La petite fille de la ville

Husky

Lorsque j’habitais dans le Grand Nord Québécois,  sur les rives de la Baie d’Hudson, j’avais une chienne Husky que j’avais recueillie alors qu’elle errait dans le village comme bien d’autres chiens abandonnés. Un jour,  j’ai eu quelques rares jours de congé et j’ai décidé de partir seule camper à environ une dizaine de kilomètres du village, sur le bord d’une rivière. Je savais que je quitterais pour le Sud dans l’année qui venait et je ne voulais pas partir sans avoir vu autre chose que le village.

Un copain m’amena avec un Zodiac (bateau pneumatique) jusqu’à l’emplacement choisi car il n’y avait pas de route pour y aller par la terre ferme. Il me laissa seule avec mon chien et mon équipement et promis de revenir me chercher trois jours plus tard. Avant de repartir, il se retourna une dernière fois et me demanda si j’étais bien certaine de vouloir rester là  toute seule pendant trois jours.

Alors que le soleil brillait au village,  il tombait là une fine bruine et le brouillard s’installait tranquillement pour envelopper la rivière et les rives. J’affirmai fermement à  mon copain que je voulais toujours vivre cette aventure et lui souhaitai une bonne fin de semaine.

husky

Fanny, mon chien, se mit à inspecter les environs pendant que je montais la tente. Je nous préparai un petit repas de saucisson, pain et fromage et comme la bruine ne cessait pas, je me couchai tôt, car les activités possibles étaient plutôt limitées. Fanny refusa de dormir dans la tente, mais elle se tint juste à l’extérieur, ce qui était quand même rassurant. La nuit était d’un noir le plus total et le silence était impressionnant, pas un oiseau, pas un son. Je ne dormis pas très bien, d’abord parce que la température est descendue à cinq degrés Celsius durant la nuit, ce qui est normal à cette saison dans le Nord, mais aussi parce que je m’inquiétais pour les ours. Les gens du village et mon patron m’avaient assuré qu’il y avait beaucoup d’ours qui rôdaient aux alentours du village, si bien que j’avais cédé à leur insistance et avait apporté dans mes bagages, le fusil de mon patron.

Il m’avait donné un très court aperçu du fonctionnement, moi qui n’avait jamais tenu une arme auparavant. J’espérais que la présence du chien dissuaderait les ours de s’approcher et que je n’aurais pas à m’en servir. Je dormis donc par intermittence,  admirant les étoiles lorsque la bruine eut cessée et que le ciel se dégagea.

Je passai une grande partie de la journée suivante à  ramasser du bois mort pour faire du feu et je m’essayai à pêcher dans la rivière, mais sans succès. J’avais prévu assez de nourriture pour trois jours, principalement du riz, des haricots et des fruits. Fanny appréciait beaucoup notre aventure, sa mue saisonnière était bien entamée et elle ressemblait à un loup lorsqu’elle grimpait au sommet de la falaise en me considérant pensivement.

husky

La deuxième nuit se passa très bien et le soleil était encore au rendez-vous le lendemain. Un pilote de mes amis avait convenu avec moi de survoler mon campement pour s’assurer que tout allait bien. Si un problème survenait, je devais prendre le foulard rouge de Fanny et l’attacher au sommet de ma tente. Il saurait alors que quelque chose n’allait pas et m’enverrait des secours. À l’heure dite, il survola la rivière à basse altitude, et voyant que tout allait bien, il refit une passe en balançant les ailes de l’hydravion pour me saluer.

hydravion

Je craignais un peu que Fanny ne me laissa seule et partit explorer trop loin pour que je puisse la suivre, mais elle resta au contraire très près de moi en tout temps. Nous ne vîmes aucun ours, ni autre bête durant ces trois jours et je me sentais un peu idiote avec mon fusil. Je me demandais même si on n’avait pas voulu faire peur à la petite fille de la ville.

husky

Le dernier jour, après avoir démonté la tente et déposé mes bagages au point de rencontre, je me suis dit que je pourrais essayer de tirer un coup avec le fusil, juste pour voir. Il n’y avait personne à dix kilomètres à la ronde, alors je sortis le fusil de son étui pour l’essayer.

