Archives pour janvier 2013

Une année mémorable

changement

Notre maisonnée a entrepris de mieux s’alimenter et surtout de surveiller les portions que nous absorbons, ce qui semble être notre principal problème. Nous utilisons donc un système qui nous permet de savoir combien de calories  ingurgitées chaque jour.

Après un mois d’utilisation du site Web et de l’application MyFitnessPal, je peux vous confier que c’est un succès retentissant! J’ai perdu 17.3 livres (7.8 kilos), Tendre Moitié affiche une perte de 11.1 livres (5 kilos) et Charmante Ado se retrouve avec 11.3 livres (5 kilos et des poussières) en  moins.

Je crois que ma perte de poids plus grande est quelque peu biaisée, probablement par une rétention d’eau, car j’ai « perdu«  près de dix livres dans la première semaine. Dans les semaines qui viennent, je crois que la perte sera beaucoup plus modeste et raisonnable.

Nous avons chacun une approche différente, quoique nous prenions nos repas ensemble et mangeons la même chose la plupart du temps. Je mise beaucoup sur l’exercice, mais je n’utilise pas les calories dépensées ainsi, pour augmenter mon quota quotidien.Le programme du site Web ajoute automatiquement les calories dépensées au quota de la journée.  Charmante Ado au contraire, a des journées très intenses physiquement, les jours où son horaire inclut à la fois un cours d’éducation physique  et une pratique ou un match de basketball.

Charmante Ado a donc choisi de considérer sa moyenne hebdomadaire plutôt que quotidienne. Ainsi, elle mange un peu plus les jours d’activités physiques, mais elle garde une partie des calories « gagnées«  en faisant de l’exercice, pour le jour suivant. Cela lui permet d’avoir une alimentation assez régulière, sans trop de hauts ou de bas. Certains diront qu’une adolescente ne devrait pas être à la diète parce qu’elle est en pleine croissance, mais Charmante Ado avait vraiment accumulé un excès de poids qui la ralentissait au basketball et la rendait inconfortable. Son médecin croît que sa croissance est en grande partie terminée, (six pieds un pouce/ un mètre 83) et que ses genoux, qui la font déjà souffrir,  se porteront mieux en perdant un peu de poids.

Sans rendre public la perte de poids désirée, nous en avons pour un bon bout de temps, peut-être même l’année entière, particulièrement si l’on considère que la perte ralentira progressivement à mesure que nous nous rapprocherons du poids idéal. Cela ne nous dérange pas du tout car nous avons l’impression de gérer un budget. C’est un budget alimentaire au lieu de financier et nous gérons nos calories au lieu de dollars.

J’ai entré dans le programme MyFitnessPal plusieurs recettes que je cuisine fréquemment, ce qui nous simplifie grandement la vie, car plus besoin de calculer les calories ni les portions, tout est dans le programme. Nous avons chacun un petit déjeuner préféré, qui se répète presque chaque jour. Dans ce cas-là, nous n’avons qu’à cocher le bouton « Copy meal  from yesterday«  (copier le repas d’hier) et le tour est joué.

Un des grands avantages de ce programme est que Charmante Ado peut voir concrètement les bienfaits de l’exercice physique. Elle est toujours étonnée de voir le nombre de calories qu’elle brûle durant une pratique de 90 minutes au basketball. Elle manipule ses calories comme l’argent qu’elle gagne; une partie pour l’immédiat (manger quelque chose), elle en met un peu de côté pour le court terme (se permettre une gâterie le lendemain) et elle laisse le restant des calories dépensées faire leur travail et diminuer son poids.

Elle ne voit donc pas ce que nous faisons comme une punition ou une imposition. Elle a même réalisé que lorsqu’elle aura atteint son poids cible, elle aura besoin de moins de calories et qu’elle devra continuer à gérer les calories absorbées et dépensées pour maintenir le meilleur équilibre possible. Probablement, qu’à la longue, nous le ferons instinctivement, comme le font les gens qui n’ont jamais eu de problèmes de poids, mais pour le moment, nous devons défaire de mauvaises habitudes et en établir des nouvelles bien fermement avant de nous fier à notre intuition.

Tendre Moitié, avec ses genoux en ruine, ne peut pas bouger beaucoup, mais il aura ses infiltrations de cortisone dans moins de six semaines, après six mois d’attente. Nous espérons que cela diminuera la douleur pour lui permettre de bouger un peu car la simple marche lui avait fait perdre beaucoup de poids lors d’un voyage à New York, il y a quelques années.

