Elle s’appelait Muësli

Muesli the BOSS

Grande Patronne n’est plus. Elle s’est éteinte hier à l’âge de 16 ans. Elle était devenue complètement sourde mais elle chassait encore il y 3 semaines et nous avait ramené un petit oiseau, toute fière de son coup. Nous avions finalement réussi à contrôler sa glande thyroïde après plus de six mois de médication et le vétérinaire ne voulait la revoir qu’en février prochain.

Elle semblait en forme pourtant ces derniers temps. Ce n’est que dans la soirée d’hier, qu’après consultation entre nous, nous avons réalisé que personne ne l’avait vu depuis le matin. Une courte recherche nous a mené vers un garde robe entrouvert où elle gisait, sans vie.

On ne sait pas au juste ce qui est arrivé, mais au moins elle n’a pas souffert durant une longue période et cela a été plutôt rapide. La veille encore, elle vaquait à ses occupations; passant beaucoup de temps avec l’un ou l’autre , installée sur un accoudoir de fauteuil ou de sofa, pour être près de nous.

Grande Patronne n’était plus la patronne des autres chats depuis quelques mois. Étrangement, Matou Tout Mêlé est devenu le Chat Numéro Un. Grande Patronne ne régnait plus mais aucun des autres chats ne l’embêtait pour autant. Elle a pu vivre ses vieux jours en paix.

Les trois chats qui nous restent ont passé toute leur vie dans cette maison, alors que Grande Patronne avait beaucoup voyagé. Elle est née aux Îles-de-la-Madeleine et elle a vécu dans le Grand Nord Québécois où,  un certain soir d’été, elle est même tombée face à face avec un ours qui fouillait les poubelles.

Elle n’avait peur de rien, aimait passer beaucoup de temps à l’extérieur, sauf en hiver, car elle détestait la neige et le froid. Elle entrait alors en quasi hibernation, ne se réveillant que pour aller manger, jusqu’au retour du beau temps.

Elle a connu une amitié particulière avec Fanny, notre chien précédent. Ces deux-là étaient de grandes copines qui mangeaient dans le même plat et dormaient dans les bras l’une de l’autre. Notre Toutou Parfait était aussi très protectrice envers Grande Patronne, en s’interposant pour contrer l’exubérance de Tête de Mule.

Ce n’est pas facile de voir nos animaux vieillir. Grande Patronne a eu une belle vie, elle a pu vivre dans le confort tout en ayant accès à la nature. Elle était bien nourrie, avec une nourriture scientifiquement développée pour les besoins des chats, tout en dégustant à l’occasion souris, grenouilles et oiseaux selon son goût et ses instincts de chasseuse.

La maisonnée fait l’objet d’une réorganisation depuis son départ. Les trois chats restants s’approprient l’ancien territoire de Grande Patronne et nous voyons apparaître de nouveaux compagnons dans nos lits et sur les fauteuils. Chacun s’ajuste à son absence en comblant le vide qu’elle a laissé. Matou tout mêlé et Vagabonde, qui sont respectivement le fils et sa mère, mais qui ne peuvent pas se sentir habituellement, ont ainsi décidé de partager notre lit, en maintenant le maximum de distance enter eux. Chaton Mignon continue de dormir avec sa Charmante Ado.

Ce sera notre premier Noël sans elle. Nous ne la verrons plus couchée sous le sapin au milieu des cadeaux.

Pour vous mes lecteurs, elle était Grande Patronne. Pour nous, elle s’appelait Muësli. Au revoir et merci Muësli. Tu as été un membre  à part entière de notre famille  et nous ne t’oublierons pas.

Il n’y a pas de chat ordinaire.   –   Colette
Chaque chat est un chef d’œuvre.   –   Léonard de Vinci 

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Chronique animale

Jack

Je vous ai déjà mentionné que j’avais un travail d’appoint dans une pension pour animaux. L’été étant la période des vacances pour bien des gens, les propriétaires d’animaux domestiques ont souvent le casse-tête de trouver un endroit pour leur protégés.

J’ai donc travaillé à cette pension pendant tout l’été, parfois quelques heures par semaine et souvent presque à plein temps. Un des gros avantages pour moi est que j’habite à deux minutes en voiture ou 20 minutes à pied de la pension.

