Mise à jour et nouveau visiteur

visiteur

Le lancement officiel de Windows 8 avait lieu hier. J’avais droit à une mise à jour pour seulement 14.99$ car j’ai acheté un ordinateur portable il y a seulement quelques mois, et cette promotion y était rattachée.  Avant de la télécharger, j’ai lu une foule d’évaluations et de commentaires pour me faire une idée.

Les grands médias et les blogues technologiques semblent avoir une opinion plutôt favorable alors que certains blogues plus mineurs semblent le détester. Lorsque j’ai voulu l’installer, le système m’a annoncé que ma vénérable suite de Microsoft Office 2003 n’était pas compatible avec Windows 8. On ne peut pas dire que je me jette sur les mises à jour de logiciels habituellement, puisque que j’ai laissé passer les versions 2007 et 2010 sans sourciller. Toutefois, je me  disais  qu’il serait finalement opportun de rafraîchir ma suite Office.

J’ai donc installé Windows 8 et je dois dire que j’aime bien. Il semble que les fonctionnalités soient conçues pour les écrans tactiles. Mon ordinateur portable n’est pas tactile, mais j’apprécie la présentation et les  »tuiles » qui remplacent les icônes dans l’écran d’accueil. J’ai  aussi découvert que l’ancien bureau (desktop) de Windows 7 reste toujours disponible et j’ai pu utiliser Word et Excel 2003 sans problème à partir de là. Cela fonctionne aussi dans Windows 8, alors je ne comprends pas trop pourquoi c’était indiqué que cette version n’était pas compatible. Tant mieux, cela me laisse le loisir d’attendre que MS Office 2010 soit en solde.

À la maison, nous avons un ordinateur de bureau pour le travail, trois ordinateurs portables et deux iPad. Tendre Moitié adore son iPad mais personnellement, je ne suis pas tombée en amour avec le produit. En fait le deuxième iPad, qui est sensé être pour moi est plus souvent utilisé par Charmante Ado, quoique qu’elle préfère aussi son ordinateur portable. Même avec un clavier Bluetooth, le iPad ne convient pas à mes besoins. J’utilise énormément Word et Excel, je dirais que 80% de mon utilisation se fait avec ses deux logiciels.

Je ne déteste pas Apple comme certains adeptes d’Android ou de PC. J’admire même les MacBook et MacBook Air lorsque je les vois en magasin et peut-être qu’un jour, je ferai le saut. Je trouve le design fabuleux et j’aimerais bien en essayer un pour me faire une idée.

À part cette mise à jour technologique, nous avons profité du beau temps pour faire un Barbecue et manger sur la terrasse. Il faut absolument que nous réparions une des deux niches des chiens car notre Tête de Mule a arraché la moitié du plancher de bois de sa niche. Elle se couche maintenant dans le trou qu’elle a fait et semble apprécier cette rénovation. Je dois aussi cloisonner une partie de leur enclos pour que les niches soient un peu isolées du vent et de la neige pour l’hiver. Je rajoute aussi un toit sur cette section, alors cela leur fait un abri tout à fait convenable.  Cette année, Tendre Moitié a acheté une lampe chauffante pour mettre dans la niche de Toutou Parfait, à cause de son arthrite. Les chiens sont seulement dehors lorsque nous sommes absents durant l’hiver et uniquement durant la journée.

Nous avons un nouveau visiteur qui s’introduit en catimini sur notre terrasse, qui est en fait un genre de solarium avec un toit en pente et des murs avec moustiquaires. Notre nouvelle bestiole est un écureuil roux que Charmante Ado a baptisé Fifi. Cet écureuil ADORE les biscuits pour chiens. Nous gardons sur la terrasse un grand seau en plastique avec couvercle, rempli de biscuits pour chiens. Fifi est très adroite et elle arrive à retirer le couvercle pour piger dans le seau. Elle fait ainsi plusieurs fois le trajet entre la terrasse et son arbre favori, un magnifique sapin dont les branches effleurent le toit de la terrasse.

