jours. Je trouve ces exercices d’un ennui profond, mais l’âge et la gravité ayant commencé à avoir des ‘’retombées’ négatives, surtout sous les bras, je dois faire quelque chose pour raffermir cette région.

Je m’étais donc donné comme troisième minuscule habitude, de faire des exercices avec des poids aussitôt mon petit déjeuner terminé. L’idéal aurait été de créer un contexte favorable en plaçant les poids près de l’endroit où je déjeune (sur la terrasse en été) pour m’aider à démarrer.

Au lieu de cela, j’ai laissé les poids au sous-sol sur une étagère et j’ai constamment ‘’oublié’’ d’aller les chercher. Disons que je n’ai vraiment pas aidé ma cause ici. Je vais tenter ma chance encore une fois et je vais de ce pas placer mes poids au bon endroit pour commencer demain matin.

J’ai un neveu qui grandissait en flèche à l’adolescence et qui voulait développer ses muscles. Il a commencé à 14 ans à faire des pompes et des redressements assis chaque soir avant de se coucher. Il a persévéré durant toutes ces années, et à 22 ans, il est dans une forme splendide, sans équipement, sans gymnase, et en faisant seulement ce genre d’exercices.

Il a commencé lentement et a augmenté graduellement la quantité et la variété d’exercices. Ce que je trouve remarquable, c’est qu’il a utilisé la technique des minuscules habitudes et que c’est devenu aussi automatique pour lui que de se brosser les dents avant de dormir et cela n’obnubile pas sa vie, c’est simplement une habitude bien ancrée. Il est sportif par plaisir et cela le tient aussi en forme mais ce n’est pas régulier comme cette habitude.

Voilà pour les 3 Tiny Habits. Si vous voulez faire l’exercice avec le docteur Fogg, vous pouvez vous enregistrer ici. Vous pourrez alors inscrire vos 3 minuscules habitudes en ligne. Vous recevrez un courriel par jour du docteur Fogg vous demandant d’indiquer si vous avez réussi vos habitudes cette journée là et si vous avez l’intention de continuer le lendemain. Cela ne demande que quelques secondes, car il faut seulement inscrire ‘yyy, y’’ (pour indiquer oui,oui,oui et oui) si on a réussi les trois et si l’on prévoit continuer.

L’exercice dure cinq jours et il y a quelques conseils supplémentaires sur le site Web et dans les courriels journaliers. Il y aura probablement un exercice plus avancé éventuellement.

Je ne crois pas qu’il soit nécessaire de s’inscrire pour commencer à créer de nouvelles habitudes. Vous pourriez très bien le faire par vous-même, mais j’ai trouvé motivant de recevoir le courriel chaque jour parce qu’il m’aidait à me rappeler que j’étais dans un processus de changement.

Voilà cinq jours que l’exercice est terminé et je le continue toujours par moi-même. Je pense que l’idée de commencer avec de petits pas nous aide à rester motivés et nous permet d’accumuler une série de petits succès sur lesquels bâtir. C’est beaucoup mieux que de se donner des objectifs grandioses et de se torturer avec le sentiment d’échec lorsque nous n’arrivons pas à changer du tout au tout dès le début.

Une habitude ça s’acquiert, un petit pas à la fois.

Paresse : habitude prise de se reposer avant la fatigue.   –   Jules Renard
Sème un acte, tu récolteras une habitude ; sème une habitude, tu récolteras un caractère ; sème un caractère, tu récolteras une destinée.    –   Dalaï Lama

Bilan de mi-saison

manger maison

Un peu de tout et de rien aujourd’hui, en ce début de semaine. Étonnamment, nous travaillons beaucoup alors qu’habituellement ces semaines-ci sont très tranquilles. Nous avons même retardé un petit voyage familial parce que nous sommes très occupés et qu’il y a trop de dossiers en cours pour quitter maintenant.

Charmante Ado combat une grosse grippe et miraculeusement, Tendre Moitié et moi ne l’avons pas attrapée. Cela a quelque peu ralentit nos activités mais elle prend du mieux. Nous sommes au milieu de l’été et si je fais un bilan, nous avons beaucoup profité de la piscine et de la nature, mais nous n’avons pas tout à fait suivi nos objectifs dans les autres domaines.

Le piano est la plupart du temps silencieux, ce qui s’excuse quelque peu par le fait que nous sommes souvent dehors. Il faudrait tout de même que Charmante Ado et moi fassions un effort, car la reprise des leçons en septembre est toujours difficile lorsque nous n’avons pas pratiqué durant l’été.

Tendre Moitié devait réviser le cours de science avec Charmante Ado car elle avait obtenu une note beaucoup plus basse au dernier trimestre. Nous voulons nous assurer qu’elle entreprendra l’année avec une base solide pour le cours de science de secondaire deux. J’ai assisté au trois leçons que Tendre Moitié lui a données et cela était très intéressant, mais nous manquons de constance pour le faire régulièrement.

Charmante Ado m’a aidé quelques fois dans la cuisine, mais encore là, pas de façon régulière. C’est vrai qu’avec la chaleur que nous avons cet été, nous ne cuisinons pas autant qu’à l’habitude et nous rabattons souvent sur les grillades et une salade. Côté alimentation, Charmante Ado mange beaucoup mieux, plus de salades et de légumes et beaucoup moins de féculents.

