Bonne lecture!

réseau lecture

Je découvre de nouveaux sites Web ces derniers temps et je vais partager un de ceux-ci avec vous aujourd’hui. C’est un média social qui permet de découvrir et de partager des livres. Le site  Goodreads (malheureusement en anglais seulement), affiche 15 millions de membres. Une fois membre, il est possible d’adhérer à des groupes (des Clubs de Lecteurs) partageant nos intérêts en littérature. Dans un océan anglophone, j’ai tout de même déniché trois groupes de francophones actifs, en inscrivant le mot « français«  dans la recherche de groupes. Il y a plus de 20 000 groupes, sur tous les intérêts possibles, des romances historiques à la philosophie, en passant par le paranormal, les bibliographies ou la science-fiction.

En plus de partager nos lectures,  nous pouvons aussi faire des évaluations des livres que nous avons lus et ajouter les livres que nous désirons lire. Le site suggère aussi des lectures selon  les intérêts que nous avons indiqués dans notre profil. L’on peut choisir d’utiliser le site de façon privée, de rendre nos lectures visibles par nos amis uniquement ou de permettre à tout le monde de voir nos données.

Goodreads nous permet de découvrir davantage de livres, que ce soit de nouveaux auteurs, des livres à succès ou des livres électroniques. En théorie, les évaluations sur Goodreads seraient plus fiables que celles que l’on retrouve sur un site qui vend des livres, comme Amazon par exemple, car Goodreads ne produit ni ne vend aucun livre. De plus, le site nous permet de bâtir notre réseau social en incluant comme amis des gens avec des goûts et des intérêts similaires aux nôtres, ce qui nous portera à faire confiance aux évaluations et aux recommandations de nos amis. Il y a plus de 21 millions d’évaluations de livres sur Goodreads.

Goodreads est devenu particulièrement important pour les auteurs qui publient eux-mêmes leurs livres, car il leur permet de se faire connaître par une vaste audience. Certaines maison d’éditions américaines ont même commencé à afficher leurs propres pages Web sur Goodreads, pour faire la publicité des livres qui seront publiés prochainement, au même titre que Facebook ou Twitter.

Il est aussi possible d’ajouter un widget de Goodreads sur notre propre site Web ou notre blogue, pour partager nos évaluations et nos lectures. J’ai d’ailleurs installé un de ces widgets ici dans la colonne de droite, montrant les livres que je lis présentement. Des applications sont disponibles pour les appareils mobiles, comme Android et iPhone.

Un autre site, francophone celui-là, mais dans la même veine est Babelio, que je n’ai pas vraiment investigué, mais  qui semble bien lui aussi.

En passant, si vous avez la chance d’aller lire ce blogue: Madame Unetelle, n’hésitez pas, personnellement, c’est une découverte récente et j’adore!

Chacune de nos lectures laisse une graine qui germe.   –   Jules Renard
Un soir consacré à la lecture des grands livres est pour l’esprit ce qu’un séjour en montagne est pour l’âme.    –    André Maurois

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Apprendre à vouloir les choses que nous avons déjà

William B. IrvineUn des items sur ma Buckest List est de lire les grands philosophes classiques. Ce sera probablement un objectif à très long terme car il y a une montagne de livres à assimiler et ce n’est pas un genre de lecture qui se fait rapidement.

J’ai terminé récemment un excellent livre sur le stoïcisme ; A Guide to the Good Life: The Ancient Art of Stoic Joy par William B. Irvine.

Le stoïcisme est un modèle philosophique ancien mais il est très bien adapté à notre style de vie moderne. Il offre un mode de vie centré sur le bonheur et l’épanouissement et même si la richesse l’indépendance financière n’en est pas le but premier, elle  en est un bénéfice secondaire presque inévitable.

Lorsque l’on parle de stoïcisme aujourd’hui, nous envisageons habituellement une personne sévère, qui réprime ses sentiments et qui reste froide et indifférente face à l’adversité, tout en étant peu sujette aux expressions de joie et de plaisir.

