Archives pour juillet 2012

Le meilleur sujet de conversation

dévoiler

Les gens en général, adorent parler d’eux-mêmes, de ce qu’ils pensent, de ce qu’ils ressentent, de leurs opinions. Ce phénomène est encore plus public maintenant, avec l’internet et les médias sociaux. Ce blogue-ci est un moyen de parler de moi-même et de mes cogitations.

Une étude publiée récemment dans le Proceedings of the National Academy of Sciences a examiné à quel point les gens aiment parler d’eux-mêmes et la raison pour laquelle ils aiment cela.

Deux chercheurs en neuroscience, Diana Tamir et Jason Mitchell, de l’université Harvard, ont découvert à l’aide d’imageries par résonance magnétique (IRM), que le dévoilement de nos états d’âme active la région du plaisir de notre cerveau, au point que nous pourrions même refuser de l’argent pour avoir l’occasion de parler de nous-mêmes.

Dans la première partie de l’étude, les participants étaient reliés à un IRM pendant qu’on leur demandait de révéler de l’information personnelle ou d’émettre une opinion sur la personnalité et les idées d’autres personnes.

Dans la deuxième partie, les chercheurs ont offert des sommes d’argent variables selon que la personne choisissait de répondre à des questions personnelles ou sur les autres. Lorsque les chercheurs offraient une compensation financière pour répondre aux questions, les gens étaient prêts à gagner 17% de moins pour pouvoir parler d’eux-mêmes plutôt que des autres. Lorsqu’on leur offrait un montant identique, ils choisissaient les deux tiers du temps de parler d’eux-mêmes.

La troisième partie de l’étude examinait le partage de l’information. On vérifiait si les participants préféraient que leurs réponses soient partagées avec les autres ou pas.

Quel que soit le test, les participants étaient plus enclins à vouloir parler de leur propre personne plutôt que des autres.  C’est pourquoi nous utilisons près de 40% de nos paroles quotidiennes, pour parler de nous-mêmes, de nos sentiments et de nos pensées.

La chimie de notre cerveau nous encourage à nous dévoiler. Durant la partie de l’étude utilisant un IRM, les participants parlant d’eux-mêmes démontraient une activité dans  la section du cerveau reliée à la sensation de plaisir, région qui réagit aussi à d’autres stimuli comme l’argent et la nourriture. Lorsque les gens parlaient des autres, il n’y avait pas autant de réaction dans cette section du cerveau.

Les chercheurs ont noté que les gens appréciaient encore plus de parler d’eux-mêmes s’ils savaient que d’autres personnes seraient informées de leurs paroles. Lorsqu’on leur donnait le choix entre partager l’information ou la garder confidentielle; ils ont choisis de gagner 25% de moins pour pouvoir diffuser l’information.

La réaction de plaisir était amplifiée lorsque les informations personnelles étaient partagées, suggérant que nous aurons tendance à rechercher des occasions de partager nos pensées avec plusieurs personnes, car cela nous apporte plus de plaisir que de parler à une seule personne.

Cela explique un peu la popularité des médias sociaux comme Facebook et Twitter.

On croyait précédemment que notre tendance à parler de nous-mêmes était causée par notre désir de nous rapprocher d’une personne et d’être plus intime, dans l’espoir que cela amènerait l’autre personne à nous faire confiance et à établir les bases d’une amitié ou d’une relation amoureuse. Cette étude-ci suggère plutôt que l’on parle de nous-mêmes tout simplement parce que cela nous procure une sensation de plaisir.

Si seulement écouter nous procurait la même sensation! Si nous tentons tous de tenir le crachoir pour nous épancher, il ne restera plus grand monde pour écouter nos paroles. Sachant que nous sommes tous câblés pour avoir envie de diffuser nos pensées, nous pouvons tempérer nos ardeurs et donner l’occasion  aux autres de se faire plaisir aussi.

