À la poursuite du bonheur

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Tous les conseillers, gourous ou thérapeutes nous recommandent d’avoir des objectifs et des buts à atteindre. Il semblerait que cela est positif pour notre estime de soi et notre satisfaction personnelle.

Alors, nous formons des projets;  perdre 25 livres, être en forme, payer nos cartes de crédit en entier, épargner assez d’argent pour couvrir 6 mois de dépenses, mettre suffisamment d’argent de côté pour se payer un voyage dans le Sud chaque hiver ou accumuler une mise de fonds de 25% pour notre future maison.

Le début de chaque année est un véritable festival de résolutions qui auront plus ou moins de succès dépendant de leur réalisme et de notre détermination à persévérer.

Mais qu’arrive-t-il lorsque l’objectif est atteint? Sommes-nous plus heureux ou bien est-ce qu’on ne se demande pas plutôt quoi faire ensuite?

Nous avons fait tant d’efforts pendant si longtemps pour atteindre notre destination tout en minimisant ou ne réalisant pas l’importance du parcours.

Lorsque la destination est atteinte, que les buts et objectifs ont été accomplis, les dettes sont payées, la maison est achetée, le voyage est passé; alors on a parfois une surprise.

La surprise c’est que la réalité ne colle pas à ce que vous vous attendiez tout à fait. Avoir réussi à épargner suffisamment pour acheter sa maison avec un bon comptant apporte une certaine satisfaction. Toutefois, le processus pour y arriver, tout ce temps à calculer et à se projeter dans le futur en visionnant notre éventuelle maison sans oublier le sentiment d’accomplissement au fur et à mesure que nous progressions,  tout cela était souvent bien plus excitant que l’arrivée à destination.

Désirer quelque chose nous consume, on y pense souvent pour ne pas dire sans arrêt. Une fois le but convoité obtenu, il y a de la satisfaction et de la joie , mais  ce n’est pas aussi intense que le désir pas encore assouvi.

La réalité pour beaucoup de gens c’est qu’une fois un but atteint, financier ou autre, souvent les effets subséquents sont très différents de ce qu’ils avaient imaginés. Nous sommes en général très mauvais à prédire ce que notre futur moi va vouloir, désirer ou apprécier.

Combien de fois un voyage longuement anticipé ne s’est pas révélé à la hauteur de notre imagination?

Notre cerveau est naturellement enclin à ce qu’on appelle l’adaptation hédoniste. Essentiellement, cela signifie que nous nous accoutumons très rapidement à un nouvel objet, environnement ou état. La nouveauté positive apporte un sentiment de contentement passager, nous retrouvons notre niveau de bonheur très rapidement et nous nous mettons alors à désirer quelque chose de nouveau.

Étonnamment, c’est tout aussi vrai pour les états négatifs. Selon des études psychologiques, les personnes frappées d’un grave handicap suite à un accident, les paraplégiques par exemple, commencent par traverser une phase de dépression, mais ensuite elles finissent en général par retrouver le même sentiment de bonheur subjectif qu’avant leur accident.

Nous sommes donc dans un constant désir de changement parce que nous sommes persuadés que ce changement nous rendra plus heureux.  Il est alors tentant de s’imaginer que notre vie sera tellement meilleure lorsque nous aurons maigri, acheté une voiture ou une maison ou changé de travail. Certains se promettent même de commencer à vivre réellement lors de leur retraite.

Et si vous mourez avant la retraite ou tombez malade, vous n’aurez pas vécu ou connu le bonheur?

Avoir des buts et des objectifs et les réaliser est tout à fait louable, mais cela ne doit pas vous empêcher de vivre et d’apprécier le moment présent. Il faut surtout ne pas avoir des attentes irréalistes envers votre objectif. Quel qu’il soit, il ne vous apportera probablement pas un bonheur permanent. La vie de tous les jours, avec toutes ces embûches comporte de nombreux moments de plaisir qui sont beaucoup plus durables si vous savez les apprécier.

Ne pas oublier que le chemin pour atteindre votre objectif peut aussi être une source de satisfaction considérable. Il n’y a pas que le but qui compte.

La jouissance du bonheur amoindrira toujours le bonheur.   –  >Honoré de Balzac

Chacun porte son bonheur en soi.  – Witold Gombrowicz

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Commentaires

  1. Gabrielle a écrit:

    J’ai longtemps pensé qu’une nouvelle voiture, une belle maison me permettraient d’atteindre le bonheur, mais une fois acquis je me rendais compte que ce bonheur que je croyais absolu n’avait pas autant de saveur, meme après avoir entendu « alors tu es heureuse tu as ce que tu voulais après des mois et des mois de travail ? » j’étais presque désolée de répondre que non je ne l’étais pas plus que quand je le projetais, ce qui m’a valu de penser que j’avais plus de plaisir dans l’action que dans le résultat.

    Aujourd’hui je n’ai rien de tout ça et curieusement je me sens plus heureuse….. mon bonheur c’est d’être libre de ne pas correspondre à ce qu’on voudrait parfois imposer

    • Maintenant, j’évalue toute acquisition de bien matériel important en mesurant les heures, jours, mois et années de travail nécessaires pour y arriver. J’ai ainsi abandonné l’idée d’une piscine creusée, d’un solarium quatre saisons, d’un énorme motorisé de classe A et d’une foule de choses qui me demanderaient de travailler davantage, ou plus longtemps que je ne le désire.

      Je résiste à tout ce qui menacera l’équilibre que nous avons atteint entre le travail et la vie familiale. Nous avons moins de sous mais nous ne sommes pas prêts à sacrifier du temps ensemble pour aller en gagner davantage. Avoir décrété que toutes ces choses n’en valaient pas la peine ou l’effort pour nous, a grandement amélioré notre qualité de vie.

      Peut-être existe-t-il des gens qui carburent à d’autres motivations et qui retirent une grande satisfaction dans l’acquisition incessante de biens matériels. Après avoir été maintes fois déçues une fois le bien acquis, j’ai réalisé, comme vous, que se libérer de cette imposition économique de toujours convoiter quelque chose, est un grand soulagement.

Exprimez vous!

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