La réadaptation de Toutou Parfait me donne l’occasion de sortir prendre des marches deux fois par jour, peu importe la température. De plus, je me suis créé un exercice maison, facile, rapide et intense. Je fais jouer un morceau de musique avec beaucoup de rythme, d’une durée de quatre à cinq minutes, et je monte et descend l’escalier sans arrêt durant toute la chanson. Je le fais deux fois par jour et je suis passé de onze escalades aller-retour à treize. C’est très efficace pour augmenter le rythme cardiaque et cela a le mérite d’être court au point où je peux le faire à tout moment, en attendant que l’eau bout par exemple.

La prochaine étape sera de travailler avec des poids pour augmenter la force de mes bras qui est pathétique. J’avais une routine de quinze minutes que je faisais avec Charmante Ado l’été dernier et je vais tenter de m’y remettre, probablement seule, car durant la saison de basketball, son niveau physique est nettement supérieur au mien et elle n’a pas vraiment besoin de « garder la forme« .

Les affaires sont plutôt au ralenti de ce temps-ci et j’ai envoyé hier mon texte pour le concours littéraire Zone d’écriture de Radio-Canada, dans la catégorie Récit. Le gagnant de la catégorie Nouvelle, à laquelle j’ai aussi participé en septembre dernier, est généralement annoncé à la fin mars. Ne me reste plus qu’à travailler sur mon roman qui n’avance pas tellement.

Je suis par contre très heureuse de voir que plusieurs de mes objectifs pour 2013; perte de poids, exercices, concours d’écriture, se réalisent peu à peu. Nous avons le choix d’avoir une année quelconque; dont nous ne nous souviendrons que vaguement, 365 jours qui ne laisseront que peu de traces, ou d’avoir une année extraordinaire; qui nous marquera au point d’être un point de repère dans notre vie.

Je choisis d’avoir une année mémorable. Et vous?

Une vie sans avenir est souvent une vie sans souvenir.   –   Hervé Bazin
Le souvenir de l’effort est toujours un souvenir heureux et l’on sourit aux anciennes misères vaincues.   –  Jean Guéhenno

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Course contre la montre

courseVous avez sûrement remarqué à quel point certaines personnes adorent se déclarer ‘’occupées’ ou ‘’stressées’’. Il semble même parfois y avoir une hiérarchie du stress, où certaines occupations sont déclarées plus importantes parce que plus stressantes. J’ai moi-même œuvré pendant dix-sept ans dans un domaine considéré comme très stressant, le contrôle aérien et je peux honnêtement affirmer que mon plus haut niveau de stress n’a été atteint que lorsque j’ai délaissé les opérations, le travail dans la tour, pour devenir gestionnaire.

Dans mon cas, je ne vivais pas de stress lorsque je faisais quelque chose que j’adorais, qui m’inspirais et que je croyais utile. La gestion, pour moi, a été une magistrale erreur et c’est ce qui m’a amené à quitter le domaine plus tôt que prévu, car un retour aux opérations (domaine syndiqué), n’était pas possible une fois qu’on accédait à un poste de cadre.

J’ai donc beaucoup de difficultés à voir le stress comme une glorification de l’importance ou de la valeur d’une personne, alors que ma période la plus malheureuse dans le domaine du travail correspond aussi à la plus stressante.

Vivre beaucoup de stress n’est pas selon moi un gage de valeur. Cela ne nous rend pas supérieur aux autres. L’absence de stress ne rend pas une personne moins importante pour autant. Chacun réagit au stress de façon différente et on ne peut pas en déduire grand-chose et surtout pas évaluer la valeur d’une personne sur cette base.

Nous avons tous entendu des gens nous confier qu’ils étaient tellement occupés qu’ils ne savaient plus où donner de la tête. C’est presque devenu la réponse par défaut lorsqu’on demande aux gens comment ils vont. Ce ne sont pas les gens qui doivent jongler avec deux emplois, le service de garde pour les enfants, les fins de mois difficiles ou les difficultés de la vie mono-parentale qui se plaignent d’être trop occupés, ces gens-là sont plus exténués qu’autre chose.

