Archives pour janvier 2013

À la poubelle

abandonner comportements

Janvier est la période des résolutions, moment où l’on tente de prendre de nouvelles habitudes. Il nous arrive aussi de vouloir perdre des habitudes néfastes qui nous minent depuis longtemps.

Certains comportements, modes de pensée ou états d’esprit auraient avantage à être abandonnés, ce qui pourrait nous simplifier la vie et par le biais, nous rendre plus heureux.

J’aime bien avoir raison, mais nous admettrons qu’avoir raison toute seule n’est pas l’objectif. Vouloir avoir raison à tout prix, détester « perdre » un argument, peut éloigner bien des gens et nous isoler. Il faut se demander si l’enjeu en vaut vraiment la peine et si notre ego n’est pas légèrement démesuré, pour s’entêter à toujours essayer d’avoir raison au sujet de n’importe quelle broutille.

Heureusement, dans mon cas, Tendre Moitié n’est pas du genre à escalader un argument pour avoir raison alors ma tendance à la discussion est tenue en laisse, sans trop d’effort de ma part.

Certaines personnes vont affirmer après l’escalade d’un argument, que l’autre a probablement raison, en ajoutant « si ça peut te faire plaisir », ce qui à mon sens est un discours passif-agressif. Tendre Moitié lui, ne joue pas à ces petits jeux et évitera tout simplement que la discussion dégénère en premier lieu.

Le contrôle est un désir assez puissant. Il est impossible de tout contrôler, mais bien des gens tentent malgré tout de contrôler leur petit univers et les gens qui en font partie. Même si l’être humain aime être en contrôle, peu de gens apprécient d’être contrôlés par d’autres. Ce qui illustre bien que le désir de contrôler tout un chacun devrait être réprimé. Laisser les gens être eux-mêmes, faire les choses à leur façon et trouver eux-mêmes les solutions à leurs problèmes, éliminera beaucoup de stress dans notre vie. Les choses vont se faire quand même, mais probablement pas selon notre horaire ou de notre manière. Et puis après ?

Il ne faut pas croire tout ce que notre esprit nous dit, particulièrement si c’est négatif, dévalorisant ou défaitiste. Notre langage intérieur excelle à nous convaincre que nous n’arriverons pas à faire telle ou telle chose, au point que souvent, nous n’essaierons même pas. Nous sommes parfois notre pire ennemi et détracteur. Il ne faut pas se laisser dominer par cette petite voix intérieure qui ne fait que refléter nos insécurités.

Certaines personnes adorent se plaindre ou commenter négativement à tout propos. Nous avons alors droit à une longue litanie sur ce qui ne va pas dans le monde et dans leur propre vie. L’intention est peut-être d’attirer de la sympathie, mais le résultat est souvent tout autre. Le négativisme à outrance éloigne les gens. Nous ne sommes pas toujours responsables de ce qui nous arrive, mais nous pouvons décider de notre attitude face aux évènements de la vie.

Les gens différents de la « norme », qui ne rentrent pas dans le moule de la société ont une réalité plus difficile à vivre. Une copine de Charmante Ado s’est récemment déclarée homosexuelle, puis s’est récusée en voyant les réactions de ses camarades. Elle dit maintenant qu’elle est bel et bien en amour avec une autre fille et « qu’on ne peut pas changer ce qui ne se change pas ».

On étiquette souvent ce qu’on ne comprend pas comme étant bizarre, hors nature ou pire. Il serait temps de s’ouvrir l’esprit et d’accepter ce qui est différent de notre petite personne, au lieu de rejeter une personne pour cette raison. L’esprit ne fonctionne qu’en étant ouvert, pas fermé.

Cette saison, le vestiaire de l’équipe de hockey des Canadiens de Montréal, est orné d’un nouveau slogan: « No excuses » (Pas d’excuses). C’est une excellente idée de dire adieu aux excuses qui nous limitent dans ce que nous pourrions accomplir. Au lieu de se mentir à soi-même et aux autres en proférant des excuses pour expliquer nos erreurs, nos échecs ou notre inertie, nous pourrions analyser notre performance, en faire les déductions nécessaires et nous résoudre à nous améliorer la prochaine fois. La première étape est évidemment de reconnaître notre responsabilité sans chercher d’excuses.

Améliorer sa vie, c’est aussi laisser tomber les comportements qui ne nous apportent rien de positif.