C’est un travail très varié où l’on rencontre des chiens et des chats de toutes sortes et des maîtres parfois assez particuliers.

Les races qui ont la cote présentement chez les propriétaires de chiens, selon l’échantillon que j’ai rencontré à la pension, sont le caniche, le golden retriever, le schnauzer, le shih tzu, le husky et le labrador. La grande majorité des chiens qu’on nous apportent sont de race pure.

Nous rencontrons beaucoup de chiens qui ont été rescapés à travers la SPCA (Société pour la Prévention de la Cruauté envers les Animaux). Quelques-uns ont été maltraités et en sont restés traumatisés. J’aime bien voir que les gens les ont adoptés quand même et leur donnent l’attention dont ils ont tellement manqué.

Je préfère nettement les grands chiens aux tout petits, mais ce travail m’a donné l’occasion de rencontrer de minuscules chiens au cœur gros comme un Grand Danois. Je n’aime pas lorsque les gens transforment leur petit chien en bébé, en le portant tout le temps et en le traitant comme un enfant. Les chiens ont une dignité et il faut leur permettre d’être des chiens.

Quelques petits chiens ont ainsi gagné mon cœur, tel un petit shih tzu qui est resté trois semaines en pension et qui était extrêmement attachant. Il était le favori de tous, passait ses journées, soit avec les gens du toilettage ou avec la patronne dans ses bureaux à l’étage. Il pouvait circuler partout dans le Centre et à la fin, il se promenait avec des airs de propriétaire, se permettant même d’aboyer lorsque les clients entraient dans l’immeuble! Il défendait ainsi son chez soi, même temporaire, avec ferveur, du haut de ses quatre kilos.

Il y a eu des chiens formidables, tel un chien de race indéfinie, nommé Jack, qui semblait comprendre tout ce qu’on lui disait et qui était d’une patience d’ange avec tous les autres chiens. Il plantait son regard très expressif dans nos yeux et l’on pouvait croire que les chiens ont une âme, tellement il nous pénétrait. Celui-là, je l’aurais ramené chez moi illico, tellement il était spécial.

D’autres, sont arrivés craintifs et anxieux pour repartir épanouis et décontractés, comme ce jeune terrier Wheaten qui tremblait lorsqu’on l’approchait et avait peur des autres chiens. Il est resté trois semaines en pension et il s’est dégourdi, enhardi pour se révéler un chien très bon enfant, heureux de passer du temps tranquille avec des humains et tout aussi content de jouer avec de nouveaux copains chiens à chaque jour. Il obéissait prestement à toutes nos demandes et son séjour a été des plus agréables finalement, au point que sa maîtresse, qui devait le reprendre pour deux jours entre deux voyages, a finalement décidé de le laisser à la pension, vu qu’il s’amusait tellement.

Mes deux toutous me reniflent soigneusement lorsque je rentre le soir, se demandant si je ne les ai pas trahis avec d’autres chiens. J’ai amené Tête de Mule au Centre quelquefois, entre autre pour rencontrer un autre Montagne des Pyrénées qui y séjournait et qui portait le même nom que notre Toutou Parfait (Toutou Parfait et Tête de Mule étant des pseudonymes, vous l’aviez bien sûr deviné).

J’adore ce travail et j’y mets beaucoup d’énergie en maintenant aussi une page Facebook pour le Centre, où j’affiche des photographies des animaux en pension, alors qu’ils jouent entre eux à différents moments de la journée. Les propriétaires peuvent ainsi aller voir ce que fait leur chien durant leur absence et cela les rassurent de le voir s’amuser.

À la maison, nous avons perdu une de nos petites rates, ma préférée, Daisy. Elle est morte il y a dix jours, suite à une infection à l’oreille qui s’est transformée en abcès cérébral, malgré les antibiotiques. À la fin, je devais la nourrir à la seringue et elle ne pouvait presque plus bouger. Elle a été euthanasiée chez le vétérinaire. Elle est enterrée sur notre propriété, sous une plate bande où poussent entre autres, des pâquerettes (daisy = pâquerette ou marguerite). Une vie de rat est bien courte, de deux à trois ans seulement. Daisy avait 23 mois. Les deux autres sont en pleine forme et sont devenus plus affectueuses.