Non, les gens qui se déclarent super occupés le sont généralement par des choses qu’ils se sont imposées eux-mêmes volontairement. Ils enrôlent leurs enfants dans une foule d’activités, prennent des cours de perfectionnement pour leur travail en plus de  prendre un abonnement au gym et de s’imposer d’y aller cinq fois par semaine.

Personne ne veut réellement vivre comme ça, mais il y a une certaine pression sociale à se déclarer et à se montrer occupé. Être occupé constamment et surtout, aimer se déclarer débordé ou trop occupé nous convainc que ce que l’on fait est important, mais cela nous amène aussi à devenir anxieux et nous nous sentons coupables lorsque nous ne faisons rien de productif.

Tout le monde est occupé. Nous avons tous des choses que nous voulons accomplir dans une journée, un mois ou une année, mais si nous prenons sur nos épaules une charge trop lourde, ce n’est pas une raison pour en être fier.

En général, les gens trouveront du temps pour faire les choses qui sont importantes pour eux. J’aime écrire et c’est quelque chose de très important pour moi alors j’y consacre du temps. M’arrive-t-il d’être stressée par des échéanciers que je me suis imposée et de me retrouver à 23 heures sans aucune idée pour mon prochain article? Bien sûr, mais pas au point de perdre de vue que mes limites peuvent être modifiées sans que cela ait une grande importance.

Nous nous enfermons trop souvent dans la mentalité que nous devons tout faire et que nous devons performer à tout prix. Nous oublions que nous sommes en charge de notre temps et qu’il nous revient d’organiser notre vie selon ce qui nous convient le mieux.

Nous choisissons où mettre notre énergie et nos efforts. Ce qui vaut la peine et même le stress pour l’un ne le vaudra pas pour l’autre. Chacun a un rôle et ses propres passions, certaines sont plus apparentes que d’autres et les personnes les plus occupées ne sont pas nécessairement celles qui se vantent d’être débordées.

Être occupé peut vouloir dire que nous accomplissons des choses et que le travail se fait. Être trop occupé signale quelque chose de beaucoup moins positif, un certain déficit dans l’établissement des priorités. Toutes les tâches ou activités ne sont pas d’une égale importance, il faut être capable de trier ce que l’on a à faire et d’y aller avec le plus important d’abord.

Nous avons tous les mêmes 168 heures par semaine. Les heures passeront qu’on leur prête attention ou non, nous devrions peut être examiner ce que nous faisons de notre temps.

Nous vivons dans une société compétitive et se lamenter sur notre somme de travail ou notre manque de sommeil, peut nous sembler une preuve de notre dévouement envers notre travail et notre famille, mais nous apportera peu de satisfaction personnelle. Mettre nos priorités sur ce qui nous importe vraiment nous donnera plus de contrôle sur notre temps et ultimement sur notre vie.

Sur une note plus légère, parce que la vie ne doit pas être prise trop sérieusement, voici une vidéo qui m’a fait sourire.

 

Il vaut mieux ne rien faire que de s’occuper mal à propos.   –   Baltasar Gracian y Morales
Je dois m’occuper d’être heureux.   –   Albert Camus

Toutou Parfait se soigne

ligament

Toutou Parfait a subi sa chirurgie au genou il y a un peu plus de cinq semaines maintenant et je vais vous faire un petit compte-rendu de sa convalescence.

Pendant la phase de repos complet des trois premières semaines, il y a eu l’épisode où elle a réussi à se défaire de son collier mal fixé et où elle s’est sauvée au fond du terrain, dans la neige. À la noirceur, il était difficile de dire si elle a marché sur sa patte ou non, mais nous avons eu bien peur que son genou ait de nouveau lâché.

La clinique vétérinaire a dit que ce n’était pas nécessairement le cas mais qu’il était trop tôt pour le savoir et que tout ce que nous pouvions faire était de nous assurer qu’elle bouge le moins possible. La plaie a très bien guérie et les points de suture ont été enlevés après deux semaines.

Notre Toutou Parfait est aussi à la diète depuis novembre dernier car l’excès de poids augmente le risque que le ligament de l’autre patte arrière se déchire. Ce type de chirurgie a un meilleur taux de succès chez les petits chiens, précisément à cause du poids qui repose sur l’articulation. La diète se déroule sans problème, même si ce n’est pas au goût de Toutou Parfait qui nous fait de grands yeux tristes en voyant son bol de nourriture sèche. Elle mange quand même et elle a perdu dix livres (4.5 kilos), ce qui est excellent. Nous allons persévérer jusqu’à ce qu’elle perde un autre 5 livres (2.25 kilos), ce qui la rendra assez svelte.

