Archives pour février 2012

Programmation humaine

cerveau organisé

La clé pour avoir un esprit ‘’organisé’’ dépend de notre habileté à diriger notre attention et à demeurer concentré lorsque nous sommes sous pression dans des conditions difficiles. Cette habileté fait partie intégrante de notre câblage cérébral. Il ne nous reste qu’à y accéder pour être plus méthodique et organisé.

Voici quelques suggestions pour améliorer notre capacité de concentration. Les étapes suivantes sont tirées du livre « Organize Your Mind, Organize Your Life » de Margaret Moore.

Étape 1: Dompter la frénésie
Avant d’arriver à concentrer son attention, il faut réussir à contrôler toute notre frénésie d’émotions négatives (inquiétude, colère, tristesse, irritation). Toute cette frénésie empêche notre cortex préfrontal,  la région de notre cerveau en charge des fonctions exécutives, de bien fonctionner et d’avoir les idées claires.

Avoir trop de stress négatif  nuit à notre capacité à se concentrer et à notre santé. La bonne nouvelle, c’est que toutes les choses qui sont bonnes pour la santé amélioreront aussi notre capacité à contrôler la frénésie négative. Bien dormir, être actif, se garder des moments de tranquillité et de relaxation, tout cela aidera à dompter les émotions négatives.

Étape 2: Maintenir sa concentration
Maintenant que notre esprit est calme, il est temps d’identifier une tâche, une seule, car notre cerveau n’est pas conçu pour se concentrer sur plusieurs choses à la fois. Notez qu’il est possible de faire plusieurs choses en même temps mais pas de se concentrer sur toutes ces choses.

En identifiant la tâche sur laquelle nos désirons nous concentrer, nous indiquons à notre cerveau le but ce cette session de concentration. Il vaut mieux retirer toutes les sources de distraction comme les téléphones, les courriels, la télé  et fermer la porte de la pièce au besoin. Une minuterie réglée sur 20 à 30 minutes peut être utile pour structurer  cette étape.

Étape 3: Appliquer les freins
Notre cerveau fonctionne comme un radar et scanne notre environnement interne et externe même lorsque nous sommes concentrés sur quelque chose. Les distractions sont inévitables. Au lieu de succomber  sans réfléchir à une distraction lorsque nous sommes au milieu d’une tâche importante, il est préférable d’arrêter la tâche, prendre une grande respiration et décider de l’importance de la distraction. Est-elle suffisamment urgente pour remplacer la tâche actuelle? Sinon, nous devons ramener notre attention sur la tâche prioritaire jusqu’à ce que ce soit le temps de prendre une pause pour recharger nos batteries cérébrales ou commencer une nouvelle tâche.

 Étape 4: Accéder à sa mémoire de travail
Notre cerveau est conçu pour emmagasiner une quantité d’éléments d’information dans notre mémoire à court terme ou mémoire de travail. En accédant à notre mémoire de travail, en examinant les différents éléments présents dans notre esprit, nous pouvons trouver des solutions, arriver à de nouvelles déductions ou idées et voir où ces nouveaux modèles nous mèneront.

 Étape 5: Faire une mise à jour attentionnelle
Une première tâche est complétée. Il est maintenant temps de se concentrer sur une nouvelle tâche. Nous devons déplacer notre concentration entièrement sur la nouvelle tâche et y accorder une attention totale. Le cerveau est capable de laisser tomber une tâche et de déplacer son attention sur la suivante avec une concentration toute fraîche et productive.

Ce transfert peut aussi être décrit comme de l’agilité cognitive ou de la flexibilité. Souvent, nos idées les plus créatives semblent nous venir  tout droit de nulle part, alors que nous prenons une pause cérébrale ou nous concentrons entièrement sur autre chose.

 Étape 6: Relier les points
Nous avons appris à dompter notre frénésie et à concentrer notre attention sur une seule chose à la fois. Nous savons comment faire face aux distractions. Notre mémoire de travail est accessible lorsque nous en avons besoin. Nous sommes souples, capables de déplacer notre concentration vers une nouvelle tâche. Nous prenons des pauses et déplaçons légèrement notre attention pour accueillir de nouvelles idées, déductions ou solutions.

Ensemble, toutes ces étapes nous aideront à modifier nos habitudes de concentration mais aussi comment nous voyons la vie. Au lieu d’être stressé par l’ampleur des tâches à accomplir, nous nous sentirons en contrôle. Nous serons alors plus productifs et aurons plus de temps pour tout ce que la vie nous demande.

