Archives pour décembre 2012

Droit de vie ou de mort

chats

Je n’aime pas vous parler constamment de problèmes médicaux, mais c’est ce qui monopolise nos vies de ce temps-ci. Nous avons finalement un diagnostic pour Toutou Parfait: elle a une rupture du ligament croisé antérieur à la patte arrière gauche.  C’est au niveau du genou et  la meilleure solution est la chirurgie.

Elle subira donc une opération chirurgicale le 17 décembre. Je suis allée à une nouvelle clinique vétérinaire qui est à trente minutes de chez moi et les gens étaient absolument charmants. J’ai pu discuter avec trois vétérinaires différents et ils ont bien passé une heure à m’expliquer toutes les procédures, les risques, le pronostic, la récupération et le type de chirurgie qu’ils recommandaient.

Pour une fois, on ne me conseille pas l’opération la plus complexe et la plus coûteuse. Ils ont choisi une chirurgie plus simple, mais qui donne de bons résultats et qui est la moins coûteuse des trois possibilités. L’âge de Toutou Parfait, le degré d’arthrite et son niveau d’activité plus réduit qu’un chien plus jeune, font que la chirurgie moins complexe lui conviendrait mieux selon eux.

J’ai tout de même écrit au vétérinaire qui avait soigné Toutou Parfait pour sa nécrose de la glande salivaire il y a dix huit mois et je lui ai demandé son avis. Il faut noter que les deux procédures plus complexes et coûteuses devraient être faites à l’hôpital vétérinaire spécialisé où travaille ce vétérinaire,  mais j’ai très confiance en lui et je sais qu’il me conseillera ce qui est le mieux pour Toutou Parfait.

Il a confirmé que la procédure suggérée était ce qui était le plus approprié pour Toutou Parfait. J’aurais bien aimé la faire soigner à cet endroit absolument formidable, mais leurs prix sont extrêmement élevés et la chirurgie simple me coûterait le double si j’optais pour eux. Il faut dire que c’est un véritable hôpital, ouvert 24 heures par jour, avec une urgence, des civières, tout à fait  comme un hôpital pour humains.

Heureusement, le vétérinaire de la clinique, qui fera l’opération, a reçu la formation pour cette procédure à cet hôpital et il a pratiqué cette chirurgie à maintes reprises, avec succès.

Toutou Parfait doit perdre du poids car contrairement à l’humain qui se déchire habituellement un ligament du genou, suite à un mouvement brusque; chez les chiens, c’est plus une question d’usure et d’arthrite qui amène le ligament à lâcher. Il est donc très recommandé de maintenir un poids idéal pour éviter de surcharger le ligament. De plus le ligament de l’autre patte qui doit avoir le même degré d’usure que le le premier, pourrait lâcher lui aussi si elle ne maigrit pas.

Le taux de succès de la chirurgie dépend de plusieurs facteurs; l’âge, le poids, mais surtout de la période post-opératoire. Le chien  doit être calme et ne pas forcer sur l’articulation pendant la cicatrisation. Pendant au moins un mois, il ne doit pas faire d’exercice physique. Les sorties doivent se faire en laisse, uniquement pour les besoins.

Il n’est pas encore tout à fait certain que la chirurgie aura lieu. Le jour de l’opération, ils vont d’abord l’anesthésier puis faire des radiographies des hanches et des genoux. Il faut qu’il y ait un bon potentiel de récupération, ce qui veut dire pas trop d’arthrite. Sinon, nous aurons une décision à prendre pour la suite des choses. Il y a toujours la possibilité d’une attelle qui est portée sur la jambe pour la soutenir et qui pourrait faire l’affaire si l’opération n’est pas souhaitable, mais ce n’est pas l’idéal.

Ce ne fût pas une très bonne semaine financièrement; d’abord les visites chez le vétérinaire et ensuite un problème assez sérieux avec la voiture. Tout cela se chiffre à quelques milliers de dollars. Ce n’est pas la fin du monde mais ça nous amène à remettre encore une fois à plus tard le voyage en Europe, que nous voulions faire en février, le temps de remplumer le fonds d’urgence.

Nous avons eu une petite discussion familiale très courte pour décider de l’allocation d’argent: chirurgie pour Toutou Parfait ou voyage? Toutou Parfait a remporté le vote à l’unanimité.