Après les 21 jours de repos, nous avons commencé la réadaptation en faisant des promenades quotidiennes de dix minutes. Toutou Parfait adore se promener en laisse avec nous, contrairement à Tête de Mule qui est plutôt pantouflarde et rechigne à marcher sans but. Tout s’est bien passé pendant une semaine, puis j’ai augmenté la durée des promenades à quinze-vingt minutes.

La promenade en tant que telle se passait parfaitement bien et Toutou Parfait marchait les pattes bien droites, avec beaucoup d’enthousiasme. Par contre, elle passait ensuite la soirée couchée et elle boitait terriblement lorsqu’elle se déplaçait dans la maison. Voyant que cela ne s’améliorait pas et convaincue par mon pessimisme naturel que la chirurgie n’avait pas fonctionné, je me suis résignée à téléphoner à la clinique pour obtenir une consultation et voir ce qu’il y aurait à faire.

Après avoir expliqué la situation à la technicienne, j’ai eu en ligne le vétérinaire qui avait opéré Toutou Parfait. Il est très heureux de sa perte de poids et  le problème actuel selon lui est que les promenades sont trop longues. Il dit que si elle marche très bien lors des promenades et que par la suite elle boîte et semble avoir mal, c’est que la promenade est trop exigeante sur son articulation. Il m’a rappelé que la réhabilitation durera de quatre à douze mois et qu’il faut y aller lentement.

Il me conseille donc de faire deux courtes promenades de dix minutes au maximum, en me guidant sur sa façon de marcher ensuite. Je dois aussi lui donner des anti-inflammatoires pour réduire l’inflammation au besoin, lorsqu’elle semble ressentir de la douleur.

C’est la première fois que je trouve un vétérinaire qui donne des conseils au téléphone et qui n’exige pas une consultation en clinique qu’il pourrait facturer. Il a bien pris le temps de tout m’expliquer, me confiant même que, dans la prochaine année, il y aura un ou deux épisodes où je serai persuadée que son genou a lâché lorsque je la verrai revenir la patte en l’air après avoir couru après un écureuil ou autre bestiole intéressante. Il dit qu’à ce moment-là, il faudra la mettre au repos complet et lui donner des anti-inflammatoires pendant une semaine. Ensuite, elle redeviendra comme avant m’assure-t-il. C’est encourageant de voir qu’il a confiance en la procédure et au pronostic.

Toutou Parfait a donc de bonnes chances d’avoir une vieillesse convenable et de pouvoir maintenir son niveau d’activité. Ce week-end, nous accueillons encore une fois le Golden Retriever qui est venu en pension durant les Fêtes. Les chiens adorent voir de nouveaux copains en visite et la bonne entente est complète. Lorsqu’on a deux chiens et beaucoup de place, un troisième n’implique aucune charge de travail supplémentaire et cela permet à Charmante Ado de se faire des sous.

Les dépenses imprévues ont été considérables ces derniers mois, d’abord la chirurgie et les soins de Toutou Parfait, puis l’automobile qui a besoin de quelques milliers de dollars en réparations. Notre voyage en Europe, d’abord reporté de décembre à février, est maintenant reporté indéfiniment. Nous verrons à l’été comment nos affaires se déroulent pour cette année. Nous avons d’excellents dossiers en cours, mais la situation économique se détériore quelque peu et les gens ont tendance à se serrer la ceinture davantage, ce qui pourrait réduire notre chiffre d’affaires.

J’ai beau dire que je ne m’ennuie pas trop des voyages, cela commence à me manquer et j’espère que 2013 sera l’année où nous pourrons nous y remettre.

On croit qu’on amène son chien pisser midi et soir. Grave erreur : ce sont les chiens qui nous invitent deux fois par jour à la méditation.   –   Daniel Pennac

L’ado social

ado digital

Petit problème de l’ère digitale dans la famille Opus Secret cette semaine. Charmante Ado grandit et son goût d’autonomie et de prendre ses propres décisions aussi. Même si nous encourageons son sens de l’initiative et son goût pour l’entrepreneuriat,  nous sommes plus austères, pour ne pas dire vieux-jeu, sur d’autres points.