La réaction de Fanny fut instantanée. Elle me fixa avec terreur et se mis à reculer lentement en gémissant. Elle semblait terrifiée par l’arme. J’essayai de la rassurer en lui parlant doucement et en m’approchant, mais elle continuait à fixer le fusil en gémissant. Je rangeai donc l’arme en me disant que ce n‘était pas une idée très géniale de toute façon.

Fanny revint à mes côtés aussitôt l’arme rangée et accepta mes caresses. Étrangement, l’étui du fusil ne semblait pas la perturber le moins du monde. Au village, périodiquement, les Inuits tuaient les chiens errants au fusil pour en diminuer le nombre. Il n’y avait pas de vétérinaire au village et les chiens n‘étaient généralement pas stérilisés, ce qui amenait très rapidement une surpopulation, car tous les chiens se promenaient en liberté.

Fanny avait dû voir plusieurs chiens tués de cette façon, ce qui lui avait donné une peur bleue des armes. Je m’aperçus plus tard, lorsque nous sommes revenus dans le Sud, qu’un simple bâton, brandi au dessus-de la tête pour lui lancer, lui faisait le même effet. Pas pour elle, le jeu de ramener le bâton.

J’attendis que mon copain revienne me cueillir pour me ramener à la civilisation avec ma brave Fanny à mes pieds. Juste avant d’entrer au village, nous aperçûmes trois ours qui fouillaient la décharge. Fanny gronda et aboya à leur vue et elle semblait toute prête à les affronter.  Mon copain m’annonça que de nombreuses personnes au village avaient parié que la petite de la ville ne durerait pas trois jours dans la toundra. Il était bien content d’avoir parié sur moi.

J’ai habité trois ans à cet endroit et lorsque je suis revenue dans le Sud, Fanny m’a accompagnée. Elle a eu du mal à s’habituer à la nourriture pour chiens après avoir mangé du caribou et du phoque toute sa vie, mais elle a eu une belle vie et a vécu jusqu’à l’âge de douze ans. Elle est décédée près de son lieu de naissance, lors d’un séjour subséquent dans le Grand Nord pour mon travail, mais cela c’est une autre histoire.

Ne laissez pas votre chien en laisse si vous voulez qu’il vous soit attaché.    –    Albert Willemetz

 

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Réunion familiale

chat

Nous voici de retour de vacances et prêts pour la rentrée scolaire. Si nous avions eu des doutes sur l’attachement de nos trois petites rates envers nous, ils ont vite été dissipés lorsque nous sommes arrivés chez la dame qui les gardait en pension. Elles trépignaient de plaisir lorsqu’elles nous ont aperçus et elles ont grimpé sur nous à la vitesse de l’éclair pour quémander des caresses.

Elles étaient pourtant très bien chez cette dame, qui les a élevées jusqu’à l’âge de sept mois et qui était très contente de les revoir. Elles ont été gâtées et caressées toute la semaine, mais je crois qu’elles se sont vraiment attachées à nous à cause de l’heure quotidienne que nous passons à jouer avec elles le soir.

Nous avons aussi appris pourquoi une des rates est si craintive. Les deux autres proviennent d’un élevage de rats domestiques,  mais la troisième appartenait à un homme qui élevait des rats pour les donner à manger (vivants) à ses serpents. Les rats vivaient dans la même pièce que les serpents et voyaient leurs congénères se faire bouffer régulièrement. Il semble que cet homme vendait aussi quelques rats pour se faire un peu d’argent et c’est comme ça que notre petite rescapée a pu sortir de là.

Lorsque nous avons acheté les trois rats et les deux cages chez la dame, elle nous avait bien mentionné que l’une d’elles était très craintive, mais sans plus. Nous avons tout de suite remarqué une grande différence entre elle et les deux autres; alors que ses compagnes adorent se faire prendre et caresser, celle-ci se démène et cherche à s’échapper de nos mains avec frénésie. On sent son cœur battre à une vitesse incroyable et nous nous disions qu’elle était d’un tempérament stressé, mais on le serait à moins, lorsqu’on a vu tous ses compagnons mourir dévorés sous ses yeux. Les rats sont extrêmement intelligents et sociaux, en fait un rat seul dépérira car il a besoin d’interaction avec ses congénères. Nous avons donc un rat qui souffre de l’équivalent du ‘’syndrome post-traumatique’’.