Cette définition ne ressemble en rien à ce qu’étaient les anciens Stoïques. Ils ne cherchaient pas à éviter toute émotion ou à faire preuve d’ascétisme. Ils se concentraient surtout à conquérir les émotions négatives dans leur vie, comme la peur, la colère, l’envie et l’avarice. Le but était d’atteindre une sérénité qui ne serait pas affectée par les différents et inévitables hauts et bas d’une vie. Cet état de tranquillité fondamentale était selon eux fréquemment parsemé de moments de joie pure, provenant de toutes les bonnes choses qu’une vie peut offrir.

Les Stoïques offraient une série de techniques et de principes pour bien vivre. Beaucoup de ces techniques avaient pour but de contrer ce que l’on appelle  aujourd’hui, l’adaptation hédoniste, cette tendance qu’a l’être humain de s’adapter aux circonstances, qu’elles soient positives ou négatives.

Tout en étant une  excellente capacité d’adaptation, l’adaptation hédoniste est aussi une source d’insatiabilité.  L’adaptation hédoniste peut nous amener à ne jamais être satisfait de ce que l’on a, peu importe la quantité ou la qualité. Aussitôt qu’un désir est accompli, un autre prend sa place dans une poursuite sans fin.

Lorsque l’on achète le plus récent iPhone ou iPad, nous éprouvons du plaisir pendant quelque temps, puis on s’habitue et la nouveauté s’étiole. Quelques mois plus tard, une nouvelle version arrive sur le marché avec seulement quelques fonctions ou améliorations supplémentaires et nous nous mettons à désirer le  nouveau modèle. Rien n’est jamais assez, nous sommes toujours à la recherche du prochain produit qui nous apportera ce petit rush de plaisir.

Les Stoïques ont développé plusieurs techniques pour contrer cette soif de consommation, afin de nous entraîner à être heureux avec ce que l’on a.

Les deux techniques les plus importantes sont la Visualisation Négative et la Pratique de l’Adversité. La Visualisation Négative consiste à choisir un élément positif de notre vie, quelque chose que l’on prend souvent pour acquis, et de s’imaginer notre vie sans cet élément. Ce peut être par exemple, avoir un toit sur la tête, des personnes qui nous aiment, ou un de nos sens, comme la vue ou l’ouïe.

Il faut ensuite imaginer en détails ce que serait notre vie sans cet élément. Ne plus entendre par exemple, impliquerait la perte de la jouissance de la musique. Nous devrions apprendre à lire sur les lèvres pour communiquer et les échanges par téléphones seraient remplacés par des courriels et des messages textes. Nous devrions aussi être plus vigilants pour pallier aux dangers que notre ouïe nous aidait à prévenir, par des alarmes auditives par exemple.

Ensuite, avec la réalisation que notre ouïe est en bon état de fonctionnement, nous pouvons mieux apprécier quel grand bénéfice elle représente pour nous. Le prochain morceau de musique que nous écouterons sera probablement beaucoup plus apprécié qu’avant cette prise de conscience. Cela peut sembler simpliste comme exercice, mais tout ce qui peut nous éviter de tomber dans la complaisance et ainsi renouveler notre appréciation de la vie et de notre chance, ne peut qu’être bénéfique.

La Visualisation Négative vire l’adaptation hédoniste à l’envers. Envisager de perdre une chose à laquelle nous sommes habitués, nous la fait apprécier davantage.

La Pratique de l’Adversité consiste à se priver volontairement d’un bienfait dans la vie de tous les jours. C’est un peu ici que les Stoïques ont acquis leur mauvaise réputation, car l’idée de se priver volontairement sans raison apparente s’apparentait au masochisme et donnait l’impression que les Stoïques ne savaient pas apprécier le plaisir et la vie.