Voilà, c’était ma chronique ‘’Animaux’’. D’autre part, la rentrée scolaire approche à grands pas, les cours de piano recommencent sous peu et la routine plus structurée reprendra ses droits sur nos vies.

Charmante Ado entre au troisième secondaire, nous commencerons toutes les deux notre quatrième année de leçons de piano et ma fille veut faire du théâtre cette année ainsi que de la photographie. Je dois dire que j’ai crû déceler un certain talent chez elle, car elle a travaillé avec moi à la pension et elle prend de superbes photos avec des perspectives très soignées.

Le retour à une vie plus structurée devrait aussi me permettre de retrouver plus souvent ce blogue, qui a quelque peu dépéri durant l’été.

Tout le chien est dans son regard.   –   Paul Voltaire
Les chiens, qui ne savent rien, comprennent ce que nous disons, et nous qui savons tout, nous ne sommes pas encore parvenus à comprendre ce qu’ils disent.   –   Octave Mirbeau

Cure minceur féline

Grande Patronne

Je profite d’une récurrence de mes douleurs lombaires pour prendre une pause et donner de mes nouvelles. Tout d’abord, du côté de la faune familiale, nous avons Grande Patronne qui s’est mise à perdre du poids à une vitesse inquiétante.

C’est la doyenne de nos animaux, elle a maintenant 16 ans, ce qui équivaut, selon le vétérinaire, à 80 ans chez l’humain. Grande Patronne démontrait ces dernières semaines, un appétit phénoménal, au point, où elle grimpait sur la table lors des repas, pour tenter d’attraper le contenu de nos assiettes. Ce comportement était hautement inhabituel et cela nous a aussi mis la puce à l’oreille (sans jeu de mots) qu’elle était devenue complètement sourde avec l’âge.

Une petite visite chez le vétérinaire et un test sanguin ont permis de diagnostiquer une hyperthyroïdie, problème assez fréquent chez les chattes âgées. Grande Patronne, qui pesait 18 livres (8 kilos) est maintenant toute menue, à seulement 6.5 livres(3 kilos). Ce n’est pas flagrant sur la photo de droite ci- dessus, mais elle pèse trois fois moins que sur la photo de gauche.

C’est une maladie qui se contrôle assez bien avec la prise d’un médicament en comprimés, deux fois par jour. Elle a débuté le traitement il y a cinq jours et nous trouvons qu’elle commence déjà à se remplumer. Elle est plus paisible et mange normalement.

Toutou Parfait se porte à merveille. Elle trotte gaiement et peut même courir sans problème. Elle boîte encore un tout petit peu à l’occasion, mais on peut dire qu’elle est complètement rétablie de sa reconstruction du genou.

J’ai démonté l’abri d’hiver dans leur enclos et j’en ai profité pour leur mettre une petite terrasse en bois devant l’entrée des niches. C’est tout de suite devenu leur endroit préféré pour se prélasser au soleil.

Tête de Mule a souffert d’inconfort intestinal pendant une dizaine de jours, au point où elle refusait de dormir à l’intérieur de la maison la nuit. Chaque soir, elle pleurait pour sortir et si on n’obtempérait pas assez rapidement, on avait un petit ou un gros dégât à ramasser. Nous avons vite conclu qu’elle serait mieux à l’extérieur.

Finalement, tout est rentré dans l’ordre et elle contrôle de nouveau ses excrétions. Je crois que je suis fautive dans cet épisode car j’ai lorsqu’est venu le temps d’acheter de la nourriture pour chiens, je suis allée vers une saveur nouvelle, même si c’était leur marque habituelle. Les deux chiens ont adoré la nouvelle saveur (saumon) mais je crois que la digestion de Tête de Mule est un peu fragile. J’aurais dû l’acclimater lentement à la nouvelle nourriture au lieu d’y aller subitement du jour au lendemain. Enfin, elle s’en est remise et apprécie toujours cette saveur.

Je rencontre des chiens différents chaque semaine à la pension pour animaux. Ils sont tous adorables et c’est un vrai plaisir d’aller les promener et jouer avec eux. Charmante Ado vient avec moi le soir et les jours de congé scolaire. Même Tendre Moitié m’accompagne à l’occasion.