Je n’ai pas fait de bilan du projet santé ce mois-ci car il n’y a eu à peu pas de progression pour Charmante Ado et moi (mais pas de régression non plus). Tendre Moitié a finalement débloqué et perdu près de vingt livres au total (en trois mois). Il faut absolument que nous arrêtions d’aller au restaurant si souvent, c’est ce qui ralentit nos progrès dans notre projet santé et aussi dans notre projet finances!

Dans le fond, chaque fois que nous allons au restaurant, je me dis que ça n’en valait pas la peine et pourtant nous continuons à y aller! Cela se produit le plus souvent lorsque nous nous retrouvons à l’heure du souper sans avoir planifié ou préparé quelque chose à l’avance, durant une journée très occupée. Il semble alors plus simple d’aller au restaurant, car nous sommes fatigués et n’avons pas l’envie ni l’énergie de le faire nous-même.

Je crois que c’est un problème de planification et d’organisation, ce qui est quand même étonnant car je me considère habituellement comme quelqu’un de très organisé.  Je veux vraiment couper une grande partie des sorties aux restaurants, car depuis la fermeture de notre restaurant préféré, nous n’en avons trouvé aucun qui soit vraiment à la hauteur. Nous n’y allons que par paresse honnêtement, et il faut remédier à cela. Lorsque nous cuisinons, c’est toujours meilleur (et moins cher) qu’au restaurant de toute façon. Je dois donc trouver des manières de me motiver, peut-être un défi de 30 jours sans resto pour voir si on peut s’y tenir et prendre de bonnes habitudes pour le futur.

Bon, nous n’avons pas réalisé tous nos objectifs pour cet été, mais nous sommes seulement à mi-chemin et nous pouvons encore corriger le tir.

Pour ce qui est de l’écriture, j’essaie depuis quelques jours de publier mon article à sept heures le matin. J’ai aussi commencé à me lever plus tôt pour pouvoir écrire tranquille, pendant que la maisonnée dort encore. J’aime bien savoir que mon article est publié et que j’ai déjà accompli quelque chose, si tôt dans ma journée.

Par contre, le serveur a eu  des problèmes cette semaine et il y a eu quelques occasions où le site n’était pas disponible. J’espère que Bluehost, la compagnie en charge du serveur réglera les défaillances, car je viens tout juste de renouveler le service pour un an. J’espère aussi que vous serez patients et tenterez votre chance une autre fois si jamais vous ne pouvez pas accéder au site.

Un livre de cuisine, ce n’est pas un livre de dépenses, mais un livre de recettes.  
–   Sacha Guitry

Parfois, il vaut mieux faire semblant

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La mode actuelle est à la pensée positive. Pour améliorer notre vie, nous devons changer notre manière de penser, nous forcer à avoir des idées positives et cela nous rendra plus heureux.

En visualisant notre rêve, nous aurons plus de succès. En pensant comme un millionnaire, nous deviendrons riches miraculeusement. Quoique la prémisse semble plus ou moins raisonnable, les études démontrent que ces techniques ne fonctionnent pas.

Une de ces études, réalisée par Lien Pham de l’université de la Californie, demandait aux participants de passer quelques minutes chaque jour à se visualiser obtenant une meilleure note dans un futur test. Étonnamment, même si la visualisation ne durait que quelques minutes, il en a résulté que les participants ont étudié moins qu’à l’habitude et ils ont obtenu des notes plus basses.

Une autre étude, de Gabriele Oettingen de l’université de New York, a demandé aux participants de noter la fréquence  à laquelle ils rêvassaient en pensant à l’emploi idéal qu’ils obtiendraient après l’université. Ceux qui ont rapporté passer le plus de temps à imaginer leur succès futur ont reçu moins d’offres d’employeurs et ont finalement obtenus des emplois moins bien rémunérés.

On ne sait pas précisément pour quelles raisons les résultats ont été moins bons que les rêves. Peut-être que le fait de rêver nous rend plus réticents à faire des efforts pour atteindre un but, mais de toute façon, il semble bien qu’imaginer une vie parfaite ne nous est pas très bénéfique dans la réalité.

Il y a par contre des décennies de recherches qui démontrent qu’il existe une façon simple mais très efficace de transformer notre manière de penser et d’être.

Cette technique remonte à la fin du 19e siècle. William James, le frère du romancier Henry James, de l’université Harvard a examiné la relation entre l’émotion et le comportement.

Nous croyons généralement que l’émotion nous pousse à agir d’une certaine manière. Lorsqu’on se sent joyeux, par exemple, nous aurons tendance à sourire.

William James trouvait cette évidence incomplète et il proposa une théorie tout à fait nouvelle. Il postula que relation entre l’émotion et le comportement existait dans les deux sens et que le comportement pouvait aussi causer l’émotion.

