Apprendre partout

école virtuelle

L’éditorial de Carole Beaulieu dans la plus récente édition de la revue L’actualité touche d’un sujet très intéressant, des cours universitaires gratuits via le Web.

Son billet est basé sur un article de la revue Wired  en mars dernier. Voici en résumé ce que j’ai pu y découvrir.

À l’automne 2011, l’Université de Stanford s’est mise à offrir trois cours en ligne tout à fait gratuitement, à quiconque possède une connexion internet.

Ces trois classes comportent des conférences et des travaux à remettre, tout comme les classes physiques. Les étudiants peuvent visualiser les conférences sur leur ordinateur à la maison et corrigent eux-mêmes leurs travaux en ligne. Il y a des examens de mi-session et de fin de session mais ces cours ne procurent aucun crédit. L’étudiant reçoit plutôt un Relevé d’accomplissement (Statement of Accomplishment).

Un cours en particulier, sur l’intelligence artificielle, est devenu très populaires partout dans le monde. Il y a eu des étudiants dans 190 pays et plus de cent bénévoles ont traduit le cours en 44 langues différentes.

Sebastian Thrun est le professeur de Stanford qui a eu l’idée de mettre un de ses cours en ligne. M. Thrun est un roboticien et un spécialiste de l’intelligence artificielle. Il s’est inspiré de Salman Khan qui a créé Khan Academy il y a six ans. Khan Academy offre plus de 2 800 vidéos en ligne sur des sujets comme les sciences, les mathématiques et l’économie.

Sebastian Thrun s’est associé à un autre professeur, Peter Norvig, qui est aussi directeur de la recherche chez Google. Le premier cours offert a été CS221: Introduction to Artificial Intelligence. Les professeurs croyaient avoir environ 1 000 étudiants virtuels, ils ont eu 58 000 inscriptions en deux semaines. C’est alors que les dirigeants de Stanford sont intervenus car les professeurs avaient omis de leur faire part de leur projet. Après une quinzaine de réunions, il fut convenu que les cours resteraient gratuits, mais qu’ils ne mériteraient aucun crédit, qu’il n’y aurait pas de certificat d’émis (d’où le ‘’Relevé d’Accomplissement’’) et qu’une mention en ligne serait ajoutée à l’effet que ces cours ne menaient pas à un diplôme.

Après un article dans le New York Times, les inscriptions grimpèrent à 100 000 pour finalement atteindre 160 000. Les vidéos du cours CS221 ont été vus cinq millions de fois sur YouTube. À la fin du cours, M. Thrun a envoyé un courriel aux 1000 étudiants qui ont eu les meilleures notes dans leurs travaux et leurs examens. Il a sollicité leur curriculum vitae et promis d’acheminer les meilleurs aux  personnes appropriées dans les compagnies de technologie, comme Google.

Stanford offrira à partir de ce mois-ci cinq autres cours en ligne tous en science informatique à partir d’un site appelé Coursera. D’autres universités comme le Massachussetts Institute of Technology (MIT) sont aussi intéressées à offrir des cours en ligne, gratuitement. M. Thrun a maintenant créé le site Udacity, où six cours en ligne de niveau universitaire sont offerts. Pour le moment, tous les cours sont du domaine de l’informatique mais il a l’ambition  d’offrir éventuellement des cours d’ingénierie de chimie et de physique.

Vu les coûts élevés du système actuel d’éducation, nous verrons probablement une multiplication de ce type d’enseignement. Est-ce qu’il restera gratuit et accessible à tous comme maintenant? C’est à voir. Il faudra aussi que ces cours mènent éventuellement à des acquis reconnus, résultat officiel, diplôme ou certificat. Pour l’instant, nous n’en sommes qu’aux premiers balbutiements, mais l’avenir est prometteur.

Éduquer, ce n’est pas remplir des vases mais allumer des feux.    –    Michel Montaigne
Dans le titre:  Il faut apprendre partout où c’est possible.     –    Vaclav Havel

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