Archives pour août 2012

L’économie du bonheur

argent et bonheur

On dit souvent que l’argent n’apporte pas le bonheur mais nous agissons tout de même comme si c’était le cas. Cela pourrait sembler raisonnable de penser que plus d’argent augmenterait notre bonheur.

L’argent après tout, nous permettrait de faire ce que l’on désire et d’acheter les biens qui nous font envie. Il nous donnerait la liberté de profiter de nos passe-temps favoris.

Pourtant, toutes les études démontrent qu’il n’y a qu’une relation modérée entre avoir plus d’argent et être heureux. Certains vont jusqu’à dire que cette relation est très faible et que l’argent a très peu à voir avec le bonheur.

Le plus étrange est que quoique nous disions être conscients que l’argent n’apporte pas le bonheur, nous continuons  à agir comme si plus d’argent allait nous rendre heureux.

Les biens matériels ne nous rendent pas heureux car ils n’ont qu’un effet temporaire sur notre sentiment de bonheur. Plus nous gagnons de l’argent, plus nous développons des désirs d’acquisitions pour des biens matériels plus coûteux.

Les gens continuent de penser que l’argent les rendra heureux parce que c’est ce qu’ils voient les autres faire autour d’eux. Nous travaillons fort pour obtenir une promotion, nous achetons une plus grosse maison, nous changeons de voiture aux deux ans, toutes ces choses proclament haut et fort que nous avons réussi dans la vie.

Nous savons que ce qui nous rend heureux est de faire quelque chose d’important à nos yeux et de profiter de relations sociales de qualité. Pourtant, nous continuons à nous concentrer sur l’argent au lieu de nous soucier de ce qui nous profiterait vraiment.

Il semblerait que nous ne voyons pas les alternatives.  Nous ramenons tout à l’argent parce que c’est ainsi que fonctionne la société. La publicité, la télévision, les articles de revues sur les gens riches et célèbres nous montrent tous des choses qui ne s’obtiennent qu’avec de l’argent.

L’argent nous donne l’illusion d’avoir tout ce qu’il nous faut, mais malheureusement, nous ressentons tout de même qu’il nous manque quelque chose, sans pouvoir identifier ce que c’est.

Lorsqu’on demande aux gens combien d’argent en plus les rendraient heureux, la moyenne est habituellement 20% de plus que ce qu’ils gagnent en ce moment.  Pourtant, des études ont démontrées que le taux de bonheur des gens n’augmentait pas à la hauteur de leur hausse de revenus.

Des études ont été réalisées en analysant les revenus des participants pendant plusieurs années ainsi que leur sensation de bonheur. Les résultats  ont démontrées que plus d’argent n’apportait pas nécessairement plus de bonheur.

Pourquoi alors est-on persuadé du contraire? Une de raisons pourrait être que lorsque nous envisageons un futur avec plus d’argent,  nous avons une certaine somme et un niveau de vie correspondant en tête. Par contre,  nous assumons inconsciemment que tous les gens qui nous entourent resteront au même niveau économique et que nous seuls, nous démarquerons.

En fait, généralement, lorsque nos revenus grimpent au fil des années, les revenus des gens de notre entourage augmentent aussi. Notre point de comparaison reste inchangé, nous n’avons pas plus que les autres, le niveau de vie de chacun a graduellement augmenté avec le temps, alors nous nous imaginons que ce n’est pas tout à fait cela et qu’un autre 20% de plus ferait sûrement toute la différence.

Les valeurs monétaires que nous imaginons pouvoir nous combler, sont basées sur des conditions matérielles qui vont elles aussi augmenter. Nous ne voulons pas seulement d’un vague surplus, nous pensons avoir besoin de plus comparé aux autres; davantage que ce que nous avons ou observons autour de nous présentement.

À mesure que nos revenus et ceux de notre entourage augmentent, nous nous habituons à ces nouvelles conditions matérielles. Nous ne sommes ainsi jamais heureux car cette quête ne nous apporte pas la satisfaction imaginée.

Nous avons un nombre limité de minutes dans notre vie et nous devons choisir à quoi les utiliser. Passer du temps en famille, avec des amis, aura un plus grand effet sur notre niveau de bonheur à long terme que d’obtenir plus d’argent.