Parler de ses peines, c’est déjà se consoler.    –   Albert Camus 
Ne jamais parler de soi aux autres et leur parler toujours d’eux-mêmes : c’est tout l’art de plaire.   –  Edmond et Jules de Goncourt

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Nommez votre prix

mer

La semaine prochaine, nous prenons de petites vacances, d’abord pour aller voir la famille, puis nous irons passer quelques jours sur la côte Est américaine.

Nous avons un petit motorisé que nous tentons actuellement de vendre car il ne peut coucher que trois personnes, et une de ces personnes doit être très petite, ce que Charmante Ado n’est plus depuis un bon moment. Nous pension apporter une tente supplémentaire qui nous aurait servi uniquement de chambre d’appoint.

En faisant des recherches pour un terrain de camping sur le bord de la mer, j’ai rapidement déchanté. Je viens de découvrir un nouveau système tarifaire qui semble être généralisé sur la côte américaine. Le tarif de base est pour deux personnes seulement. Chaque personne supplémentaire doit payer entre 5 et 14$ par jour. De plus, si on veut ériger une tente en plus de notre petit motorisé, nous devrions payer entre 25 et 40$ additionnels.

Selon mes calculs, un site pour 3 personnes, avec électricité, eau et égouts, pour 3 personnes avec un motorisé (22 pieds) et une petite tente, nous coûterait entre 75 et 88$ par jour, ce que je trouve complètement ridicule.

Nous avons donc changé nos plans et nous irons à l’hôtel. En effet avec Priceline.com, j’ai pu trouver un hôtel 3 étoiles avec piscine intérieure et extérieure, salle d’entraînement, petit-déjeuner chaud gratuit, internet et stationnement gratuit pour moins de 70$ par jour.

Nous allons aussi diminuer les coûts en essence, car notre voiture consomme beaucoup moins que le motorisé. C’est un peu dommage pour le camping qui est un mode de vacances que nous aimons bien, mais je refuse de payer plus que le coût d’une chambre d’hôtel. Même en considérant que nous aurions pris tous nos repas dans le motorisé, ce qui n’est jamais le cas, le camping n’est pas économique.

En étant à l’hôtel, avec un mini frigo et un four micro-ondes, il est aussi possible d’épargner sur la nourriture. Nous pouvons nous préparer des piques-niques que nous mangerons sur la plage (nous apporterons glacière et blocs bleus pour garder froid) ou dans un parc. Nous pourrons aussi nous faire un ou deux repas du soir dans la chambre d’hôtel en achetant des provisions comme fromage, charcuteries, pâtés, crudités et baguette au supermarché.

J’imagine qu’un tel prix pour un site de camping est raisonnable pour des gens qui passeront chaque minute de leurs vacances sur le terrain de camping, qui ont de jeunes enfants et qui profiteront intensément des installations et des activités. Ce n’est pas notre cas. Nous allons passer quelques heures sur la plage chaque jour, mais nous voulons aussi visiter certains endroits et magasiner pour profiter des nouvelles exemptions douanières.

Parlant de magasinage, Nous espérons être capable de trouver aux États-Unis, des vêtements et des chaussures pour Charmante Ado. Ici, au Canada, nous avons beaucoup de difficultés à lui trouver des choses. Il y a bien quelques boutiques de vêtements pour très grandes femmes, mais les prix sont exorbitants comparés aux vêtements de tailles plus communes, à moins d’acheter hors saison pour profiter des soldes. Je n’ai jamais eu un grand succès  avec les achats hors-saison pour Charmante Ado. Elle a grandi tellement vite, que je devais changer la taille de ses manteaux et de ses bottes au milieu de l’hiver, alors acheter pour l’an prochain était et est toujours, hors de question lorsqu’on ne peut pas savoir quelle sera sa taille à ce moment-là. J’imagine que nous arriverons bientôt au terme de sa croissance.

Revenons à Priceline.com et à un site semblable, Hotwire.com. Nous avons réussi à trouver de très bonnes aubaines pour les chambres d’hôtel avec Priceline, en utilisant la fonction « Name your own price » Le fonctionnement est simple. Il faut d’abord choisir la ville et les dates de séjour. Chaque ville est divisée en quartiers et il faut choisir dans quel(s) quartier(s) nous voulons aller. Ensuite, il faut indiquer le type d’hôtel en cochant le nombre minimum d’étoiles désiré.

