Apprendre en bougeant

Tête de Mule pomponnée

C’est la rentrée en ce moment et c’est une période que j’aime beaucoup. Je débute souvent une foule de nouvelles choses en septembre, encouragée par le retour à une routine plus régulière. Cette année ne fait pas exception à la règle, mais cette fois-ci, je dois dire que je me suis préparée de plus longue haleine, ce qui fait que j’étais fin prête dès la rentrée des classes.

Tout d’abord, dans la photo ci-haut, vous pouvez admirez Tête de Mule après un toilettage reçu du centre canin où je travaille. Elle a fait cela comme une grande; trois heures à se faire laver et pomponner. Toutou Parfait l’a reniflé d’un air dubitatif en la voyant revenir, mais Tête de Mule semble très satisfaite de son nouveau look. Du coup, j’hésite à l’envoyer dehors, pour ne pas salir son pelage d’un blanc éclatant. Bon, ce n’est pas un bibelot, mais bien un chien, alors elle va retourner jouer dans l’enclos dès demain. Au moins, j’ai pris de nombreuses photos de toute cette blancheur.

D’autre part, dans ma recherche constante de moyens pour me motiver à faire de l’exercice, j’ai découvert les bureaux pour tapis roulants (treadmill desks). J’ai trouvé l’idée géniale et j’ai déniché un bureau sur le site de petites annonces Kijiji, pour seulement 50$. Voici ci-bas mon tout nouveau poste d’exercice. J’avais déjà le tapis roulant, qui est à peu près flambant neuf après huit ans de …non-usage.

threadmill desk

La plupart des experts recommandent d’enlever les poignées latérales et de détacher la console électronique pour la mettre sur une tablette du bureau. Je ne l’ai pas fait car les poignées ne dérangent absolument pas et la tablette principale du bureau est à une hauteur parfaite, juste au-dessus de la console. Je peux ainsi programmer le tapis roulant sans problème.

J’ai ajouté un écran, pas assez grand à mon goût, mais je l’avais déjà, donc aucune dépense, ce qui fait que je n’ai pas à utiliser l’écran de mon ordinateur portable. Une lampe, des crayons et des blocs de papier complètent le tout. Sur l’étagère du bas, j’ai placé des poids légers pour les bras et une station d’accueil pour le iPod de Charmante Ado.

threadmill desk

J’ai inauguré l’installation en lisant le journal en ligne et cela se fait très bien. Certaines personnes arrivent à faire des tâches assez complexes à l’ordinateur tout en marchant, mais je n’en suis pas encore là; je me borne à lire ou à regarder des vidéos et à faire des choses simples.

Une autre de  mes nouvelles habitudes est que j’ai décidé de suivre deux cours en ligne par session scolaire. Je vous ai déjà parlé des cours universitaires gratuits via le Web. Devant la grande variété de cours disponibles via différentes universités à travers le monde, j’ai choisi un cours pour mon pur plaisir: Les Grecs de l’Antiquité avec l’organisme Coursera. Pour le moment, il n’y a que 11 cours en français au programme, contre 400 cours en langue anglaise, mais l’offre francophone devrait augmenter avec le temps.

Je me suis aussi inscrite à un autre cours, cette fois-ci avec l’organisation Udacity, portant sur les Sciences informatiques. Pour ces deux cours, je me suis donné comme objectif de les compléter à partir de mon bureau mobile. C’est bien de vouloir apprendre de nouvelles choses, mais je n’avais vraiment pas besoin d’une excuse pour passer encore plus de temps assise devant l’ordinateur. Avec mon nouveau système, je regarde les vidéos, je lis les textes requis et je réponds aux questions à choix multiples, tout en marchant!

Ce qui est bien avec ce système, c’est qu’on ne voit pas le temps passer. Il est vrai que, dépendant du degré de manipulation requis avec l’ordinateur ainsi que du niveau de concentration, on ne marche pas à la même vitesse que si on faisait seulement de l’exercice, sinon ce serait dangereux. Par contre, c’est toujours plus actif que d’être assis sur son derrière!