En fait, le but de l’exercice est de prendre conscience que nous n’avons pas toujours besoin de certains biens que nous considérons essentiels ou que moins peut être suffisant. Si l’on se donne comme but d’essayer de vivre sans air climatisé pendant trente jours, par exemple, nous apprendrons probablement à être plus confortables même si la température est plus élevée, car notre corps va s’adapter, jusqu’à une certaine limite. Inversement, en réglant le thermostat quelques degrés plus bas en hiver, nous économiserons de l’argent et notre corps s’habituera sans que l’on soit inconfortable.

Le but central du stoïcisme est d’apprendre à apprécier ce que l’on possède déjà au lieu d’en vouloir toujours davantage. En apprenant à contrer l’adaptation hédoniste afin de toujours être capables d’apprécier nos acquis, nous aurons moins de désirs nouveaux. Il sera plus facile de couper sur les choses non-essentielles et nous résisterons à l’envie de dépenser de l’argent sur des choses sont nous n’avons pas réellement besoin.

La tentation de dépenser diminue lorsque l’on apprécie ce qui nous entoure, au point où on se demande comment on a pu vouloir accumuler tant de choses en premier lieu. Cet argent non dépensé pourra se diriger tout naturellement vers le remboursement de nos dettes, puis les épargnes, pour nous mener vers l’indépendance financière.

Dans la Rome ancienne, le stoïcisme était assez répandu mais il a éventuellement perdu du terrain pour ne devenir qu’une voie intellectuelle mineure.

De nos jours, de nombreuses personnes sont misérables dans des emplois qu’elles ne gardent que pour pouvoir continuer leur consommation intensive de biens matériels superflus. La recherche d’accomplissement et d’épanouissement personnel est de plus en plus en vogue et la simplicité volontaire est aussi populaire. Le stoïcisme retrouve donc sa pertinence dans notre société.

Les Stoïques cherchaient à contrer nos émotions irrationnelles par le raisonnement et à se défaire de notre attachement pour les choses superflues. Pratiquer l’adversité au lieu de se plaindre et de geindre au moindre inconfort perçu de façon émotive, nous permet d’apprendre à gérer les aléas de la vie, au point de ne plus être dérangé par la moindre broutille. On peut alors apprécier la vie.

Citations du livre  A Guide to the Good Life : The Ancient Art of Stoic Joy de  William B. Irvine:

–   Dans le titre:  La manière la plus facile de devenir heureux est d’apprendre à vouloir les choses que nous avons déjà.

–   La question n’est pas de savoir si les gens disciplinés et ayant le sens du devoir peuvent avoir une vie heureuse et significative; c’est plutôt de se demander si ceux qui manquent de contrôle de soi et qui sont persuadés que rien n’est plus important qu’eux-mêmes, peuvent eux, aspirer à cette vie.

–  Alors que la plupart des gens cherchent le contentement en changeant le monde qui les entourent, Épictète nous conseille de rechercher le contentement à l’intérieur de nous-mêmes, plus particulièrement en changeant nos désirs.

–   Ce qui tient la plupart de nous à l’écart du bonheur n’est pas notre gouvernement ou la société dans laquelle nous vivons, mais les failles dans notre philosophie de la vie, ou le fait de ne pas avoir de philosophie du tout.

L’irritante pagination Web

turn pageJe lis beaucoup de journaux, de magazines et de blogues sur internet. De nombreux sites utilisent ce que l’on appelle la pagination Web. Cela consiste à fractionner l’article en de nombreuses pages et cela oblige le lecteur à cliquer pour poursuivre sa lecture de l’article.

Cette pratique est complètement inutile, pour ne pas dire irritante. Pourtant, cette coutume persiste car en théorie, elle permet de placer plus de publicités sur ces différentes pages. En pratique, je crois que beaucoup de gens ne se donnent pas la peine de continuer vers les pages suivantes.

Au début du Web, la pagination n’existait pas. Elle est devenue de plus en plus fréquente dans la dernière décennie, avec l’augmentation des publicités.

Un blogueur pourrait être tenté par cette stratégie, car diviser un article en cinq pages au lieu d’une, résulterait potentiellement en plus de’’ clicks’’ et cela donneraient de meilleures statistiques pour les pages consultées par visite. C’est une belle théorie, mais si le lecteur est dégoûté par la distraction, les publicités et le manque de fluidité, il quittera le site et ne reviendra pas. Les statistiques s’en ressentiront.