Nous avons toujours refusé, à son grand chagrin, que notre fille ait une télévision dans sa chambre. La raison est simple;  j’en ai eu une durant mon adolescence et je ne sortais à peu près jamais de ma chambre. Mes parents n’avaient aucune idée de ce que je regardais ou de ce que je faisais de mes soirées et ce n’est pas un modèle que nous voulons suivre. Nous tentons de garder  nos soirées comme un moment familial au lieu d’une occasion pour chacun de s’isoler.

A treize ans et demi, je crois que nous avons encore notre mot à dire sur les activités de Charmante Ado. Je lui enlève son cellulaire et son iPod au coucher depuis quelques temps parce qu’elle va sur Facebook avec ses amies alors qu’elle devrait dormir. Elle n’a  rien dit pendant quelques semaines, mais ces derniers temps, elle a essayé de convaincre Tendre Moitié qu’elle voulait seulement écouter de la musique sur son cellulaire ou son iPod pour s’endormir. Tendre Moitié trouvant la demande raisonnable lui a promis de m’en parler.

Le problème est que le seul jour où j’ai oublié de lui enlever ses gadgets électroniques, elle est aussitôt allée « chatter » sur Facebook. Tendre Moitié a admis qu’il est difficile de croire qu’une ado de treize ans va résister à la tentation de répondre aux messages de ses amies si elle a l’appareil entre les mains. Nous avons donc décidé de maintenir le statu quo. Les ados de cet âge ont besoin de dix à douze heures de sommeil et c’est effectivement ce que dort Charmante Ado lors de ses jours de congés. Nous voulons qu’elle réussisse bien à l’école et qu’elle soit reposée le matin. Elle a accès à l’internet en soirée, mais pas dans sa chambre une fois couchée lorsqu’elle a de l’école le lendemain.

La valse des « les parents de mes amies ne font pas ça » et des « je ne peux pas dormir sans musique » a suivi notre refus. En fait, elle nous avait déjà raconté que les parents d’une de ses copines  lui interdisaient tout internet durant la semaine, sauf pour les travaux scolaires. Ils lui avaient laissé son iPod, jusqu’à ce qu’ils découvrent que leur fille avait réussi à établir la connections Wi-Fi (ils ne la croyaient pas si technologique) et discutait allègrement avec ses amies toute la soirée et une fois couchée. Charmante Ado a sûrement des amies dont les parents ne se soucient pas de leur vie en ligne, mais c’est peut-être parce qu’ils ne réalisent pas  ce que font leurs enfants sur Internet.

Les jeunes de cette génération grandissent avec ces technologies et elles font partie de leur tissu social. En tant que parents, nous faisons face à des choix plus compliqués que d’avoir ou non une télé dans sa chambre. On ne peut pas tout interdire, mais nous devons prendre des décisions sur des points qui n’ont pas fait partie de notre éducation. De plus, de nouvelles technologies se rajoutent sans cesse et nous devons rester à jour pour pouvoir prendre des décisions éclairées.

Pour le moment, nous suivons l’activité en ligne de notre fille de très près. Une étude américaine datant de 2009 a révélé que 45% des compagnies vérifient maintenant l’activité sur les réseaux sociaux des gens qui postulent pour un emploi et que 35% rejettent des candidats suite à ce qu’ils ont découvert sur eux en ligne.

Certains prônent l’autonomie, de leur faire confiance et de leur laisser prendre leurs responsabilités en leur donnant plus de liberté, mais si on ne leur explique pas ce qui est convenable, dangereux ou dommageable, ils auront probablement des comportements risqués, des propos inappropriés et des conséquences douloureuses.

Le soir où nous lui avons refusé le iPod ou le cellulaire pour écouter de la musique au lit, Charmante Ado était plutôt frustrée par notre décision. Je l’ai entendue se retourner longtemps dans son lit, mais elle a fini par s’endormir. Je suis restée éveillée encore plus tard qu’elle en me questionnant à savoir si nous n’étions pas trop sévères et si elle serait vraiment capable de résister à la tentation de texter au lit, si nous avions accepté. Il y a toujours une fine ligne entre la fermeté et l’autoritarisme. Je ne veux pas perdre notre excellente relation avec une ado somme toute assez facile et agréable à vivre.

Je n’avais pas trop à m’en faire, le lendemain, Charmante Ado était tout sourire et ne semblait pas préoccupée du tout. C’était probablement une de ces occasions où l’ado teste ses parents pour établir les limites et s’en satisfait en réalisant qu’elles existent et sont là pour rester. Dans un certain sens, cela doit même être réconfortant de voir que ses parents se soucient d’elle.