On nous montre ensuite la côte minimale donnée par les clients qui ont évalué l’hôtel, par exemple 7+ (sur 10), ainsi que les équipements, aménagements et services garantis. Par exemple, cela peut indiquer qu’il y a une piscine, le petit-déjeuner gratuit ou le wi-fi gratuit.

La dernière étape est de nommer son prix. Lorsque Vous nommez un prix, vous ne savez pas le nom de l’hôtel que vous obtiendrez. Si Priceline accepte votre prix, vous apprenez alors le nom de votre hôtel et votre réservation est faite. On ne peut pas donner un prix et refuser d’acheter, si votre offre est acceptée, vous êtes tenus de payer. Si votre offre est refusée, Priceline vous l’indique et vous devez attendre 24 heures pour faire une autre offre, à moins de changer de quartier ou le nombre d’étoiles requis.

On indique que l’on peut faire des économies de 60% en nommant notre prix.  Pour notre part, avec Priceline, lors de notre plus récent voyage, à Chicago, nous avons payé 70$ pour une chambre dans un hôtel 4 étoiles, au centre-ville, près de tout, avec encore une fois piscine intérieure, salle d’entraînement, petit-déjeuner chaud gratuit, internet et stationnement gratuit.

Pour nous, ce site nous procure de véritables aubaines, et avec un peu de recherches, il est possible de cerner quels hôtels correspondent à ce qui est offert, en examinant les aménagements, le nombre d’étoiles et le quartier. Pour Chicago toujours, je savais que l’hôtel sur lequel je faisais une offre était l’un des quatre hôtels de ce quartier-là avec les mêmes aménagements, nombre d’étoiles et cote des critiques. J’ai donc lu les critiques sur ces quatre hôtels pour m’assurer que j’étais prête à séjourner dans n’importe lequel et finalement, j’ai obtenu celui qui était le mieux coté.

Chicago est une très belle ville que nous avons parcourue en bicyclette et ce fut un voyage très économique et agréable. Nous devions aller à Washington cette année, mais nous avons moins de temps que prévu et nous nous contenterons de quelques jours de plage sur la côte.

 

Si l’on passait l’année entière en vacances ; s’amuser serait aussi épuisant que travailler.
–    William Shakespeare 

Outillé pour la vie

apprentissages

En tant que parents, nous sommes parfois peu objectifs lorsque vient le temps d’évaluer la collaboration, la serviabilité et la débrouillardise chez notre enfant.

J’ai lu récemment un article sur une tribu péruvienne, les Matsigenka, où tous les enfants aident aux tâches quotidiennes et participent activement au bien-être de la communauté dès leur plus jeune âge. C’était fascinant comme lecture, mais nous vivons dans une société bien différente et qu’en est-t-il dans notre culture?  Comment savoir si ce qu’on demande à notre enfant est approprié pour son âge et son développement?

Il est certain qu’il y aura de grandes variations selon l’enfant et ses capacités. Charmante Ado par exemple, est extrêmement grande et très forte. Elle peut transporter de plus lourdes charges que moi, qui ne suit pourtant pas si petite et elle a beaucoup d’endurance. On ne peut pas du tout la comparer avec les filles de son âge, quant aux capacités physiques.

La plupart des experts considèrent que d’avoir des tâches ou des corvées à faire est bénéfique pour les enfants. L’enfant qui participe aux tâches ménagères développe un sentiment de compétence, apprend comment fonctionne une maisonnée et développe un sens de l’organisation et des priorités. Il comprend aussi que chacun doit contribuer au bien-être du groupe et qu’il n’est pas le nombril du monde.

On sous-estime souvent ce que peuvent faire nos enfants. Voici l’âge approximatif auquel un enfant est capable de faire certaines tâches. Évidemment, tout est cumulatif, en espérant que l’enfant arrive à l’âge adulte en ayant maîtrisé toute la liste.