 

Imposer sa volonté aux autres, c’est force. Se l’imposer à soi-même, c’est force supérieure.      –   Lao-Tseu
La plus grande forme d’ignorance est de rejeter quelque chose dont vous ne connaissez rien.   –  Wayne Dyer

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Les belles choses sont difficiles

rêves

À l’adolescence, les jeunes commencent a s’interroger sérieusement sur ce qu’ils veulent faire de leur vie. Les adultes leur demandent souvent quelles sont leurs aspirations, mais cela ne veut pas dire pour autant que les jeunes aient vraiment pris une décision.

La  principale priorité à l’adolescence est d’explorer les différentes options. Rien ne presse pour faire un choix de carrière. Les jeunes doivent plutôt découvrir ce qu’ils aiment.

Ce n’est pas si facile que cela de trouver ce que l’on aime, en partie parce qu’il est problématique d’avoir un aperçu objectif et réel de la plupart des emplois. Être médecin ou avocat n’est pas réellement comme  ce qu’on nous montre dans les films ou la télévision.

On aura une vision plus juste si on peut observer une personne faire le travail qui nous intéresse. Faire du bénévolat dans un hôpital par exemple, pourrait aider un jeune à se faire une idée de la profession de médecin.

Il y a aussi de nombreuses carrières qu’on ne peut explorer, tout simplement parce qu’elles n’existent pas encore. Lorsque j’étais adolescente, tout ce qui touche l’informatique en était à ses premiers balbutiements et les professions qui s’y rattachent aujourd’hui, n’avaient même pas été imaginées. Le monde change rapidement et le rythme semble de plus en plus rapide. Mieux vaut garder l’esprit ouvert car la carrière de rêve pourrait ne pas exister avant plusieurs années.

Comment poursuivre son rêve si on ne l’a pas encore découvert? En ne se décourageant pas et en ne sous-estimant pas son potentiel. Les gens qui ont réussi et fait de grandes choses peuvent nous sembler comme une race à part, ce qui nous donne un peu l’excuse de ne pas essayer, car nous nous considérons comme des gens ordinaires.

Si les gens exceptionnels étaient semblables à nous, cela signifierait qu’ils ont dû travailler très fort pour atteindre autant de succès. Il est plus aisé pour nous de croire qu’ils étaient des génies.  Le génie existe, mais lorsqu’on s’en sert comme excuse pour ne pas faire d’effort, c’est davantage un refus de voir tout le travail que ces personnes ont dû déployer pour réussir.

Les habiletés naturelles varient d’une personne à l’autre, mais en général on peut se dire que si une personne avec des capacités similaires aux nôtres a réussi, nous en sommes capables aussi, en y mettant l’effort nécessaire.

En attendant de découvrir ses intérêts, ses rêves et ses habiletés, je dis souvent à Charmante Ado qu’il est important de garder ses options ouvertes. Certaines orientations laissent plus de portes ouvertes que d’autres. Tant qu’un jeune n’est pas fixé sur son avenir, chaque fois qu’un choix doit être fait, mieux vaut se diriger vers ce qui lui laissera le plus d’options dans le futur.

Tout ce qui est facile n’est pas nécessairement préférable à ce qui est difficile. Travailler fort sur un sujet ou un projet complexe, apprendre, faire des erreurs, surmonter les difficultés nous permettent de nous améliorer et de peut-être découvrir une nouvelle facette qui piquera notre intérêt et notre curiosité.

La plupart des personnes ayant eu un succès exceptionnel, se sont un jour retrouvés devant un sujet qui a soulevé une question dans leur esprit. Cette question a stimulé leur intérêt et la curiosité les a mené à fouiller, à explorer, jusqu’à ce qu’ils trouvent une réponse au problème soulevé.

On ne peut savoir à l’avance ce qui soulèvera notre passion, mais en explorant divers domaines, en travaillant fort sur les sujets difficiles au lieu de surfer sur la facilité, nous avons plus de chances de trouver notre voie. Cela vaut pour les jeunes mais aussi pour tout adulte qui se retrouve à la croisée d’un chemin.

Dans le titre:  Les belles choses sont difficiles.   –   Platon
Ce qui console d’un travail difficile, c’est qu’il est «difficile».  –  Emile-Auguste Chartier, dit Alain

Décore ta vie

Charmante Ado a maintenant treize ans et demi et elle a décrété que la décoration de sa chambre ne convenait plus pour une ado. Il faut dire que le thème de la déco était basé sur les dauphins et qu’elle aimerait avoir quelque chose d’un peu plus sophistiqué.