Notre survivante semble avoir passé une étape importante dans sa vie durant cette semaine de vacances. Les trois rates ont reconnu la dame chez qui elles ont passé sept mois et même notre petite peureuse est allée à sa rencontre pour se faire caresser. À notre retour, elle s’est jointe aux deux autres pour venir dans nos bras et se faire cajoler, chose qu’elle ne fait jamais. Une fois à la maison, elle participait aux activités au lieu de rester à l’écart et elle s’approchait pour obtenir sa part de gâteries. On peut même la prendre dans nos bras sans qu’elle semble sur le point de faire une crise cardiaque.

Lorsque nous revenons à la maison après une absence de quelques jours, le seul chat en vue est généralement Grande Patronne qui trône sur la galerie avant. Les chiens sont dans leur enclos et je devrai aller investiguer ce que Tête de Mule a bien pu y faire comme bêtise, car elle est brune de la tête aux pattes, alors que Toutou Parfait est toute propre, évidemment. Peut-être que Tête de Mule est en train de creuser un tunnel pour la grande évasion, en tout cas, elle va avoir besoin d’un bon bain.

Pendant que nous défaisons nos bagages, nous avons vu apparaître un à un les autres chats, qui viennent nous dire bonjour. Au coucher, il ne manquait que Chaton Mignon, qui n’avait jamais été laissé seul si longtemps. Rappelons que nous vivons à la campagne, que les chats peuvent entrer et sortir à leur guise par une chatière et que le jeune voisin venait deux fois par jour pour nourrir toute la ménagerie et rentrer ∕ sortir les chiens. Chaton Mignon étant le bébé de Charmante Ado, elle était très inquiète de son absence et elle ne s’est pas endormie avant une heure trente du matin, espérant le voir arriver.

Lorsque je me suis levée ce matin, toujours pas de trace de Chaton Mignon. J’ai vérifié sur le site de la SPCA, qu’il ne figurait pas dans les animaux trouvés et nous discutions Tendre Moitié et moi de mettre des affiches dans le quartier pour le retrouver. J’ai décidé de monter voir dans la chambre de Charmante Ado au cas où il serait revenu durant la nuit. J’ai retrouvé Chaton Mignon confortablement installé aux côtés d’une Charmante Ado endormie. Il ronronnait comme une locomotive et s’est lové dans mes bras pour une séance de caresses.

Tout est bien dans le foyer de la famille Opus. Certaines personnes de notre entourage ne comprennent pas notre attachement aux animaux. On nous mentionne souvent les contraintes, le travail, les responsabilités qu’impliquent les animaux domestiques. Je crois que c’est un choix personnel, nous aimons les animaux et considérons ces responsabilités comme étant naturelles. Le fait de vivre à la campagne nous permet de leur donner une superbe qualité de vie, avec beaucoup d’espace et de liberté. Il est évident que nous ne pourrions pas faire la même chose si nous habitions en ville, alors que les risques pour les chats de se faire frapper par une voiture seraient énormes et que nos gros chiens seraient confinés à une minuscule cour arrière.

Nous sommes très chanceux d’avoir trouvé un endroit rural si près de la ville, qui nous permet de vivre avec des animaux tout en n’ayant pas à faire de longues distances pour le travail.

Chaton Mignon vient de sortir quelques minutes. Le revoilà qui rentre, s’assied au pied de l’escalier et miaule un petit coup pour réclamer son humain préféré qui repose encore dans les bras de Morphée. Il se résigne alors à l’attendre, bien installé dans le creux du sofa où Charmante Ado s’installe toujours. Il y restera jusqu’au réveil de sa préférée.