J’essaie de me concentrer sur ma concentration.   –   Martina Navratilova
Nombreux sont ceux qui pensent à distraire leur esprit, rares sont ceux qui songent à le concentrer.    –  Auteur inconnu

Partagez!

Au fil du temps

Le jeune et la vieille

Bien que Chaton Mignon ait l’air d’être aussi gros que Grande Patronne, dans son cas, c’est sa fourrure qui donne cette impression. Grande Patronne n’a pas cette excuse.

Avec la quantité d’animaux domestiques que nous avons à la maison, tous les âges sont répertoriés. Ainsi, notre plus jeune a neuf mois et notre plus âgé chronologiquement est une chatte de quatorze ans.

Les effets de l’âge et le début de la vieillesse sont relatifs chez les animaux, tout dépendant de l’espèce et la race. Ainsi, Grande Patronne est une chatte de quatorze ans , ce qui signifie qu’il lui reste probablement entre quatre et six années à vivre. Un facteur mitigeant par contre est qu’elle est franchement obèse. C’est à ni rien comprendre. Nos quatre chats mangent la même nourriture, mais je crois que la différence réside dans l’exercice physique.

De novembre à avril, Grande Patronne entre presque en hibernation. Elle ne fait que dormir et…manger. Elle refuse d’aller dehors et passe ses journées et ses nuits à ronfler très fort. Nos autres chats restent actifs même en hiver ce qui fait qu’ils restent sveltes. Je crains donc que Grande Patronne ait une vie plus courte que la moyenne à cause de son poids.

Notre autre résidente âgée est Toutou Parfait, qui elle a seulement sept ans. C’est un croisement entre un Husky, un labrador et je ne sais quoi d’autre. On peut donc s’attendre à une espérance de vie entre 10 et 14 ans. Elle a par contre été très malade l’an dernier et elle souffre beaucoup d’arthrite. Elle a de la difficulté à sauter sur notre lit (permis seulement pour la séance de caresses) et parfois à descendre les escaliers. Je ne crois pas qu’elle vivra plus de trois ans encore. Nous devrons évaluer la situation selon l’évolution de son arthrite et son degré de mobilité. Certains matins, cela semble lui être très difficile de se mettre en route et de  bouger. Nous voulons qu’elle conserve une certaine qualité de vie et ne la laisserons pas souffrir trop si ça se détériore.

Tête de Mule pour sa part est un Montagne des Pyrénées et son espérance de vie est de tout juste dix ans. Elle a cinq ans présentement ce qui théoriquement signifie qu’il lui reste seulement cinq ans, à peu près  comme Toutou Parfait et Grande Patronne. Pourtant, je ne la considère pas comme étant âgée car elle est pleine d’entrain et de vigueur. Peut-être que cette race a une étape de vieillesse plus courte que les autres, mais Tête de Mule semble encore dans la fleur de l’âge alors que l’on note un net ralentissement chez les deux autres.

Au final, nous perdrons probablement les trois dans la même période ou dans un laps de temps très rapproché. Cela nous laissera avec trois chats, alors âgés d’environ six, dix et onze ans. Le plus jeune, Chaton Mignon, partira éventuellement avec Charmante Ado lorsqu’elle quittera le nid familial un jour. Tendre Moitié et moi garderons les deux autres qui sont en fait la mère et son fils.

Un de nos projets de retraite est de parrainer un ou plusieurs chiens Mira. Ce sera un autre genre d’aventure car la première année de vie d’un chiot est la plus tumultueuse et il faut le socialiser intensivement pour qu’il passe les tests de Mira à l’âge d’un an. Il faudra aussi accepter de le remettre à la fondation et vivre un deuil, mais je pense que la satisfaction d’avoir contribué à une bonne cause nous aidera à passer ce moment. De toute façon, si nous aimons l’expérience, nous la répéterons avec un nouveau chiot.

Nos pensons faire cela au tout début de notre semi-retraite alors que nous passerons encore la majeure partie de l’année au Québec. Plus tard, nous pensons éventuellement vivre à l’année dans le Sud dans un motorisé car nos articulations auront bien besoin d’un climat chaud et sec comme celui de l’Arizona par exemple.

Nous avons toujours eu des animaux et n’avons pas vraiment envisagé pas de ne plus en avoir du tout. Il me reste simplement à convaincre Tendre Moitié qu’un chat ou un petit chien serait tout à fait agréable dans note futur  motorisé. Il n’est pas encore tout à fait convaincu.

Je crois avoir déjà mentionné que Charmante Ado veut devenir zoologiste?

