Archives pour novembre 2011

Agir en son âme et conscience

intimidation

Qu’est-ce que je ferais si j’apprenais que ma fille a poussé quelqu’un d’autre au suicide? De nos jours tout le monde se déresponsabilise, nous ne sommes jamais en faute, il y a toujours une excuse et on peut dire et écrire tout ce qui nous passe par la tête, sans conséquence.

Il y a des parents  qui font face à cela cette semaine. Un jeune fille de quinze ans s’est suicidée et leur fille est montrée du doigt comme étant la principale tortionnaire. Il semble que les deux jeunes évoluaient dans le même groupe mais ne se parlaient plus depuis quelques semaines. Peut-on vraiment dire qu’elle est la cause du suicide, est-ce que tout est clairement noir ou blanc ou y-a-t-il des nuances de gris? Ne connaissant pas l’histoire de ces deux jeunes, il m’est impossible de me prononcer.

Une chose est certaine, si ma fille était visée comme étant responsable sur les réseaux sociaux, je fermerais sa page Facebook . Je n’arrive pas à comprendre comment cette page peut encore être ouverte à tous alors qu’on y retrouve non seulement des propos vindicatifs et haineux de nombreuses personnes suite au suicide, mais aussi des remarques qui paraissent stupides aujourd’hui, de la jeune fille elle-même  qui se réjouit de n’avoir eu que cinq jours de suspension pour s’être battue avec la victime un mois plus tôt.

Il serait facile de se dire que ses parents sont des monstres irresponsables et incompétents, ce qui ramènerait la responsabilité sur eux. Mais ce n’est peut-être pas le cas. Peut-être sont-ils complètement dévastés et désemparés par ce qui se passe actuellement. Leur fille est pointée du doigt publiquement sur les réseaux sociaux, son nom circule librement. Ils ne semblent pas être très férus en informatique car rien n’a été fait pour protéger leur fille de toute cette exposition publique. Leur fille, responsable ou pas, devient maintenant une victime de l’intimidation.

Si Charmante Ado se rendait coupable d’intimidation, je serais dans tous mes états mais je ferais l’impossible pour la protéger des autres. Ensuite, j’entreprendrais tout ce qui est humainement possible pour lui faire réaliser l’étendue des dommages et conséquences de ses gestes et paroles.  Parce qu’ici, c’est sûrement ça le problème, l’intimidateur ne voit pas ou ne comprend pas le mal qu’il cause, sinon il ne le ferait pas. Les bourreaux arrivent souvent à torturer leurs victimes en les déshumanisant, en se disant qu’elles sont inférieures ou même responsables de ce qu’on leur fait subir.  Il y a aussi l’effet de groupe, on est rarement plus intelligent à l’intérieur d’une petite clique.

Je m’assure régulièrement auprès de Charmante Ado qu’elle ne subit pas d’intimidation. Elle est différente des autres de par sa grandeur mais elle semble bien équilibrée. Il ne me serait jamais venu à l’idée qu’elle-même pourrait être intimidatrice. Elle fait montre d’une bonne empathie en général et je me rappelle d’une occasion à l’école où l’on m’a relaté qu’elle avait été la seule de sa classe à ne pas chahuter et se moquer d’une remplaçante qui avait été réduite aux larmes par les moqueries des enfants. J’ai bien sûr été très fière d’elle et je crois qu’elle a un sens de la justice et de l’équité très développé.

Qu’est-il arrivé avec la tortionnaire(que ce soit celle visée ici ou une autre) pour que ces fondements de base d’une personnalité équilibrée ne se soit pas développés? Qu’est-ce que cela veut dire pour nous comme société?

J’ai essayé d’ inculquer à ma fille le respect et l’empathie envers les autres et je m’assure de lui parler en tête à tête régulièrement. Chaque soir, en alternance avec Tendre Moitié, au moment du dodo, je passe une quinzaine de minutes avec elle dans son lit. Elle me raconte alors sa journée, ses pensées et ses inquiétudes. Si j’essaie de lui poser des questions  à son retour de l’école, ça ne fonctionne pas, elle semble subir un interrogatoire alors  que ce petit moment quotidien m’apprend bien des choses sur ce qui se passe dans sa vie. Je m’assure ainsi d’être présente et disponible et je lui montre qu’elle est importante pour moi et que m’intéresse à sa vie et à ce qu’elle ressent.

Il est trop tard pour la victime. Est-il aussi trop tard pour son bourreau?

Ce que nous appelons “mauvaise conscience” est en fait la bonne conscience : c’est la vertu qui se dresse en nous pour nous accuser. –  Théodor Fontane

La conscience est à la base de la civilité.   –  Docteur Scott Peck

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Les affaires sont les affaires

Argent contre le peupe

Il est  parfois très difficile de discerner ce qui est juste ou injuste. Dans le cas qui me préoccupe, ce n’est pas un problème.

Mon père a travaillé trente-trois ans pour une certaine compagnie. Il avait un bon régime de pension et a pu avoir une bonne retraite. Mon père étant décédé en 2009, ma mère reçoit maintenant une rente de conjointe survivante, amputée de 40% du montant précédemment alloué.

La mort d’une personne ne diminue pas toutes les dépenses d’un couple en deux. Les taxes municipales, le chauffage, l’électricité, tout cela coûte le même montant pour la personne qui reste. Il n’y a que la facture de nourriture qui est maintenant moins élevée. Ma mère a ajusté ses dépenses et arrive à joindre les deux bouts quoique avec un peu de difficultés.