Petit à petit, les chats deviennent l’âme de la maison.    –   Jean Cocteau

Laisser passer l’orage

Montagne des Pyrénées

La bonne nouvelle est que je me suis levée très tôt. La moins bonne nouvelle est que je n’ai presque pas dormi à cause des orages. Ma Tête de Mule adorée a aussi passé une nuit blanche et nous avons même fait de l’exercice, elle courait comme une poule pas de tête dans l’escalier ainsi qu’à l’étage et je courais derrière elle en essayant de la rattraper.

Dire que Tête de Mule a peur des orages est devenu un euphémisme. Ce n’est plus de la peur, c’est une terreur, une phobie absolue. À côté d’elle, Toutou Parfait qui a tout de même un air vaguement inquiet lors d’un orage, affiche un calme olympien.

Le problème avec Tête de Mule, c’est que l’orage la met dans un état de panique prononcé. Elle ne supporte pas d’être seule et elle cherche à tout prix le contact humain pour être réconfortée. Depuis quelques semaines, elle a droit à tout le rez de chaussée pendant la nuit. Son seul obstacle est une barrière dans l’escalier qui mène à l’étage. Nous ne pouvons la laisser monter, car sa curiosité et son enthousiasme débordants envers nos trois rates, l’amènent à se jeter sur leur cage pour essayer de les atteindre, ce qui n’est pas bon du tout pour le petit coeur de nos rats, ni pour le grillage de la cage d’ailleurs, que j’ai déjà dû réparer une fois.

Donc, ma montagne blanche a sa couverture au rez-de chaussée alors que Toutou Parfait dort à l’étage, car naturellement elle ne touche pas aux rats, se contentant de gémir doucement à l’occasion, en les regardant. Au fait, Toutou Parfait a perdu tous ses kilos en trop de façon extrêmement rapide. C’est à se demander ce qu’il y a dans a bouffe à chat pour l’avoir fait gonfler si rapidement.  Depuis que son accès au plat des chats est bloqué, elle a retrouvé sa taille de jeunesse.

Revenons à Tête de Mule et à sa phobie. La nuit dernière, on aurait dit que la maison était bombardée tant son comportement était erratique. Pour un chien d’apparence si balourde, elle est très agile et même plus intelligente que l’on croit.

Elle peut sauter la barrière alors qu’elle n’a qu’un recul de quelques pieds au pas de l’escalier. Elle a aussi trouvé comment faire coulisser la barrière de bois pour l’entrouvrir et se frayer un chemin.

Cette nuit donc, elle a franchi la barrière une douzaine de fois, de manière de plus en plus créative et destructrice pour venir nous rejoindre en haut. Les rats n’ont pas beaucoup dormi eux non plus, je crois. Tendre Moitié et Charmante Ado ont passé à travers tout cela sans émerger des bras de Morphée.

On pourrait penser que si Tête de Mule cherche  à nous rejoindre, qu’un peu d’attention et de caresses la rassurerait un tant soit peu. Eh bien non. Il faut d’abord l’attraper, car elle court frénétiquement en fonçant dans tout, ensuite elle est impossible à calmer, mes pieds peuvent le confirmer, ayant été écrasés et griffés par mon molosse de cent livres, tout au long de la nuit.

À un certain moment, j’étais assise dans l’escalier devant la barrière à laquelle j’avais ajouté une chaise en équilibre pour la bloquer, et encore là, je devais lui parler fortement pour l’empêcher de démolir mon échafaudage.

J’ai finalement passé le reste de l’orage au rez de chaussée avec elle. Elle tournait en rond, mais était plus calme grâce à ma présence. Je lui ai ouvert la porte de la terrasse pour qu’elle voit la pluie torrentielle et cela a semblé la ramener à ses esprits. Elle s’est probablement dit qu’elle avait intérêt à se calmer, sinon j’étais bien capable de la mettre dehors avec ÇA. On appelle cela du chantage émotif, je crois.

Elle est tombée  d’épuisement aussitôt les orages terminés et j’ai pu réintégrer mon lit, mais pas le sommeil. Ce matin elle roupille béatement dans son enclos alors que je consomme café après café pour tenir le coup.