J’ai tendance à préférer les sites qui ne fragmentent pas leurs articles. Beaucoup de blogueurs n’offrent qu’un aperçu de leurs articles à la page accueil, mais si l’on clique pour voir la suite, on pourra lire tout l’article sur une même page. Ceci n’est pas la même chose que la pagination car cela permet au blogueur d’afficher plus d’aperçus d’articles en page d’accueil.  Personnellement, je n’utilise pas cette mise en page, mais elle ne me dérange pas.

De grosses compagnies, comme le New York Times et le Washington Post utilisent la pagination, probablement pour engranger plus de revenus publicitaires. On y retrouve des articles qui devraient se lire en une seule page et qui demandent pourtant jusqu’à dix clicks pour en terminer la lecture. Chaque page ne contient qu’un fragment de l’article, souvent, seulement quelques paragraphes.

Deux trucs peuvent nous éviter cet exercice futile de cliquer constamment; chercher le bouton ‘’voir en une seule page’’ au début de l’article ou s’il n’y en a pas, on peut se rabattre sur le bouton ‘’imprimer’’, qui nous donnera habituellement une vue du document en entier.

Les adeptes de la pagination Web prétendent que les longs articles dépriment et découragent les lecteurs. Cela me semble faible comme argument; si quelque chose est intéressant, le lecteur préférera continuer sa lecture plutôt que de cliquer sans cesse pour changer de page.

Plusieurs sites utilisent aussi la technique de la liste pour amener le lecteur à cliquer sur la prochaine page. Un article ayant pour titre par exemple : ‘’Les dix meilleures résolutions pour 2013’’, exigera que vous cliquiez sur onze pages pour lire un texte ne comptant pas plus que quelques paragraphes. Il y aura une courte introduction sur la première page, puis chaque item de la liste aura sa propre page. Je considère ce type d’article comme hautement irritant et une pure perte de temps.

Cette calamité mineure est  tellement répandue que bien des gens croient que cette façon de faire n’est pas un choix, mais une obligation. Ils sont persuadés que cela fait partie de la structure du Web et qu’on n’y peut rien.

Pourtant, ce n’est pas le cas et j’ai bien hâte que les sites utilisant la pagination comprennent que cette pratique nuit à la fluidité de la lecture et n’est pas conviviale. Je viens justement d’annuler mon abonnement digital avec un journal en ligne américain qui se plaît à me faire cliquer douze fois pour lire un seul article.

Heureusement, plusieurs sites ont vu la lumière et ont cessé ou n’ont jamais utilisé cette pratique douteuse pour tenter d’avoir plus de visiteurs.

 

Ce n’est pas la peine d’avoir du talent à la cinquième ligne si le lecteur ne dépasse pas la troisième.    –    Françoise Giroud
Si vous avez un peu de patience, vous découvrirez qu’on peut utiliser les immenses ressources du Web pour perdre son temps avec une efficacité que vous n’aviez jamais osé imaginer.    –   Dave Barry

Les jeux de la faim

Jeux de la faim

Charmante Ado vient de se passionner par la trilogie de Hunger Games en lisant les trois volumes en une semaine et elle veut maintenant voir le film.

J’ai donc résolu de lire la série et de l’accompagner au cinéma par la suite. Je ne m’attendais à aimer à ce point une série écrite pour les jeunes, Twilight m’a laissée indifférente et le Journal d’un vampire ne m’attire pas non plus.

Hunger Games est différent. C’est une vision tordue de la télé-réalité mais certains points sont très plausibles. Je m’interroge toujours sur l’engouement des télé-réalités, je n’arrive pas à y trouver de l’intérêt. Au Québec, Star Académie est très populaire et je peux comprendre le plaisir d’écouter des interprètes mais je ne suis pas du tout intéressée par leur vie privée ni à les voir cheminer dans leur vie privée de façon publique.