Connaissant ma famille, je n’avais pas vraiment de doute sur la décision, mais je trouve vraiment inconfortable d’avoir la possibilité de décider de la vie ou de la mort d’un animal de compagnie.  Oui, Toutou Parfait est dans la force de l’âge, mais ce n’est qu’un problème mécanique qui peut être réparé. Comment la regarder dans les yeux  et choisir un voyage au lieu de la chirurgie? On me taxera d’hyper -sensiblerie mais j’ai vécu quelques expériences traumatisantes qui m’ont amenée à penser comme cela.

Lorsque j’étais enfant, à plusieurs reprises, quatre fois sur une période de dix ans, pour être exacte, mes parents ont fait euthanasier notre chat ou notre chien sans raison. Je partais pour l’école et  à mon retour  l’animal avait disparu. Lorsque je demandais pourquoi on l’avait fait tuer, on me répondait qu’ils n’en voulaient plus ou que c’était trop accaparant. C’est arrivé avec trois chats et un chien et je me suis jurée que jamais je ne ferais tuer un animal parce que je m’en étais lassée ou autre raison futile. Un animal n’est pas un bien de consommation jetable.

 Je n’ai fait euthanasié un animal qu’une seule fois. J’avais une chatte de 19 ans et demi, Cassie, qui est décédée paisiblement dans son sommeil. Un autre de nos chats, Kenny, avait alors 18 ans et demi et n’avait jamais vécu une seule journée sans elle. Il a arrêté de manger et de boire. Je l’ai amené chez la vétérinaire qui lui a fait plusieurs tests et m’a dit que ses reins ne fonctionnaient plus et qu’il n’y avait rien à faire. Elle lui a donné une injection qui prenait vingt minutes à faire complètement effet, il s’est endormi tout doucement dans mes bras et je lui ai parlé jusqu’au bout, en pleurant à chaudes larmes.

Je vais couper bien des choses plutôt que de négliger les soins d’un animal malade. J’ai choisis de le prendre chez moi et j’assume la responsabilité d’en prendre soin. Je n’irais pas jusqu’à l’acharnement thérapeutique, mais si sa qualité de vie peut être maintenue, les voyages et autres gâteries humaines vont céder leurs places pour les soins médicaux d’un animal.

On n’a pas deux cœurs, l’un pour l’homme, l’autre pour l’animal… On a du cœur ou on n’en a pas.      –  Alphonse de Lamartine

Partagez!

À votre santé

médical

C’est avec un grand soulagement que je peux vous rapporter que la colonoscopie na rien détecté d’anormal. L’examen en tant que tel ne dure pas très longtemps et la sédation, même si elle ne m’a pas endormi, m’a laissé très décontractée, si bien qu’il n’y a eu qu’un très léger inconfort.

Une demie journée à l’hôpital, c’est bien assez pour moi. Ce n’est pas un endroit où l’on désire se retrouver, particulièrement à l’approche des fêtes.

J’ai eu un regain d’énergie en sortant de là, en réalisant que tous n’avait pas cette chance. Les endoscopies ont lieu sur le même étage que les chirurgies et les soins intensifs. Lorsque je suis descendue de l’ascenseur  on sortait un jeune garçon d’environ sept ans de la salle d’opération. Il pleurait et criait  »maman » sans arrêt et les infirmières essayaient de le maintenir dans le lit, tellement il était agité.

Dans la salle pour les colonoscopies, nous étions une bonne dizaine de personnes. Mon voisin immédiat m’a raconté qu’on lui a fait une première colonoscopie il y a trois ans parce que son frère avait un cancer colorectal.  Il s’est avéré qu’il avait aussi un cancer colorectal de stade trois. Il a eu une chirurgie dans les jours qui ont suivi et il a dû porter une iléostomie pendant neuf mois. On a finalement pu lui reconnecter le colon et l’intestin grêle pour le débarrasser de ce sac et il se porte à merveille depuis. Il était là pour un contrôle et il a été très heureux d’apprendre qu’il n’y avait aucune trace de cancer. Il y a trois ans, il avait été opéré en décembre et son frère était décédé quelques jours plus tard, ce fut donc un Noël assez sombre. Maintenant il profite de la vie avec sa femme,  à laquelle il est marié depuis 45 ans. Il était très gentil avec moi, me demandant  si c’était la première fois que je subissais l’examen et me rassurant quant à la procédure.

Après l’examen, le gastro-entérologue passait voir chaque patient pour lui faire part des résultats de l’examen. Une seule personne de notre groupe avait un polype, qui lui a été retiré et le médecin s’est montré fort rassurant quant au futur.

En moins de deux heures, il s’est formé un petit esprit de clan dans notre groupe, les plus expérimentés rassurant les nouveaux sur le déroulement, sympathisant au sujet de l’inconfort au retour de l’examen et chacun souhaitant bonne chance et joyeux Noël aux autres lorsqu’il quittait.