Les chiennes ne réagissent même plus lorsque Fifi leur passe sous le nez. Je crois qu’elles considèrent Fifi comme un nouveau membre de la famille. C’est vrai qu’il y a une certaine ressemblance entre Fifi et nos rats. Lorsque nous allons sur la terrasse alors qu’elle est occupée à se servir en biscuits, elle proteste avec véhémence et s’enfuit en lâchant des hauts cris. Si j’en crois son ardeur, elle va probablement manger des biscuits pour chiens tout l’hiver.

Les écureuils sont souvent considérés comme de la vermine, mais je les trouve plutôt mignons et même les chiens semblent prêts à partager leurs biscuits. Une si petite bête doit posséder une certaine audace pour oser pénétrer dans une pièce fermée (elle entre par un espace dans l’entretoit) et passer sans cesse devant deux énormes chiens qui la regardent d’un air intéressé mais un peu blasé. Je n’ai pas le coeur à chasser cette petite bête, nous sommes à la campagne après tout, il est normal qu’il y ait une certaine faune aux alentours. Même les chats n’embêtent pas cet écureuil, ce qui est assez surprenant.

Les écureuils, dit-on, amassent leur nourriture dans des cachettes qu’ensuite ils ne savent plus retrouver. Un tel oubli me semble lumineux et mystérieusement sage.
–    Christian Bobin

Et c’est quoi après tout, un écureuil? Un rat avec une bonne attachée de presse. Rien de plus. Enlevez-lui sa queue en panache et c’est un rat à poils.    –   Katherine Pancol

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Le mystère du poil disparu

gorille dos argenté

C’est fou à quel point une chose peut nous mener  à une autre et complètement nous absorber pendant plusieurs heures ou même plusieurs jours.

Il y a quelques jours j’ai écouté un documentaire sur les gorilles présenté via l’émission Planète Bleue. Le film présentait l’histoire de Titus, un gorille des montagnes au dos argenté, sur une période de plus de trente ans. La primatologue  célèbre, Dian Fossey, lui a donné son nom en 1974, alors qu’elle faisait un recensement des gorilles du Rwanda.

Titus est devenu possiblement le gorille le plus photographié et filmé de tous les temps. Sa vie ainsi que celle de sa famille a été documentée dès sa naissance. Le père et l’oncle de Titus ont été tués par des braconniers alors qu’il n’avait pas encore cinq ans. Suite à une tentative de prise de pouvoir ratée par un mâle du groupe, toutes les femelles se sont enfuies parce que ce mâle avait tué le bébé d’une d’elles. Les mâles sont restés plusieurs années célibataires avant que d’autres femelles se joignent au groupe.

Éventuellement, Titus est devenu le chef de la bande et il a régné pendant quinze ans avant d’être vaincu par son propre fils. Le groupe s’est scindé en deux et seuls quelques gorilles sont demeurés avec Titus. Il a par la suite été mis au défi et harcelé pendant une dizaine d’années par un autre de ses fils, Rano et il a perdu définitivement le pouvoir. Titus est mort peu après, en septembre 2009, à l’âge de trente cinq ans. Si vous avez l’occasion de voir ce documentaire, n’hésitez pas, c’est fascinant. On voit la mère dont le bébé(qui était la petite soeur de Titus) a été tué lors du coup avorté, tenir son bébé mort, pendant deux jours dans ses bras, en essayant vainement de le ranimer. Je vous met le lien pour la version originale anglaise, car je n’ai rien trouvé en français.

Lorsque je disais au début de l’article qu’un chose en amène une autre, cette émission m’a amenée à me poser une question. Pourquoi les humains ont-ils perdus le poil dont ils étaient recouverts, en cours d’évolution? Il me semble que ce poil avait une très grande utilité et je ne voyais pas de raison logique pour que nous nous retrouvions, essentiellement nus.

J’ai donc lu sur le sujet durant les deux derniers jours et j’ai le regret de vous apprendre que les scientistes n’en ont aucune idée non plus. Il y a cinq grandes théories sur le sujet, mais aucune n’est pleinement satisfaisante ni concluante. Pour ceux que cela intéresse, voici ces théories:

La première relève d’une suggestion formulée par Charles Darwin. Il a postulé que le poil était nécessaire aux mammifères pour rester au chaud et qu’ils perdaient leur fourrure seulement pour une raison spéciale dans leur évolution. Les baleines et les morses ont perdu leurs poils pour améliorer leur vitesse dans leur nouveau milieu de vie, la mer. Les éléphants et les rhinocéros ont une peau très épaisse et sont trop massifs pour perdre leur chaleur corporelle durant les nuits froides, ils n’avaient donc plus besoin de poils. Pourquoi alors, est-ce que les humains seraient les seuls primates  à avoir perdu leur fourrure?