Il ne faut pas voir ce système comme notre seul exercice physique, mais plutôt comme un moyen d’être un peu moins sédentaire, car être assis est très néfaste pour notre santé.  Combiner études et tapis roulant m’a semblé le moyen parfait de diminuer le temps que je passe assise. La prochaine étape sera d’essayer d’écrire des articles tout en marchant, mais il me faut d’abord augmenter graduellement la durée de mes sessions.

Tête de Mule me regarde avec intérêt marcher sur le tapis roulant. Je connais quelques personnes qui font courir leur chien sur cette machine pour s’assurer qu’il fasse de l’exercice. Je crois que nous allons garder les promenades dans la nature, car où fait-on les nombreuses pauses pipi qui agrémentent ces sorties, sur un tapis roulant? De toute façon, Tête de Mule n’est pas le chien le plus athlétique qui soit. Elle a un poids parfait mais rechigne à s’activer sérieusement. Elle préfère le coussin et les siestes.

Il faut apprendre partout où c’est possible.   –   Vaclav Havel 
Le bonheur ne vient pas à ceux qui l’attendent assis.  –   Baden-Powell

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Les belles choses sont difficiles

rêves

À l’adolescence, les jeunes commencent a s’interroger sérieusement sur ce qu’ils veulent faire de leur vie. Les adultes leur demandent souvent quelles sont leurs aspirations, mais cela ne veut pas dire pour autant que les jeunes aient vraiment pris une décision.

La  principale priorité à l’adolescence est d’explorer les différentes options. Rien ne presse pour faire un choix de carrière. Les jeunes doivent plutôt découvrir ce qu’ils aiment.

Ce n’est pas si facile que cela de trouver ce que l’on aime, en partie parce qu’il est problématique d’avoir un aperçu objectif et réel de la plupart des emplois. Être médecin ou avocat n’est pas réellement comme  ce qu’on nous montre dans les films ou la télévision.

On aura une vision plus juste si on peut observer une personne faire le travail qui nous intéresse. Faire du bénévolat dans un hôpital par exemple, pourrait aider un jeune à se faire une idée de la profession de médecin.

Il y a aussi de nombreuses carrières qu’on ne peut explorer, tout simplement parce qu’elles n’existent pas encore. Lorsque j’étais adolescente, tout ce qui touche l’informatique en était à ses premiers balbutiements et les professions qui s’y rattachent aujourd’hui, n’avaient même pas été imaginées. Le monde change rapidement et le rythme semble de plus en plus rapide. Mieux vaut garder l’esprit ouvert car la carrière de rêve pourrait ne pas exister avant plusieurs années.

Comment poursuivre son rêve si on ne l’a pas encore découvert? En ne se décourageant pas et en ne sous-estimant pas son potentiel. Les gens qui ont réussi et fait de grandes choses peuvent nous sembler comme une race à part, ce qui nous donne un peu l’excuse de ne pas essayer, car nous nous considérons comme des gens ordinaires.

Si les gens exceptionnels étaient semblables à nous, cela signifierait qu’ils ont dû travailler très fort pour atteindre autant de succès. Il est plus aisé pour nous de croire qu’ils étaient des génies.  Le génie existe, mais lorsqu’on s’en sert comme excuse pour ne pas faire d’effort, c’est davantage un refus de voir tout le travail que ces personnes ont dû déployer pour réussir.

Les habiletés naturelles varient d’une personne à l’autre, mais en général on peut se dire que si une personne avec des capacités similaires aux nôtres a réussi, nous en sommes capables aussi, en y mettant l’effort nécessaire.

En attendant de découvrir ses intérêts, ses rêves et ses habiletés, je dis souvent à Charmante Ado qu’il est important de garder ses options ouvertes. Certaines orientations laissent plus de portes ouvertes que d’autres. Tant qu’un jeune n’est pas fixé sur son avenir, chaque fois qu’un choix doit être fait, mieux vaut se diriger vers ce qui lui laissera le plus d’options dans le futur.

Tout ce qui est facile n’est pas nécessairement préférable à ce qui est difficile. Travailler fort sur un sujet ou un projet complexe, apprendre, faire des erreurs, surmonter les difficultés nous permettent de nous améliorer et de peut-être découvrir une nouvelle facette qui piquera notre intérêt et notre curiosité.