On veut gagner de l’argent pour vivre heureux et tout l’effort et le meilleur d’une vie se concentrent pour le gain de cet argent. Le bonheur est oublié, le moyen pris pour la fin.    –   Albert Camus

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Battre la mesure

Qui va piano va sano

Cette semaine, en plus de la rentrée scolaire, c’est le début de nos cours de piano pour Charmante Ado et moi. Je ne pratique pas autant que je le souhaiterais durant l’été et j’approche habituellement le retour des cours avec un peu de remords d’avoir relâché mes efforts.

Charmante Ado a une foule d’occupations durant l’été et passe peu de temps au piano. Pourtant, elle voit la rentrée musicale de la même manière que la rentrée scolaire, pour elle, cela marque la fin d’une pause bien méritée et elle se remet au travail sans état d’âme.

Cette fois-ci, je devais durant l’été, étudier et compléter les exercices écrits des trois premiers chapitres d’un livre de théorie de musique. Cela m’a passablement occupée et je n’ai terminé les dernières pages qu’hier. Maintenant, je connais à fond les gammes majeures, mineures, harmoniques, mélodiques et homonymes. La seule chose que je n’ai pas très bien compris ce sont les gammes chromatiques, mais je vais éclaircir cela avec mon professeur.

Je devais compléter ces exercices, car cette année, je commence le programme du Conservatoire. Charmante Ado n’est pas encore prête pour cela, mais si elle s’applique, elle pourrait le débuter en janvier.

Nous avons débuté nos cours en même temps il y a trois ans, mais avec un professeur différent. Je trouve ma fille sincèrement plus douée que moi. Elle est plus intuitive et a plus de ce que je qualifierais de grâce naturelle au piano. Par contre, je suis beaucoup plus disciplinée ce qui m’amène à pratiquer environ cinq heures par semaine alors qu’elle fait habituellement moins de deux heures.

J’ai toujours crû que les enfants apprenaient plus vite la musique que les adultes, mais selon ce que j’ai lu, ce serait faux. Les enfants ont souvent l’esprit moins encombré que les adultes par toutes sortes de tracasseries, ce qui leur permet de se concentrer plus facilement. Cela donne l’illusion qu’ils absorbent plus rapidement ce qu’on leur enseigne.

Cependant, ce que les enfants n’ont pas autant que les adultes, c’est le désir. Un adulte qui se met à l’étude du piano veut réellement apprendre le piano. Un enfant choisira le piano suite à une suggestion de ses parents ou amis ou exprimera le souhait d’apprendre le piano parce que ça a l’air amusant.

Ce désir réel d’appendre chez l’adulte crée le même type de concentration qui est nécessaire pour l’apprentissage. Un adulte voudra souvent récupérer le temps perdu s’il commence le piano à un âge assez avancé et fréquemment, progressera plus vite que l’enfant parce qu’il est plus assidu dans ses pratiques.

L’an dernier, vers Noël, j’ai connu une période où je trouvais que je ne progressais pas assez rapidement et que les choses stagnaient. Mon professeur m’a rassurée en m’affirmant qu’elle ne connaissait pas un seul étudiant  qui était satisfait de sa progression. Elle disait que les élèves croyaient tous progresser trop lentement, mais que c’était rarement le cas.

Le piano est difficile et demande de longues heures de pratique pour assimiler toutes les nuances. Un autre point qui me désolait était que je n’arrivais pas rejouer correctement du premier coup, une pièce mise de côté après avoir été apprise il y a plusieurs mois. Elle m’a assuré que ça viendrait, mais que c’était normal à ce stade-ci de ma progression.

Une autre idée fausse que j’avais, étais qu’il ne fallait pas regarder ses mains en jouant. Mon professeur me fit alors remarquer que les pianistes de concert mémorisent la pièce et regardent leurs mains en jouant. Elle me dit que si je connais ma pièce par cœur, je peux regarder mes mains et que cela améliore le rythme et la vitesse. Il est évident que lorsqu’on ne connaît pas la pièce, il faut garder l’œil sur la partition pour savoir ce qui s’en vient.

Charmante Ado apprend toutes ses partitions par cœur et ne regarde la pièce que pour confirmer sa position et cela ne semble pas être un problème non plus pour son professeur.

Selon mon professeur, plusieurs personnes se mettent au piano chaque année, convaincues que tout le processus sera amusant et agréable, simplement parce qu’ils aiment la musique. Elle me faisait la remarque qu’en fait la pratique n’est pas si amusante que cela et que seulement une fraction des étudiants  ont un réel plaisir à pratiquer.