Selon lui, sourire nous fait nous sentir mieux et froncer les sourcils peut nous rendre soucieux ou tristes. Il donna cet exemple pour expliquer sa théorie : Vous ne fuyez pas l’ours parce que vous avez peur de lui, mais plutôt, vous devenez effrayé parce vous fuyez l’ours. Cette théorie ne fut pas bien accueillie et sombra dans l’oubli pendant une soixantaine d’année.

Durant cette période, les gourous du développement personnel ont continué à promouvoir l’idée que les émotions venaient avant le comportement.

Dans les années 1970, un psychologue, James Laird, décida de tester la théorie de William James. Il demanda à un groupe de participants de présenter certaines expressions faciales. Pour créer une expression de colère, les participants devaient rabaisser leurs sourcils et serrer les dents. Pour une expression joyeuse, on leur demandait de relever les commissures des lèvres. Les résultats furent remarquables. Comme l’avait prédit William James, les participants se sentirent plus joyeux de façon significative, lorsqu’ils se forçaient  à sourire, et plus en colère en serrant les dents.

D’autres études subséquentes ont démontrées que nous retrouvons le même effet dans tous les aspects de notre vie. En agissant comme si nous étions un certain type de personne, nous devenons cette personne.

En 1979, Dana Carney, de la Columbia Business School, réalisa une étude où il sépara les participants en deux groupes. Les gens du premier groupe eurent à prendre des poses qualifiées de dominantes. On leur indiqua de s’asseoir à leur bureau, de placer les pieds sur la table et de croiser leurs mains derrière la tête. Le deuxième groupe reçut l’ordre de prendre des poses non dominantes. On leur demanda de placer les pieds à plat sur le sol, les mains sur les genoux et de fixer le plancher. Une seule minute de pose dominante suffit à augmenter la confiance en soi des participants du premier groupe. On découvrit même que le taux de testostérone sanguin était considérablement plus élevé chez ceux qui avaient pris une posture dominante.

Une étude extrêmement intéressante fut complétée en 1979 par un professeur de psychologie de l’université Harvard, Ellen Langer. Elle recruta un groupe d’hommes septuagénaires pour une ‘’semaine de réminiscence sur le bon vieux temps’’. Avant de commencer l’étude, elle  fit subir à ces participants des tests de force musculaire, de posture, de vue, d’ouïe et de mémoire.

Durant cette semaine, les participants devaient agir comme s’ils avaient vingt ans de moins. En arrivant à l’endroit de l’étude par exemple, il n’y avait personne pour les aider à descendre du bus et ils durent transporter eux-mêmes leurs valises à l’intérieur.

De plus, l’endroit n’était pas équipé de rampes ou autres appareils pour les assister dans leurs mouvements, comme ceux qu’ils avaient à la maison. L’édifice était rempli d’objets des années cinquante, incluant une télévision en noir et blanc et une radio d’époque. On leur indiqua que toutes leurs conversations sur le passé devaient se faire en utilisant le temps présent et qu’ils ne devaient pas mentionner quoi que ce soit s’étant produit après 1959.

En quelques jours, on pu noter un effet remarquable. Les participants marchaient plus vite et montraient plus de confiance en leurs capacités. Durant la semaine, plusieurs participants décidèrent qu’ils pouvaient maintenant marcher sans cane.

Durant toute la durée de l’étude, la psychologue testa les participants et découvrit que le groupe en entier démontrait des améliorations dans tous les domaines; la dextérité, la vitesse de mouvements, la tension artérielle, la mémoire, la vision et l’ouïe.

En agissant comme s’ils étaient plus jeunes, ils avaient en quelque sorte réussi à effacer vingt ans d’usure de leur corps et leur esprit.

La théorie de William James n’était pas aussi farfelue qu’on pourrait le penser. Agir d’une certaine manière amènerait le changement beaucoup plus sûrement que de se contenter d’y penser ou d’en rêver.

Au lieu de remettre une tâche à plus tard, mieux vaut faire semblant que cette tâche nous intéresse réellement. En prenant quelques minutes pour commencer la première partie de cette tâche, nous ressentirons probablement le besoin de la compléter.

Se redresser sur sa chaise et croiser les bras nous inciteraient à persévérer. Selon une étude de Ron Friedman de l’université de Rochester, les participants qui se tenaient droits sur leurs chaises en croisant les bras, persévéraient près de deux fois plus longtemps à essayer de résoudre un problème que ceux qui ne le faisaient pas.

Richard Wiseman de l’université de Hertfordshire a écrit plusieurs livres dont 59 secondes dont je vous parlerai éventuellement. Dans un autre livre intitulé Rip It Up, il explique aux gens comment modifier leur comportement en faisant des choses qu’ils n’ont jamais faites, ce qui aurait pour conséquence d’altérer leur façon de penser et d’être.

Parlant de changement, je suis présentement au milieu d’un exercice créé par le philosophe BJ Fogg de la Californie. Cela se nomme 3 Tiny Habits et le but est de modifier un comportement ou en adopter un nouveau. C’est un exercice très intéressant et je vous ferai part de mes impressions une fois l’exercice terminé.

Il suffit parfois de faire semblant d’avoir du courage pour s’en découvrir vraiment. Dommage ça ne marche pas pour l’intelligence.   –   Grégoire Lacroix