Nous aurions perdu graduellement notre fourrure à travers la sélection naturelle, puis une sélection sexuelle se serait produite avec le développement d’un goût pour l’esthétique d’une peau lisse. Ce caractère serait devenu attrayant pour l’autre sexe. Ceci n’explique pourquoi la sélection naturelle s’est dirigée vers un humain sans poil, ni pourquoi, après des millénaires d’humains poilus, présumément considérés comme attrayants, nous aurions décidé qu’un humain dégarni était plus séduisant, ce qui aurait renforcé la tendance de la sélection naturelle. Une autre question est aussi pour quelle raison n’avons-nous pas perdu tous nos poils?

La deuxième théorie suggère que l’humain a connu une phase aquatique il y a six à huit millions d’années. Nous aurions passé beaucoup de temps à rechercher de la nourriture dans les eaux peu profondes et nous aurions perdu notre fourrure pour la remplacer par un plus haut taux de gras corporel, comme plusieurs autres mammifères aquatiques. C’est une théorie originale, mais il n’y a aucune évidence paléontologique  que nous aurions connu une telle phase aquatique après avoir été des êtres très poilus.

Une troisième théorie postule que nous nous sommes débarrassés de notre fourrure pour éliminer l’infestation par les parasites. Le problème avec cette idée est que la fourrure nous protégeait aussi de nombreuses piqûres d’insectes, en plus d’offrir une protection contre le soleil et le cancer de la peau. Il y a aussi le fait que nous avons conservé suffisamment de poils sur la tête et dans la région pubienne pour souffrir d’infestation parasitaire.

La quatrième théorie suggère que l’humain a perdu sa fourrure lorsqu’il s’est établi dans la savane. Auparavant, il vivait dans les forêts plutôt fraîches. mais un humain marchant en position debout, recouvert de fourrure dans la savane chaude et humide aurait rapidement souffert d’un coup de chaleur. Toutefois, la perte de fourrure aurait aussi eu des impacts négatifs car les humains à la peau lisse auraient perdu beaucoup de leur chaleur corporelle durant les nuits froides. Il aurait aussi été plus difficile de régulariser la température corporelle durant le jour, parce que la peau absorbe davantage de chaleur que le poil.

La dernière théorie suggère que nous aurions perdu notre fourrure après avoir inventé les vêtements. Le poil aurait disparu parce qu’il n’était plus nécessaire. Le problème avec cette théorie est qu’il se serait passé un million d’années entre la perte de poils et l »invention des vêtements.

Le docteur Alan R. Rogers, un généticien spécialisé en évolution de l’Université de l’Utah,  a calculé le moment où l’humain a perdu ses poils en utilisant une manière indirecte, reliée à un gène qui détermine la couleur de la peau.

Un autre scientiste, le docteur Mark Stoneking  de l’Institut Max Planck en Allemagne  a déterminé, lui aussi de manière indirecte, la période  à laquelle les humains ont commencé à porter des vêtements. Sa méthode impliquait l’évolution du pou de corps humain qui ne vit que sur les vêtements. Si leurs calculs sont exacts, nous nous sommes promenés nus pendant un million d’années avant d’inventer les vêtements.

Aucune de ces théories ne me semble entièrement convaincante et je suis restée sur ma faim. Je ne vois pas la logique qui expliquerait une raison rationnelle pour la disparition de cette fourrure. Ce n’est pas qu’elle me manque, en fait je n’aime même pas les barbes et Tendre Moitié est toujours rasé de près, mais j’aurais bien aimé comprendre.

Les espèces qui survivent ne sont pas les espèces les plus fortes, ni les plus intelligentes, mais celles qui s’adaptent le mieux aux changements.   –    Charles Darwin
On est obligé à présent de regarder l’imposant spectacle de l’évolution de la vie comme un ensemble d’événements extraordinairement improbables, impossibles à prédire et tout à fait non reproductibles.   –   Stephen Jay Gould

Partir pour mieux revenir

instinct de retour

Possiblement une des journées les moins productives de ma vie aujourd’hui.  Aux prises avec une vilaine grippe, j’ai végété toute la journée pendant que Tendre Moitié allait signer un contrat avec un nouveau client et que Charmante Ado fignolait son article pour sa chronique animale dans le journal communautaire.