D’un autre côté, si vraiment la musique l’aide à s’endormir, nous avons un vieux mini lecteur mp3 qui pourra très bien faire l’affaire.

 

L’adolescence est une période de changements rapides. Entre l’âge de 12 et 17 ans par exemple, un parent peut vieillir de presque 20 ans.    –  Auteur inconnu
Lorsque j’étais un jeune garçon de quatorze ans, mon père était si ignorant que j’avais peine à endurer sa présence.   Par contre, lorsque j’ai atteint l’âge de 21 ans, j’ai été estomaqué de voir tout ce qu’il avait appris en sept ans.   – Auteur inconnu, parfois attribué à Mark Twain 

Apprendre à vouloir les choses que nous avons déjà

William B. IrvineUn des items sur ma Buckest List est de lire les grands philosophes classiques. Ce sera probablement un objectif à très long terme car il y a une montagne de livres à assimiler et ce n’est pas un genre de lecture qui se fait rapidement.

J’ai terminé récemment un excellent livre sur le stoïcisme ; A Guide to the Good Life: The Ancient Art of Stoic Joy par William B. Irvine.

Le stoïcisme est un modèle philosophique ancien mais il est très bien adapté à notre style de vie moderne. Il offre un mode de vie centré sur le bonheur et l’épanouissement et même si la richesse l’indépendance financière n’en est pas le but premier, elle  en est un bénéfice secondaire presque inévitable.

Lorsque l’on parle de stoïcisme aujourd’hui, nous envisageons habituellement une personne sévère, qui réprime ses sentiments et qui reste froide et indifférente face à l’adversité, tout en étant peu sujette aux expressions de joie et de plaisir.

Cette définition ne ressemble en rien à ce qu’étaient les anciens Stoïques. Ils ne cherchaient pas à éviter toute émotion ou à faire preuve d’ascétisme. Ils se concentraient surtout à conquérir les émotions négatives dans leur vie, comme la peur, la colère, l’envie et l’avarice. Le but était d’atteindre une sérénité qui ne serait pas affectée par les différents et inévitables hauts et bas d’une vie. Cet état de tranquillité fondamentale était selon eux fréquemment parsemé de moments de joie pure, provenant de toutes les bonnes choses qu’une vie peut offrir.

Les Stoïques offraient une série de techniques et de principes pour bien vivre. Beaucoup de ces techniques avaient pour but de contrer ce que l’on appelle  aujourd’hui, l’adaptation hédoniste, cette tendance qu’a l’être humain de s’adapter aux circonstances, qu’elles soient positives ou négatives.

Tout en étant une  excellente capacité d’adaptation, l’adaptation hédoniste est aussi une source d’insatiabilité.  L’adaptation hédoniste peut nous amener à ne jamais être satisfait de ce que l’on a, peu importe la quantité ou la qualité. Aussitôt qu’un désir est accompli, un autre prend sa place dans une poursuite sans fin.

Lorsque l’on achète le plus récent iPhone ou iPad, nous éprouvons du plaisir pendant quelque temps, puis on s’habitue et la nouveauté s’étiole. Quelques mois plus tard, une nouvelle version arrive sur le marché avec seulement quelques fonctions ou améliorations supplémentaires et nous nous mettons à désirer le  nouveau modèle. Rien n’est jamais assez, nous sommes toujours à la recherche du prochain produit qui nous apportera ce petit rush de plaisir.

Les Stoïques ont développé plusieurs techniques pour contrer cette soif de consommation, afin de nous entraîner à être heureux avec ce que l’on a.

Les deux techniques les plus importantes sont la Visualisation Négative et la Pratique de l’Adversité. La Visualisation Négative consiste à choisir un élément positif de notre vie, quelque chose que l’on prend souvent pour acquis, et de s’imaginer notre vie sans cet élément. Ce peut être par exemple, avoir un toit sur la tête, des personnes qui nous aiment, ou un de nos sens, comme la vue ou l’ouïe.

Il faut ensuite imaginer en détails ce que serait notre vie sans cet élément. Ne plus entendre par exemple, impliquerait la perte de la jouissance de la musique. Nous devrions apprendre à lire sur les lèvres pour communiquer et les échanges par téléphones seraient remplacés par des courriels et des messages textes. Nous devrions aussi être plus vigilants pour pallier aux dangers que notre ouïe nous aidait à prévenir, par des alarmes auditives par exemple.

