Archives pour septembre 2012

Sous toutes les coutures

couture

Charmante Ado a pris part à sa première leçon de couture aujourd’hui. L’idée nous est venue en magasinant pour des costumes d’Halloween. Vous n’avez pas idée combien il est difficile de trouver un costume convenable pour une ado de treize ans qui mesure plus de six pieds (un mètre quatre-vingt-un).

Je discutais avec elle de la difficulté que nous avons à lui trouver des vêtements à sa taille, même dans les magasins spécialisés. Je lui disais qu’elle devrait s’intéresser à la couture et apprendre à se confectionner des vêtements. Cela l’a fortement intéressée et nous l’avons inscrite à un cours de couture pour les jeunes.

Durant cette première série de cours, elle va apprendre à utiliser la machine à coudre et elle fabriquera un pantalon de pyjama. La série de cours suivante  lui apprendra à confectionner une jupe.

Elle a vu un groupe de filles plus âgées ce matin, qui fabriquait leur robe pour le bal de graduation. Elle a eu de belles étoiles dans les yeux à la perspective de se confectionner une robe personnalisée. Elle a encore trois ans pour développer ses talents de couturière, avant sa propre graduation, alors elle devrait arriver à quelque chose de bien. Heureusement, car mes talents en couture sont très limités.

Finalement nous avons trouvé un costume d’Halloween dans le commerce. Charmante Ado fréquentant un collège catholique, il y a tout de sortes de restrictions quant aux déguisements; pas de symboles religieux, pas d’anges ni de démons, pas d’ensembles sexys et rien de trop violent. Les vampires sont toutefois permis.

Elle sera donc une femme pirate. Bon, je sais bien que les pirates sont violents, mais c’est plutôt une pirate de mode, jolie et élégante. Nous n’inclurons pas d’accessoires tels que couteau, épée, poignard ou autres outils de travail usuels du pirate. Charmante Ado ne portera qu’un petit sac de velours contenant des fausses pierres précieuses.

Pour la première fois cette année, elle ne prévoit pas passer de porte en porte le jour de l’Halloween.  Elle se trouve tout simplement trop grande. Elle va donc se contenter de donner des friandises aux enfants qui viendront chez nous. Il y aura aussi une soirée chez des amies ainsi qu’une journée déguisée à l’école.

L’Halloween est une fête que Tendre Moitié a de la difficulté à comprendre. Il s’y est toujours plié de bonne grâce, mais il trouve cela quelque peu bizarre. Je crois comprendre que l’Halloween n’existe pas en Europe, du moins pas en Belgique, du temps de l’enfance de ma douce moitié.

Pour ma part, je trouve que cette fête revêt beaucoup plus d’importance aujourd’hui qu’elle n’en avait durant les années soixante où j’ai grandi. À l’époque, pas un adulte ne se costumait, c’était uniquement une fête pour les très jeunes enfants et les maisons n’étaient pas décorées. De nos jours, il y a des partys de bureau pour l’Halloween et certains ados de quinze ou seize ans passent encore de porte à porte pour récolter des bonbons.

C’est certain que c’est devenu très commercial, mais je préfère encore cette fête innocente et rigolote à celle de la St-Valentin, où tout le marketing joue sur l’amour et les sentiments. J’aime bien que les voisins et même des étrangers soient prêts à donner librement des gâteries aux enfants. Lorsque nous faisons la tournée de  notre quartier, l’ambiance est chaleureuse et les gens sont de bonne humeur et avenants. Une ambiance bonne enfant règne et tout serait parfait s’il ne fallait pas se méfier des psychopathes qui mettent des cochonneries dans les friandises.

Je crois que de nos jours, tout parent vérifie soigneusement le butin récolté, ce qui ne se faisait pas du tout durant mon enfance. Les temps changent, mais pas toujours pour le mieux. Je connais même certains parents qui achètent directement les friandises à leurs enfants au lieu de les laisser faire du porte à porte.  D’autres, comme nous, accompagnons nos enfants lors de la tournée et nous assurons de jeter tout ce qui paraît suspect.  Le plaisir pour les enfants est de se déguiser, d’aller voir les différentes maisons décorées ET de recevoir gratuitement des gâteries d’autres adultes. Recevoir les friandises directement de ses parents n’a pas le même effet.

