Archives pour juillet 2012

Une grande famille

planéte

Bruce Lipton est un biologiste spécialisé dans les cellules souches, qui a enseigné à la faculté de médecine de l’Université du Wisconsin et a fait de la recherche à l’Université Stanford.

Il écrit aussi des livres; The Biology of Belief et Spontaneous Evolution: Our Positive Future (and a Way to Get There from Here).

Contrairement à ce que la science a longtemps cru, nous ne sommes pas les victimes de nos gènes avec un sort prédéterminé par une loterie génétique.

Selon le docteur Lipton, nos gènes ne contrôlent pas notre vie. Ce qui  contrôle notre destinée, ce sont notre environnement et notre perception de cet environnement. Les gènes répondent aux informations qu’ils reçoivent de leur environnement.

Selon les recherches qu’il a faites sur les cellules souches, des cellules identiques génétiquement se développeront de façon différente selon l’environnement où elles se situent. L’épigénétique est le domaine qui étudie comment l’environnement et l’histoire individuelle influe sur l’expression des gènes.

Dans les médias, l’on voit fréquemment des articles déclarant que tel gène a été identifié comme étant la cause de tel cancer ou telle maladie.  Malheureusement, rien n’est si simple.

Pour le docteur  Lipton, notre réalité est créée par nos croyances. Pour changer notre réalité, il faut changer nos croyances. En changeant notre environnement, nous pouvons changer notre manière de penser. Nous avons la liberté de changer notre perception du monde.

La fonction de l’esprit est de créer une cohérence entre nos croyances et la réalité que nous vivons. Ce qui est programmé dans notre esprit, nos croyances, vont influencer notre comportement pour qu’il se conforme à ces croyances.

Nous pensons généralement que nous vivons notre vie en accord avec nos souhaits et désirs. Toutefois, la neuroscience révèle un fait étonnant; la part créative et consciente de notre esprit ne contrôle notre vie que 5% du temps. 95% de notre temps est contrôlé par notre subconscient qui contient nos croyances, nos habitudes qui y sont programmées.

Dans le fond, nous menons notre vie principalement en mode pilote automatique.

Ce pilote automatique a une bonne raison d’exister. Lorsque nous apprenons à marcher, tout notre être est concentré sur ce processus et il requiert toute notre énergie et notre attention. La même chose survient pour tout nouvel apprentissage. Par la suite, lorsque nous maîtrisons la tâche, une habitude est créée et notre subconscient automatise la procédure. Ce qui semblait extrêmement difficile est maintenant facile au point de ne pas avoir à y  penser consciemment.

Notre subconscient n’enregistre pas seulement les fonctions motrices requises. Il enregistre aussi les perceptions, le comportement et les réactions. Les programmes fondamentaux emmagasinés dans notre esprit ne sont pas nos souhaits ni nos désirs, ils sont  des comportements que nous avons copiés de notre entourage, principalement de nos parents, à un très jeune âge.  Nous répétons les comportements que nous avons téléchargés inconsciemment.

L’esprit conscient lui, apprend à travers l’inspiration; lire un livre, regarder un film, avoir une conversation intéressante.

Le subconscient n’est pas créatif et cherche à automatiser les procédures et à former des habitudes.

Il nous arrive d’être fortement affecté par une lecture ou un discours, mais nous n’arrivons pas à modifier notre comportement ou notre vision des choses de façon durable. Notre esprit conscient n’arrive pas à enregistrer par-dessus les programmes existants.

Selon le Dr Lipton, il y aurait des techniques qui permettent d’effacer les croyances qui nous limitent dans notre vie.  Être capable de modifier des croyances qui ont contrôlées toute une vie aurait un impact profond sur notre santé en particulier.

Notre santé est basée en grande partie sur notre perception, nos croyances et nos attitudes. On croit maintenant que le cancer et les maladies cardiaques sont causés majoritairement par notre style de vie. La médecine actuelle se résume souvent à nous procurer des médicaments chimiques pour nous permettre de continuer un style de vie néfaste.

Il serait beaucoup plus efficace de modifier le style de vie. Quels programmes avons-nous enregistrés qui nous gardent dans des habitudes nuisibles à notre santé?

Un organisme primitif comme la bactérie, vit en communauté et est toujours en communication  avec les autres bactéries. Les organismes vivants ne vivent pas en isolation. Plus un organisme est complexe, plus grande est la coopération.