Les enfants d’âge préscolaire sont souvent très enthousiastes à l’idée de participer et de faire comme les grands.

2 à 3 ans
Participer au rangement des jouets
Mettre les vêtements sales au panier
Placer les peluches sur son lit chaque matin
Trouver la chaussette jumelle dans la lessive à plier
Aider à épousseter (lui enfiler une chaussette sur une main)

3 ans

  • S’habiller avec aide
  • Aider à faire son lit
  • Aider à essuyer un petit dégât
  • Apprendre à se brosser les dents
  • Mettre son manteau au crochet (hauteur appropriée) et ranger ses souliers et bottes

4 à 5 ans

  • Épousseter
  • Faire son lit
  • S’habiller seul
  • Ranger ses jouets
  • Aider à plier la lessive
  • Vider les petites poubelles
  • Aider à nourrir les animaux
  • Aider à l’arrosage des plantes
  • Aider à enlever les mauvaises herbes
  • Aider à mettre et débarrasser la table
  • Rentrer le courrier, les journaux ou les revues
  • Aider à vider le lave-vaisselle en rangeant les ustensiles
  • Commencer à aider à la préparation d’un repas, en sortant les ingrédients requis du frigo ou du garde-manger, apprendre à mesurer, verser et mélanger sous supervision

6 ans

  • Passer le balai après un repas
  • Répondre poliment au téléphone
  • Aider à ratisser les feuilles mortes
  • Faire le rangement de sa chambre
  • Se brosser les dents de façon autonome
  • Aider à la préparation de sa boîte à lunch
  • Aider à transporter les sacs d’épicerie les moins lourds
  • Utiliser un aspirateur portatif pour ramasser les miettes après le repas

Les enfants d’âge scolaire sont un peu moins enthousiastes que précédemment, mais ils ont par contre un très fort désir d’être autonomes et compétents. C’est le moment de leur donner des responsabilités en soulignant leurs réussites.

 7 ans

  • Arroser les plantes
  • Ranger la lessive propre
  • Prendre une douche seul
  • Aider à sortir les poubelles
  • Aider aux travaux extérieurs
  • Aider à vider le lave-vaisselle
  • Aider au rangement de l’épicerie
  • Commencer à utiliser l’aspirateur en le passant dans sa chambre

8-9 ans

  • Ranger une pièce
  • Passer l’aspirateur
  • Coudre un bouton
  • Sortir les poubelles
  • Nettoyer les miroirs
  • Entretenir ses ongles
  • Éplucher des légumes
  • Nettoyer la litière à chat
  • Plier toute la lessive seul
  • Utiliser la soie dentaire seul
  • Emplir et vider le lave-vaisselle seul
  • Prendre soin des animaux domestiques
  • Écrire une lettre ou un message de remerciement
  • Préparer un petit déjeuner simple; céréales, rôties
  • Utiliser le four micro-ondes pour réchauffer un plat
  • Mettre son réveil matin et être responsable de se lever seul
  • Apprendre la base des premiers soins; désinfection et pansement
  • Savoir faire une recherche sur internet. Aller sur des sites appropriés et supervisés par un adulte
  • Promener le chien (selon la taille et le tempérament de l’animal et les capacités physiques de l’enfant)
  • Comprendre le fonctionnement des courriels, avoir une adresse personnelle supervisée par un adulte, envoyer et recevoir des messages

10 ans

  • Laver la vaisselle
  • Laver une voiture
  • Cuire des légumes
  • Préparer un dessert
  • Nettoyer la baignoire et l’évier
  • Préparer un lunch simple; sandwichs, salades

À la pré-adolescence, les jeunes collaborent mieux s’ils ont le sentiment d’avoir un pouvoir de décision. Laisser un peu de latitude pour l’accomplissement d’une tâche augmentera grandement la collaboration, en autant que l’on assure un suivi pour ne pas que la tâche soit oubliée.

