Bonheur tranquille ou crise hystérique?

hystérie

Avez-vous remarqué que les réactions des gens à des évènements tout à fait ordinaires, sont parfois complètement hors de proportion?

Je pense en particulier à ce que l’on voit à la télé, que ce soit une publicité de savon à lessive ou de déodorant; on nous montre fréquemment des gens pratiquement en extase devant ce fantastique produit qui augmente considérablement leur qualité de vie. Je ne sais pas pour vous, mais dans mon cas, aucun produit ne me fait cet effet là.

On pourrait dire que c’est normal  d’exagérer, pour  la publicité, mais qu’en est-il des émissions de jeux télévisés où on ne voit jamais de gens calmes et posés, ce sont toujours des gens aux réactions et aux gestes démesurés.

La même chose se produit avec les émissions de téléréalité. Ce sont toujours des gens extravertis, qui réagissent avec emphase à la moindre provocation imaginée ou réelle et qui n’hésitent pas à mettre le paquet, côté émotions et comportement. J’imagine que ce type de personnes amène de meilleures cotes d’écoute.

Cette propension à l’exagération se retrouve aussi dans la population en général, surtout lorsque nous sommes en groupe. Pensons seulement au délire d’enthousiasme lors des matchs sportifs. Lorsqu’il y a un but, nous affichons alors une exubérance et une joie hors du commun avec notre réaction habituelle lorsque nous sommes seuls à regarder

Lorsqu’on regarde une publicité où une femme mange son yogourt avec délectation, en rejetant sa tête en arrière et en se fermant les yeux tant le plaisir est intense, on en vient à se demander si ce niveau d’intensité, cette euphorie, ne serait pas un état émotionnel idéal.

Nous en sommes presque rendus à définir les moments de plaisir comme des moments extraordinaires qui nous coupent le souffle. Tout doit être ‘’Wow’’, sinon, nous avons le sentiment d’avoir manqué le bateau.

Il est vrai que l’excitation est une chose positive et nécessaire. Le bonheur, par contre est complètement différent, il est plus calme mais en même temps plus enrichissant.

Lorsqu’on voit un gagnant d’un jeu télévisé se mettre à trembler et à crier en gesticulant; nous nous disons qu’il est fou de bonheur. Il serait plutôt dans un haut niveau d’excitation. De plus, cet état fébrile est souvent suivi d’un vague sentiment dépressif.

Cette recherche d’excitation toujours grandissante, où le niveau d’intensité doit dépasser celui de l’activité précédente nous entraîne dans une quête sans fin.

Certains moments qui ne nous ont pas semblé remarquables au moment où ils se déroulaient, nous laissent pourtant un souvenir impérissable.

Des choses simples, comme regarder un coucher de soleil avec son amoureux, passer une journée au bord de l’océan entre amis ou une activité en famille telle que cueillir des pommes, nous procurent un plaisir riche en textures, en odeurs et saveurs qui laisseront une sensation plus durable que tous ces moments frénétiques.

Le vrai plaisir est beaucoup plus tranquille qu’un manège de montagnes russes ou que la prochaine poursuite d’adrénaline.

Nous pouvons toujours continuer à hurler de manière hystérique lorsque notre équipe favorite gagne ou nous réjouir de l’enthousiasme de la femme qui fait les poussières, quasi en état d’extase, dans une publicité télévisée. Le secret, c’est de ne pas prendre ces réactions sérieusement et de réaliser que le bonheur est toujours plus serein qu’excité.

Les Blancs veulent toujours quelque chose; ils sont constamment mal à l’aise et inquiets. Nous ne comprenons pas ce qu’ils veulent et nous ne les comprenons pas. Nous croyons qu’ils sont tous fous.    –    Commentaire d’un Amérindien Pueblo  au psychiatre Carl Jung

 

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L’économie du bonheur

argent et bonheur

On dit souvent que l’argent n’apporte pas le bonheur mais nous agissons tout de même comme si c’était le cas. Cela pourrait sembler raisonnable de penser que plus d’argent augmenterait notre bonheur.

L’argent après tout, nous permettrait de faire ce que l’on désire et d’acheter les biens qui nous font envie. Il nous donnerait la liberté de profiter de nos passe-temps favoris.

Pourtant, toutes les études démontrent qu’il n’y a qu’une relation modérée entre avoir plus d’argent et être heureux. Certains vont jusqu’à dire que cette relation est très faible et que l’argent a très peu à voir avec le bonheur.

Le plus étrange est que quoique nous disions être conscients que l’argent n’apporte pas le bonheur, nous continuons  à agir comme si plus d’argent allait nous rendre heureux.

