Il faut du courage pour avoir du talent

Sung-bong Choi

Je suis tombée par hasard sur la vidéo ci-dessous aujourd’hui. Elle date de juin 2011 et étant de nature sceptique lorsque l’histoire semble trop belle pour être vraie, j’ai fait des recherches pour en vérifier l’authenticité. Pour autant que j’ai pu vérifier, tout semble véridique. Je vous raconte donc cette histoire.

 

Sung-bong Choi est un jeune Coréen qui, à 22 ans s’est inscrit à l’émission Korea’s Got talent, un concours de talent musical. Lors de l’audition on  apprend que Choi a été abandonné dans un orphelinat à l’âge de trois ans et qu’il s’est enfui du dit orphelinat à l’âge de cinq ans parce qu’on le battait.

Il a réussi à se faufiler dans un bus allant à la ville de Deajun où il est descendu au terminal d’autobus. Il a alors vécu dans la rue, dormant dans les toilettes publiques et les cages d’escaliers. On assume qu’il a survécu en chipant de la nourriture ici et la. Vers huit ans, il a réussi à trouver un travail de vendeur ambulant de gomme à mâcher et de boissons énergisantes.  Un peu plus tard, il a obtenu des routes de livraison de journaux mais il restait sans abri et n’allait pas à l’école.

Vers l’âge de quatorze ans, il a découvert un conteneur où il s’est installé. Il n’y avait ni électricité ni plomberie mais c’était mieux que la rue.

Une vieille dame a eu pitié de lui et l’a pris sous son aile. Elle vendait de la nourriture à partir d’un petit stand ambulant et elle lui donnait souvent à manger et lui gardait les restants. Elle l’a ensuite aidé à trouver des cours du soir gratuits. Il a réussi à obtenir ses équivalences d’études primaires et du début du secondaire.

Alors qu’il faisait une livraison de boissons énergisantes dans un club de nuit, Choi entendit une chanteuse classique et il a été subjugué. Il décida qu’il voulait aussi être un chanteur et il se mit à chanter et à écouter de la musique en imitant les chanteurs connus.

Un jour, il rencontra Jeung So Park, qui plus tard allait ouvrir une école professionnelle de chant.  Toutefois, lorsqu’il rencontra le jeune Choi, il n’était qu’un étudiant d’université. Choi le supplia de lui donner des leçons.  Park était sceptique, mais après l’avoir visité dans son conteneur,ému par sa situation,  il accepta de lui donner des cours gratuitement.

Jeung So Park l’a aussi aidé à appliquer à une organisation charitable, le Deajun Child Fund Organization, pour une bourse.  La bourse lui permit  de donner le dépôt de sécurité  pour  louer une chambre. Il trouva un travail de livreur de nuit pour payer le loyer. Il avait maintenant un toit.

À 17 ans, Choi s’inscrivit à une école secondaire spécialisée en arts pour terminer ses études secondaires.  Les registres indiquent qu’il était souvent absent et avait tendance à s’endormir en classe mais il ne manquait jamais ses cours de musique et de chant. Il réussit même à l’occasion à se payer des cours privés. Il a persévéré et a obtenu son diplôme tout en travaillant de nuit à plein temps. Lors de l’audition, il a expliqué qu’il était maintenant ouvrier dans le domaine de la construction.

Comme je l’ai déjà mentionné, je suis plutôt sensible aux histoires tristes, je pleurais même durant les films de Joselito (le petit chanteur) lorsque j’étais enfant. Alors, bien sûr j’ai pleuré  en l’écoutant mais je dois dire que Tendre Moitié a aussi  versé des larmes ce qui est beaucoup plus surprenant.

Je ne suis pas une spécialiste de l’opéra quoique j’aime bien, mais le sentiment qu’il y met et la portée de sa voix m’ont fait beaucoup d’effet. Finalement, il n’a pas gagné le concours, finissant deuxième. J’ai lu des articles où l’on mentionnait qu’il avait interprété la même chanson en finale et que cela a pu lui nuire. Une des juges a offert de lui payer des cours de chants pour améliorer sa technique.