Je comprends encore moins Loft Story ou Occupation Double. J’ai un sentiment très développé de mon intimité et de ma vie privée et je ne peux concevoir un tel exhibitionnisme. Aux États-Unis, c’est devenu une véritable folie avec des obèses qui essaient de maigrir en direct, des couples avec de multiples enfants qui étalent leur vie sur un plateau de télévision et toutes sortes d’émissions plus loufoques les unes que les autres.

Je peux donc imaginer assez facilement un futur où la télé-réalité n’aura aucun scrupule à faire s’affronter jusqu’à la mort s’il le faut, des  »volontaires » en direct.

Hunter Games se situe dans un pas si lointain futur. L’Amérique du Nord est devenue un seul pays; Panem, divisé en treize districts. Chaque district  est en charge d’un domaine précis, comme l’agriculture, les mines, la pêche, les objets de luxe destinés au Capitole par exemple. Le Capitole est une ville et le gouvernement, situé dans les Rocheuses. Les résidents du Capitole sont riches et mènent une vie décadente aux dépens de la population des treize districts qui doit trimer dur pour leur fournir des produits.

Éventuellement, une rébellion a lieu. Le Capitole en ressort vainqueur en défaisant douze districts et en anéantissant le treizième. Pour punir la population, le Capitole institue les Hunger Games. Chaque année, un garçon et une fille de douze à dix-huit ans est choisi dans chaque district au moyen d’une loterie. Les jeunes, nommés Tributs, doivent s’affronter et s’entretuer jusqu’à ce qu’un seul demeure et soit déclaré vainqueur.

Toute la population doit obligatoirement visionner le déroulement des Hunger Games à la télévision. Les tributs sont munis d’un gadget électronique sous-cutané qui peut les retracer en tout temps. Les gens ont le loisir de parrainer ou commanditer les concurrents en payant pour des cadeaux qui leur seront utiles.

Le livre montre les gens pauvres du onzième et douzième districts comme des victimes impuissantes de ce jeu cruel. Ils ne regardent les jeux qu parce qu’ils y sont forçés par le gouvernement, mais n’y prennent aucun plaisir. On monte par ailleurs que les gens des premiers districts, ayant une vie plus aisée, sont plus cruels et qu’il y a même de véritables volontaires qui s’entraînent dans l’espoir d’aller aux Hunger Games; on les appellent les Carrières.

Ce point m’a un peu agacée car je le trouve simpliste. Les pauvres sont dignes et n’embarquent pas dans le jeu alors que ceux ayant une vie plus facile sont nécessairement des gens cruels et sans coeur? Permettez moi de douter que ceci serait vrai dans la réalité. Nous voyons actuellement des gens de toutes les couches de la société s’enthousiasmer pour la télé-réalité.

À part ce fait, j’ai bien apprécié l’histoire. Ce n’est pas trop sanglant même s’il y a, de par les Jeux, beaucoup de morts très violentes. Seule la dernière s’éternise sur quatre longues pages. J’ai lu que le film ne s’y attardait pas aussi longuement, heureusement.

Qu’est-ce que je retire de cette histoire? Que la résilience et l’auto-suffisance seront toujours des outils essentiels à notre survie. Que la télé-réalité n’est qu’un substitut à la vraie vie et que si nous n’y prenons garde, nous oublierons de vivre en regardant les autres faire semblant d’être réels tout en suivant un scénario déjà établi et de toute façon, coupé au montage.

Quoi de mieux que la vraie réalité plutôt qu’un ersatz  décadent?

Méfie-toi des images. Ce n’est pas parce qu’on photographie le réel qu’on montre la réalité.    –   Sophie Bassignac
La vie peut être belle même si la réalité ne l’est pas.    –   Ingmar Bergman

À livre ouvert

lecture

Dès que j’ai su lire, la lecture est devenue une passion. Je dévorais tout ce qui me passait sous la main. Chaque début d’année scolaire, je lisais tous mes manuels en quelques jours. Cela a été particulièrement pénible lorsque le livre Tipiti le rouge-gorge a été le livre de lecture durant deux années de suite.  Tous les jours pendant deux années scolaires, nous faisions la lecture à voix haute de quelques lignes d’un livre que j’avais lu en quelques heures.