Voici donc un sujet que je gardais en réserve pour une journée moins inspirée, d’autant plus qu’avec l’automne qui s’en vient, la migration des oiseaux est d’actualité.

Les chercheurs cherchent toujours à comprendre comment les oiseaux naviguent d’énormes distances sans se tromper. Les scientifiques croient que les oiseaux utilisent un système qui s’apparente à nos cartes et compas. Ils commencent par localiser leur position, comme nous le ferions sur une carte, puis ils mettent le cap vers la direction souhaitée.

Une étude réalise dans les années 1950 a déplacé plus de 10 000 étourneaux de la Hollande vers la Suisse. Pour se rendre à leurs quartiers d’hiver habituels en Angleterre et dans le Nord de la France, les étourneaux adultes ont réussi à ré-orienter leur trajet pour se rendre à bon port. Les jeunes étourneaux, dont c’était le premier voyage, se sont envolés dans la direction prévue comme s’ils n’avaient pas été déplacés et se sont retrouvés en Espagne et dans le sud de la France. Leur compas interne s’est comporté comme s’ils n’avaient pas été déplacés.

On pense qu’ils utilisent le soleil, les étoiles et le champ magnétique comme compas. Un groupe de chercheurs américains a récemment découvert que le tronc cérébral des pigeons enregistrait à la fois la direction et la force du champ magnétique. Ils ont conclu que l’information parviendrait aux oiseaux à travers leur oreille interne.

Il y a aussi quelques indices qui suggéreraient que les oiseaux possèdent un compas chimique, dépendant de la lumière dans leur oeil droit.

Avec les outils électroniques qui permettent maintenant de suivre à la trace les oiseaux durant toute la durée d’une migration, nous en apprenons de plus en plus sur les obstacles qu’ils rencontrent et les indices qu’ils utilisent pour se rendre à bonne destination.

En 2011, une équipe de chercheurs britanniques a attaché des dispositifs de repérage par satellite sur cinq coucous. Deux des coucous sont revenus en avril 2012 et on a pu examiner le trajet complet de leur migration. Ils avaient passé l’hiver dans la forêt tropicale du Congo et l’un des coucous a quitté le Ghana et a traversé le Sahara en avril, puis a parcouru 1 880 kilomètres vers le nord en moins de cinq jours pour atterrir près de l’endroit où il avait été équipés des dispositifs, à Norfolk Broads en Angleterre.

Les trajets migratoires couvrant la plus grande distance sont ceux des sternes arctiques  qui passent de l’Arctique à l’Antarctique chaque année.

Il semblerait que d’autres espèces possèdent aussi cette capacité et cet instinct de retourner à leur lieu d’origine; les saumons, les rats et les chats le font aussi. Un chat en Angleterre a parcouru plus de 160 kilomètres pour retourner à l’ancien domicile de sa famille après un déménagement. Un autre chat anglais, plutôt obstiné, a refait 40 fois le trajet de près de 13 kilomètres pour retourner à son domicile précédent. Il devait pour ce faire, traverser des routes très achalandées et des champs remplis de troupeaux de bovins. Chaque semaine, ses maîtres devaient aller le chercher à l’ancien domicile. L’histoire ne dit pas s’il s’est habitué à sa nouvelle demeure, mais voilà un chat qui sait ce qu’il veut. Le record de distance et de persévérance pour retourner à la maison pour un chat pourrait bien être celui de Ninja, un chat qui a déménagé de l’Utah à l’état de Washington en 1996, avec ses propriétaires. Il disparut peu après son arrivée et réapparut à son ancienne adresse en Utah, à plus de 1350 kilomètres, un an plus tard.

On se sait pas comment les chats retrouvent leurs anciens quartiers sur une si grande distance mais on sait que les saumons se dirigent avec leur odorat pour retrouver leur territoire dont les eaux auraient une odeur distincte.