Un an plus tard, il vient d’arriver aux États-Unis pour une tournée. Il était à San Diego la semaine dernière et à Boston avant-hier.

Cela doit prendre une force de caractère incroyable pour survivre à tout cela et en ressortir aussi solide. au point d’oser se présenter à un concours télévisé. La résilience est quelque chose de fascinant. Ce jeune homme a vécu des choses atroces et il a passé au travers en gardant foi en la vie. Chapeau et bonne chance.

Dans le titre: Il faut du courage pour avoir du talent.    –    Georg Brandes 
Le talent n’est pas rare ; tout le monde en a. Plus rare est le courage de suivre le talent où il mène.    –    Auteur inconnu

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Qui va piano va sano

Qui va piano va sanoLorsque j’avais sept ou huit ans, la directrice de mon école (une religieuse) m’a fait remarqué que j’avais de très longs doigts et elle m’a suggéré de prendre des leçons de piano croyant que j’aurais une plus grande facilité que d’autres vu mes grandes mains.

Elle a même contacté ma mère pour essayer de la convaincre de me payer les cours de piano donnés par une religieuse de l’école. Malheureusement, les coûts étaient trop élevés pour mes parents.

J’ai par la suite suivi plusieurs cours de musique gratuits offerts à travers le curriculum scolaire; saxophone alto et ténor, flûte à bec, chorale et trompette. Honnêtement, je n’ai excellé en rien, étant même franchement mauvaise en chant, alors que la directrice de la chorale est allée jusqu’à exiger que je fasse semblant de chanter!

Je n’avais évidemment pas une grande carrière musicale devant moi, mais l’envie de faire du piano, semée par cette suggestion de la religieuse me taraudait toujours. Finalement vers mes douze ans, mes parents m’ont acheté un orgue, préférable au piano selon eux, parce que nous habitions en appartement.

J’ai suivi des cours d’orgue pendant deux ans avec une dame âgée de soixante-quinze ans. Je peux honnêtement jurer qu’elle ne m’a montré aucune pièce datant de moins de cinquante ans. Je ne parle pas de musique classique ici, non, elle me faisait jouer des pièces populaires datant des années 1910-1920. L’horreur! J’ai détesté avec ferveur l’orgue et ces leçons à la grande déception de mes parents.

Décidément, cela aurait dû tuer mon ambition de jouer du piano. Pourtant, j’ai continué à le souhaiter et je me suis finalement offert des cours de piano il y a trois ans, à la fin de la quarantaine. Ma fille  qui  a aussi de longs doigts et  n’est pas douée pour le chant, a débuté ses leçons au même moment.

Pendant un an, nous avons pratiqué sur un petit clavier électronique. Ensuite, gâterie suprême, je me suis offert un magnifique piano Yamaha tout neuf. C’est vraiment  la plus belle chose que je me sois jamais achetée, l’accomplissement final de ce rêve d’enfant.

Je ne suis pas une virtuose, loin de là, mais je joue tous les jours et je m’applique sérieusement. Mon professeur m’assure que je progresse très bien. J’y met beaucoup d’efforts et les résultats sont encourageants.

Charmante Ado continue toujours ses cours aussi. Elle est beaucoup plus douée que moi mais un peu moins assidue. J’ai été sidérée hier soir de la voir jouer un morceau pour la première fois en seulement quelques minutes. Surtout que c’était une pièce que j’avais moi-même apprise et qui n’est pas facile. Il n’y a pas à dire, on apprend plus rapidement lorsqu’on est plus jeune, mais je compense l’age avec les efforts. Le défi est de garder son intérêt pour le piano alors que mon ado découvre le monde (internet, Facebook, les garçons, le basket-ball).

Voilà donc un rêve d’enfant que j’ai finalement pu réaliser et qui s’est avéré à la hauteur de mes attentes.

Chi va sano va lontano (qui va sainement / sûrement va loin)