La plus âgée du groupe était une dame de 85 ans, qui était une véritable pince-sans-rire. Lorsque l’infirmière lui a demandé si elle était bien à jeun depuis minuit, elle a répliqué qu’elle avait pris son déjeuner habituel de deux oeufs avec saucisses et petits pains. Elle plaisantait sans cesse et se déclarait en pleine forme au retour de l’examen. J’ai quitté avant qu’elle reçoive ses résultats mais elle avait un excellent moral.

J’ai passé le reste de la journée à regarder mon chez moi sous un oeil nouveau, en me disant que j’aurais pu avoir un résultat différent, qui aurait tout basculé dans ma vie. J’ai laissé derrière moi en quittant l’hôpital une foule de gens souffrants, tristes, endeuillés, à trois semaines de Noël. J’ai de la chance et je le réalise.

Si l’on regarde la santé canine de note petite famille, Toutou Parfait a connu quatre jours où il y a eu une grande amélioration pour sa patte arrière. Elle marchait dessus et ne boitait plus. Puis, depuis le cinquième jour, elle refuse de mettre son poids dessus et elle clopine sur trois pattes. Nous avons trouvé une autre clinique vétérinaire fortement recommandée par des amis et des clients et nous avons un rendez-vous aujourd’hui.

Finalement, la glande thyroïde de Toutou Parfait fonctionne parfaitement et nous ne savons toujours pas ce qui ne va pas avec sa patte ou sa hanche. En ce moment, cela ressemble plus à une blessure, genre ligaments ou  tendons, plutôt qu’à de l’arthrite. J’espère que le nouveau vétérinaire aura plus d’empathie et d’intérêt pour ses clients à quatre pattes.

Tendre Moitié me faisait remarquer qu’il est tout de même plus facile de se faire soigner par un vétérinaire que par un médecin. Il a subi des radiographies des genoux en septembre dernier pour qu’un rhumatologue lui fasse ensuite une infiltration. Il a reçu un appel le 1er décembre et on  lui a donné un rendez-vous pour une infiltration le 13 mars 2013. En attendant, il ne peut qu’endurer sa douleur. Il se sera passé six mois entre les radiographies et l’infiltration, c’est long. Je ne trouve pas que cela constitue un délai acceptable. Tendre Moitié garde le moral et marche la jambe raide pour avoir moins mal.

 Cela termine notre petit bulletin médical.  Charmante Ado est en pleine forme et elle a fait trois paniers au premier quart lors du dernier match, qui fût remporté par son équipe. Elle refuse des clients pour son gardiennage d’animaux. Tout le monde cherche une pension pour le temps des Fêtes, mais nous sommes déjà complets. La dernière cliente en date insistait pour que nous prenions ses trois Yorkshires alors que nous garderons déjà un Labrador et un Golden Retriever. Avec les nôtres  cela aurait fait sept chiens dans la maison! On lui a bien offert d’aller les nourrir, promener et soigner chez elle, mais il semblerait qu’ils soient trop destructeurs pour être laissés seuls… Je crois qu’un chenil lui conviendrait mieux que notre maison.

La santé est la qualité la plus méritoire du corps.   –   Aristote
Un corps sain est un hôte, un corps maladif est un geôlier.   –   Francis Bacon

Mieux vaut prévenir que guérir

prévenir

Comme j’ai promis plus d’articles personnels, commençons sur les chapeaux de roues et parlons du test médical que je serai en train de subir lorsque vous lirez cet article.

Dans ma famille, il y a quelques antécédents de cancer du colon, dont ma tante, qui est décédée l’an dernier. Mon médecin insistait depuis plus d’un an pour que je subisse une colonoscopie. J’ai bien essayé de reporter cela à plus tard, mais l’hôpital m’a finalement appelé avec une date ferme pour la procédure.

Selon la Société Canadienne du Cancer, le cancer colorectal est la deuxième cause de mortalité par cancer chez les hommes et les femmes.  En 2012, au Canada, on estime à 23 300 le nombre de personnes qui recevront un diagnostic de cancer colorectal et à 9 200 le nombre de personnes qui en mourront. Le cancer colorectal est la deuxième cause de décès par cancer, sans égard au sexe.