Ensuite, avec la réalisation que notre ouïe est en bon état de fonctionnement, nous pouvons mieux apprécier quel grand bénéfice elle représente pour nous. Le prochain morceau de musique que nous écouterons sera probablement beaucoup plus apprécié qu’avant cette prise de conscience. Cela peut sembler simpliste comme exercice, mais tout ce qui peut nous éviter de tomber dans la complaisance et ainsi renouveler notre appréciation de la vie et de notre chance, ne peut qu’être bénéfique.

La Visualisation Négative vire l’adaptation hédoniste à l’envers. Envisager de perdre une chose à laquelle nous sommes habitués, nous la fait apprécier davantage.

La Pratique de l’Adversité consiste à se priver volontairement d’un bienfait dans la vie de tous les jours. C’est un peu ici que les Stoïques ont acquis leur mauvaise réputation, car l’idée de se priver volontairement sans raison apparente s’apparentait au masochisme et donnait l’impression que les Stoïques ne savaient pas apprécier le plaisir et la vie.

En fait, le but de l’exercice est de prendre conscience que nous n’avons pas toujours besoin de certains biens que nous considérons essentiels ou que moins peut être suffisant. Si l’on se donne comme but d’essayer de vivre sans air climatisé pendant trente jours, par exemple, nous apprendrons probablement à être plus confortables même si la température est plus élevée, car notre corps va s’adapter, jusqu’à une certaine limite. Inversement, en réglant le thermostat quelques degrés plus bas en hiver, nous économiserons de l’argent et notre corps s’habituera sans que l’on soit inconfortable.

Le but central du stoïcisme est d’apprendre à apprécier ce que l’on possède déjà au lieu d’en vouloir toujours davantage. En apprenant à contrer l’adaptation hédoniste afin de toujours être capables d’apprécier nos acquis, nous aurons moins de désirs nouveaux. Il sera plus facile de couper sur les choses non-essentielles et nous résisterons à l’envie de dépenser de l’argent sur des choses sont nous n’avons pas réellement besoin.

La tentation de dépenser diminue lorsque l’on apprécie ce qui nous entoure, au point où on se demande comment on a pu vouloir accumuler tant de choses en premier lieu. Cet argent non dépensé pourra se diriger tout naturellement vers le remboursement de nos dettes, puis les épargnes, pour nous mener vers l’indépendance financière.

Dans la Rome ancienne, le stoïcisme était assez répandu mais il a éventuellement perdu du terrain pour ne devenir qu’une voie intellectuelle mineure.

De nos jours, de nombreuses personnes sont misérables dans des emplois qu’elles ne gardent que pour pouvoir continuer leur consommation intensive de biens matériels superflus. La recherche d’accomplissement et d’épanouissement personnel est de plus en plus en vogue et la simplicité volontaire est aussi populaire. Le stoïcisme retrouve donc sa pertinence dans notre société.

Les Stoïques cherchaient à contrer nos émotions irrationnelles par le raisonnement et à se défaire de notre attachement pour les choses superflues. Pratiquer l’adversité au lieu de se plaindre et de geindre au moindre inconfort perçu de façon émotive, nous permet d’apprendre à gérer les aléas de la vie, au point de ne plus être dérangé par la moindre broutille. On peut alors apprécier la vie.

Citations du livre  A Guide to the Good Life : The Ancient Art of Stoic Joy de  William B. Irvine:

–   Dans le titre:  La manière la plus facile de devenir heureux est d’apprendre à vouloir les choses que nous avons déjà.

–   La question n’est pas de savoir si les gens disciplinés et ayant le sens du devoir peuvent avoir une vie heureuse et significative; c’est plutôt de se demander si ceux qui manquent de contrôle de soi et qui sont persuadés que rien n’est plus important qu’eux-mêmes, peuvent eux, aspirer à cette vie.

–  Alors que la plupart des gens cherchent le contentement en changeant le monde qui les entourent, Épictète nous conseille de rechercher le contentement à l’intérieur de nous-mêmes, plus particulièrement en changeant nos désirs.

–   Ce qui tient la plupart de nous à l’écart du bonheur n’est pas notre gouvernement ou la société dans laquelle nous vivons, mais les failles dans notre philosophie de la vie, ou le fait de ne pas avoir de philosophie du tout.