11 ans

  • Nettoyer le frigo
  • Nettoyer la salle de bains
  • Aider à laver les fenêtres
  • Apprendre à se servir d’un fer à repasser
  • Apprendre à se servir d’une machine à coudre sous supervision
  • Préparer un plat en suivant une recette, avec supervision au début
  • Préparer un dîner simple; pâtes, hamburgers, hot-dog, faire une pizza

12 ans

  • Donner un bain à un chien
  • Aider à faire la liste d’épicerie
  • Garder des enfants plus jeunes
  • Apprendre à tondre la pelouse sous supervision
  • Apprendre à faire la lessive sous supervision, séparer les couleurs, utiliser l’antitaches, mesurer le détergent et l’assouplisseur. Comprendre les différents cycles de lavage et de séchage.

À l’adolescence, notre jeune est apte à faire à peu près n’importe quelle tâche dans la maison, en autant qu’il ait assimilé les connaissances de base tout au long de son enfance. Par contre, l’emploi du temps des ados est souvent très chargé avec les sports, les études et leur vie sociale grandissante. Il faut donc veiller à ne pas les surcharger de tâches, tout en ne les laissant pas vivre comme s’ils étaient à l’hôtel.

13-14 ans

  • Faire la lessive
  • Nettoyer le four
  • Laver les fenêtres
  • Tondre la pelouse
  • Repeindre une pièce
  • Déneiger les entrées
  • Faire la liste d’épicerie
  • Changer une poignée de porte
  • Aider aux réparations mineures
  • Utiliser sa propre carte de débit
  • Changer une ampoule électrique
  • Avoir son propre téléphone cellulaire
  • Apprendre à se maquiller et à entretenir sa peau
  • Magasiner et choisir soi-même quels vêtements acheter
  • Connaître les règles d’hygiène en manipulant la nourriture
  • Savoir comment se comporter dans une soirée pour adultes
  • Apprendre à commander en ligne sous la supervision d’un adulte
  • Apprendre le fonctionnement d’une carte de crédit et les dangers de l’endettement

15 ans

  • Organiser une soirée
  • Faire un menu pour la semaine
  • Comprendre le fonctionnement des prêts et de l’intérêt, des hypothèques
  • Comprendre le fonctionnement d’un budget, les différentes retenues et impôts sur un chèque de paie, les charges sociales

16 ans

  • Changer un pneu
  • Faire le plein d’essence
  • Vérifier le niveau d’huile
  • Ranger et organiser le garage
  • Payer sa facture de téléphone cellulaire
  • Tenir un budget simple dès le premier emploi
  • Savoir payer une facture par chèque et en ligne
  • Prendre ses propres rendez-vous; coiffeur, dentiste, médecin

17-18 ans
Le voilà maintenant prêt à entreprendre sa vie hors du foyer familial, s’il fréquente un CEGEP ou une université éloignée. Sinon, il sera d’une aide précieuse à la maison, lorsque qu’il ne sera pas occupé ailleurs!

Est-ce que Charmante Ado fait toutes les tâches dans cette liste jusqu’aux items de son âge, 13 ans? Honnêtement non, mais elle sait comment en faire une très grande partie et nous travaillons sur le reste.

Élever un enfant c’est lui apprendre à se passer de nous.    –  Ernest Legouvé

Ce sont les poules qui vont être contentes!

poulet synthétique

Il y a quelques jours, je vous parlais de la recherche en cours pour créer de la viande synthétique.  Je viens de découvrir un troisième joueur dans ce domaine fort prometteur et celui-ci a actuellement déjà commencé la commercialisation de son produit.

Cette compagnie du Maryland aux États-Unis,  Beyond Meat, dont le fondateur est Ethan Brown, (à ne pas confondre avec Patrick Brown,  de l’université Stanford, dont je vous ai déjà parlé et qui travaille aussi sur la viande synthétique), semble prendre les devants dans la course à la création d’un substitut de viande.

Ethan Brown  dit adorer le goût de la viande, mais ayant grandi sur une ferme, il est devenu convaincu qu’on devait trouver une autre solution que de tuer les animaux. Il est végan (comme Patrick Brown) depuis plusieurs années. Il a d’abord travaillé dans le domaine de l’énergie propre.