  • On estime à 10 300 le nombre de femmes qui recevront un diagnostic de cancer colorectal et à 4 200 le nombre de celles qui en mourront
  • On estime à 13 000 le nombre d’hommes qui recevront un diagnostic de cancer colorectal et à 5 000 le nombre de ceux qui en mourront.
  • En moyenne, chaque jour, 64 Canadiens (hommes ou femmes) recevront un diagnostic de cancer colorectal.
  • En moyenne, chaque jour, 25 Canadiens mourront des suites de la maladie.

Probabilité d’avoir un cancer colorectal ou d’en mourir 

  • Un homme sur 13 risque d’avoir un cancer colorectal au cours de sa vie et un sur 28 en mourra.
  • Une femme sur 16 risque d’avoir un tel cancer au cours de sa vie et une sur 32 en mourra.

Avec ces statistiques peu réjouissantes, il faut faire face à la réalité et accepter de passer un test que la plupart des gens considèrent embarrassant et inconfortable. Une étude récente publiée dans le New England Journal of Medicine  a démontré que lorsque des polypes pré-cancéreux sont détectés et retirés durant une colonoscopie, le risque de cancer colorectal peut être diminué de 50%. Plus de 95% des tumeurs sont détectées durant une colonoscopie.

La colonoscopie est donc un test hautement recommandé en termes de prévention. Pourtant les gens ont tendance, comme moi, à le remettre le plus tard possible. Avant d’obtenir les informations précises du gastro-entérologue, je connaissais peu de chose sur cet examen, quoique mon imagination s’empressait de combler mes lacunes en connaissances.

Finalement, il semble que la préparation pour l’examen est pire que l’examen lui-même.  Pour que le médecin puisse faire une inspection approfondie, il faut que l’intestin soit vide. La préparation commence le jour précédant l’examen. Aucune nourriture solide n’est permise, on ne peut absorber que des liquides clairs, comme du jus sans pulpe, du thé ou du café sans lait ni crème, du bouillon de poulet ou de boeuf,  du Gatorade, des boissons gazeuses ou du jello.

Il semble que la préparation varie beaucoup selon l’hôpital, mais dans mon cas, j’ai dû absorber deux sachets d’un produit appelé Pico-Salax, Ce produit est un purgatif puissant que j’ai pris à six heures d’intervalle, le jour avant l’examen, dissous dans  150 ml d’eau. Le goût n’est vraiment pas terrible, mais avec une paille, ça passe plus facilement. Le manufacturier prétend que cela goûte l’orange, mais croyez-moi, c’est assez mauvais.

Je vous fait grâce des conséquences, sachez seulement que c’est très efficace et qu’il ne faut pas s’éloigner de la salle de bains. Durant toute cette journée de préparation  il faut aussi boire 250 ml de liquide par heure. Dans mon cas, cette préparation s’est faite durant un dimanche tranquille, mais gardez à l’esprit qu’il est hors de questions d’aller travailler ce jour-là.

Le jour de l’examen, il faut se présenter à l’hôpital accompagné d’une personne qui pourra nous ramener à la maison. La procédure débute par la sédation du patient, ce qui est une fort bonne chose selon moi. Les témoignages que j’ai lu, s’entendent pour dire que l’on n’a conscience de rien durant l’examen, ce qui me convient tout à fait. Ce n’est pas une anesthésie générale, mais il semble que le patient est suffisamment sous sédation pour qu’il soit presque endormi ou très somnolent.

Le réveil peut amener des crampes abdominales parce que le médecin a injecté de l’air durant l’examen et que cela peut occasionner des ballonnements mineurs. Si le médecin observe des polypes durant l’examen, il procédera à leur excision. Il peut aussi prélever du tissu pour une biopsie s’il le juge nécessaire.  Les polypes ont une croissance plutôt lente, ne produisent pas de symptômes et peuvent devenir cancéreux. En les enlevant, on retire aussi cette possibilité. Selon ce que le médecin a détecté, il déterminera la fréquence des futures colonoscopies.

Le cancer colorectal est un des rares cancers que l’on peut prévenir, parce qu’il passe par ce stage de polype, avant de devenir cancéreux. le cancer lui-même est peu symptomatique à ses débuts et lorsque les symptômes apparaissent, il est souvent trop tard.

C’est difficile de se convaincre du bien-fondé d’un test envahissant alors que l’on se sent parfaitement bien, mais après avoir vu ma tante souffrir pendant quatre ans, ce léger inconfort ou embarras temporaire n’est rien en comparaison.

Je vous parlerai  des résultats du test dans mon prochain article.

Dans le titre: Mieux vaut prévenir que guérir,   –   Proverbe français
On ne guérit pas un malade qui se croit en santé.   –   Henri-Frédéric Amiel