Charmante Ado ne passera plus de porte à porte et je crois que ça l’attriste un peu, surtout que ses copines de son âge, encore de petite taille, continuent d’y aller. Déjà, l’an dernier, plusieurs adultes ont fait des remarques qu’elle était bien trop grande pour passer l’Halloween. Il y a parfois un très net désavantage à paraître beaucoup plus vieille qu’en réalité. L’autre jour, la secrétaire chez le médecin lui a demandé si elle avait plus de dix-huit ans! Elle passe très facilement pour seize ans et certains seraient tout prêts à croire qu’elle est majeure.

Heureusement qu’en général, Charmante Ado est très contente d’être grande. Elle trouve que c’est bien d’être un peu différente des autres, comme elle le dit si bien : ‘’En tout cas, je ne passe pas inaperçue et je ne me fonds pas dans la foule’’.

J’ai dû lui commander un uniforme de basketball sur mesure et j’ai eu un appel cette semaine du manufacturier qui s’inquiétait des mensurations. Il a même demandé à l’école de vérifier que je ne m’étais pas trompée. On lui a confirmé que mes mesures étaient bonnes et que oui, le chandail devait être aussi long que demandé.

Autre anecdote ce matin, lors du cours de couture, les filles ont chacune choisi un tissu pour leur pantalon de pyjama. Tout le monde a reçu un morceau mesurant un mètre et demi de long, sauf Charmante Ado qui elle a eu deux mètres et demi de tissu. La couturière était quelque peu effarée et elle m’a aussi dit que le patron qu’elle utilise pour le cours devrait être modifié pour accommoder ses grandes jambes.

C’est parfois compliqué d’être si grande, mais je crois que lorsqu’elle sera adulte, ce sera beaucoup plus facile, car ce qui surprend en ce moment, c’est surtout son âge par rapport à sa grandeur. Plus vieille, elle n’attirera pas autant de remarques, du moins je l’espère. Heureusement qu’elle ne s’en formalise pas.

La mode passe. Le style reste.   –   Coco Chanel
Ne pas être à la mode est la meilleure façon de ne pas se démoder.   –   Pierre Cardin
La mode est ce que l’on porte. Ce qui est démodé, c’est ce que portent les autres.   –   Henry David Thoreau

Partagez!

Opus en quelques mots

Après plus de dix mois à vous écrire à tous les jours, je me sens un peu plus confortable d’en dévoiler davantage sur moi. Voici donc ma présentation, quelque peu tardive, mais il n’est jamais trop tard pour bien faire.

Pourquoi Opus SecretSecret, parce que j’aime mon intimité et ma tranquillité.  Opus; cela vient d’un petit pingouin de bande dessinée : Opus of Bloom County. C’est un pingouin un peu philosophe sur les bords, qui s’interroge sur la vie, je l’adore. C’est aussi mon surnom, utilisé uniquement par mon mari, il ne m’appelle jamais par mon vrai prénom, même en public.

Je suis dans le début de la cinquantaine, originaire de Québec, que j’ai quitté à l’âge de dix-huit ans. Mes rêves d’enfance étaient d’être écrivaine et vétérinaire, mais la vie m’a menée ailleurs, quoique je garde la passion de l’écriture et des animaux.

Je suis plutôt devenue infirmière et avec mon diplôme en poche, je suis partie pour la Californie. J’y suis demeurée sept ans, avant de revenir au Québec.

J’ai par la suite découvert le monde de l’aviation en prenant des cours pour obtenir une licence de pilote privé. C’est ainsi qu’est née ma deuxième carrière, dans le domaine des services de la circulation aérienne. J’y suis demeurée dix-sept ans, avec des séjours dans le Grand Nord à deux reprises.

Je travaille maintenant avec mon mari (Tendre Moitié) et nous sommes tous les deux travailleurs autonomes. Tendre Moitié est né en Belgique et est arrivé au Canada en 1989.

Nous avons une fille (Charmante Ado),  qui entre tout juste dans l’adolescence malgré sa grande taille (plus de six pieds/ un mètre quatre vingt-un).