Pratiquer au piano est une activité exigeante et répétitive. Ce qui est amusant c’est le résultat de toutes ces heures de pratique, c’est la satisfaction d’atteindre une certaine fluidité en jouant une pièce ou de maîtriser une technique difficile.

Auparavant, je me disais que je prendrais des leçons pendant deux ou trois ans et que j’arrêterais lorsque je pourrais jouer le genre de musique que j’aime. Maintenant, je réalise que l’apprentissage du piano n’est jamais terminé et qu’il y a toujours quelque chose à apprendre, même au simple niveau amateur auquel j’aspire. Le piano et les leçons feront donc partie de ma vie pendant longtemps encore.

En terminant, le serveur a encore eu des problèmes intermittents dans les dernières 24 heures, alors mon article a un peu de retard sur l’heure de publication habituelle. Bluehost m’affirme maintenant que le problème est réglé. Merci de votre patience.

La musique vaut toutes les philosophies du monde.       Ludwig van Beethoven
Sans musique, la vie ressemble à une traversée du désert.   –   Pat Conroy

Prévoir pour éviter les déboires

récupérer

Je me targue d’être une personne efficace et organisée. Aujourd’hui toute cette organisation s’est révélée insuffisante lorsque le serveur qui héberge mes cinq sites Web a failli à la tâche.

Ce matin, comme à l’habitude, je suis allée vérifier si mon article quotidien avait bien été publié sur Opus Secret. Depuis un mois, j’ai pris l’habitude de planifier la publication des articles à une heure fixe. J’avais d’abord choisi six heures du matin, mais Tendre Moitié m’a fait remarqué que mes lecteurs européens devaient patienter jusqu’à midi (à leur heure), avant de pouvoir lire mon article du jour. J’ai donc récemment modifié l’heure de publication pour une heure du matin, ce qui donne sept heures en France et Belgique.

Donc, ce matin, je me connecte et TOUS mes sites ont disparu. Branle-bas de combat, je communique avec Bluehost la compagnie qui héberge mes sites. On me promet de régler cela rapidement, mais on ne peut pas me dire quelle est la nature du problème.

Je patiente tant que je peux, mais rien ne se passe. Je commence à penser qu’Opus Secret est peut-être perdu à jamais, car contrairement à mes autres sites, je ne fais pas de sauvegarde régulière. Si Bluehost ne récupère pas mes articles, je suis perdue. J’ai 296 articles en ligne sur Opus Secret, j’approche tranquillement de mon objectif d’écrire un article par jour pendant un an. Une insouciance de ma part va peut-être ruiner tout mon projet!

Bon, comme vous lisez cet article présentement, il n’y a pas grand suspense et vous savez que j’ai récupéré mon site. Cela ne s’est pas fait sans heurt, cependant. Huit heures après mon appel, Bluehost a finalement remis tous mes sites en ligne. Malheureusement, Opus Secret a perdu les deux derniers articles publiés. Il n’y en a plus aucune trace et, dois-je le mentionner encore, j’ai été assez idiote pour ne pas faire de sauvegarde régulière.

Nouvel appel à Bluehost, ou l’on m’offre de faire une restauration à un point précis, soit juste après la publication du 296e article. Malheureusement, cela n’a rien donné et les deux articles sont demeurés introuvables.

J’ai donc passé la soirée à les réécrire de mémoire, en m’aidant de quelques notes et d’un brouillon que j’ai retrouvé dans la corbeille de mon ordi. Vous pouvez les relire, ils sont probablement légèrement différents des originaux, mais l’essence des articles s’y retrouve.

J’écris toujours mes articles dans Word avant de les transférer dans WordPress pour les mettre en forme, ajouter une photo, un titre et des citations. Ensuite, j’avais l’habitude de supprimer le texte dans Word pour ne pas encombrer mon ordi.

À partir d’aujourd’hui, chaque article complet sera sauvegardé dans Word et je vais programmer une sauvegarde complète de Opus Secret une fois par jour. Je ne comprends pas pourquoi j’ai omis de le faire, pour ce site seulement, peut-être parce qu’il est personnel alors que les quatre autres sont des sites pour le travail.

Ce n’est pas très logique de ma part car les quatre sites sont en fait deux sites différents, écrits chacun en anglais et en français. Il y a donc très peu de risques que je perde des données car si un site français disparaît, j’aurai accès au site correspondant en anglais pour recréer le site disparu.