Il faut définir le cadre d’une longévité en bonne santé. Vieillir n’est pas une maladie.
–   Etienne-Emile Baulieu
Si vous avez un chien, vous lui survivrez très probablement.. Acquérir un chien c’est s’ouvrit à un bonheur profond et éventuellement, à une aussi profonde tristesse.    –  Marjorie Garber

 

L’étranger est peut-être un ami que vous ne connaissez pas encore

inconnuEn 2000, un professeur de l’Université Harvard a publié un livre intitulé Bowling Alone. Dans ce livre, il maintient que nous sommes devenus de plus en plus déconnectés de notre famille, nos amis et nos voisins.

M. Putnam nous met en garde sur le fait que notre réserve de capital social, ce tissu de connections entre humains, a considérablement diminuée de nos jours, ce qui appauvrit nos vies et notre communauté.

Après près de 500,000 entrevues sur une période de vingt-cinq ans, il a découvert que nous signons moins de pétitions, appartenons à moins d’organisations, connaissons moins nos voisins, rencontrons moins souvent nos amis et même que nous socialisons avec notre famille moins souvent que les générations précédentes.

M. Putnam démontre dans son livre que les changements dans le milieu du travail, dans la structure familiale, la vie en banlieue, la télévision, les ordinateurs et l’internet ont tous contribué à ce déclin.

Nous sommes moins enclin à faire montre d’un engagement civique, ce qui diminue nos connections sociales et la confiance et la réciprocité qui en découle habituellement.

Il y a pourtant de l’espoir avec des groupes sociaux, tels Meetup.com, un site qui aide les usagers à trouver et à joindre des groupes locaux selon leurs intérêts. Le site encourage donc les gens à utiliser Internet pour lâcher l’Internet et l’ordinateur, et rencontrer de vraies personnes avec un intérêt commun.

Meetup.com a débuté en 2002 et plus de 90 000 groupes se sont formés dans 118 pays. Il y a des groupes  pour les randonneurs, les clubs de livres, les amoureux des chiens en général ou d’une race en particulier, des gens qui veulent pratiquer une autre langue, apprendre à rénover leur maison, ou faire du scrapbooking. Il y a vraiment de tout et si un groupe n’existe pas localement, on peut le créer et l’organiser soi-même.

Pour voir la liste des groupes dans votre région, vous n’avez qu’à entrer votre code postal ou votre ville et tous les groupes locaux s’afficheront. Il n’y a qu’à trouver ce qui vous intéresse. Si le site s’affiche en anglais, vous pouvez le changer en allant tout en bas, dans la zone grise.

Pour ma part, les groupes existants qui m’intéressent en ce moment sont: un groupe pour pratiquer la conversation en espagnol, un groupe pour les femmes qui font de l’exercice en allant marcher dans les parcs et un groupe de voyage où les membres font des présentations sur les pays qu’ils ont visités, nous font découvrir des destinations peu connues et donnent des trucs et des recommandations.

Les contacts sont vitaux pour les êtres humains, nous sommes faits pour vivre en coopération. Nous avons besoin de ce sentiment d’appartenance, de faire partie de quelque chose de plus grand que soi-même. Travailler ensemble à un but collectif, en investissant du temps et des efforts pour le bénéfice de tous est très valorisant.

Les ressources les plus sous utilisées dans notre société sont notre bonne volonté et notre désir de faire une différence. Il y a plein  de personnes merveilleuses dans le monde qui sont prêtes à participer, il ne reste qu’à les connecter entre elles.

On est tous l’étranger de l’autre.    –   Albert Camus
Dans leur vaste majorité les jeux vidéo n’autorisent qu’un seul échange social,  le tir à vue.   –   Dave Barry

Les portes de la perception

réalité

J’ai lu un article intéressant en anglais portant sur la perception de la réalité et notre réaction aux évènements. Je vous fait part des grandes lignes de cette théorie.

Notre plus grande source de souffrance viendrait du fait que nous ne réalisons pas à quel point nos croyances limitent notre existence. Croire que ce que nous ressentons est basé sur des faits est une erreur; nos réactions et nos sentiments sont plutôt basés sur notre perception des faits.

Donc si on pousse plus loin, la souffrance ne vient jamais des faits eux-mêmes, elle provient de notre perception des faits; c’est la signification que nous donnons à ce que nous sommes en train de vivre en ce moment.

Notre cerveau reçoit des données à partir de nos cinq sens. Notre esprit traite ces données en se basant sur le système de croyances que nous avons mis des années à bâtir, de façon inconsciente. Ce système de croyances ou de valeurs représente le filtre que notre esprit utilise pour créer notre perception du monde, notre réalité qui est unique à nous. Ce filtre est une partie intégrante de notre personnalité.