Nous habitons une communauté semi-rurale mais tout près d’une grande ville. Notre famille comprend aussi 2 chiens (Toutou Parfait et Tête de Mule), quatre chats (Grande Patronne, Chaton Mignon,  Matou Tout Mêlé et Vagabonde), ainsi que trois petits rats femelles adorables et trois grands aquariums.

Je m’intéresse à la philosophie, la psychologie, l’histoire, la science et la littérature. Je prends des  leçons de piano depuis quelques années, par plaisir seulement, je m’interroge sur le sens de la vie, le pourquoi des choses et le comment s’améliorer constamment.

Un des items de ma Bucket List est d’avoir un blogue sur lequel j’écrirais un article par jour pendant un an. Le but est principalement de laisser à ma fille une tranche de notre vie qu’elle pourra relire plus tard et montrer à ses enfants et petits enfants. Un autre objectif est de m’astreindre à une discipline d’écrire chaque jour pour réaliser mon rêve d’écrire un roman éventuellement.

J’espère que vous aimerez parcourir ce blogue, bonne lecture!

Pas d’hélicoptère en vue

indépendance

J’ai toujours rêvé d’avoir une grande famille. J’ai grandi avec un seul frère, qui avait quatre ans de plus que moi et n’avait absolument aucun intérêt envers ma personne. Nous nous sommes quelque peu rapprochés à l’âge adulte, mais nous avons finalement réalisé que nous avions très peu de choses en commun, ce qui fait que nous ne nous fréquentons pas beaucoup.

J’ai rencontré Tendre Moitié sur le tard et Charmante Ado est arrivée parmi nous alors que j’avais presque trente-neuf ans.  Il nous a été impossible d’avoir une plus grande famille malgré tous nos efforts.

Le danger avec un enfant unique, c’est qu’il est l’objet de notre attention exclusive et que si on ne fait pas attention, il peut ressentir une énorme pression de performer pour être à la hauteur des attentes qu’il peut percevoir de notre part.

Il  y a aussi le danger de trop s’impliquer et d’essayer de résoudre le moindre petit problème parce qu’on ne veut pas que notre enfant ait des difficultés. Ceci n’est pas particulier aux parents d’enfants uniques, mais disons, qu’avec un seul enfant, il y a plus de chances que nous souffrions d’une petite tendance à la surprotection. Les anglais appellent cela le « Helicopter Parenting », parce que ce type de parent est toujours dans les parages, planant au dessus de l’enfant, en essayant de prévenir la moindre embûche, réelle ou perçue, envers leur progéniture.

Je n’écris pas à l’école au moindre petit problème, j’étais entièrement d’accord avec l’instructeur de basketball qui hésitait à la prendre dans l’équipe AA parce que Charmante Ado ne faisait pas des efforts soutenus et nous la laissons gérer ses tâches, devoirs, activités et obligations elle-même.

Nous voulons tous que nos enfants soient épanouis, ne manquent de rien et soient en sécurité. Nous allons essayer de leur éviter les écueils les plus évidents ou dangereux, parce qu’on ne veut pas les voir souffrir ou endurer des conséquences désagréables.

Par contre, les enfants ont le désir d’être compétents et d’apprendre par eux-mêmes. Un enfant n’est pas porteur de nos rêves déçus ou de nos ambitions abandonnées. Il doit découvrir ses propres rêves et sa propre passion, à travers des erreurs, des mauvaises expériences et même des échecs.

Il n’est pas possible, ni même souhaitable, de protéger nos enfants de tout stress,  ni de toujours intervenir pour les rescaper d’une situation difficile. Charmante Ado avait un livre qu’elle devait lire pour aujourd’hui à l’école. Elle aime bien lire, mais elle trouve ce livre difficile (Le meilleur des mondes par Aldous Huxley) et même si elle connaissait l’échéance depuis trois semaines, elle s’est retrouvée avec 180 pages à lire dans les deux derniers jours.

Elle sait que j’ai déjà lu ce livre et je crois qu’elle aurait bien aimé que je le lui résume pour s’éviter cette course frénétique, mais elle n’a pas osé me le demander et je ne lui ai pas offert non plus. Elle est partie à l’école ce matin avec encore quelques dizaines de pages à lire, ce qu’elle se promettait de faire durant a période d’étude et sur l’heure du midi.