La plupart des personnes ayant eu un succès exceptionnel, se sont un jour retrouvés devant un sujet qui a soulevé une question dans leur esprit. Cette question a stimulé leur intérêt et la curiosité les a mené à fouiller, à explorer, jusqu’à ce qu’ils trouvent une réponse au problème soulevé.

On ne peut savoir à l’avance ce qui soulèvera notre passion, mais en explorant divers domaines, en travaillant fort sur les sujets difficiles au lieu de surfer sur la facilité, nous avons plus de chances de trouver notre voie. Cela vaut pour les jeunes mais aussi pour tout adulte qui se retrouve à la croisée d’un chemin.

Dans le titre:  Les belles choses sont difficiles.   –   Platon
Ce qui console d’un travail difficile, c’est qu’il est «difficile».  –  Emile-Auguste Chartier, dit Alain

L’influence des parents

parent

Un livre publié en 1998, The Nurture Assumption: Why Children Turn Out the Way They Do, par Judith Rich Harris soutient que les parents n’ont pas une influence majeure sur le genre de personne que deviendra leur enfant à l’âge adulte.

Loin de généraliser en se basant sur une seule étude, l’auteur analyse les recherches faites sur la contribution de la génétique sur la personnalité, la psychologie sociale, le développement de l’enfant, l’évolution et la culture.

Les chercheurs ont été incapables de trouver un style parental qui prédirait la personnalité de l’enfant ainsi que ses succès ou difficultés hors du foyer. Un parent n’a pas toujours le même style parental de toute façon, il s’adapte à chaque enfant. Il sera plus permissif avec un enfant facile et plus sévère avec un enfant plus rebelle.

Lorsque les enfants sont traités de la même manière, ils évoluent différemment en grandissant. Les enfants adoptés ne développent les traits de personnalités de leurs parents adoptifs ou des autres enfants dans la famille, ce qui semble indiquer que l’environnement familial n’a pas une grande importance dans la détermination des traits de personnalité.

Le type de famille et la dynamique familiale; un parent ou deux, parents homosexuels ou hétérosexuels, mère au foyer ou travaillant, garderie ou non, tous ces éléments ont peu ou pas d’influence sur la personnalité de l’enfant.

Selon les recherches en génétique du comportement, une grande partie des traits de personnalité ont une composante génétique. Les gènes compteraient pour approximativement la moitié des traits de personnalité et des habiletés d’une personne.

Les enfants, comme les adultes, vivent dans deux environnements différents, leur foyer et le monde extérieur. Leur comportement, comme le notre, changera selon la situation où ils se trouvent. Beaucoup de parents sont parfois surpris d’apprendre que leur enfant, si difficile à la maison, est un vrai petit ange à l’école, ou vice-versa.  À la maison, les enfants apprennent à se comporter selon les désirs de leurs parents et ils savent où sont les limites avec leurs parents.

Ces comportements ne se transporteront pas nécessairement à l’extérieur de la maison.  L’attachement d’un jeune à son groupe de pairs est essentiel pour son développement. Il n’est donc pas du tout irrationnel pour lui d’essayer de se conformer à ce groupe. Cela permet au jeune de se lier avec ses pairs, de s’intégrer et de survivre. C’est l’identification avec son groupe de pairs et non avec ses parents qui est vitale pour le jeune.

À partir de sept ou huit ans, l’enfant commence à se former une image personnelle en se comparant à ses pairs. Les enfants n’apprennent pas à la maison quel genre de personne ils sont. Ils apprennent cela de leur groupe social.

Les jeunes ont leurs propres traditions, mots en vogue, règles et leur culture opère à l’opposé de celle des adultes. Leur but n’est pas de devenir des adultes épanouis, mais d’être des adolescents accomplis. Ils veulent exceller en tant qu’adolescents, ce qui signifie en général d’être différents des adultes.

Les jeunes s’orientent en fonction de leurs pairs, tout comme le font les adultes. Nous nous habillons selon la tendance actuelle et non comme ceux des générations précédentes, nous agissons selon les normes sociales contemporaines  et non comme dans les années cinquante.