Comme il n’y avait pas un centimètre carré de libre sur les murs ou les surfaces; je lui ai dit qu’il ne servirait à rien de changer quoi que ce soit si elle ne faisait pas un certain tri pour libérer de l’espace.

Étonnamment, ma fille qui adore accumuler et tout garder, s’est mise en mode nettoyage et elle a fait le tri ces deux derniers jours. Enlevées les affiches de Taylor Lautner (Twilight) et du film Hunger Games. Certains  cadres avec des animaux ont aussi été retirés.

Elle a fait le tri en quatre piles: Jeter, Garder dans sa chambre, Ranger dans une boîte (pour ses futurs enfants) et Donner.

Le plus difficile a été les animaux en peluche. Après son premier tri, je l’ai refait avec elle pour m’assurer qu’elle était certaine de son choix et sept ou huit d’entre eux sont passés de la pile Donner à la pile Ranger.

Nous avons pris des photos de tout ce qui était dans la pile Donner, même si je ne crois pas que ces items lui manqueront, cela lui fera un souvenir.

Il ne lui reste qu’à choisir son thème et les couleurs. Nous avons trouvé un site superbe pour la décoration ou les rénovations.  Sur le site Houzz, vous pouvez voir plus d’un million de photos provenant de différents designers. Nous utilisons l’application pour iPad qui est très conviviale.

Lorsqu’une image vous plaît, vous pouvez la sauvegarder dans un ideabook. On peut aussi chercher un architecte, un décorateur, designer ou spécialiste en rénovation en entrant notre ville. Quelques professionnels de la ville la plus près de chez nous sont répertoriés et il y a 1180 professionnels inscrits pour la région de Montréal. La France et la Belgique ont aussi quelques professionnels inscrits. Ce qui est bien, c’est que l’on peut voir des photos de leurs réalisations. Il y a aussi un forum de discussions, en anglais seulement, où l’on peut présenter nos dilemmes de décoration.

Il y a des maisons à faire rêver, mais aussi des décors tous simples, que l’on peut réaliser  à bas prix. Le rêve de Charmante Ado est d’avoir un coin lecture sous la fenêtre de sa chambre. Sa fenêtre est exactement comme celle de l’image ci-haut et elle aimerait bien avoir des étagères blanches de chaque côté, pour ses livres.

Nous devrions être capable de réaliser cette décoration sans trop dépenser. Nous avions acheté pour Charmante Ado, une coiffeuse antique que nous avions retapée,  il y a quelques années. Elle est malheureusement trop grande pour s’y asseoir confortablement. Nous allons donc la mettre en vente ainsi que la tête de lit. L’argent récolté pourra servir à amoindrir les coûts.

Charmante Ado va pouvoir confectionner les rideaux, vu qu’elle prend des leçons de couture. Elle fera aussi probablement les coussins.

Toutes ces idées de décoration me donnent envie de rafraîchir  notre intérieur. Nous habitons ici depuis sept ans et le rez de chaussée aurait bien besoin d’une nouvelle peinture. Je vais probablement m’y mettre une fois que le projet de la chambre de Charmante Ado sera complété.

L’an dernier, au printemps, j’avais procédé au désencombrement de la maison, en jetant, vendant ou donnant une bonne quantité  d’articles. J’ai réussi à garder certains espaces de rangement raisonnablement vides, mais je suis certaine que je pourrais refaire cet exercice, et même, en faire une activité annuelle.

Nous avons essentiellement abandonné l’idée de faire de grands travaux de rénovations sur la maison car nous pensons vendre d’ici cinq ans. Nous allons nous contenter de remplacer les choses qui  aideront à garder la valeur de la propriété, comme les fenêtres et éventuellement les planchers de bois francs.

Je n’aurai donc jamais ma cuisine de rêve, mais à ce moment-ci de notre vie, je vise davantage les voyages de rêve que nous pourrons faire d’ici quelques années.

Quand on ne peut pas changer le monde, il faut changer le décor.   –   Daniel Pennac

Croire à l’absurde

rationnel

Le cerveau humain est capable de gérer plusieurs processus à la fois. Nous sommes toutefois sujets à des défaillances dans notre jugement, du fait que notre raisonnement est biaisé.