Les biens matériels ne nous rendent pas heureux car ils n’ont qu’un effet temporaire sur notre sentiment de bonheur. Plus nous gagnons de l’argent, plus nous développons des désirs d’acquisitions pour des biens matériels plus coûteux.

Les gens continuent de penser que l’argent les rendra heureux parce que c’est ce qu’ils voient les autres faire autour d’eux. Nous travaillons fort pour obtenir une promotion, nous achetons une plus grosse maison, nous changeons de voiture aux deux ans, toutes ces choses proclament haut et fort que nous avons réussi dans la vie.

Nous savons que ce qui nous rend heureux est de faire quelque chose d’important à nos yeux et de profiter de relations sociales de qualité. Pourtant, nous continuons à nous concentrer sur l’argent au lieu de nous soucier de ce qui nous profiterait vraiment.

Il semblerait que nous ne voyons pas les alternatives.  Nous ramenons tout à l’argent parce que c’est ainsi que fonctionne la société. La publicité, la télévision, les articles de revues sur les gens riches et célèbres nous montrent tous des choses qui ne s’obtiennent qu’avec de l’argent.

L’argent nous donne l’illusion d’avoir tout ce qu’il nous faut, mais malheureusement, nous ressentons tout de même qu’il nous manque quelque chose, sans pouvoir identifier ce que c’est.

Lorsqu’on demande aux gens combien d’argent en plus les rendraient heureux, la moyenne est habituellement 20% de plus que ce qu’ils gagnent en ce moment.  Pourtant, des études ont démontrées que le taux de bonheur des gens n’augmentait pas à la hauteur de leur hausse de revenus.

Des études ont été réalisées en analysant les revenus des participants pendant plusieurs années ainsi que leur sensation de bonheur. Les résultats  ont démontrées que plus d’argent n’apportait pas nécessairement plus de bonheur.

Pourquoi alors est-on persuadé du contraire? Une de raisons pourrait être que lorsque nous envisageons un futur avec plus d’argent,  nous avons une certaine somme et un niveau de vie correspondant en tête. Par contre,  nous assumons inconsciemment que tous les gens qui nous entourent resteront au même niveau économique et que nous seuls, nous démarquerons.

En fait, généralement, lorsque nos revenus grimpent au fil des années, les revenus des gens de notre entourage augmentent aussi. Notre point de comparaison reste inchangé, nous n’avons pas plus que les autres, le niveau de vie de chacun a graduellement augmenté avec le temps, alors nous nous imaginons que ce n’est pas tout à fait cela et qu’un autre 20% de plus ferait sûrement toute la différence.

Les valeurs monétaires que nous imaginons pouvoir nous combler, sont basées sur des conditions matérielles qui vont elles aussi augmenter. Nous ne voulons pas seulement d’un vague surplus, nous pensons avoir besoin de plus comparé aux autres; davantage que ce que nous avons ou observons autour de nous présentement.

À mesure que nos revenus et ceux de notre entourage augmentent, nous nous habituons à ces nouvelles conditions matérielles. Nous ne sommes ainsi jamais heureux car cette quête ne nous apporte pas la satisfaction imaginée.

Nous avons un nombre limité de minutes dans notre vie et nous devons choisir à quoi les utiliser. Passer du temps en famille, avec des amis, aura un plus grand effet sur notre niveau de bonheur à long terme que d’obtenir plus d’argent.

On veut gagner de l’argent pour vivre heureux et tout l’effort et le meilleur d’une vie se concentrent pour le gain de cet argent. Le bonheur est oublié, le moyen pris pour la fin.    –   Albert Camus

Apprécier ce que l’on a

positifIl semblerait que la technique suivante soit la meilleure pour augmenter notre bonheur à long terme. Elle a été suggérée pour la première fois par le professeur Martin Seligman de l’université dela Pensylvanie.

Chaque soir, nous devrions prévoir une dizaine de minutes avant de nous endormir pour mettre par écrit trois choses qui se sont bien déroulées dans notre journée et les raisons pour lesquelles elles se sont bien déroulées. Nous pouvons les inscrire dans un journal personnel ou à l’ordinateur, mais il est important d’avoir un enregistrement physique de vos écrits.

Les trois choses n’ont pas à être d’une importance capitale, (mon mari m’a rapporté mon dessert préféré de l’épicerie aujourd’hui), mais ça peut aussi être quelque chose de vraiment important (ma sœur a accouché d’un garçon en santé aujourd’hui).