Nous ne pourrons pas transformer un enfant introverti en extraverti, mais nous pouvons lui enseigner comment gérer les situations stressantes. Nous ne transformeront pas la personnalité d’un enfant, pas plus que nous ne sommes capables de modifier celle de notre partenaire.

Les parents ont une influence importante sur le genre de relations qu’ils auront avec leurs propres enfants un jour. Dépendant du climat familial, l’enfant devenu adulte, adoptera ou rejettera ce modèle d’ambiance pour sa propre famille.

On ne peut pas blâmer nos parents pour tout ce qui va mal dans nos vies, pas plus qu’ils ne peuvent prendre tout le crédit pour ce que nous sommes devenus.

L’idée que nous pouvons modeler nos enfants pour qu’ils deviennent tels que nous le désirons est irréaliste.

Finalement, cela ne signifie pas que les parents n’ont aucune importance, c’est seulement que notre influence sur la personnalité de notre enfant est plus ou moins inexistante. Ce sont les autres membres de son groupe social qui influenceront sa personnalité.

Être parent, ce n’est pas être le dresseur ou l’entraîneur de notre enfant pour le modeler à notre image ou selon un idéal particulier. C’est créer une relation d’une grande valeur qui elle, aura une influence sur le type de relations que développera l’enfant plus tard.

Notre succès comme parents, sera plus en fonction de la qualité de cette relation que dans les accomplissements ou les difficultés de nos enfants.

Un enfant n’a jamais les parents dont il rêve. Seuls les enfants sans parents ont des parents de rêve. –    Boris Cyrulnik
On ne choisit pas ses parents, on ne choisit pas sa famille. On ne se choisit même pas soi-même.   –   Philippe Geluck

Influencer l’éternité

Les professeurs peuvent avoir une très grande influence dans la vie des jeunes. Cette influence, bonne ou mauvaise, peut durer des années. J’ai eu durant mes études, plusieurs professeurs corrects, quelques uns furent plutôt mauvais et un seul fût vraiment extraordinaire.

J’avais onze ans et j’étais en cinquième année. Mon professeur cette année-là était très jeune, dans la vingtaine et nouvellement mariée. Toute la classe l’adorait. Il était évident qu’enseigner était pour elle une passion et nous sentions qu’elle s’intéressait vraiment à chacun de nous. Lorsqu’elle s’adressait à moi par exemple, je me sentais comme la personne la plus importante qui soit. Cette attention nous donnait confiance en nous-mêmes et inconsciemment, nous redressions les épaules et la regardions dans les yeux.

À travers elle, j’ai pour la première fois entrevu un univers différent de mon quotidien. J’ai réalisé qu’il y avait tout un monde à l’extérieur de mon petit quartier ouvrier. J’aimais déjà lire, mais cela s’est intensifié par la suite. Elle nous encourageait à explorer et à découvrir. Elle croyait que nous étions tous capables de grandes choses. Cette conviction était contagieuse et nous étions plus sûrs de nous. Il a bien dû y avoir des élèves en difficulté dans cette classe, mais rien n’y paraissait, nous recevions tous les mêmes encouragements et l’assurance que nous pouvions réussir. C’était un peu magique, nous nous sentions comme une classe spéciale.

Nous faisions un peu l’envie des autres classes car notre professeur avait instauré un ‘’magasin’’ dans la classe. Tout au long de la semaine, nous pouvions accumuler des crédits, pour un bon comportement, une bonne action, un travail bien fait ou une bonne attitude. Tout le monde avait une chance d’accumuler des crédits et nous pouvions les dépenser le vendredi après-midi lorsqu’elle ouvrait le magasin, qui était simplement un grand tiroir rempli de matériel scolaire, de babioles ou de décorations. Un des objets le plus prisé était un chat en peluche fait avec de la laine et collé sur un carton de couleur. Cela coûtait soixante crédits et c’était très mignon. De plus, c’était notre professeur et son mari qui les fabriquait.