Pour le Dr Lipton, un humain n’est pas un individu ou une entité isolée. L’humain est une communauté de plusieurs milliards de cellules. La nature ne se soucie pas de l’individu. Dans une perspective évolutive, ce qui compte c’est l’ensemble, l’humanité. Il précise : ‘’Nous ne sommes pas des entités individuelles, nous faisons partie d’un superorganisme collaboratif.’’

Il croît que nous reconnaîtrons un jour que chaque humain est une cellule faisant partie d’un seul corps. Nous entretuer ou se terroriser l’un l’autre devient alors un geste autodestructeur.

Les cellules qui attaquent d’autres cellules d’un même corps représentent les maladies auto-immunes. L’humanité en ce moment souffre très profondément d’une maladie auto-immune.

Ce scientifique reste confiant dans l’avenir. Il croit que l’internet nous permet de devenir une véritable communauté et que nous finirons par réaliser que nous ne sommes qu’un.

Selon lui, si nous arrivions à fonctionner principalement avec notre esprit conscient, sans nos croyances néfastes du subconscient, nous verrions une grande différence dans notre vie.

Nous créons notre propre vie, nos réalités et nos expériences ne sont pas des accidents.

Dans l’intérieur de notre corps vivent en permanence des milliards de microbes. Pourtant, quand on les regarde au microscope, ils font tous semblant de ne pas nous reconnaître.              –   François Cavanna 

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Faire un effet boeuf

viande synthétique

Les films de science fiction nous montrent souvent de la viande synthétique. Deux scientifiques essaient présentement de développer de la viande en laboratoire.

En Californie, il y a le professeur Patrick Brown, un adepte du véganisme depuis plusieurs années, qui tente de fabriquer des substituts de viande et de produits laitiers, dérivés de plantes. Il déclare que son but n’est pas de nourrir les végans mais d’offrir une alternative aux gens qui veulent de la viande.

Patrick Brown est un spécialiste de la génétique du cancer et il enseigne à l’université de Stanford. Il travaille sur ce projet depuis deux ans. Il veut ainsi réduire l’empreinte de l’humain sur la planète de 50%.

La consommation de viande est mauvaise pour l’environnement et les arguments moraux contre la mise à mort des animaux sont  soulevés de plus en plus fréquemment.

La biomasse totale du bétail sur notre planète est deux fois plus grande que celle de l’humanité toute entière. Nos cultures occupent 4% de l’espace utilisable, mais les pâturages pour notre bétail couvrent 30% de cet espace.

On s’attend à voir la population atteindre 9.5 milliards d’humains d’ici 2060. Le coût de la viande s’élèvera certainement lorsque la demande pour des terres de pâturages augmentera pour satisfaire les besoins en viande de la population.

L’autre scientifique travaillant sur ce défi est un chercheur de l’université de Maastricht, aux Pays-Bas. Il tente actuellement de faire pousser de la viande, sans utiliser l’animal lui-même.

Au tournant du siècle, un scientifique travaillant pour la NASA, Morris Benjaminson, a réussi à faire ‘’pousser’, cultiver serait un meilleur terme, un filet de poisson.

La technique utilisée par Mark Post consiste à prélever une lamelle de muscle d’un animal décédé. Même si cette méthode requiert tout de même de tuer un animal, en théorie, un seul animal suffirait pour produire des centaines de tonnes de viande. Nous n’aurions besoin que d’une minuscule fraction d’animaux de ferme, comparativement au bétail requis de nos jours, pour nourrir l’humanité.

La lamelle de viande est alors transféré dans une boîte de Pétri. Il faut ensuite séparer les cellules en les manipulant manuellement et chimiquement, pour en retirer les cellules satellites du muscle squelettique, qui sont des cellules souches capables de créer du tissu nouveau.

Lorsqu’on a obtenu quelques milliers de ces cellules satellites du muscle squelettique, on les place alors dans un bouillon de culture auquel on ajoute des éléments nutritifs et un sérum, extrait présentement des fœtus de vaches, mais que le docteur Post espère obtenir d’une autre source éventuellement.

Après quelques jours, les cellules se sont divisées et forment une mince couche de muscle. C’est à ce stage que l’on teste les cellules pour vérifier leur stabilité génétique. Après une semaine, il y a suffisamment de cellules pour enrouler les tranches de muscle autour d’un ancrage Velcro. On leur donne ensuite un choc électrique pour les amener à se contracter spontanément.