Il a formé sa compagnie  en 2009, avec deux scientifiques de l’université du Missouri, Fu-Hung Hsieh et Harold Huff,  qui travaillaient déjà à créer un substitut de viande depuis une dizaine d’années.

Le poulet synthétique de Beyond Meat ne contient aucun gras animal, ni stéroïdes, hormones ou antibiotiques. Les ingrédients principaux sont une protéine de soya, une protéine de pois, de la fibre de carottes et de la farine sans gluten. On forme une pâte liquide avec cette poudre, ensuite on la chauffe pour finalement la passer dans une machine ressemblant à une machine à faire des pâtes, avant de la refroidir.

Pour obtenir la bonne texture, il a fallu raffiner la technique en identifiant des températures bien précises pour le chauffage et le refroidissement ainsi que la quantité de pression nécessaire dans la machine. Ceci permet aux protéines de s’aligner de manière à livrer un produit qui est pratiquement impossible à différencier d’une protéine animale.

Le poulet synthétique est déjà en vente dans le nord de  la Californie,  par l’intermédiaire de la chaîne de supermarchés Whole foods. Quelques magasins de la chaîne Roots Market, dans l’ouest du Maryland ont aussi commencé à offrir le produit.  Pour le moment, il est déjà intégré à des produits préparés, comme des salades ou des sandwichs. D’ici  la fin de l’année, la compagnie prévoit mettre en vente dans quelques magasins, des lanières de poulet synthétique que les gens pourront apprêter eux-même à la maison. L’étape suivante, prévue pour 2013 est une commercialisation à la grandeur des États-Unis.

À  San Francisco, le faux poulet vendu chez Whole Foods est disparu des tablettes très rapidement, celui du district Haight-Ashbury a vu son inventaire prévu pour la semaine partir en deux jours.

Le boeuf est plus difficile à réaliser, principalement parce que les gens s’attendent à ce que la viande soit rouge. Beyond Meat pense à ajouter du jus de betterave ou autre colorant naturel, mais s’interroge  sur la pertinence de donner une apparence ‘’sanguine’’ à de la fausse viande. Le faux boeuf devrait être mis en marché dès cet automne.

Beyond Meat encourage fortement les détaillants à placer leurs produits de viande synthétique directement dans l’étalage des viandes, au lieu de les placer avec le tofu et autres substituts. Il envisionne un futur où le comptoir de viandes des supermarchés sera plutôt appelé le comptoir de protéines.

Même si le prix n’est pas encore fixé, Beyond Meat prévoit que les lanières de poulet synthétique se vendront à un prix moindre que le poulet véritable.

Dans un vidéo que vous pouvez visionner ici, réalisé en mars 2012, Mark Bittman, chroniqueur au journal New York Times, visite Beyond Meat et crée même du faux poulet qu’il goûte ensuite. Il annonce alors que le goût est plutôt fade mais que la texture est bonne. On lui sert par la suite des plats préparés avec du vrai poulet et d’autres avec du poulet synthétique. Il a été  incapable de discerner le vrai du faux, allant même jusqu’à se tromper deux fois de suite avec les wraps au poulet. Notons ici que ce chroniqueur travaille dans le domaine de la nourriture et  a écrit plusieurs livres sur l’alimentation.

Voici donc une compagnie qui semble promise à un grand avenir, même que deux des fondateurs de Twitter, Evan Williams et Biz Stone y ont investi une certaine somme.

 

Manger est humain, digérer est divin.   –   Charles T. Copland 
Tu as le droit de tuer un animal pour t’en nourrir à condition que ta joie de le manger soit plus grande que la joie qu’il avait à vivre.   –    Proverbe hindou

C’est injuste!

juste

Ce n’est pas juste! Les parents ont tous déjà entendu cette expression.  Que ce soit en rapport avec une part de gâteau plus grosse qu’une autre  ou une permission accordée à l’un et refusée à l’autre, les enfants sont prompts à déceler le moindre signe d’inégalité.