Les biais cognitifs sont des déficiences dans notre manière de penser. Les erreurs de calcul, comme une fausse conception des probabilités ou des statistiques, sont aussi souvent la cause d’un raisonnement biaisé.

Ces failles dans notre raisonnement nous amènent à faire des erreurs. Il est impossible de contrôler tous les biais possibles, mais il est utile d’en être conscient pour les minimiser. En voici quelques uns parmi les plus fréquents.

Nous adorons que les gens soient d’accord avec nous. Nous nous entourons de gens qui ont des goûts et des idées en accord avec les nôtres. Nous aurons tendance à être inconfortables parmi des gens qui ont des opinions complètement opposées aux nôtres et cela peut nous entraîner à  ne prendre en ligne de compte que les perspectives qui confirment nos préjugés ou opinions. Nous écartons alors inconsciemment toute idée qui menace notre vue du monde.

Un biais similaire existe lorsque nous faisons partie ou nous identifions à un groupe. Nous formons des liens plus ou moins forts avec notre groupe tout en écartant tout ce qui n’en fait pas partie. Les membres d’un certain groupe seront alors méfiants ou dédaigneux de ceux qui n’en font pas partie. Ce biais nous amène à surestimer la valeur et les compétences des membres de notre groupe aux dépens de gens que nous ne connaissons pas vraiment.

Il nous arrive tous d’acheter quelque chose de totalement inutile, qui est mal conçu ou beaucoup trop cher. Le biais de rationalisation va parfois nous amener à nous convaincre que cet achat était vraiment une excellente idée.

C’est un moyen pour notre subconscient de justifier nos décisions pour éviter une dissonance cognitive. Nous aimons nous voir comme des êtres rationnels et constants. Si le résultat d’une décision nous amène à croire que nous avons fait une erreur de jugement, notre subconscient cherchera à trouver des arguments pour que notre décision ne nous apparaisse pas comme une erreur.

Nous ne sommes pas toujours rationnels lorsqu’il est question de probabilités. Beaucoup de gens sont terrifiés en avion, mais très peu le sont lorsqu’ils sont dans une automobile. Pourtant, les risques d’accidents sont infiniment plus grands en voiture qu’en avion. C’est le biais des probabilités ignorées qui est à l’œuvre. Il nous amène à surestimer les risques de certaines activités relativement sécuritaires tout en sous-estimant le danger de certaines autres.

Le biais de l’observation sélective nous porte à remarquer davantage ce qui nous est devenu familier et à nous persuader que cette chose est devenue plus fréquente qu’auparavant. Un exemple parfait serait l’achat d’une nouvelle voiture. Avant d’acheter une Volvo, nous ne remarquions pas les Volvo sur la route. Une fois devenus propriétaires, nous commençons à en voir partout. Les femmes enceintes se mettent ainsi à remarquer  les autres femmes enceintes.

Ces choses ne surviennent pas plus fréquemment autour de nous, c’est seulement que notre cerveau garde ce sujet à la surface de notre esprit, suite à une expérience personnelle récente et ce faisant, nous porte à remarquer tout ce qui est similaire.

Plusieurs personnes y voient le jeu de coïncidences inouïes alors que ce n’est que le fruit d’une sélection de notre cerveau, qui nous entraîne à remarquer ce qui nous est familier.

Nous sommes souvent réfractaires au changement, ce qui peut nous porter à faire des choix qui garantissent que les choses resteront stables ou changeront le moins possible. Nous aimons suivre nos routines,  appuyer  tel parti politique ou choisir toujours les mêmes mets au restaurant. Nous supposons inconsciemment que tout autre choix serait inférieur ou néfaste. Cette tendance à être conservateur dans ses choix s’appelle le biais du statu quo. Pourquoi changer si cela nous a toujours réussis ? Il est bien de nous écarter de notre route bien tracée à l’occasion pour éviter la rigidité et la stagnation.

Même si nous ne croyons pas y être soumis, nous adorons suivre la foule. C’est le biais de la conformité. Lorsqu’un groupe  commence  à choisir un gagnant ou un favori, notre cerveau entre dans un mode de pensée collectif ou une mentalité de ruche. Nous ne voulons pas manquer le train et nous suivons l’effet de la foule. Nous avons un besoin intense de nous conformer et d’appartenir, qui nous fait parfois faire fi de l’évidence ou de notre propre jugement.