En ce moment, cette technique ne permet de produire que de fines lanières de muscle, de quelques centimètres de long et épaisses de quelques millimètres seulement. Le processus prend un temps considérable et demande beaucoup de travail. Le coût présent pour former une boulette de bœuf haché à partir de plusieurs centaines de ces lanières serait de plus de 300 000$.

Ce projet est financé  par un donateur riche et anonyme, mais on espère que la présentation d’une première boulette de cette viande créée en laboratoire attirera des fonds additionnels pour faire avancer la recherche plus rapidement.

Pour en arriver à fabriquer de plus gros morceaux de viande, il faudra créer du gras synthétique, ce qui est facilement possible selon le docteur Post. Ensuite, il faudra utiliser des veines biodégradables, à base de polysaccharides, qui pomperont des éléments nutritifs pour nourrir les tissus et ainsi éviter que le centre du morceau de viande deviennent gangréneux et meure.

La technique est semble-t-il possible pour  n‘importe quelle espèce de viande. Selon le docteur Post, nous pouvons imaginer un futur où une viande de haute qualité sera produite en grande quantité dans des cuves. Il espère aussi que l’on pourra incorporer au morceau de viande, du vrai gras et peut-être même un os synthétique.

Il croit fermement que d’ici 25 ans, nous devrons payer une taxe écologique considérable pour acheter de la viande et que les paquets seront étiquetés avec des avertissements comme celui-ci : ‘’Un animal a souffert dans la production de cet aliment’’. Il ajoute que dans 50 ou 60 ans, il sera peut-être interdit d’obtenir de la viande à partir du bétail.

Évidemment, tout ceci ne peut se produire que si les consommateurs acceptent de ne plus consommer de la ‘’vraie’’ viande. Le facteur de dégoût (de tuer un animal), joue un rôle, mais il semble que le prix, le goût et la sécurité des aliments jouent un rôle plus important dans nos achats. Peu de gens se soucient réellement de savoir comment est produite leur viande.

Pour ce qui est du goût, il semble que des chefs cuisiniers non végétariens aient participé au projet pour tenter d’obtenir la texture, la sensation en bouche et le goût de la vraie viande. Ceux qui l’ont testée indiquent qu’ils n’auraient jamais deviné que ce n’était pas de la viande réelle.

Ces nouvelles technologies menacent l’ordre actuel des choses dans le domaine alimentaire. L’industrie de la viande sera un adversaire de taille.

Par contre, il y a de plus en plus d’inquiétude chez les gens que l’explosion de la population mondiale, les techniques actuelles de production de viande (poules, porc, bœuf et autres) qui commencent à nous paraître quelque peu intensives et inhumaines, le manque éventuel de ressources, le changement climatique, nous mènent tout droit vers un cul-de-sac.

Un psychologue de Harvard, Steven Pinker, prédit que manger de la viande sera la dernière frontière dans ce qu’il appelle la révolution des droits, ce déclin considérable de la violence et de la cruauté humaine durant les derniers 300 ans.

Il croit que le goût de la viande est très fort chez l’humain et qu’une  révolution végétarienne pourrait ne jamais se produire. Par contre, si nous arrivons à satisfaire notre goût pour la viande à un coût raisonnable, avec quelque chose qui lui ressemble suffisamment, ce sera sûrement une des plus grandes révolutions de l’histoire humaine.

Avec tout ce qu’on nous dit sur la viande, pour continuer à en manger aujourd’hui, faut vraiment être boucher!    –   Laurent Ruquier

Parfois, il vaut mieux faire semblant

changement

La mode actuelle est à la pensée positive. Pour améliorer notre vie, nous devons changer notre manière de penser, nous forcer à avoir des idées positives et cela nous rendra plus heureux.

En visualisant notre rêve, nous aurons plus de succès. En pensant comme un millionnaire, nous deviendrons riches miraculeusement. Quoique la prémisse semble plus ou moins raisonnable, les études démontrent que ces techniques ne fonctionnent pas.

Une de ces études, réalisée par Lien Pham de l’université de la Californie, demandait aux participants de passer quelques minutes chaque jour à se visualiser obtenant une meilleure note dans un futur test. Étonnamment, même si la visualisation ne durait que quelques minutes, il en a résulté que les participants ont étudié moins qu’à l’habitude et ils ont obtenu des notes plus basses.