Disons, que j’espère que la prochaine fois, elle s’y mettra plus tôt. Je ne voyais pas l’utilité de lui révéler le reste du livre car le but de l’exercice est de démontrer sa compréhension du texte et la morale de l’histoire. Il faut qu’elle arrive à une conclusion toute seule pour en retirer quelque chose.

Ce n’est pas facile de ne pas intervenir et je crois qu’elle aurait de beaucoup préféré que je la « sauve » en lui révélant la fin et en lui expliquant la morale de l’histoire, mais la maturité vient en faisant ses propres erreurs et ses propres expériences.

Je veux qu’elle ait confiance en ses moyens et qu’elle comprenne qu’il faut prendre les moyens pour arriver à ses fins. La solution à un travail difficile n’est pas de demander à maman de le faire. Elle n’a pas besoin de moi et aurait très bien pu y arriver sans stress, si elle s’y était prise plus tôt.

Une des habiletés les plus importantes que l’on veut voir se développer chez nos enfants est de planifier les étapes pour arriver à un but. Cette fois-ci le but n’était pas des plus captivant pour elle, mais c’était tout de même quelque chose qu’elle devait faire.

Le fait de toujours intervenir pour  »aider » notre enfant, risque de l’amener à grandir en croyant qu’il y aura toujours quelqu’un qui sera disponible pour l’empêcher de vivre des situations désagréables. Ces enfants rois qui n’auront pas connu de contrariétés en grandissant ne feront pas des adultes très agréables à côtoyer, lorsqu’ils réaliseront que le monde réel n’est pas à leurs pieds.

Il y a tout un art en élevant un enfant, à jongler entre la surprotection et la négligence, sans jamais s’approcher de ces deux extrêmes.

Un petite dose d’adversité permet de développer des compétences et d’acquérir une confiance en ses capacités. Cela permet aussi à l’enfant de voir qu’il peut faire face aux conséquences, en tirer des leçons et continuer sa route avec plus d’assurance.

J’ai compati avec Charmante Ado sur ses deux soirées de lecture intensive, en me retenant de lui faire remarquer qu’elle avait eu amplement de temps de lire ce bouquin dans les trois dernières semaines.

Elle a peut-être été désappointée que je ne vienne pas à sa rescousse, mais grandir, c’est ça aussi. C’est faire face aux difficultés et aux défis et en ressortir plus compétent et confiant. Ce n’est pas se fier sur papa et maman pour se sortir du pétrin.

Vos enfants : vous pouvez vous efforcer d’être comme eux, mais ne tentez pas de les faire comme vous.   –   Khalil Gibran
Des parents sages permettent à leurs enfants de se tromper. Il est bon qu’ils se brûlent les doigts de temps en temps.   –  Mahatma Gandhi

Miss Populaire

Populaire

Charmante Ado est maintenant en secondaire deux dans un collège privé. Sa meilleure amie de l’an dernier n’est pas dans sa classe cette année, mais elle est bien contente du groupe de filles de sa classe et elle s’est fait de nouvelles copines.

En début d’année. elle avait bon espoir de devenir amie avec Miss Populaire, la fille la plus populaire de la classe, qui est assise juste devant elle. Miss Populaire est entourée d’un groupe de huit à dix filles, ce qui en fait le groupe « Cool » parmi tous les élèves de secondaire deux.

La première semaine, Charmante Ado a pris le repas du midi avec ce groupe, une ou deux fois, mais elle m’a par la suite confié qu’elle n’avait plus été « invitée » à les joindre. Elle n’avait pas envie de quémander cette « faveur », même si elle était assez certaine qu’elle aurait été accueillie favorablement .

Quelque chose dans le fonctionnement du groupe la mettait mal à l’aise. Miss Populaire dirige tout et prend toutes les décisions. Elle décrète ce qui est cool ou pas, en plus de choisir qui est accepté dans le groupe ou écarté.

Charmante Ado s’est tournée vers d’autres copines, particulièrement une fille qui fait partie de son équipe de basketball.  Elle continue à voir son amie de l’an dernier aux repas du midi et dans l’autobus scolaire.

Elle se débrouille très bien en classe, a réussi à faire partie de l’équipe AA de basketball, en montrant plus de détermination et elle a des copines en classe, dans l’école et dans l’équipe de basketball, ce qui la satisfait pleinement.