Les rénovations ont quelque peu ralenties avec mon problème de dos. Il y aussi une foule de choses à faire à l’extérieur, entre autres, ramasser une multitude de branches mortes sur plus d’un acre de terrain. L’hiver a été très dur sur nos arbres.

Côté travail, après un printemps plus que tranquille, Tendre Moitié est soudainement très occupé. Charmante Ado est légèrement moins charmante depuis qu’elle est entrée dans sa phase  »full ado ». Elle a l’art de nous montrer que nous ne sommes pas du tout pertinents ou de son temps. Tendre Moitié considère cela philosophiquement comme une phase typique de l’adolescence, j’ai un peu plus de difficulté à accepter le changement de ton et d’attitude. Disons, que nous avons des discussions intéressantes sur le respect, la gentillesse, la politesse et le souci de l’autre.

Malgré tout, il y parfois des moments où je retrouve ma petite fille agréable et affectueuse, elle n’est donc pas complètement disparue sous l’ado  »cool ». Heureusement, elle réussit toujours bien à l’école, elle fait du bénévolat et a d’excellentes amies, alors on ne peut pas trop se plaindre.

Voilà ce qui résume la vie de la famille Opus ces derniers temps. Je retourne soigner mon dos et je vous reviendrai plus fréquemment je l’espère, une fois rétablie.

Le bonheur, c’est avoir une bonne santé et une mauvaise mémoire.   –   Ingrid Bergman
L’adolescence est comme un cactus.   –   Anaïs Nin

Droit de vie ou de mort

chats

Je n’aime pas vous parler constamment de problèmes médicaux, mais c’est ce qui monopolise nos vies de ce temps-ci. Nous avons finalement un diagnostic pour Toutou Parfait: elle a une rupture du ligament croisé antérieur à la patte arrière gauche.  C’est au niveau du genou et  la meilleure solution est la chirurgie.

Elle subira donc une opération chirurgicale le 17 décembre. Je suis allée à une nouvelle clinique vétérinaire qui est à trente minutes de chez moi et les gens étaient absolument charmants. J’ai pu discuter avec trois vétérinaires différents et ils ont bien passé une heure à m’expliquer toutes les procédures, les risques, le pronostic, la récupération et le type de chirurgie qu’ils recommandaient.

Pour une fois, on ne me conseille pas l’opération la plus complexe et la plus coûteuse. Ils ont choisi une chirurgie plus simple, mais qui donne de bons résultats et qui est la moins coûteuse des trois possibilités. L’âge de Toutou Parfait, le degré d’arthrite et son niveau d’activité plus réduit qu’un chien plus jeune, font que la chirurgie moins complexe lui conviendrait mieux selon eux.

J’ai tout de même écrit au vétérinaire qui avait soigné Toutou Parfait pour sa nécrose de la glande salivaire il y a dix huit mois et je lui ai demandé son avis. Il faut noter que les deux procédures plus complexes et coûteuses devraient être faites à l’hôpital vétérinaire spécialisé où travaille ce vétérinaire,  mais j’ai très confiance en lui et je sais qu’il me conseillera ce qui est le mieux pour Toutou Parfait.

Il a confirmé que la procédure suggérée était ce qui était le plus approprié pour Toutou Parfait. J’aurais bien aimé la faire soigner à cet endroit absolument formidable, mais leurs prix sont extrêmement élevés et la chirurgie simple me coûterait le double si j’optais pour eux. Il faut dire que c’est un véritable hôpital, ouvert 24 heures par jour, avec une urgence, des civières, tout à fait  comme un hôpital pour humains.

Heureusement, le vétérinaire de la clinique, qui fera l’opération, a reçu la formation pour cette procédure à cet hôpital et il a pratiqué cette chirurgie à maintes reprises, avec succès.

Toutou Parfait doit perdre du poids car contrairement à l’humain qui se déchire habituellement un ligament du genou, suite à un mouvement brusque; chez les chiens, c’est plus une question d’usure et d’arthrite qui amène le ligament à lâcher. Il est donc très recommandé de maintenir un poids idéal pour éviter de surcharger le ligament. De plus le ligament de l’autre patte qui doit avoir le même degré d’usure que le le premier, pourrait lâcher lui aussi si elle ne maigrit pas.