Ça me fait tout de même réaliser deux choses. D’abord Tète de Mule est beaucoup plus intelligente qu’elle ne le parait sous ses abords têtus. Ensuite, elle est aussi plus obéissante que ce que l’on croit, car cette barrière d’escalier n’empêche rien du tout. Tête de Mule peut la franchir dès qu’elle le veut et la seule raison pour laquelle elle ne le fait pas est (peut-être?) pour nous obéir, à moins que ce soit tout simplement parce qu’elle n’en a pas envie.

Je ne me sentais pas très affectueuse envers ma Tête de Mule la nuit dernière, mais en la regardant ce matin, si adorable dans son sommeil tranquille, je me dis que nous avons tous nos travers et nos particularités et qu’il faut s’en accommoder.

 

L’orage rajeunit les fleurs.   –   Charles Baudelaire 
Juillet, orage de nuit, peu de mal, mais que de bruit.    –   Dicton français

Sauter les barrières

Pyrénée

Il y a quelques mois je vous mentionnais que je trouvais que Tête de Mule n’avait pas droit aux mêmes avantages que Toutou Parfait et cela m’occasionnait un cas de conscience. Depuis, Tête de Mule a graduée de la salle de bains  à l’accès total de la cuisine, du hall d’entrée et de la salle de bains pendant la nuit.

Nous utilisons trois barrières de bébé pour bloquer l’accès au salon, à la salle à manger et au sous-sol. Cela fonctionne parfaitement bien depuis ce temps. Elle est sage comme une image sauf en cas d’orage ou de feux d’artifices. La semaine dernière, durant un orage, elle a sauté par dessus la barrière du sous-sol et elle a dévalé les marches jusqu’en bas. Elle semblait très étonnée de se retrouver au sous-sol.

Lors des feux d’artifices de la St-Jean, elle a sauté par dessus la barrière du salon trois fois et est montée à l’étage pour nous retrouver car elle avait peur. Ce matin, elle a décidé que l’aspirateur robot Roomba, qui démarre tout seul à neuf heures tous les matins depuis des mois, était un objet TRÈS effrayant, au point où elle a sauté la barrière de la salle à manger pour y échapper.

Nous n’installons pas ces barrières au ras du sol. Nous les mettons à environ 10 pouces (25 centimètres) du sol pour que les chats puissent circuler librement (Grande Patronne est plutôt corpulente). Cela fait une hauteur totale assez importante pour Tête de Mule qui n’est pas le chien le plus athlétique. Il faut croire que la peur lui donne des ailes.

Je réalise donc que mes trois barrières ne sont que du décor  de théâtre et que Tête de Mule reste du ‘’bon‘’ côté parce qu’ELLE le veut bien. Je pense donc lui donner accès au rez-de chaussée au complet dès ce soir. Je vais garder la barrière de bois qui bloque l’escalier vers l’étage seulement.

Tête de Mule fait beaucoup de progrès et du coup, sa vie devient plus intéressante. Les aboiements sont réglés grâce au collier anti-aboiement, donc, on n’est pas obligés de la rentrer parce qu’elle dérange les voisins, elle fait des tours en décapotable en alternance avec Toutou Parfait et maintenant, elle aura encore plus d’espace pour la nuit.

En passant, nous avons découvert un défaut à Toutou Parfait. Depuis quelques mois, je la voyais engraisser rapidement. Pourtant, je n’avais rien changé à sa nourriture. Nous avons essayé de couper les portions et de diminuer les biscuits au coucher (passant de quatre biscuits à deux, que je coupe pour en faire quatre morceaux, mais elle n’est pas dupe).

C’est en nous consultant que nous avons découvert le pot en roses. Personne n’est officiellement en charge de nourrir les chats, chacun remplit le bol lorsqu’il passe devant et voit qu’il est vide. Toutou Parfait dévore la nourriture des chats, nous l’avons surprise  à quelques reprises et elle sait très bien que n’est pas permis.

Depuis deux semaines,  j’ai mis le plat des chats hors de sa portée et elle retrouve rapidement sa taille normale. C’est vital pour elle car à presque huit ans, elle fait de l’arthrose et elle commence à avoir de la difficulté avec les escaliers.