Pour les humains, heureusement qu’il y a le GPS, car avec la brume que crée la grippe dans mon cerveau, je ne crois pas que je retrouverais quoi que ce soit, sinon mon lit.

La maison c’est l’endroit que nous voulons quitter en grandissant et où nous voulons retourner en vieillissant.   –    John Ed Pearce

Les fils à maman

instinct maternel

Les baleines Orque (aussi appelées Épaulard) ont très mauvaise réputation, En anglais, on les appelle même les baleines tueuses (Killer Whales). Je viens de lire une étude intéressante à leur sujet et il semblerait qu’elles auraient aussi un petit côté attachant, malgré leur férocité.

L’étude a analysé le comportement de près de 600 orques et on a découvert que pour un jeune mâle, le fait d’avoir sa mère près de lui, augmentait de façon significative ses chances de survie. Ce n’est sans doute pas l’amour maternel qui dicte aux mères de demeurer près de leurs fils; l’Il y a probablement aussi l’instinct de s’assurer une descendance la plus nombreuse possible.

Il y a un net bénéfice du point de vue de l’évolution, à superviser sa progéniture plus longtemps que strictement nécessaire. Les humains le font, ainsi que les baleines pilotes et les orques. Ces espèces vivent des décennies passées leurs années reproductives.

Cette hypothèse que les femelles vivent beaucoup plus longtemps que leurs années fertiles pour aider leurs propres enfants à avoir plus d’enfants, date de près de 50 ans. Des études réalisées parmi les  communautés de chasseurs-cueilleurs indiquent que la présence de femmes plus âgées, améliore la survie des descendants et des petits-enfants.

Les orques peuvent vivre jusqu’à l’âge de 90 ans, mais les femelles cessent de se reproduire dans  la trentaine ou la quarantaine, Les orques et les baleines pilotes (Globicéphales), sont les seules espèces connues, à part les humains, à vivre la ménopause. Comme les humains, les orques vivent en groupes sociaux complexes, qui incluent leurs fils et leurs filles. Les orques mâles semblent vivre plus longtemps lorsque leur mère demeure auprès d’eux, spécialement si elle est âgée et a atteint la ménopause.

Depuis le début des années 1970, les chercheurs ont suivi les orques qui vivent dans l’océan Pacifique, près des côtes de la Colombie Britannique et de l’État de Washington. Ils ont pris des photos de leurs nageoires dorsales (comme je l’ai fait durant un voyage bénévole, dans un programme de recherche sur les dauphins) et ont utilisé ces marques aussi distinctives que des empreintes digitales, pour retracer les naissances et les décès.

En 2010, l’étude comptait 589 baleines. Le biologiste Darren Croft de l’université d’Exeter au Royaume Uni a analysé les données avec ses collègues, en utilisant les mêmes algorithmes que ceux utilisés par les compagnies d’assurance pour calculer le montant des primes. Ils ont ensuite calculé les probabilités de survie pour chaque baleine à tout âge. Puis, ils ont faits des calculs distincts, en séparant les enfants dont les mères étaient décédées de ceux dont les mères étaient toujours vivantes.

Ils ont découvert que la perte d’une mère avait un effet négatif sur la survie, particulièrement pour les fils. Les jeunes mâles avaient trois fois plus de risques de mourir dans l’année suivant la mort de leur mère, comparé aux mâles dont la mère était encore présente. Les mâles de plus de 30 ans étaient les plus vulnérables, avec plus de huit fois le risque de mourir dans l’année après le décès de leur mère. Chose plus étrange encore, si leur mère était ménopausée lors de son décès, les risques pour un mâle de plus de 30 ans de mourir était de 14 fois plus élevés.

Les jeunes filles quant à elle, s’en sortaient très bien suite au décès de leur mère, mais les filles plus âgées étaient 2.7 fois plus sujettes à mourir.

Les chercheurs ne savent pas pourquoi la présence des mères est plus bénéfique aux fils qu’aux filles orques. Ce pourrait possiblement être parce que les mères aident à chasser et à combattre les baleines agressives auxquels les mâles doivent plus souvent faire face.

Toutefois, en ce moment, ce ne sont que des conjonctures et nous savons très peu de choses du comportement social des orques. Les mères semblent conférer un bénéfice, mais sa nature exacte est un mystère.