Une autre étude, de Gabriele Oettingen de l’université de New York, a demandé aux participants de noter la fréquence  à laquelle ils rêvassaient en pensant à l’emploi idéal qu’ils obtiendraient après l’université. Ceux qui ont rapporté passer le plus de temps à imaginer leur succès futur ont reçu moins d’offres d’employeurs et ont finalement obtenus des emplois moins bien rémunérés.

On ne sait pas précisément pour quelles raisons les résultats ont été moins bons que les rêves. Peut-être que le fait de rêver nous rend plus réticents à faire des efforts pour atteindre un but, mais de toute façon, il semble bien qu’imaginer une vie parfaite ne nous est pas très bénéfique dans la réalité.

Il y a par contre des décennies de recherches qui démontrent qu’il existe une façon simple mais très efficace de transformer notre manière de penser et d’être.

Cette technique remonte à la fin du 19e siècle. William James, le frère du romancier Henry James, de l’université Harvard a examiné la relation entre l’émotion et le comportement.

Nous croyons généralement que l’émotion nous pousse à agir d’une certaine manière. Lorsqu’on se sent joyeux, par exemple, nous aurons tendance à sourire.

William James trouvait cette évidence incomplète et il proposa une théorie tout à fait nouvelle. Il postula que relation entre l’émotion et le comportement existait dans les deux sens et que le comportement pouvait aussi causer l’émotion.

Selon lui, sourire nous fait nous sentir mieux et froncer les sourcils peut nous rendre soucieux ou tristes. Il donna cet exemple pour expliquer sa théorie : Vous ne fuyez pas l’ours parce que vous avez peur de lui, mais plutôt, vous devenez effrayé parce vous fuyez l’ours. Cette théorie ne fut pas bien accueillie et sombra dans l’oubli pendant une soixantaine d’année.

Durant cette période, les gourous du développement personnel ont continué à promouvoir l’idée que les émotions venaient avant le comportement.

Dans les années 1970, un psychologue, James Laird, décida de tester la théorie de William James. Il demanda à un groupe de participants de présenter certaines expressions faciales. Pour créer une expression de colère, les participants devaient rabaisser leurs sourcils et serrer les dents. Pour une expression joyeuse, on leur demandait de relever les commissures des lèvres. Les résultats furent remarquables. Comme l’avait prédit William James, les participants se sentirent plus joyeux de façon significative, lorsqu’ils se forçaient  à sourire, et plus en colère en serrant les dents.

D’autres études subséquentes ont démontrées que nous retrouvons le même effet dans tous les aspects de notre vie. En agissant comme si nous étions un certain type de personne, nous devenons cette personne.

En 1979, Dana Carney, de la Columbia Business School, réalisa une étude où il sépara les participants en deux groupes. Les gens du premier groupe eurent à prendre des poses qualifiées de dominantes. On leur indiqua de s’asseoir à leur bureau, de placer les pieds sur la table et de croiser leurs mains derrière la tête. Le deuxième groupe reçut l’ordre de prendre des poses non dominantes. On leur demanda de placer les pieds à plat sur le sol, les mains sur les genoux et de fixer le plancher. Une seule minute de pose dominante suffit à augmenter la confiance en soi des participants du premier groupe. On découvrit même que le taux de testostérone sanguin était considérablement plus élevé chez ceux qui avaient pris une posture dominante.

Une étude extrêmement intéressante fut complétée en 1979 par un professeur de psychologie de l’université Harvard, Ellen Langer. Elle recruta un groupe d’hommes septuagénaires pour une ‘’semaine de réminiscence sur le bon vieux temps’’. Avant de commencer l’étude, elle  fit subir à ces participants des tests de force musculaire, de posture, de vue, d’ouïe et de mémoire.

Durant cette semaine, les participants devaient agir comme s’ils avaient vingt ans de moins. En arrivant à l’endroit de l’étude par exemple, il n’y avait personne pour les aider à descendre du bus et ils durent transporter eux-mêmes leurs valises à l’intérieur.