J’ai des sauvegardes programmées pour ces quatre sites, mais jusqu’à aujourd’hui, je n’en avais pas pour le seul site non traduit. C’est une petite leçon d’humilité pour une personne minutieuse et organisée. On a tous des moments moins étincelants et aujourd’hui, c’était à mon tour.

Heureusement, je m’en sors bien, mais j’ai été chanceuse de ne perdre que les deux derniers articles. Ils étaient encore frais dans ma mémoire mais si cela avait été plus, je ne crois pas que j’aurais su tout refaire.

Finalement, si on examine le service à la clientèle de Bluehost, la compagnie qui héberge le serveur, je ne suis pas impressionnée. Il n’y a eu aucune explication ou excuse. Ils ne semblaient pas préoccupés d’avoir fait disparaître deux de mes articles, si ce n’est de m’offrir d’acheter le service Pro qui me permettrait de faire les restaurations moi-même au lieu de passer par eux. Comme la fameuse restauration n’a pas fonctionnée, je ne me bousculerai pas pour adhérer a ce ‘’service’’.

Il est indispensable de prévoir pour prévenir; mais prévoir n’est pas toujours prévenir.
– Charles Dollfus
La plus grande prévoyance est d’avoir des heures destinées à prévoir les choses.
– Baltasar Gracián y Morales

Les cimetières sont remplis de gens qui se croyaient indispensables

être indispensables

Pour faire suite à l’article d’hier sur les horaires trop chargés, je réalise aussi que nous ressentons généralement un certain plaisir lorsque les gens ont besoin de nous. Ce plaisir ressenti entraîne souvent des horaires surchargés, parce que nous prenons trop de responsabilités.

Nous nous sentons parfois indispensable alors que dans les faits, notre collaboration n’est pas toujours essentielle.  Nous prenons parfois la responsabilité d’une foule de tâches qui ne relèvent pas de nous ou que nous pourrions très bien déléguer sans problème. Nous agissons ainsi dans l’espoir d’avoir un certain contrôle sur notre environnement. Il est actuellement très populaire de chercher à se rendre indispensable. Seth Godin a même écrit un livre Linchpin, qui explique comme se rendre indispensable au travail. Cela peut sembler une bonne idée, si l’on espère ainsi éviter les mises à pieds ou d’être affecté par les restructurations des effectifs, mais cela implique beaucoup d’efforts, de stress, sans aucune garantie de succès.

Plus près de nous, dans notre famille, nos ados nous feront sentir clairement à un moment donné que nos conseils non sollicités ne sont plus les bienvenus. Ce n’est pas un rejet et ça ne signifie pas que nous ne pourrons pas faire profiter nos jeunes de notre expérience, seulement, notre opinion ne sera plus indispensable pour chaque petite décision.

Nous continuerons probablement à offrir nos perles de sagesse, mais ils sauront nous sevrer de ce besoin d’être indispensable.

Un jour, Charmante Ado aura sa propre famille et j’ose espérer que je ne serai pas une mère trop envahissante. Lorsqu’elle aura des enfants, je ne serai plus la Mère en Chef, ce sera elle qui prendra les décisions pour sa famille, avec son conjoint. Si on parlait d’une voiture, on pourrait dire que je ne serai plus aux commandes, mais plutôt sur le siège arrière et parfois même, je serai complètement hors de la voiture!

Il faut reconnaître que notre indispensabilité en tant que parent devra un jour être équilibrée avec le respect de certaines limites. Nos idées et conseils seront écoutés et évalués pour selon leurs mérites; certaines suggestions seront sûrement rejetées et c’est très bien ainsi.

Nous devons donc respecter les limites de chacun, même si nous voulons ‘’aider’’ et que nous soyons certains de savoir quelque chose qui pourrait être utile. Entre adultes, il faut être conscient que personne ne nous a mis en charge de la vie des autres.

En théorie, nous sommes tous conscients de ceci mais nous avons aussi tendance à prendre la responsabilité d’une foule de choses qui devraient revenir à d’autres, simplement parce que nous nous aimons la sensation de contrôle et le sentiment qu’on ait besoin de nous.

En cessant de nous considérer comme indispensables, nous pouvons commencer à nous concentrer sur nos besoins au lieu de ceux des autres.  Je suis indispensable à moi-même. Personne ne connaît aussi bien que moi mes besoins et mes désirs. Au lieu d’essayer d’être indispensable pour les autres, je vais m’efforcer de consacrer pus de temps à écouter mes besoins..