Après chaque évènement positif, il faut aussi indiquer pourquoi les choses se sont bien déroulées. Par exemple, si notre mari nous a rapporté un dessert, la réponse pourrait être ‘’parce qu’il lui arrive d’être vraiment attentionné envers moi’’ ou bien ‘’parce que je lui ai téléphoné et lui ai rappelé d’arrêter au magasin en rentrant du travail’’.

Trouver trois choses positives à écrire chaque jour peut sembler parfois difficile et artificiel, mais en persévérant pendant une semaine, cela deviendra plus facile. Il semblerait que nous nous sentirons moins déprimé, plus heureux et accro à cet exercice si nous persévérons pendant six mois.

Le professeur Robert A. Emmons de l’université dela Californie, recommande lui aussi de tenir ce qu’il appelle un journal de gratitude ou de reconnaissance. Selon lui, ceux qui le font sur une base régulière sont plus sujets à progresser dans leurs objectifs personnels, parce que leur attitude devient plus positive.

Cela revient un peu à l’adage populaire qui dit qu’il faut apprécier notre bonne fortune. Au lieu de revoir les mauvais évènements de la journée et ce qui ne s’est pas bien passé, nous pouvons changer de chaîne et sélectionner des pensées plus positives, qui soulignent les évènements positifs.

Ceci est un de mes petits travers de personnalité. J’ai tendance à me concentrer sur le négatif, ce qui ne m’apporte absolument rien. Si je décide consciemment de me concentrer sur ce qui s’est bien passé, cela ne pourra qu’améliorer ma vie.

Je ne suis pas très nouvel âge ou portée sur l’ésotérisme. Je préfère la science et le concret. J’ai passé plusieurs fois sur les écrits de Matin Seligman et la psychologie positive mais je crois que je vais finalement faire l’essai de cette technique. Cela ne peut pas nuire et peut-être que cela colorera ma vie de façon un peu plus positive, on ne sait jamais!

Apprécier le moment présent autant que faire se peut.    –  Hubert Selby Junior
Le secret du bonheur ne consiste pas à rechercher toujours plus, mais à développer la capacité d’apprécier avec moins.    –   Dan Millman

Il n’y a pas de honte à préférer le bonheur

BONHEUR

Lorsqu’un jeune envisage la vieillesse, c’est souvent dans des termes d’articulations raides, de muscles affaiblis, de vision diminuée et de mémoire défaillante. Il n’y a rien de bien réjouissant dans cette perspective.

Pourtant, la vie n’est pas un lent et long déclin vers la décrépitude. Il semblerait que le diagramme de la vie ressemble davantage à un U qu’à une ligne descendante.

Lorsque nous débutons notre vie adulte, nous sommes en général assez positifs et heureux. Ce sentiment se dégrade lentement jusqu’à l’âge mûr, pour atteindre un plancher qui provoque parfois une crise de la quarantaine.

Une fois le fond atteint, notre perspective s’améliore, malgré nos pertes de vitalité, d’acuité mentale et de nos atouts physiques à mesure que nous vieillissons. Ces pertes sont compensées selon une étude, par l’atteinte d’un certain équilibre et une vision plus positive de notre réalité.

En étudiant ce qui rend les gens heureux, les chercheurs ont réalisé qu’il y avait quatre facteurs principaux qui influençaient les résultats; le genre, la personnalité, les circonstances environnementales et l’âge.

Les femmes semblent-ils sont légèrement plus heureuse que les hommes, mais elles sont aussi plus sujettes à la dépression. Un quart à un cinquième des femmes passeront à travers une dépression au cours de leur vie, pour les hommes, c’est un homme sur dix.

Deux traits de personnalité semblent particulièrement  importants; le névrotisme et l’extraversion.  Les personnes névrotiques sont plus sujettes à ressentir de la culpabilité, de la colère et de l’anxiété et à être moins heureuses. Il semblerait que le névrotisme soit un trait de personnalité stable et un bon moyen de prédire le niveau de bonheur d’une personne.

L’extraversion est un trait que l’on retrouve chez les personnes qui sont sociables, aiment les fêtes, les soirées entre amis et qui favorisent le travail en équipe.

Les circonstances de notre vie affectent notre sentiment de plénitude. La qualité de nos relations, notre niveau d’éducation, nos revenus et notre santé ont tous un effet sur nous. Être marié améliore notre sentiment de bonheur, une perte d’emploi le diminue de façon encore plus marquante.

Le dernier facteur est  L’âge.  Selon une étude réalisée en 2006 par Peter Ubel, de l’Université Duke, les gens de 70 ans se disent plus heureux que ne le font les jeunes de 30 ans.