Hier soir, alors qu’elle m’embrassait avant d’aller au lit, elle s’est attardée pour me confier quelque chose. Elle a dit qu’elle était bien contente de ne pas être devenue l’amie de Miss Populaire. Lorsque je lui ai demandé pourquoi, elle m’a expliqué ce qui était arrivé durant la journée.

Au début des cours, Miss Populaire s’est retournée vers Charmante Ado et lui a demandé si elle avait fait le devoir de français. Celle-ci  a répondu affirmativement. Miss Populaire lui a alors demandé de lui prêter son devoir pour qu’elle puisse le copier parce qu’elle ne l’avait pas complété.

Charmante Ado a fermement dit non et lui a demandé si elle avait fait les autres devoirs, notamment en sciences, anglais et mathématiques. Miss Populaire a semblé étonnée de tous ses devoirs et elle s’est alors tournée vers les filles de son groupe d’amies et a demandé à l’une de faire son devoir de français, puis à une autre de faire celui d’anglais et ainsi de suite. Et elles ont toutes dit oui!

Charmante Ado n’en revenait pas. Miss Populaire n’a pas semblé se formaliser de son refus, ce qui n’est pas étonnant si toutes les filles de sa clique acceptent avec empressement de faire ses devoirs à sa place. Elles ont l’air de se battre au portillon pour obtenir cet « honneur ».

J’ai demandé à Charmante Ado si elle savait pourquoi cette fille était si populaire. Elle n’a pas su me répondre, sauf que c’est un fait établi, elle a l’étiquette « populaire » et « cool ».  Alors, les autres filles aiment bien être dans son sillage et voir rejaillir un peu de cette popularité sur elles-mêmes.

Je suis bien heureuse que Charmante Ado ait une confiance en soi assez solide pour résister à ce genre d’attrait. Elle a jugé le prix trop élevé et contre ses valeurs et s’est tourné vers d’autres personnes.

Souvent, elle va me raconter un épisode de sa vie à l’école, après le dénouement et je peux voir la réflexion et le cheminement qu’elle a suivi pour arriver à une décision, un choix ou une conclusion. Elle a une idée très bien définie de ce qui est juste, équitable et charitable, et pour elle, ces valeurs ne sont pas à géométrie variable. Elle ne trichera pas pour plaire à une « amie » ou pour être acceptée dans un groupe.

J’aime bien qu’elle me fasse part de ses conclusions. J’aime qu’elle s’interroge, se questionne et arrive à une décision toute seule sur ce qui est bien. Elle me présente le résultat final de sa réflexion, un peu pour voir ma réaction,  pour entendre mon opinion sur ses questions existentielles et recevoir une validation que sa conscience morale émergente est sur la bonne voie.

Depuis quelques mois, elle parle de devenir avocate et je m’aperçois que les questions  d’honnêteté, de justice sociale et  d’honneur  sont au coeur de ses préoccupations. Je trouve cette étape de son développement cruciale pour l’adulte qu’elle deviendra, et je crois sincèrement qu’elle est sur la bonne voie pour devenir une adulte responsable, honnête et juste.

Être populaire le touchait moins qu’être nécessaire.    –   Victor Hugo 

Horloge corporelle

rythme circadien

Il me semble fréquemment que j’aurais besoin de plus d’heures dans une journée pour accomplir tout ce que j’ai à faire. Certaines choses se déroulent souvent mieux si je les fais à une période de temps particulière, d’autres peuvent se faire n’importe quand, sans problème.

En portant attention à notre corps, nous pouvons identifier les périodes où nous sommes plus alertes et où notre énergie est la plus élevée.  Notre corps possède un rythme naturel qui est propre à chacun.

Nous essayons de tout faire, de caser toutes nos tâches durant notre journée, sans nous soucier de notre horloge biologique. Pourtant, la perturbation des rythmes circadiens a été liée à des problèmes tels que le diabète, la dépression, la démence et l’obésité, selon Steve Kay, un professeur à l’université de la Californie du Sud.

La solution serait d’identifier à quels moments certaines tâches devraient être exécutées. La plupart des adultes par exemple, performent mieux en fin d’avant-midi pour ce qui est du travail cognitif. Notre température commence à s’élever juste avant notre éveil et continue à monter jusqu’au milieu de la journée, améliorant graduellement notre mémoire de travail, notre vigilance et notre concentration. Prendre une douche chaude en se levant aiderait à mettre en branle le processus.