De plus, l’endroit n’était pas équipé de rampes ou autres appareils pour les assister dans leurs mouvements, comme ceux qu’ils avaient à la maison. L’édifice était rempli d’objets des années cinquante, incluant une télévision en noir et blanc et une radio d’époque. On leur indiqua que toutes leurs conversations sur le passé devaient se faire en utilisant le temps présent et qu’ils ne devaient pas mentionner quoi que ce soit s’étant produit après 1959.

En quelques jours, on pu noter un effet remarquable. Les participants marchaient plus vite et montraient plus de confiance en leurs capacités. Durant la semaine, plusieurs participants décidèrent qu’ils pouvaient maintenant marcher sans cane.

Durant toute la durée de l’étude, la psychologue testa les participants et découvrit que le groupe en entier démontrait des améliorations dans tous les domaines; la dextérité, la vitesse de mouvements, la tension artérielle, la mémoire, la vision et l’ouïe.

En agissant comme s’ils étaient plus jeunes, ils avaient en quelque sorte réussi à effacer vingt ans d’usure de leur corps et leur esprit.

La théorie de William James n’était pas aussi farfelue qu’on pourrait le penser. Agir d’une certaine manière amènerait le changement beaucoup plus sûrement que de se contenter d’y penser ou d’en rêver.

Au lieu de remettre une tâche à plus tard, mieux vaut faire semblant que cette tâche nous intéresse réellement. En prenant quelques minutes pour commencer la première partie de cette tâche, nous ressentirons probablement le besoin de la compléter.

Se redresser sur sa chaise et croiser les bras nous inciteraient à persévérer. Selon une étude de Ron Friedman de l’université de Rochester, les participants qui se tenaient droits sur leurs chaises en croisant les bras, persévéraient près de deux fois plus longtemps à essayer de résoudre un problème que ceux qui ne le faisaient pas.

Richard Wiseman de l’université de Hertfordshire a écrit plusieurs livres dont 59 secondes dont je vous parlerai éventuellement. Dans un autre livre intitulé Rip It Up, il explique aux gens comment modifier leur comportement en faisant des choses qu’ils n’ont jamais faites, ce qui aurait pour conséquence d’altérer leur façon de penser et d’être.

Parlant de changement, je suis présentement au milieu d’un exercice créé par le philosophe BJ Fogg de la Californie. Cela se nomme 3 Tiny Habits et le but est de modifier un comportement ou en adopter un nouveau. C’est un exercice très intéressant et je vous ferai part de mes impressions une fois l’exercice terminé.

Il suffit parfois de faire semblant d’avoir du courage pour s’en découvrir vraiment. Dommage ça ne marche pas pour l’intelligence.   –   Grégoire Lacroix 

Ingrédient mystère

nutrition

Si l’on tente de définir la cause de l’épidémie mondiale d’obésité, On remarque qu’un changement majeur est survenu dans les années 1970, qui a transformé notre alimentation; le sucre est devenu omniprésent, souvent, sans que nous en prenions conscience.

En remontant jusqu’en 1971, nous nous retrouvons durant la campagne électorale pour la réélection de Richard Nixon à la présidence des États-Unis. Le coût de la nourriture monte en flèche depuis un bon moment et menace sa popularité. Le Président demande alors à un certain Earl Butz  d’élaborer un plan pour ramener le prix de la nourriture à un niveau plus accessible. Le plan élaboré par Earl Butz  a changé radicalement notre alimentation.

Ce plan a poussé les fermiers à devenir des producteurs à grande échelle et à se concentrer sur une seule culture, le maïs. L’énorme augmentation des récoltes de maïs permit d’engraisser le bétail américain. Le maïs devint le moteur pour la production d’aliments en grande quantité et à coût moindre, allant des céréales, aux biscuits en passant par la farine. On trouva de nouveaux usages pour le maïs.

Éventuellement, cette production massive engendra des surplus de maïs. La prochaine étape fut la commercialisation généralisée du sirop de maïs à haute teneur en fructose. Ce sirop  à base de maïs, très peu coûteux, est maintenant ajouté à une quantité toujours grandissante d’aliments tels que la pizza, les boissons gazeuses, la salade de chou, le pain, les gâteaux, les fruits en conserve, les desserts en boîte, les yogourts, les condiments comme le ketchup, les confitures et les gelées  et même la viande. Il rend les aliments plus sucrés et aide à la conservation en étirant la date de péremption de quelques jours à une période allant jusqu’à quelques années pour certains produits.