Le taux de succès de la chirurgie dépend de plusieurs facteurs; l’âge, le poids, mais surtout de la période post-opératoire. Le chien  doit être calme et ne pas forcer sur l’articulation pendant la cicatrisation. Pendant au moins un mois, il ne doit pas faire d’exercice physique. Les sorties doivent se faire en laisse, uniquement pour les besoins.

Il n’est pas encore tout à fait certain que la chirurgie aura lieu. Le jour de l’opération, ils vont d’abord l’anesthésier puis faire des radiographies des hanches et des genoux. Il faut qu’il y ait un bon potentiel de récupération, ce qui veut dire pas trop d’arthrite. Sinon, nous aurons une décision à prendre pour la suite des choses. Il y a toujours la possibilité d’une attelle qui est portée sur la jambe pour la soutenir et qui pourrait faire l’affaire si l’opération n’est pas souhaitable, mais ce n’est pas l’idéal.

Ce ne fût pas une très bonne semaine financièrement; d’abord les visites chez le vétérinaire et ensuite un problème assez sérieux avec la voiture. Tout cela se chiffre à quelques milliers de dollars. Ce n’est pas la fin du monde mais ça nous amène à remettre encore une fois à plus tard le voyage en Europe, que nous voulions faire en février, le temps de remplumer le fonds d’urgence.

Nous avons eu une petite discussion familiale très courte pour décider de l’allocation d’argent: chirurgie pour Toutou Parfait ou voyage? Toutou Parfait a remporté le vote à l’unanimité.

Connaissant ma famille, je n’avais pas vraiment de doute sur la décision, mais je trouve vraiment inconfortable d’avoir la possibilité de décider de la vie ou de la mort d’un animal de compagnie.  Oui, Toutou Parfait est dans la force de l’âge, mais ce n’est qu’un problème mécanique qui peut être réparé. Comment la regarder dans les yeux  et choisir un voyage au lieu de la chirurgie? On me taxera d’hyper -sensiblerie mais j’ai vécu quelques expériences traumatisantes qui m’ont amenée à penser comme cela.

Lorsque j’étais enfant, à plusieurs reprises, quatre fois sur une période de dix ans, pour être exacte, mes parents ont fait euthanasier notre chat ou notre chien sans raison. Je partais pour l’école et  à mon retour  l’animal avait disparu. Lorsque je demandais pourquoi on l’avait fait tuer, on me répondait qu’ils n’en voulaient plus ou que c’était trop accaparant. C’est arrivé avec trois chats et un chien et je me suis jurée que jamais je ne ferais tuer un animal parce que je m’en étais lassée ou autre raison futile. Un animal n’est pas un bien de consommation jetable.

 Je n’ai fait euthanasié un animal qu’une seule fois. J’avais une chatte de 19 ans et demi, Cassie, qui est décédée paisiblement dans son sommeil. Un autre de nos chats, Kenny, avait alors 18 ans et demi et n’avait jamais vécu une seule journée sans elle. Il a arrêté de manger et de boire. Je l’ai amené chez la vétérinaire qui lui a fait plusieurs tests et m’a dit que ses reins ne fonctionnaient plus et qu’il n’y avait rien à faire. Elle lui a donné une injection qui prenait vingt minutes à faire complètement effet, il s’est endormi tout doucement dans mes bras et je lui ai parlé jusqu’au bout, en pleurant à chaudes larmes.

Je vais couper bien des choses plutôt que de négliger les soins d’un animal malade. J’ai choisis de le prendre chez moi et j’assume la responsabilité d’en prendre soin. Je n’irais pas jusqu’à l’acharnement thérapeutique, mais si sa qualité de vie peut être maintenue, les voyages et autres gâteries humaines vont céder leurs places pour les soins médicaux d’un animal.

On n’a pas deux cœurs, l’un pour l’homme, l’autre pour l’animal… On a du cœur ou on n’en a pas.      –  Alphonse de Lamartine

Chat noir ne porte pas malheur

Halloween

J’ai envoyé hier un manuscrit au concours littéraire de Radio Canada. Il fallait écrire une nouvelle comprenant entre 1200 et 1500 mots. J’avais un peu plus de 1900 mots et j’ai du travailler fort pour réduire le texte sans perdre quoi que ce soit d’essentiel à l’histoire. Je suis satisfaite du résultat final, à 1498 mots, l’histoire est serrée et sans temps mort, ce qui l’améliore je crois.