Tout ne peut pas être parfaitement équitable en tout temps. Ce qui favorise l’un, a le potentiel de causer un sentiment d’injustice chez l’autre. Ce que nous recherchons lorsque nous exigeons que les choses soient équitables peut être résumé en quelques éléments.

Nous voulons que les choses ou les situations soient semblables. Tout le monde doit faire la queue pour acheter un billet et personne n’a de passe-droit.

La notion de justice ou d’équité implique que l’on obtient ce que l’on mérite. Si nous travaillons dur, nous réussirons et nous pourrons récolter et conserver le fruit de nos labeurs. L’équité signifie que nous pouvons conserver ce que nous méritons et n’obtenons pas ce qui n’est pas mérité.

Ceux qui travaillent le plus fort, qui se donnent au maximum, qui ont plus de talent ou sont plus intelligents obtiendront plus, parce qu’ils ont ces attributs. Ceux qui sont paresseux, insouciants ou ineptes obtiendront moins. Si l’on s’en tient à une justice basée sur le mérite, cela devient un calcul rationnel et relève de la liberté individuelle de choisir à quel point l’on désire quelque chose.

La réciprocité est essentielle pour avoir une société (ou une relation) équitable. Cela signifie que nous obtiendrons une compensation pour un service, que nous retournerons une faveur et que nous nous efforcerons de faire notre juste part. Nous devons aussi respecter les droits et les intérêts des autres en ne leur faisant pas subir ce que nous ne voudrions pas endurer.

Une autre manière d’envisager la notion d’équité est du point de vue social. Ainsi, ceux qui ont davantage devraient donner un plus grand pourcentage pour aider les moins bien nantis. Le sens d’équité ici, implique que les humains ont une obligation morale envers leurs semblables et qu’on exigera une plus grande contribution de la part de celui qui possède le plus de biens. On lui demande de contribuer au bien-être des autres. L’équité est alors liée à la responsabilité et un sentiment de compassion entre en jeu pour évaluer ce qui est juste et équitable.

Il semblerait que notre sens de ce qui est juste et équitable, soit un trait de personnalité distinctif. Il y a cependant de grandes variations entre les personnes. Selon les études, environ 25% des gens sont en quelque sorte déficients lorsqu’il est question d’équité, ce qui signifie qu’ils sont centrés sur eux-mêmes, égoïstes et manquent d’empathie. De plus, certaines personnes sont totalement insensibles aux besoins et aux intérêts des autres.

La plupart d’entre nous réagirons aux demandes de faire les choses équitablement. Nous tenterons d’atteindre un équilibre entre les besoins et intérêts des autres et les nôtres. Inévitablement, un jour, une personne agira de façon extrêmement injuste à nos yeux et nous nous creuserons la cervelle pour essayer de comprendre comment les choses ont pu se passer ainsi alors que nous avions confiance en cette personne.

Il est difficile de rester serein lorsque que notre sens d’équité et de justice est bouleversé. Ce peut être par exemple, un poste obtenu par un autre, alors que nous étions certains de le mériter. Ce n’est pas nécessairement injuste si quelqu’un a obtenu quelque chose que nous désirions, même si nous pensions le mériter. Il est probable que l’autre personne a été choisie pour d’autres raisons que celles que nous considérions importantes. Il faut alors comprendre que nous n’avions aucun contrôle sur cette décision et nous rappeler que ne pas avoir été choisi n’est pas un jugement sur notre valeur en tant que personne.

Il faut aussi garder en tête que ce qui est juste n’est pas toujours ce que nous croyons l’être. Personne n’a le monopole de définir ce qui est juste ou pas, et parfois quelqu’un d’autre que nous sera favorisé selon les critères d’équité de la personne qui prend la décision.

La justice, c’est l’injustice équitablement partagée.    –   Maurice Chapelan
Une société parfaitement juste ferait le malheur des crétins. Une société injuste leur laisse au moins l’illusion qu’ils n’ont pas la place qu’ils méritent.    –   Michel Polac