Nous pouvons essayer d’être conscients de notre filtre et ainsi modifier notre perception des choses. Personne ne peut nous faire penser, ressentir ou voir quelque chose; nous seuls pouvons nous faire du mal avec nos sentiments. Voici une petite histoire pour illustrer le tout…

Deux jeunes amies avaient l’habitude d’aller au restaurant tous les vendredis soirs. Un certain vendredi, Diane appelle Sophie pour lui dire qu’elle a le rhume, ne se sent pas bien et préférerait sauter une semaine. Sophie ne s’en fait pas avec ça, ce sont des choses qui arrivent. Plus tard dans la soirée, Sophie décide finalement d’aller se chercher des mets pour emporter à leur restaurant favori.

En arrivant au restaurant, Sophie est surprise d’y voir Diane attablée et en train de manger avec une autre fille. Elle n’en croît pas ses yeux. Elle s’esquive avant que Diane puisse la voir et les larmes aux yeux, retourne chez elle.

Durant toute la fin de semaine, Sophie revoit la scène en pensée et se sent trompée et blessée. Finalement, elle en vient à la conclusion que Diane s’est lassée de leur amitié. Elle se sent dévastée et a de la difficulté à dormir, elle imagine la confrontation qu’elle aura avec Diane lundi et se demande si leur amitié peut être sauvée.

Lundi arrive et avant que Sophie puisse placer un mot, Diane lui apprend que sa sœur est arrivée à l’aéroport à l’improviste vendredi soir alors que son vol faisait une escale en ville. Elle lui raconte qu’elle était vraiment contente de voir sa sœur mais qu’elle était tellement malade qu’elle n’a pas vraiment profité de sa visite.

On peut imaginer le soulagement de Sophie et on peut aussi voir comment elle a souffert inutilement. Lorsqu’elle a vu Diane vendredi soir, Sophie n’a pas traité les faits seulement, elle leur a donné un sens en y voyant de la réjection et un potentiel abandon. Quand Sophie a pu connaître les faits réels, elle a alors donné un nouveau sens à la situation, un sens qui l’a fait se sentir beaucoup mieux.

Si on regarde cela d’une manière détachée, Sophie pouvait être en contrôle du sens qu’elle donnait à la situation pendant tout cet épisode. Elle aurait pu s’épargner toute cette souffrance en ne sautant pas aux conclusions et en prenant conscience que peut-être, son esprit filtrait et traitait les données en leur donnant une direction biaisée par ses expériences passées.

Lorsque l’on perd son temps à croire notre propre scénario, nous diminuons notre pouvoir. En réalisant que l’autre personne qui nous a blessé est aussi aux prises avec son scénario et son histoire; nous pouvons réduire la charge émotionnelle de leurs actions. Nous pouvons contrôler à quel point les faits peuvent nous affecter. Nous avons le pouvoir de choisir ce que nous ressentons.

J’aime bien cette théorie de la perception. Il m’arrive d’être blessée par des situations pour finalement découvrir que c’est le sens que j’ai donné à l’évènement qui m’a amené à être affectée alors que les faits réels avaient un tout autre sens. Tendre Moitié pourrait confirmer que j’ai une certaine tendance à la catastrophisation, mais je me soigne!

Je crois que c’est un réflexe bien ancré de filtrer inconsciemment l’information pour qu’elle se conforme à notre système de croyances. Je vais essayer de prendre conscience de ce réflexe et voir si je pourrais changer ma manière de percevoir certains évènements.

La réalité est une chose mystérieuse et fluctuante, car la perception que nous en avons ne reste jamais la même.   –   Joe Tan
La sensation d’être heureux ou malheureux dépend rarement de notre état dans l’absolu, mais de notre perception de la situation, de notre capacité à nous satisfaire de ce que nous avons.   –   Dalaï Lama

Lettre à ma fille

relation mère fille

L’adolescence est une période haute en émotions et en développement, intellectuel, moral et physique. Charmante Ado  entre tout juste dans cette étape, cette année.

Si on ne fait pas attention comme parent, on risque de passer beaucoup de temps à critiquer, commander, surveiller et contrôler. Notre petite fille grandit et elle s’affirme en tant que personne ce qui la porte à essayer d’avoir son identité propre, de préférence à l’opposée de ses parents.