J’aurais bien aimé en acheter un moi aussi, mais je misais sur un autre objet, une poupée en laine. Elle coûtait une somme énorme, quelque chose comme six cent crédits je crois. Chaque semaine, je passais mon tour et je n’achetais rien, préférant accumuler mes crédits pour l’objet convoité. Un jour, j’ai finalement pu l’obtenir, personne d’autre n’avait eu la patience d’attendre de longs mois pour amasser la somme nécessaire.

À la maison, mes deux parents travaillaient (dans les années soixantes, c »était plutôt rare) et je n’avais pas beaucoup d’attention. Je préférais de loin être à l’école plutôt que chez moi. Dans cette classe, nous avions tous une attention spéciale, nous nous sentions importants et nous savions que nous  serions écoutés si nous avions besoin de nous confier.

Les jeunes ont tendance à ne pas aimer les matières difficiles, mais ce professeur était tellement enthousiaste et positive, que nous travaillions plus fort pour tenter de découvrir nous aussi le plaisir qu’elle semblait ressentir avec ce sujet. Apprendre était amusant. Je me rappelle que je me sentais appréciée, valorisée, encouragée et aimée. Je pense que toute la classe se sentait ainsi.

Il y a quelques années, j’ai fait des recherches sur Internet et j’ai découvert que mon professeur préféré avait pris sa retraite trois ans plus tôt. Je lui ai écrit une lettre pour lui dire l’importance qu’elle avait eue dans ma vie. Je n’étais pas une élève à problème ou dans une situation défavorisée, mais elle a eu un très grand impact sur moi. Quand on se questionne sur les personnes qui ont marquées notre vie, son nom vient toujours en premier dans mon esprit.

J’ai envoyé cette lettre à la commission scolaire, après avoir vérifié avec eux qu’ils pouvaient la lui faire parvenir. Je n’attendais pas vraiment de réponse car je ne savais pas si elle se souviendrait de moi, j’étais plutôt tranquille et je n’avais rien de spécial.

Elle m’a répondu et nous avons entretenu une correspondance pendant deux ans, parlant même de nous rencontrer, mais cela ne s’est pas fait. Je viens de lui écrire à nouveau parce que je regrette de ne pas avoir gardé le contact. Parfois, on ne répond pas tout de suite à une lettre, le temps passe, puis on se sent gênée d’avoir tant attendu et finalement, on se dit qu’il est trop tard. Je lui ai donné le lien pour ce blogue et j’espère qu’elle le lira.

Quant à la poupée, je l’ai toujours, 41 ans plus tard. Elle trône dans la bibliothèque vitrée du salon, seul souvenir précieux d’un professeur extraordinaire.

Merci encore une fois à cette femme qui a semé en moi l’amour des mots, de la lecture  et de l’écriture ainsi que pour tous ces beaux souvenirs que je conserve précieusement dans ma tête et dans mon cœur.

Être enseignant, ce n’est pas un choix de carrière, c’est un choix de vie.   –   François Mitterrand
Dans le titre: Un professeur influence l’éternité : il ne peut jamais dire où son influence s’arrête.    –    Henry Brooks Adams

 

Riche et célèbre

célèbre

L’argent est certainement un élément primordial dans nos vies. Il nous permet de combler nos besoins de base comme la nourriture, les vêtements tout en nous procurant un endroit où habiter. L’argent nous permet aussi de vivre des expériences intéressantes et enrichissantes. Les biens personnels ont une certaine valeur pratique ou esthétique, ils nous procurent aussi du divertissement et nous permettent de faire des activités physiques.

Rechercher la richesse et l’accumulation de biens matériels en croyant que cela nous apportera quelque chose de profond et de significatif relève de la fantaisie. Croire que la richesse et le matérialisme nous rendront plus heureux, plus attrayants, plus populaires et que nous aurons un statut plus élevé est utopique selon une étude approfondie. Au contraire, les gens qui attachent de la valeur au succès financier sont moins heureux, ont une estime de soi plus basse, sont plus déprimés et anxieux et ont des relations moins satisfaisantes,

Les enfants de nos jours, sont inondés de messages par les médias, allant des magazines remplis de célébrités avec leurs demeures somptueuses, aux personnages des téléréalités. Les jeunes captent très tôt le message que la seule manière de se distinguer est d’avoir plus d’argent et plus de possessions.