J’ai toujours été fascinée par les baleines et les dauphins. J’ai un jour vu un documentaire télévisé où une baleine en liberté se préparait à mettre bas. Tout le processus de la naissance, jusqu’au premier souffle du baleineau était d’une incroyable beauté et tendresse.

Ôter une mère à son fils, c’est lui ôter plus qu’on ne peut lui rendre.   –   Jean-Jacques Rousseau

Tour de Babel

langage animal

J’ai lu un article fort intéressant sur le langage des animaux dans LiveScience. Je vous en traduis les grande lignes ici. Le vidéo ci-bas est également fascinant, il est malheureusement en anglais seulement.

 

Il est tout de même étrange que plusieurs animaux différents aient réussi à comprendre le langage humain alors que nous sommes encore loin de comprendre celui des animaux.

Il y a Koko, le gorille de 40 ans qui comprend près de 2000 mots de langue anglaise. Comme elle n’a pas les cordes vocales nécessaires pour parler notre langage, elle utilise le langage des signes pour communiquer.  Elle comprend donc deux langues en plus du langage des gorilles.

Penny Patterson travaille avec Koko depuis plus de 28 ans et elle a documenté que Koko utilise le langage des signes pour communiquer une grande variété d’émotions, allant du plaisir à la tristesse, en passant par l’amour, le deuil et l’embarras.

Il y a aussi eu un perroquet nommé Alex qui pouvait prononcer 150 mots anglais,  au moment de sa mort à l’âge de 31 ans en 2007. Il pouvait compter jusqu’à six, identifier plusieurs formes et couleurs et combiner deux mots pour créer une nouvelle signification. Il comprenait le concept de plus grand et plus petit, au dessus et au dessous.  La psychologue en charge d’Alex,  Irene Pepperberg, a rapporté que ses dernières paroles furent : ‘’Portes-toi bien. On se voit demain. Je t’aime’’.

Une partie du problème du décodage du langage animal vient du fait que pendant longtemps, la communauté scientifique a rejeté l’idée même qu’un animal puisse avoir un vrai langage. Il existe toujours des gens qui veulent séparer l’humain des animaux, pour des raisons religieuses ou par sentiment de supériorité et qui sont très réticents à reconnaître toute similarité entre une espèce animale et l’homme. Il y a aussi la question de l’anthropomorphisme, qui décrit la tendance de l’humain à attribuer des caractéristiques humaines à un animal.

En fait, plusieurs chercheurs cherchent à décoder les langages animaux.  Un chercheur en particulier a déjà décodé une grande partie du langage des chiens de prairie.

Constantine Slobodchikoff , professeur de biologie à Northern Arizona University,  a passé plusieurs décennies à décoder le système de communication des chiens de pairies Gunnison, une espèce native du sud-ouest américain. Les chiens de prairie sont des rongeurs et ils ne sont pas reconnus comme étant particulièrement intelligents.

Pourtant,  Constantine Slobodchikoff  et ses collègues ont publié des dizaines de livres dans les dernières trente années, détaillant de nombreux éléments prouvant que les chiens de prairie possèdent un langage complexe et ce chercheur en comprend une grande partie.

Lorsqu’ils aperçoivent un prédateur, les chiens de prairie avertissent les autres en utilisant des gazouillis aigus. Ces gazouillis sont différents les uns des autres et on peut les décoder car ils surviennent dans un contexte particulier, ce qui permet de les interpréter correctement.

Dans le cadre de ses recherches, Constantine Slobodchikoff   enregistre les cris d’alarme que les chiens de prairie font en réponse aux prédateurs qui s’approchent. Ensuite, lorsqu’aucun prédateur n’est présent, il fait entendre l’enregistrement aux chiens de prairie et il filme leur réponse. Si la réaction est la même que lors de la présence d’un prédateur, cela suggère que les cris contiennent de l’information significative.

Il a ainsi découvert que les rongeurs ont des cris distincts selon l’espèce du prédateur, que ce soit un coyote, un chien domestique ou un humain par exemple. Ils peuvent même spécifier la couleur, la grosseur et la forme du prédateur;  ils vont par exemple différentier entre un humain grand et grassouillet portant un chandail bleu et un autre petit, mince et portant du vert.