Je remarque que je dis souvent à Charmante Ado; fais ceci, fais cela, et je voudrais qu’elle le fasse tout de suite. Elle a souvent d’autres choses en vue ce qui m’amène parfois à répéter plusieurs fois mes demandes dans une journée. Pourtant quand j’y pense, je détesterais me faire constamment rappeler à l’ordre et même si mon adolescence remonte à un certain temps, je me souviens très bien que mes priorités n’étaient pas du tout les mêmes que celles de mes parents.

J’essaie donc de tempérer mes exigences et de traiter Charmante Ado comme une personne responsable et raisonnable, ce qu’elle est la très grande majorité du temps. Nous n’avons pas du tout les mêmes critères pour un lit bien fait ou une chambre rangée, mais je peux vivre avec cela. Je suis moins tolérante pour les espaces communs qu’elle doit respecter et collaborer à garder propres pour l’usage de tous.

Je vois souvent Charmante Ado avec son groupe d’amies, plusieurs viennent à la maison pour des travaux scolaires (c’est quoi cette manie de faire tant de projets en équipe?). Je réalise que j’ai une fille mature et sensée , qui se soucie des autres et de leurs sentiments.

Par exemple, dimanche dernier, elle voulait inviter une amie à aller voir un film, puis magasiner pour un cadeau d’échange de la St-Valentin. La première amie choisie ne pouvait pas y aller alors elle en a invité une autre, qui a accepté. Elle m’a ensuite mentionné qu’il ne faudrait pas que cette dernière apprenne qu’elle était  le deuxième choix, que ça pourrait lui faire de la peine, alors elle planifiait de lui dire que son intention était de faire cette sortie à trois mais que la première avait eu un empêchement.

J’ai beaucoup d’occasions d’être très fière de ma fille et j’essaie de le lui dire aussi souvent que possible. Les ados ont tendance à ruminer sur le négatif; les remarques, les exigences des parents. Un jour où j’étais particulièrement exigeante  envers elle (selon Charmante Ado), elle m’a dit qu’elle ne faisait jamais rien de bien et qu’elle n’était jamais correcte.

Cela m’a fait réalisé que toutes mes remarques ne faisaient pas que traverser ses oreilles comme j’en avais parfois l’impression. Elle les absorbe même si cela ne parait pas dans comportement. Ce jour là, j’en ai fait une de trop, mais cela a eu l’effet positif de me faire voir que Charmante Ado se souciait vraiment de mes paroles même si elle ne réagissait pas. J’essaie depuis de tempérer mes remarques et de ne pas manquer de souligner tout (et il y a en a beaucoup) ce qu’elle fait de bien; de mettre les poubelles au chemin à être hyper responsable avec ses devoirs et travaux.

Je vois venir les années tumultueuses de l’adolescence et je me dis que ce que je souhaite vraiment, c’est que Charmante Ado sache toujours que je l’aime, que je trouve qu’elle est une bonne personne et que je serai toujours là pour elle quoi qu’il arrive. J’espère que les voies de communication resteront ouvertes entre nous.

Si jamais nous traversons des temps difficiles, je veux qu’elle puisse se rappeler tout ce que j’aime et admire en elle, tout ce qu’elle fait de bien. J’ai donc décidé de lui écrire une lettre lui exprimant toutes ses forces et qualités, toutes les petites choses qui la rendent unique.

Comme cela, elle pourra relire cette lettre et se dire que malgré la tempête de ce moment là, qu’elle peut compter sur moi pour la supporter et l’encourager. Quoi qu’il arrive, nous aurons toujours ce lien extrêmement fort entre une mère et sa fille, que rien ne pourra briser.

En lieu et place d’une citation, je vous laisse sur ce poème d’un père à son fils:

              Si (1895, Rudyard  Kipling)

Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie
Et, sans dire un seul mot te mettre à rebâtir
Ou perdre d’un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir.
Si tu peux être amant sans être fou d’amour,
Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre,
et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre.
Si tu peux supporter d’entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter les sôts,
Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles
Sans mentir toi-même d’un mot.
Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois
Et si tu peux aimer tous tes amis en frères
Sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi.
Si tu sais méditer, observer et connaître,
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur,
Rêver, sans laisser ton rêve être ton maître
Penser, sans n’être qu’un penseur.
Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu peux être bon, si tu sais être sage,
Sans être moral ni pédant.
Si tu peux rencontrer triomphe après défaite
Et recevoir ces deux menteurs d’un même front.
Si tu peux conserver ton courage et ta tête,
Quand tous les autres la perdront.
Alors, les rois, les dieux, la chance et la victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis,
Et, ce qui vaut mieux que les rois et la gloire,
Tu seras un homme, mon fils