Nous avons de la difficulté  à nous projeter en dehors de notre conscience. Nous  croyons incorrectement que la majorité des gens pensent et ressentent les choses exactement comme nous. C’est le biais de projection. Il mène souvent au biais du faux consensus qui lui nous amène à croire que non seulement les gens pensent comme nous, mais aussi qu’ils sont d’accord avec nous.

Nous aurons alors tendance à surestimer à quel point notre point de vue est typique et répandu. Nous croirons faussement qu’il y a un consensus et que notre opinion est généralisée.

Nous avons énormément de difficultés à nous imaginer dans le futur et à modifier notre comportement et nos attentes en conséquence. Nous allons préférer le plaisir du moment présent et négliger la douleur qui viendra plus tard. Nous allons trop dépenser maintenant sans considérer les conséquences futures. Nous allons nous accorder une petite ou grosse entorse à notre diète en nous convainquant que nous recommencerons le lendemain. C’est le biais du moment présent, qui nous fait ignorer les conséquences futures de nos choix en nous faisant miroiter le plaisir que nous pouvons en retire présentement.

L’être humain aime comparer les choses. Le biais d’ancrage nous porte à n’utiliser qu’un nombre limité de critères de comparaison.   Nous nous concentrons alors sur une valeur ou un item à l’abstraction des autres. Cette attitude est fréquente lorsque nous examinons un objet offert en solde. Nous nous concentrons plus sur le montant d’argent ‘’épargné’’ que sur le rapport qualité-prix du bien lui-même. Les marchands de matelas sont passés maîtres dans ce domaine. On ne voit jamais de matelas affichés au prix courant; ils sont toujours soldés à cinquante ou même soixante pour cent ! Les gens ont alors l’impression d’avoir fait une bonne affaire.

Je trouve fascinant le domaine des biais cognitifs et même si je me considère  comme étant très rationnelle, je dois reconnaître que je me retrouve dans plusieurs d’entre eux. En prendre conscience, c’est déjà un pas de fait pour les corriger.

Dans le titre: Nous cherchons tous des motifs rationnels de croire à l’absurde.   –   Lawrence Durrell

L’homme est un animal rationnel qui perd patience lorsqu’on lui demande d’agir en accord avec les diktats de la raison.   –   Orson Welles

La fin du parcours

Fin de parcours

Ceci est mon tout premier article sur un iPad. Je suis vraiment très maladroite et il y deux jours, j’ai échappé mon ordinateur portable Windows. Il n’a malheureusement pas survécu à la chute et je me retrouve avec un iPad que j’avais délaissé, mais qui va faire l’affaire pour le moment. Heureusement, il est doté d’un clavier Bluetooth, ce qui rend l’écriture plus conviviale que de tapoter l’écran.

Je vais essayer de travailler avec cet iPad avant de voir si je ferai réparer mon ancien portable. Celui que je viens d’échapper est irrécupérable, mais mon ancien n’a besoin que d’un nouveau ventilateur pour prévenir la surchauffe de la carte mère. J’ai décidé de donner sa chance au iPad et je vais l’utiliser pendant un mois pour me faire une opinion.

Nous avons repris le collier cette semaine tout doucement avec un déjeuner d’affaires avec d’autres collègues indépendants. Après s’être raconté notre période des Fêtes, la conversation a tourné vers la vieillesse et plus précisément sur les problèmes de santé de nos parents.

Les parents de Tendre Moitié sont décédés et il ne me reste que ma mère, qui est en parfaite santé, à bientôt 77 ans. Par contre, la fin de vie de mon père n’a pas été rose et j’en ai déjà parlé dans le tout premier article de ce blogue.

Les parents d’une collègue ont vécu beaucoup de bouleversements dans les derniers six mois. Sa mère est devenu très confuse et elle oubliait de donner des médicaments à son mari, qui a besoin de beaucoup de soins. Mon amie s’est aussi inquiétée lorsque ses parents ont raconté avoir reçu la visite d’une personne qui leur avait demandé plusieurs renseignements comme leur numéro d’assurance sociale, leurs placements et leurs assurances. Le problème était que les parents n’avaient aucune idée de l’identité de cette personne et ils ne savaient pas pourquoi elle était venue les voir à la maison.

Finalement, après l’implication d’un travailleur social, il a été décidé qu’ils ne pouvaient plus rester à la maison. Ils ont été placés dans deux différentes résidences pour personnes âgées, parce qu’ils n’avaient pas le même degré d’autonomie et que le père demandait beaucoup plus de soins médicaux. Donc, après 65 ans de mariage, à 88 et 86 ans, ils sont séparés l’un de l’autre pour la première fois.