Il est impossible de tout contrôler, que ce soit au travail, avec nos amis  ou en famille, mais nous nous épuisons à essayer de le faire. Lâcher prise, prendre soin de soi-même, respecter ses besoins et ses limites devraient nous apporter plus de succès qu’une vaine tentative d’être indispensable.

Dans le titre : Les cimetières sont remplis de gens qui se croyaient indispensables.   –   Proverbe arabe
On est toujours moins indispensable aux autres qu’on aime le croire.   – Maurice Gagnon

L’art de ne rien faire

ne rien faire

Il est très difficile de ne rien faire. Tendre Moitié se moque gentiment de moi, car même si je m’efforce de relaxer, mon esprit tourne sans cesse à organiser la prochaine chose à faire.

En passant tout notre temps à courir d’une tâche à l’autre, nous  en venons à avoir de la difficulté à tolérer même les courtes périodes d’inactivité. Les loisirs eux-mêmes deviennent une suite d’activités programmées que nous nous efforçons de compléter pour pouvoir les cocher sur note liste.

Note vie finit par se résumer en une liste sans fin de choses à faire. Nous avons l’air très occupés, mais en fait, nous nous sentons fatigués et pas vraiment heureux.

Il y a un certain contexte culturel qui nous suggère de ne jamais être oisif, de toujours avoir des buts et des projets, ou à tout le moins, de se tenir occupé. En contraste, d’autres cultures, en Afrique par exemple, ne partagent pas notre opinion sur la noblesse, l’utilité ou la pertinence de passer tout son temps à courir sans cesse d’une tâche à l’autre. Au Kenya, on se moque des étrangers qui sont sans cesse en mouvement, en riant gentiment et en les appelant des ‘’ Mzungu’’, ce qui veut dire littéralement ‘’Celui qui tourne en rond’’.

La tentation est forte de toujours meubler chaque minute disponible et de ne jamais laisser de temps libre à notre horaire. Notre agenda finit par ressembler au jeu Tetris, avec très peu de marge de manoeuvre ou de moments pour refaire surface et respirer.

Notre culture encourage la productivité, ce qui pourrait nous porter à penser que cette course constante est une bonne chose. Je crois pourtant que je devrais m’efforcer d’en faire moins, même si cette option n’est pas très populaire.

Je crois par exemple, qu’il serait bon d’insérer une pause entre l’achèvement d’une tâche et le début d’une autre. Notre entourage (enfants, conjoint, collègues de travail) apprécieront sûrement de voir que nous avons planifié suffisamment de temps pour faire une transition en douceur d’une activité à l’autre.

Pensons seulement aux occasions où nous avons dit à quelqu’un : ‘’Je suis à toi dans deux minutes mais j’ai seulement dix minutes à te consacrer car j’ai un autre rendez-vous (ou tâche à compléter)’’. La personne  qui est prise en sandwich entre deux tâches, n’apprécie pas vraiment note horaire super chargé.  Elle préférerait certainement qu’on ait un peu plus de temps à lui consacrer, tout en étant présent mentalement, et non pas en train de planifier notre prochaine activité.

La course effrénée devrait être une exception, quelque chose qui n’arrive pas tous les jours, sinon, il faut réviser notre horaire et nous demander si nous ne nous en mettons pas trop sur les épaules,

En allouant une certaine marge de temps pour les impondérables, cela diminue le stress relié au trafic, aux réunions qui s’étirent plus longtemps que prévu et nous nous sentirons moins hors d’haleine. Si tout fonctionne parfaitement par miracle, cela nous fera de beaux moments pour prendre une pause et respirer.

Il peut être très difficile de regarder son horaire et de résister à la tentation de remplir tout les moments libres. On se convainc facilement que nous serons capables de caser juste un rendez-vous ou une tâche supplémentaire, pour faire plaisir à quelqu’un. Le résultat final bien souvent, sera que nous ne plairons à personne car nous serons trop à la course et les gens se sentiront bousculés.

Je vais donc m’efforcer de me garder des moments sans rien faire, que je ne tenterai pas d’occuper à quoi que ce soit. Cela a l’air facile, dit comme cela, mais je trouve que c’est tout un défi pour une personne super organisée et disciplinée. Nous avons tous besoin de relaxer et de ne rien faire à l’occasion, C’est un art qui se perd.

 Tout est utile même ne rien faire.   –   Marie-Claire Blais 
Immobile, assis sans rien faire, le printemps vient, l’herbe pousse.    –  Proverbe chinois