Je me suis d’abord passionnée pour les séries comme les livres de la Comtesse de Ségur, le Clan des sept ou le Club des cinq. À l’adolescence, j’ai développé un intérêt pour la science-fiction et mes auteurs préférés étaient Isaac Asimov, Robert Heinlein, Clifford D. Simak et Philip K. Dick.

En vieillissant, j’ai peu à peu délaissé la fiction. Je lis maintenant sur la science, la philosophie, la psychologie ou l’histoire. Le dernier excellent roman que j’ai lu était La route de Cormac McCarthy. J’aime bien les auteurs Amélie Nothomb et Nancy Huston.

Tout cela pour vous dire que je croyais que Charmante Ado n’avait pas hérité de mon gène de lecture. Je lui ai lu des quantités de livres depuis sa tendre enfance, la maison regorge de livres, mais elle ne semblait avoir qu’un intérêt mitigé.

Soudainement, depuis six mois, ce n’est plus un intérêt, c’est une passion. Elle lit même plus que moi! Elle vient tout juste de terminer  le premier tome de The Hunger Games en une journée. Nous étions en voyage cette semaine et je l’ai vu faire quelque chose que je n’ai moi-même jamais fait; aussitôt le livre terminé, elle est retournée au début et a recommencé à le lire! Il m’est fréquemment arrivé de relire un livre, mais pas immédiatement après l’avoir terminé. Elle avait pourtant un autre roman qu’elle avait déjà entamé mais elle m’a dit qu’elle préférait relire le premier parce qu’il était plus intéressant.

Il ne me reste qu’à la convaincre que la bibliothèque, les livres usagers et Amazon.com (pour la liseuse Kindle) sont d’excellentes sources de livres. Elle achète les livres neufs avec son argent de poche ou des cadeaux qu’elle reçoit. Son école interdit tout gadget électronique et elle veut être capable de lire durant son heure de dîner. Je vais vérifier avec eux si l’usage du Kindle est permis.

Pour ma part, le Kindle a presque complètement remplacé les livres physiques. J’ai donné ou vendu la plus grande partie de ma collection de livres, ne gardant que ceux que je considère les meilleurs. Toutes mes étagères sont encore pleines de livres dont je ne me résigne pas à me départir, mais aucun ne se rajoute, sauf ceux de Charmante Ado pour l’instant.

Actuellement, je lis:

  • Un livre sur Abraham Lincoln: Abraham Lincoln and the Structure of Reason
  • Deux livres de finances personnelles: The Millionnaire Next Door et I Will Teach You To Be Rich
  • Une analyse des causes de la chute de Rome: Ancient Rome, the Rise and Fall of an Empire
  • Un livre qui survole la philosophie du stoïcisme: A Guide to the Good Life: The Ancient Art of Stoic Joy

Mon prochain achat devrait être Outliers de Malcom Gladwell.

Je suis incroyablement heureuse de voir que Charmante Ado a développé un goût pour la lecture. C’est quelque chose de fondamental à ma personnalité, une journée sans lire est une journée incomplète pour moi. Nous voici donc avec un élément de plus en commun, sur lequel nous pouvons échanger, discuter et partager.

J’ai bien l’intention de lire The Hunger Games car Charmante Ado a beaucoup apprécié le premier tome. C’est agréable de voir les goûts et intérêts de mon ado se développer et s’affermir. On voit vraiment un début de la personne adulte qu’elle sera, je trouve cela fascinant. Autre point non négligeable, elle semble être en train de développer le même sens de l’humour que son papa.

La lecture est à l’esprit ce que l’exercice est au corps.    –   J. Addison
La lecture de tous les bons livres est comme une conversation avec les plus honnêtes gens des siècles passés.   –   René Descartes