Depuis, l’état mental de la mère et l’état physique du père se dégradent très rapidement. La mère ne reconnaît pas toujours ses enfants et oublie où se trouve son conjoint.

Ma collègue a cinq frères et soeurs et il a fallu faire une réunion de famille pour établir des règles de visites, d’appels et de responsabilités. Au début, seulement mon amie et un frère s’occupaient de tout, mais ils ont réussi à impliquer les autres. Heureusement, les parents avaient rempli un mandat d’inaptitude et il pourra être mis en vigueur lorsque requis. Pour le moment, le père est encore capable de s’occuper des finances et des décisions importantes.

Les soins en résidence pour personnes âgées ne sont pas donnés. Les parents de mon amie paient plus de 3500$ par mois en tout. Cela gruge des économies très rapidement. Ma mère s’était retrouvée avec des frais de 2000$ par mois pour la pension et les soins de mon père et elle n’avait presque plus rien pour vivre elle-même.

Un autre collègue a raconté qu’il héberge maintenant la mère de sa conjointe pendant que le père tente de récupérer d’une crise cardiaque dans une résidence de soins intermédiaires. Le père est diabétique, en fauteuil roulant, amputé des deux jambes et de plusieurs doigts et il doit subir une dialyse trois fois par semaine. Ce couple est aussi dans les 80 ans avancés et il est douteux qu’ils puissent vivre de nouveau ensemble. S’ils vont en résidence, ils seront eux aussi séparés, vu la différence de niveau de soins requis. Il n’est à peu pas envisageable que mon ami les prenne chez lui vu la charge de soins requis, mais l’alternative va coûter énormément d’argent.

Ce fût un déjeuner assez sombre, qui nous fait réaliser à quel point nous sommes mal préparés pour notre vieillesse. Lorsque l’on pense à la retraite, nous nous voyons un cocktail à la main, voyageant de par le monde et profitant de la vie. Il est bien possible que nous puissions effectivement vivre de cette façon pendant un certain temps, mais nous vivons de plus en plus vieux et qu’arrivera-t-il lorsque nos corps et nos esprits commenceront à défaillir? Est-ce que ce qu’il nous restera d’économies suffira à pourvoir à tous nos soins? Quelle qualité de vie auront nous et dans quel genre d’endroit se retrouvera-t-on lorsqu’on ne pourra plus vivre de façon autonome?

Je n’étais pas très proche de mon père et j’avais beaucoup de choses à lui reprocher, mais il ne méritait pas (pas plus que quiconque) de finir sa vie dans une chambre pas plus grande qu’un placard à balai où on n’avait pas le temps de le faire marcher, ce qui lui a fait perdre le peu d’autonomie qui lui restait.

En plus de planifier pour notre retraite dorée, il faudrait que nous envisagions lucidement la possibilité que notre fin de parcours ne sera peut-être pas aussi agréable que désirée. Le voeu de chacun semble être de demeurer à la maison le plus longtemps possible, mais il n’y a pas vraiment de structures ni de services qui le permettent lorsque les soins deviennent trop lourds pour un des conjoints. De plus, cela devient hors de question, lorsque les deux demandent des soins élaborés.

Il y a très peu de discussion ou de questionnement social sur ce qu’on pourrait améliorer pour garder une bonne qualité de vie, près des êtres chers, malgré la diminution de notre autonomie.

On peut se dire que cela n’arrivera qu’aux autres, mais les enfants adultes voient de plus en plus leurs parents développer des problèmes de santé qui ne sont pas fatals, mais qui diminuent grandement leur autonomie. Ils doivent alors faire face à des choix souvent déchirants et très coûteux. Un jour, nous devrons aussi prendre ce genre de décisions, à moins que ce soient nos propres enfants qui auront à s’en charger.

L’idéal est évidemment de prendre soin de sa santé et de garder une bonne forme physique, mais parfois, ce ne sera pas suffisant pour nous prémunir du mauvais sort. Il faut espérer que la société progressera elle aussi et que nous trouverons d’autres solutions que des garderies pour personnes âgées.

On s’endort enfant et l’on se réveille vieillard. On fait le tour de son berceau et l’on se trouve au bord de sa tombe. – Maurice Maeterlinck

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