Toujours dans les années 1970, un débat intense existait entre deux théories sur les causes de l’obésité. L’une impliquait le gras et l’autre le sucre. On soupçonne aujourd’hui que les recherches et les travaux sur la théorie du sucre furent discrédités par des lobbyistes de la production alimentaire, plus particulièrement les producteurs de sucre.

Le gras ayant été désigné le responsable de l’obésité, l’industrie alimentaire se jeta avec ferveur dans le développement de nourriture faible en gras. Le gras donne du goût aux aliments et si on le retire, la nourriture devient fade, il faut donc le remplacer par quelque chose d’autre qui donnera du goût.. Cet ingrédient de remplacement devint le sucre.

L’on vit ainsi apparaître dans les supermarchés de la crème glacée faible en gras, du yogourt faible en gras ainsi qu’une grande variété de desserts sans gras, auxquels on avait enlevé le gras pour le remplacer par du sucre.

Lorsque l’on donne de la nourriture sucrée aux rats, ils continuent de manger longtemps après avoir atteint la satiété et ils engraissent rapidement. La même chose se produirait chez l’humain. Le sucre nous donne envie de manger encore plus de sucre et il est très difficile d’y résister. Les scientifiques considèrent le sucre comme un produit créant une haute dépendance.

La leptine est une hormone qui est produite par notre corps pour nous indiquer que nous sommes repus. Chez les obèses, les taux de leptine sont très bas et l’on pense qu’une consommation élevée de sucre en serait responsable. Notre corps ne réalise pas qu’il devrait cesser de manger.

Le sirop à haute teneur en glucose commence à avoir une très mauvaise réputation aux États-Unis, au point où la Corn Refiners Association a tenté récemment de le renommer en l’appelant sucre de maïs pour éviter la mauvaise connotation. La proposition a été rejetée par le gouvernement (FDA).

Un article du Business Insider en date d’aujourd’hui déclare que 2/3 des aliments en vente dans les supermarchés américains, contiennent du sirop à haute teneur en fructose. On y mentionne aussi que la consommation de sirop à haute teneur en fructose a augmentée de 387% entre 1970 et 2005. Une lectrice allergique au maïs et à ses dérivés, a déclaré dans les commentaires (courriel que Business Insider a repris pour en faire un autre article) que le pourcentage de produits contenant des dérivés du maïs est beaucoup plus élevé que mentionné et qu’elle arrivait difficilement à trouver des produits n’en contenant pas du tout.

Il est presque impossible d’éliminer toute consommation de sirop à haute teneur en fructose. Je passe toujours de longues minutes à examiner la liste des ingrédients d’un aliment et j’évite de l’acheter si je l’y retrouve. Parfois, lorsqu’aucune alternative n’est disponible, je prendrai l’aliment qui en contient le moins, en me fiant à sa position dans la liste d’ingrédients. Finalement, c’est une raison de plus pour éviter les aliments transformés

J’ai remarqué que les manufacturiers  américains ont commencé à mettre sur le marché de la nourriture étiquetée ‘’Sans sirop à haute teneur en fructose’’ sur leurs produits. Reste à voir ce qu’ils ont ajouté pour le remplacer.

Notons que le sucre naturel est tout aussi dommageable pour la santé s’il est consommé en grande quantité. C’est seulement que la présence de sirop à haute teneur en fructose est beaucoup plus insidieuse et souvent habilement camouflée dans un aliment transformé.

Autres noms  du  sirop de maïs à haute teneur en fructose que l’on peut retrouver dans une liste d’ingrédients:

  • sirop de glucose-fructose
  • glucose-fructose

Avec toutes les saloperies qu’il y a dans l’alimentation, heureusement qu’il nous reste l’alcool pour oublier qu’on mange.    –    Laurent Ruquier

Laisser passer l’orage

Montagne des Pyrénées

La bonne nouvelle est que je me suis levée très tôt. La moins bonne nouvelle est que je n’ai presque pas dormi à cause des orages. Ma Tête de Mule adorée a aussi passé une nuit blanche et nous avons même fait de l’exercice, elle courait comme une poule pas de tête dans l’escalier ainsi qu’à l’étage et je courais derrière elle en essayant de la rattraper.

Dire que Tête de Mule a peur des orages est devenu un euphémisme. Ce n’est plus de la peur, c’est une terreur, une phobie absolue. À côté d’elle, Toutou Parfait qui a tout de même un air vaguement inquiet lors d’un orage, affiche un calme olympien.