Nous sommes à notre étape la moins heureuse durant la quarantaine et la cinquantaine. Mondialement, notre point le plus bas surviendrait en moyenne vers l’âge de 46 ans.

Des chercheurs du Collège Datmouth ont examiné les données de 72 pays.  Les Ukrainiens atteignent l’âge où ils sont le moins heureux vers 62 ans, les Suisses eux, atteignent le fond du baril  beaucoup tôt, vers 35 ans, mais dans la grande majorité des pays, les gens sont le plus malheureux  dans la quarantaine ou le début de la cinquantaine.

Si on examine le contentement et qu’on sépare les sentiments négatifs des sentiments positifs, on peut voir qu’il y a des variations qui suivent elles aussi la forme d’un U tout au long de notre vie.

Le plaisir et le bonheur diminuent à partir du début de la vie adulte jusqu’à l’âge mûr, pour augmenter par la suite. Le stress augmente au début de la vingtaine, puis diminue rapidement.   L’inquiétude atteint son plus haut niveau à l’âge mûr puis redescend rapidement. La colère est un sentiment qui est plus fréquent au début de la vie adulte, mais il diminue tout au long de notre vie. La tristesse augmente légèrement à l’âge mûr mais régresse par la suite.

En cherchant une cause pour cette baisse de satisfaction dans la quarantaine, plusieurs avenues sont possibles. Les gens de cet âge ont souvent des adolescents. Est-ce que le fait de partager sa vie avec un adolescent revendicateur et d’humeur inconstante rendrait les gens moins heureux? Les gens dans la fleur de l’âge sont généralement plus fortunés. Sont-ils plus heureux parce qu’ils n’ont pas de soucis financiers?

Il semblerait que non. Si l’on examine les données des études en tenant compte de l’argent, du statut d’emploi ou des enfants, la forme en U demeure tout de même.

Les chercheurs en sont venus à la conclusion que ce sentiment de bonheur grandissant que l’on ressent passé le creux de l’âge mûr, serait dû à des changements internes plutôt qu’externes.

Les gens se comportent différemment selon leur âge. Les gens plus âgés se disputent moins et trouvent de meilleures solutions aux conflits. Ils contrôlent mieux leurs émotions, acceptent mieux leurs malheurs et sont moins enclins à se mettre en colère.

Une étude a fait écouter des enregistrements à deux groupes de participants, un groupe jeune et un groupe plus âgé. On a prétendu que les enregistrements étaient des gens qui parlaient en mal des participants. Les jeunes comme les vieux ont été attristés d’entendre les enregistrements, mais les gens plus âgés étaient moins fâchés et moins enclins à porter un jugement, déclarant plutôt qu’ils ne pouvaient pas plaire à tout le monde tout le temps.

La plupart des gens en viennent à accepter leurs forces et leurs faiblesses et réalisent qu’ils n’atteindront pas tous leurs rêves de jeunesse. L’âge nous permettrait de développer une acceptation réaliste de soi, ce qui évite les déceptions et les désillusions.

Peut-être que le point le plus bas de notre vie est lorsque nous regardons derrière nous et constatons que nous n’avons pas tout fait ce dont nous rêvions. La déception peut être vive de ne pas avoir réalisé un potentiel que nous croyions posséder. Nos idéaux et nos rêves sont cruciaux pour nous donner de l‘énergie et nous propulser dans notre vie d’adulte.

Une fois l’âge mûr atteint, la mer est plus calme, nos attentes moins utopiques et notre tempérament s’est adouci. On pourra aller de l’avant et recommencer  à être heureux lorsque l’on réalisera que ce n’est pas fini et qu’avec les outils acquis de notre expérience, nous pouvons planifier, de façon réaliste cette fois-ci, ce que nous allons faire du temps qui nous reste.  Et nous serons plus heureux aussi.

Dans le titre:  Il n’y a pas de honte à préférer le bonheur.   –   Albert Camus
Être vieux est merveilleux, si seulement on n’oublie pas ce que signifie commencer .   –   Theodor Herzl

Le bonheur, c’est apprécier ce que l’on obtient

apprécier

L’adaptation hédoniste est la théorie voulant que notre niveau de bonheur augmente lorsque des choses agréables nous arrivent mais que nous retournerons toujours à un niveau préétabli génétiquement de bonheur. C’est un peu un phénomène d’accoutumance. Les malheurs nous affecteront dans l’autre sens mais nous retrouverons éventuellement notre niveau préétabli là aussi.

Il semblerait selon les études de deux chercheurs, les psychologues Kennon Sheldon de l’Université du Missouri et Sonja Lyubomirsky de l’Université de la Californie, que de simples changements dans notre style de vie pourraient nous aider à être un peu plus heureux.