Voilà, c’était une mise à jour de notre Arche de Noé.

Plus grand est l’obstacle, et plus grande est la gloire de lesurmonter.   –   Molière
Celui qui connaît les obstacles les renverse.     –   Sri Nisargadatta Maharaj

Manucure canine

pyrenees

Hier, j’ai coupé les griffes de Toutou Parfait et comme à l’habitude, elle s’est laissée faire même après que je lui ait accidentellement taillé une griffe un peu trop courte. Elle m’a laissé éponger les quelques gouttes de sang en me regardant avec un air de martyr, mais a vaillamment attendu la fin de la séance.

J’utilisais un nouveau coupe-griffes qui en fait était d’une piètre qualité. Les lames n’étaient pas assez solides pour les griffes d’un gros chien. Après l’incident, j’ai décidé de ne pas faire Tête de Mule, car avec elle c’est tout un cinéma chaque fois qu’on lui coupe les griffes. Une personne doit la maintenir couchée en se mettant à califourchon au dessus d’elle, sans s’appuyer bien sûr. Elle déteste les manucures et je n’allais pas essayer avec un outil défectueux.

Aujourd’hui, nous sommes allés échanger l’outil fautif pour un coupe-griffes de meilleure qualité (lire: plus cher). Par contre, au lieu de les tailler moi-même, j’ai envoyé Tendre Moitié et Charmante Ado au nouveau petit centre commercial tout près de chez nous. Il y a là entre autres, une animalerie qui fait des soins de toilettage et aujourd’hui c’était une journée porte ouverte pour attirer de nouveaux clients. Il y avait des jeux gonflables, des tirages, des spéciaux au restaurant et l’animalerie offrait la taille des griffes gratuite pour un chien.

Tête de Mule s’est donc vu offrir un tour en décapotable jusqu’au centre commercial. J’ai préféré faire le ménage plutôt que d’aller voir notre chien donner bien du fil à retordre à l’employée de l’animalerie.

Je me suis trompée royalement. Tête de Mule est arrivée comme  un reine trônant sur le siège arrière de la voiture. Elle est descendue, puis en laisse, a fait le tour de tous les enfants qui voulaient la caresser. Lorsqu’est venu le temps des griffes, elle s’est assise et a DONNÉ la patte à la technicienne et n’a pas bronché une seule fois durant toute l’opération. Elle se contentait de regarder autour d’elle avec intérêt et ne se souciait pas le moins du monde de ce qui se passait avec ses griffes.

Nous avons ainsi découvert que notre Tête de Mule est un chien très sociable qui aime les situations sociales où il y a beaucoup de gens. Elle ne passe pas inaperçue et  elle est extrêmement douce avec tout les gens qu’elle rencontre. Elle adore être caressée et cette petite sortie parmi le monde lui a fait le plus grand bien.

Ce n’est pas un chien que l’on amène partout habituellement, premièrement parce qu’elle est très grande et lourde. Elle prend beaucoup de place dans une voiture. Deuxièmement, Tête de Mule n’est pas un modèle d’obéissance et nous ne pensions pas qu’elle réagirait bien dans un endroit bruyant et plein d’enfant excités.

En fait, elle a changé du tout au tout en se retrouvant entourée de gens. Elle marchait au pas en laisse, s’asseyait sur demande et attendait bien calmement pendant que Tendre Moitié discutait avec des gens. Le comble a été de recevoir des compliments sur notre chien si bien dressé et si obéissant! On ne l’a jamais vue comme ça.

Nous avons immédiatement décidé de la socialiser le plus possible. Nous prévoyons amener les chiens en alternance lors de nos promenades en voiture, en autant que la destination soit intéressante pour eux. J’imagine que les chiens ont aussi besoin de voir du monde et des choses différentes, de sortir de la maison une fois de temps en temps Ce doit être bon pour leur moral, car pour Tête de Mule, cela a été miraculeux.

Je ne demande ce que le chien pense de nous lorsqu’il nous voit pisser dans son bol d’eau.    – Penny Ward Moser