Nous devenons plus distraits et moins aptes à nous concentrer entre midi et seize heures selon une étude récente de Robert Matchock de l’université d’état de la Pennsylvanie. Après un repas, notre vigilance diminue et nous atteignons un sommet de somnolence vers quatorze heures, ce qui serait un bon moment pour faire une petite sieste.

Chose surprenante, la fatigue stimulerait la créativité. Pour la plupart des adultes, il vaut mieux s’attaquer à des problèmes demandant une réflexion et une ouverture d’esprit, lorsque nous sommes fatigués, dans la soirée par exemple. La fatigue permettrait à l’esprit de vagabonder plus librement pour explorer des solutions alternatives.

Il semblerait que les messages mis en ligne sur Facebook après vingt heures, tendent à recevoir le plus de mentions ‘’J’aime’’. Voilà qui peut améliorer notre humeur à peu de frais!

Nous avons tous des horloges biologiques différentes ce qui rend la synchronisation de nos horaires plus difficile. Les gens matinaux se réveillent et se couchent plus tôt et sont plus productifs au début de la journée. Les autres, eux, préfèrent se lever plus tard, commencer leur journée lentement et sont à leur meilleur dans la soirée.

Les courriels ont le plus de chances d’être lus si on les envoie avant six heures du matin, selon Dan Zrrella un chercheur dans le domaine des médias sociaux pour la compagnie HubSpot en Californie. Il a réalisé une étude basée sur des milliards de courriels et il conclut que la communication en ligne possède ses propres cycles optimaux. Le courriel est un peu le nouveau type de journal, on le consulte en se réveillant le matin.

Si l’on désire se mettre de bonne humeur, mieux vaut consulter Twitter vers huit ou neuf heures le matin, moment où les messages sont les plus optimistes, enthousiastes et moins susceptibles de contenir de la peur, de la colère ou de la culpabilité, selon une étude publiée en 2011 dans Science, qui a analysé 509 millions de tweets échangés sur une période de deux ans parmi 2.4 millions d’utilisateurs de Twitter.

On suggère que cette gaieté provient du fait que les gens sont détendus, frais et dispos au début de la journée. Durant les week-ends, le niveau d’enthousiasme atteint son plus haut niveau environ quatre-vingt-dix minutes plus tard qu’en semaine, probablement parce que les gens dorment plus tard.

Pour ce qui est de l’exercice physique, notre performance est habituellement à son meilleur entre quinze et dix-huit heures selon Michael Smolensky de l’université du Texas à Austin. La force musculaire atteint son sommet entre quatorze et dix-huit heures, pouvant atteindre un niveau de six pourcent plus élevé qu’à notre moment le plus bas de la journée. Les poumons, eux, fonctionnent 17.6% plus efficacement vers dix-sept heures que dans le milieu de la journée selon une autre étude menée par Boris Medarov du Albany Medical College à New York.

La coordination oeil-main attaint son apogee en fin d’après-midi et les muscles et articulations sont vingt pourcent plus flexibles dans la soirée, diminuant le risque de blessures.

Ces différents rythmes biologiques restent vrais quels que soient nos heures de sommeil ou notre faim. Le meilleur temps pour manger serait durant nos heures les plus actives, pour éviter de prendre du poids.

En ce qui concerne l’exercice, je peux confirmer que pour Charmante Ado et moi, la fin de l’après-midi est la meilleure période. Nous avons tenté pendant une dizaine de jours de nous lever plus tôt et de faire nos exercices en sautant du lit. Nous avons trouvé cela extrêmement difficile et désagréable. Nous avons donc déplacé notre session à dix-sept heures, lorsqu’elle arrive de l’école. Tout semble plus facile, Charmante Ado fait jouer sa musique et on s’amuse presque. Vu que ma grippe est à peu près terminée (Finalement! Je conseille fortement le vaccin cette année, car elle est féroce!), nous allons reprendre notre routine, qui a été quelque peu bouleversée.

Le rythme de la vie moderne ne nous permet pas de nous arrêter un instant sur le bord du trottoir de l’existence.   –   Pierre Dac