Il y a des gens d’un naturel sombre et d’autres qui sont exubérants. Les deux psychologues voient notre prédisposition naturelle au bonheur davantage comme une gamme de niveaux sur une échelle que comme un point fixe et ils postulent que nous nous déplaçons continuellement  de haut en bas sur les niveaux de notre échelle personnelle. Ils pensent qu’il est possible pour nous de parvenir à rester plus longtemps au sommet de l’échelle même si nous aurons toujours tendance à redescendre vers notre prédisposition naturelle ou génétique.

Les mots clés pour y arriver seraient la variété et l’appréciation. Il faut rechercher les nouvelles expériences qui modifieront notre vie. Pour garder un  amour vivant par exemple, il faut y introduire de nouvelles expériences et un peu de variété et apprécier ce que nous avons en reconnaissant que nous aurions pu ne pas l’avoir et que nous pourrions un jour le perdre. La volonté consciente d’apprécier ce que l’on a, nous évite la démangeaison d’en vouloir davantage trop tôt.

Sans ces efforts, nous risquons de perdre intérêt et de chercher quelque chose de ‘’mieux’’ ailleurs. Nous sommes des éternels insatisfaits et cela nous ramène  invariablement à notre niveau préprogrammé de bonheur.

Dans une étude comprenant  481 étudiants, il leur a été demandé pendant deux semestres  de mesurer leur niveau de bonheur et de déterminer si le fait d’apprécier ou de savourer les bonnes choses pouvaient le faire durer quelques semaines.

Dans la plupart des cas l’appréciation ne prolongeait pas le sentiment de bonheur et les étudiants retournaient rapidement à leur niveau initial de bonheur. La majorité des étudiants s’est habituée au changement qui avait amené une plus grande sensation de bonheur. Ils ont cessé d’être aussi heureux parce qu’ils se sont mis à en vouloir plus et ont augmenté leurs standards, ou ils ont cessé de voir le changement comme une nouvelle expérience positive et l’ont considéré comme un état de fait.

Par exemple, le plaisir à se promener dans une nouvelle voiture a été remplacé par le souhait d’avoir un véhicule plus performant, plus sportif ou plus coûteux .

Il y avait par contre quelques participants qui étaient capables de maintenir un plus haut niveau de bonheur en le gardant frais, en se le remémorant et en appréciant ce qu’ils avaient.  Ceux-ci continuaient à avoir de nouvelles expériences en relation avec le changement, ce qui gardait leur taux de bonheur élevé.

Les deux chercheurs et d’autres scientifiques ont déterminé qu’environ 50% de notre niveau de bonheur est prédéterminé par nos gènes.

Notre environnement et les circonstances qui nous entourent comptent pour seulement 10%.  Cela représente notre état de santé, notre vie amoureuse, notre emploi ou notre situation financière. Le reste, 40%, serait sous notre contrôle et dépendrait de notre manière de voir les choses et notre comportement. Ce 40% représente nos pensées, nos sentiments, paroles et actions.

Grâce eux, nous pouvons hausser notre niveau de bonheur.

Les auteurs de l’étude notent que ce ne sont pas tous les changements agréables qui amèneront un taux de bonheur plus élevé de façon durable. La possession d’un nouvel objet tout neuf peut nous rendre plus heureux temporairement mais pour que ce bonheur soit durable, il faudrait que cette expérience positive se produise de nouveau chaque jour et qu’elle soit appréciée autant que la journée précédente pour avoir un effet durable.

Un nouveau bien ne procure pas de nouvelles expériences positives. Nous nous habituons très rapidement à sa présence et il ne nous apporte plus de satisfaction. Après un certain temps, nous ne le voyons même plus comme étant nouveau ou excitant. Nous désirons donc un nouvel objet qui lui, sûrement nous apportera le bonheur.

Beaucoup d’achats de biens matériels se révèlent alors n’être que des mesures éphémères pour essayer d’augmenter notre sentiment de bonheur.

La seule manière de vraiment influencer ce qui nous rend heureux est de modifier notre perception, en cherchant à renouveler et à garder frais à notre esprit le sentiment de nouveauté et en appréciant davantage les bonnes choses qui nous arrivent.

Le secret du bonheur ne consiste pas à rechercher toujours plus, mais à développer la capacité d’apprécier avec moins.   –   Dan Millman
Dans le titre: La réussite, c’est obtenir ce que l’on veut. Le bonheur, c’est apprécier ce que l’on obtient.     –    H. Jackson Brown