Une étude récente a révélé que 81% des jeunes interrogés plaçaient ‘’être riche¨ au premier ou au deuxième rang de leurs aspirations. Ils ne savaient pas, par contre, comment s’y prendre pour y arriver, confortables dans leur illusion que ‘’tout est possible’’.

Il semblerait que les personnes qui ont la plus grande influence sur les valeurs matérielles que développeront les enfants, sont leurs parents, leurs pairs et la culture populaire. La perception qu’aura l’enfant des conflits entre ses parents déterminera son attachement aux choses matérielles. Plus les conflits impliquant des questions matérielles seront nombreux, plus l’enfant attachera d’importance à l’argent et aux possessions.

Les médias modernes comme YouTube, Facebook et Twitter ont transformés la publicité. Il y a maintenant des jeux sur de nombreux sites Web de compagnies; tels que Mattel, Hasbro et MegaBblocks. De nombreux jeunes ‘’aiment’’ et suivent les pages Facebook de compagnies qui cherchent à les fidéliser comme consommateurs.

Une étude américaine récente a examiné les valeurs exprimées durant les émissions télévisées les plus populaires auprès des jeunes entre neuf et onze ans. Les données couvraient la période de 1967 à 2007.

Les résultats révèlent peu de changements des valeurs pour les émissions diffusées entre 1967 et 1997. Durant cette période, les valeurs les plus souvent exprimées étaient l’appartenance à la communauté, la compassion, l’image, la tradition e la popularité. Les cinq valeurs le moins fréquemment présentées étaient la célébrité, la condition physique, l’hédonisme, la spiritualité et le succès financier.

Dans les émissions de la dernière décennie, on a pu voir un changement dramatique des valeurs projetées. Les valeurs les plus fréquentes étaient la célébrité, la réussite, la popularité, l’image, le succès financier, le pouvoir et l’égocentrisme.

Les valeurs que l’on retrouve le moins souvent dans les émissions pour jeunes, sont maintenant la spiritualité, la tradition, la sécurité, le conformisme, la compassion et  l’appartenance à la communauté.

Une analyse plus poussée des données révèle qu’entre 1997 et 2007, on a vu les personnages principaux devenir de plus en plus centrés sur le thème de la célébrité. L’ambition, se comparer aux autres, chercher de l’attention, la vanité, le glamour et le matérialisme sont des valeurs plus en plus présentes dans ce type d’émissions.

Il semble que ce changement drastique des valeurs présentées aux jeunes, coïncide avec la nouvelle technologie. Que l’on pense à Hanna Montanna, iCarly ou Big Time Rush, plusieurs émissions de jeunes ont pour thème central, des adolescents ayant atteint la célébrité en faisant carrière comme artiste populaire.

Toutes ces émissions envoient le même message, que la célébrité est le seul objectif et qu’apparemment, tout le monde peut y arriver avec très peu de préparation ou de travail. On aimerait bien croire que nos jeunes ne croient pas à ces sornettes mais quelques études semblent démontrer le contraire.

Selon une étude préliminaire faite auprès des enfants de moins de dix ans, devenir célèbre, riche et beau arrivent en premiers lieux de leur liste de choses souhaitables.

Les forces produisant ces messages sont puissantes. Notre seule alternative est de limiter l’exposition de nos enfants à ces valeurs superficielles tout en leur présentant des valeurs positives pour contrebalancer. Il faut aussi enseigner à nos enfants à ne pas se laisser séduire par ce type de messages, sinon, une fois arrivés à l’âge adulte, la désillusion sera brutale lorsqu’ils devront faire face à la réalité. La poursuite de la richesse et de la célébrité ne peut pas être l’unique objectif de nos jeunes et il faut leur faire prendre conscience que ce qu’on leur fait miroiter est une chimère.

L’estime vaut mieux que la célébrité, la considération vaut mieux que la renommée et l’honneur vaut mieux que la gloire.   –   Sébastien Roch, dit Nicolas de Chamfort
Pourquoi vendons-nous du bonheur aux lecteurs du magazine, si nous sommes profondément malheureux, esclaves de la célébrité? – Paulo Coelho