Les chiens de prairie peuvent même créer de nouveaux cris pour  y incorporer des objets non familiers introduits par les chercheurs, comme une image comportant une grande forme ovale et noire. Il est évident que les chiens de prairie n’ont jamais eu à discuter d’un tel objet précédemment, pourtant, ils créeront un nouveau cri pour décrire la forme, la grandeur et la couleur de l’objet d’une manière standard pour eux.

Il semble aussi que les espèces différentes de chiens de prairie ont chacune leur propre dialecte, comme les humains. Un chien de prairie Gunnison aurait probablement de la difficulté à comprendre le langage d’un chien de prairie du Mexique.

Les chiens de prairie n’ont pas que des cris d’alarme comme langage. Ils ont aussi un langage social; un chien de prairie produira une chaîne de vocalises et un autre chien de prairie, à l’autre bout de la colonie répondra avec une séquence différente de vocalises.

Le chercheur peut démontrer qu’il y a une certaine forme de syntaxe dans ces chaînes, mais comme ces vocalises n’entraînent pas une modification du comportement de l’animal, il ne peut se prononcer sur leur sens car il n’a aucun contexte sur lequel se baser.

Le chercheur a écrit un livre dont la sortie est prévue pour le 27 novembre 2012; « Chasing Doctor Dolittle: Learning the Language of Animals » (St. Martin’s Press).

Si des animaux aussi simples que des rongeurs ont un langage comprenant des noms, des adjectifs, de la syntaxe et des dialectes régionaux, pensons un peu à ce qu’une espèce supérieure intellectuellement peut produire comme langage.

Les éléphants par exemple, procèdent à ce qui ressemble à des funérailles lorsqu’un autre éléphant décède. Il a été répertorié qu’ils peuvent orchestrer des raids dans les villages  en guise de représailles contre le braconnage des leurs. Les chimpanzés organisent des guerres.

Des comportements complexes comme ceux-ci exigent des langages complexes. Les loups doivent coordonner les mouvements de la meute lors d’une chasse.

Les dauphins forment des liens sociaux très forts. Une étude récente a même rapporté qu’ils ont une certaine forme de culture, préférant socialiser avec des congénères qui utilisent les mêmes outils qu’eux. Les dauphins émettent une variété de vocalises comme des clics et des sifflements.

Les chercheurs cherchent à comprendre le langage des dauphins depuis plus de cinquante ans. Chez l’humain, les sons monosyllabiques et les phonèmes forment les éléments de base du langage. On ne connaît pas encore la base du langage des dauphins.  Nous savons qu’ils utilisent le toucher et la posture aussi pour communiquer.

Denise Herzing et ses collègues du Wild Dolphin Project  ont découvert que les dauphins semblent se donner des noms, des vocalises que les chercheurs appellent des ‘’sifflements de signature’’. Cela pourrait signifier que les sifflements pourraient être l’élément de base du langage plutôt que les clics.

D’autres chercheurs, dont Justin Gregg du Dolphin Communication Project,  croient qu’il n’y a pas d’éléments à décoder. Ils doutent qu’il y ait dans la communication des dauphins des unités de langage équivalentes aux mots chez l’humain. Il prétend que le langage des dauphins est fondamentalement différent de celui des humains et que sa structure est complètement différente. Il doute fort que nous puissions apprendre ce langage parce qu’il est impossible de le décortiquer en unités significatives pour l’humain.

Le temps nous dira s’il y a une telle distinction entre la communication et le langage. Toutefois si les chiens de prairie sont capables de décrire de façon éloquente une image étrange d’un grand ovale noir, alors, plusieurs chercheurs croient qu’un grand nombre d’espèces ayant un mode de vie social le font aussi.

Pendant longtemps, Charmante Ado a voulu être biologiste marin pour justement découvrir et décoder le langage des dauphins. En vieillissant, sa perspective du monde s’est agrandie et elle se découvre d’autres intérêts. En ce moment, elle veut devenir avocate, mais les animaux demeurent un intérêt très profond dans sa vie.

Si un animal fait quelque chose on appelle ça l’instinct. Si un homme fait la même chose pour la même raison on appelle cela de l’intelligence.   –   Will Cuppy