Les lauréats seront annoncés dans environ trois mois. Entretemps, il y a aussi un concours littéraire pour un récit, auquel je pense participer. Le dernier concours est pour la poésie, à laquelle je me suis un peu adonnée plus jeune, mais je n’ai pas grand talent de ce côté-là.

À part cela, aujourd’hui c’est Halloween, alors je vais vous parler de certaines particularités des chats, qu’ils soient noirs ou pas.

Comme je peux l’attester avec nos quatre chats et nos deux chiens, la cohabitation pacifique est définitivement possible entre chats et chiens. Une étude publiée en 2008 dans le journal Applied Animal Behavior Science a démontré que si l’on introduit ces animaux l’un à l’autre lorsque le chat a moins de six mois et le chien, moins d’un an, les deux espèces cohabiteront sans problème.

Les chercheurs croient que les conflits sont principalement causés par un bris de communication.  Les animaux qui se sont connus très jeunes semblent mieux comprendre les signaux de l’autre espèce, comme s’ils étaient en quelque sorte bilingues.

Même s’ils ont un maintien digne et fier, les chats sont probablement moins intelligents que les chiens. Une étude publiée dans le journal Proceedings of the National Academy of Sciences en 2010 suggère que les espèces plus sociales comme le chien ont connu une plus grande croissance cérébrale sur une période de soixante millions d’années, que les animaux solitaires comme les chats.

Une autre étude, publiée en 2009 dans le New Scientist magazine a aussi démontré que l’intelligence des chiens serait supérieure à celle des chats. Les chiens étaient plus brillants dans certains domaines et les chats dans d’autres, mais les chercheurs ont jugés que les chiens remportaient la palme parce qu’ils étaient plus utiles que les chats. Un chien peut aider lors des sauvetages ou dénicher de la drogue avec son odorat par exemple. Les chats eux peuvent attraper de la vermine. Certains argumenteraient que le refus des chats à se soumettre à un dressage sérieux est en soit une marque d’intelligence.

Même si les chiens ont une vie sociale plus riche, les chats ont tout de même quelques atouts. Les chercheurs de la Wildlife Conservation Society ont enregistré en 2010, un chat sauvage, le margay,  qui imitait le cri de sa proie, un tamarin, qui est une espèce de petit singe, en essayant de l’attirer.

On a aussi découvert dans une étude publiée en 2009 dans Current Biolgy, que les chats possèdent un cri associé à un ronronnement qui est difficile à ignorer pour les humains. Les chats utilisent principalement ce cri lorsqu’ils veulent de la nourriture et leurs maîtres captent le message comme étant plus désagréable et plus urgent.

Un seul de nos quatre chats utilise ce genre de cri et c’est Grande Patronne, le Chat Numéro Un. Ce rappel à l’ordre est effectivement assez désagréable et semble vouloir dire : Je suis encore de bonne humeur mais ça ne saurait  durer si vous ne me donnez pas du lait immédiatement!

Pour ce qui est de l’intelligence, je crois qu’on ne peut pas vraiment comparer une espèce sociale avec une espèce plus indépendante et solitaire. Les chats sont plus autonomes et lorsqu’ils viennent nous voir pour quémander de l’affection, nous savons que c’est vraiment ce qu’ils désirent. Les chiens eux, voudraient être toujours avec nous et pourraient être caressés pendant des heures sans y trouver à redire. Un chat va battre de la queue pour signifier que ça suffit les caresses et si l’on ne comprend pas ce message, pourtant clair, nous aurons un coup de griffe ou il sautera par terre avec un air exaspéré.

Chat ou chien, chacun est différent et nous ne préférons pas l’un à l’autre. Ils font partie de la famille et leurs particularités sont sources d’anecdotes et d’histoires mémorables.

On ne choisit jamais un chat : c’est lui qui vous choisit.   –    Philippe Ragueneau                     
Un chat ne voit pas quelle raison il aurait d’obéir à un autre animal, fût-il sur deux pattes.    –   S. Thomson