Le problème avec Tête de Mule, c’est que l’orage la met dans un état de panique prononcé. Elle ne supporte pas d’être seule et elle cherche à tout prix le contact humain pour être réconfortée. Depuis quelques semaines, elle a droit à tout le rez de chaussée pendant la nuit. Son seul obstacle est une barrière dans l’escalier qui mène à l’étage. Nous ne pouvons la laisser monter, car sa curiosité et son enthousiasme débordants envers nos trois rates, l’amènent à se jeter sur leur cage pour essayer de les atteindre, ce qui n’est pas bon du tout pour le petit coeur de nos rats, ni pour le grillage de la cage d’ailleurs, que j’ai déjà dû réparer une fois.

Donc, ma montagne blanche a sa couverture au rez-de chaussée alors que Toutou Parfait dort à l’étage, car naturellement elle ne touche pas aux rats, se contentant de gémir doucement à l’occasion, en les regardant. Au fait, Toutou Parfait a perdu tous ses kilos en trop de façon extrêmement rapide. C’est à se demander ce qu’il y a dans a bouffe à chat pour l’avoir fait gonfler si rapidement.  Depuis que son accès au plat des chats est bloqué, elle a retrouvé sa taille de jeunesse.

Revenons à Tête de Mule et à sa phobie. La nuit dernière, on aurait dit que la maison était bombardée tant son comportement était erratique. Pour un chien d’apparence si balourde, elle est très agile et même plus intelligente que l’on croit.

Elle peut sauter la barrière alors qu’elle n’a qu’un recul de quelques pieds au pas de l’escalier. Elle a aussi trouvé comment faire coulisser la barrière de bois pour l’entrouvrir et se frayer un chemin.

Cette nuit donc, elle a franchi la barrière une douzaine de fois, de manière de plus en plus créative et destructrice pour venir nous rejoindre en haut. Les rats n’ont pas beaucoup dormi eux non plus, je crois. Tendre Moitié et Charmante Ado ont passé à travers tout cela sans émerger des bras de Morphée.

On pourrait penser que si Tête de Mule cherche  à nous rejoindre, qu’un peu d’attention et de caresses la rassurerait un tant soit peu. Eh bien non. Il faut d’abord l’attraper, car elle court frénétiquement en fonçant dans tout, ensuite elle est impossible à calmer, mes pieds peuvent le confirmer, ayant été écrasés et griffés par mon molosse de cent livres, tout au long de la nuit.

À un certain moment, j’étais assise dans l’escalier devant la barrière à laquelle j’avais ajouté une chaise en équilibre pour la bloquer, et encore là, je devais lui parler fortement pour l’empêcher de démolir mon échafaudage.

J’ai finalement passé le reste de l’orage au rez de chaussée avec elle. Elle tournait en rond, mais était plus calme grâce à ma présence. Je lui ai ouvert la porte de la terrasse pour qu’elle voit la pluie torrentielle et cela a semblé la ramener à ses esprits. Elle s’est probablement dit qu’elle avait intérêt à se calmer, sinon j’étais bien capable de la mettre dehors avec ÇA. On appelle cela du chantage émotif, je crois.

Elle est tombée  d’épuisement aussitôt les orages terminés et j’ai pu réintégrer mon lit, mais pas le sommeil. Ce matin elle roupille béatement dans son enclos alors que je consomme café après café pour tenir le coup.

Ça me fait tout de même réaliser deux choses. D’abord Tète de Mule est beaucoup plus intelligente qu’elle ne le parait sous ses abords têtus. Ensuite, elle est aussi plus obéissante que ce que l’on croit, car cette barrière d’escalier n’empêche rien du tout. Tête de Mule peut la franchir dès qu’elle le veut et la seule raison pour laquelle elle ne le fait pas est (peut-être?) pour nous obéir, à moins que ce soit tout simplement parce qu’elle n’en a pas envie.

Je ne me sentais pas très affectueuse envers ma Tête de Mule la nuit dernière, mais en la regardant ce matin, si adorable dans son sommeil tranquille, je me dis que nous avons tous nos travers et nos particularités et qu’il faut s’en accommoder.

 

L’orage rajeunit les fleurs.   –   Charles Baudelaire 
Juillet, orage de nuit, peu de mal, mais que de bruit.    –   Dicton français