Mon frère a travaillé pour la même compagnie que mon père pendant trente-cinq ans. Sa retraite est prévue pour le 31 décembre, dans un peu plus d’un mois.

La compagnie s’est mise sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers il y a plusieurs mois et ferme  « temporairement » dans quelques jours. Il y a un gigantesque trou de centaines de millions de dollars dans le régime de retraite. La compagnie est à vendre et un acheteur est intéressé mais le dit acheteur refuse d’assumer le plan de retraite et demande qu’il soit tout simplement aboli.

Si nous laissons ces « géants » de la finance et de la conscience morale à leurs petites magouilles et regardons plutôt l’effet que cette nouvelle a concrètement sur ma petite famille.

Si rien n’est fait et que la compagnie ferme ou est achetée par cet acheteur qui n’assumera pas le régime de retraite, ma mère perdra un autre 40% de sa rente mensuelle. Elle ne pourra tout simplement pas arriver à joindre les deux bouts. Elle a soixante-seize ans et elle est en très bonne santé.  Elle avait de très beaux projets avec mon frère et sa femme,  de voyages et de soleil dans le Sud .

Pour mon frère, c’est encore pire. Il perdra 50% de sa rente de retraite, soit la part de l’employeur. Je ne lui en ai pas encore parlé car nous attendons le dénouement, mais je doute que ses projets de retraite restent inchangés. De plus il a développé un grave problème de santé qui, s’il n’est pas fatal, handicape fortement sa vie de tous les jours et qui prendra encore plusieurs mois à être traité.

C’est une société vraiment désespérante que la nôtre. L’honneur et le respect des lois et des ententes ne veulent plus rien dire. On fait travailler des gens pendant des décennies dans des conditions vraiment difficiles à faire des tâches rebutantes en leur promettant une belle retraite. Puis, au moment de leur donner la carotte qui les a gardés bien tranquilles pendant toutes ces années, et bien, on enlève la carotte et on dit qu’on n’a plus les moyens pour respecter nos engagements!

Bon, notre famille ne sera pas à la rue et il y a pire que nous. Ma mère qui est très indépendante va vendre sa maison et habiter avec nous quelques mois par année et le reste du temps avec mon frère. On va s’aider et passer au travers. Charmante Ado est ravie d’avoir sa mamie à domicile et nous qui habitons si loin, serons bien contents aussi de l’avoir avec nous. Le problème est qu’on demande à une personne de soixante-seize ans de quitter la ville où elle a habité toute sa vie parce qu’elle n’a plus les moyens de garder sa maison suite aux agissements de gens sans scrupule.

Un régime de retraite, c’est pour les retraités et ça ne devrait pas disparaître comme ça. Les employés ont souvent dû au fil des années faire des concessions lors des négociations avec l’employeur car ils avaient un « beau fonds de pension » et on leur disait alors qu’ils étaient bien chanceux d’avoir ça.

Ils ne l’auront jamais ce « beau fonds de pension » tant promis. Ils n’étaient peut-être pas si chanceux que cela finalement.

L’employeur met son argent dans les affaires et l’ouvrier y met sa vie. Le second a tout autant le droit que le premier de diriger ces affaires.  –  Clarence Darrow 

L’honnêteté dans les affaires consiste à posséder à son compte en banque l’argent qu’on refuse à ses créanciers.   –  Philippe Bouvard

Dans le titre: Les affaires sont les affaires.  –  George Colman

Le devoir est la nécessité volontaire

sens du devoir

J’ai un jour occupé un emploi où je travaillais de nuit, seule. Parmi mes tâches, je devais préparer un tableau météorologique qui décrivait les systèmes météo, les nuages, leur hauteur, leur étendue et je devais montrer leur déplacement sur une période de six heures. Sur un quart de nuit, le tableau devait être complété  à 01h30 et à 07h30. Pour bien faire la présentation, cela prenait environ trente minutes.

Je détestais cette tâche. Pourtant, je l’ai toujours complétée à bien.  Je peux honnêtement dire que la présentation de 01h30 a servi seulement une ou deux fois seulement durant toutes ces années. Je travaillais dans un endroit isolé et il y avait très peu de chance qu’un client vienne me rencontrer en personne au milieu de la nuit pour recevoir la présentation.

En fait, nos clients préféraient appeler au lieu de se présenter en pleine nuit. J’aurais été parfaitement capable de décrire au téléphone tous les systèmes et leurs déplacements sans avoir fait le tableau, en me servant simplement du texte reçu par le centre météorologique.

La plupart sinon la totalité de mes collègues, ne complétaient pas le tableau. Ils misaient que personne ne viendrait, et si quelqu’un se présentait, ils décrivaient la situation météorologique verbalement. À ma connaissance, personne ne s’est jamais plaint du service, et comme un tableau devait être préparé à 07h30, celui -là était toujours complété quand le remplaçant du quart de jour arrivait au travail. Durant les quarts de jour et de soir, tous les employés complétaient le tableau car il y avait beaucoup de va et vient et nous devions faire de nombreuses présentations.

Pourquoi ai-je fait quelque chose qui semblait complètement inutile pendant des années alors que les chances de me faire prendre étaient quasi nulles? Pas pour me sentir supérieure aux autres, mais plutôt pour me sentir bien avec moi-même.

Mon raisonnement d’alors était que l’employeur me payait pour faire cette tâche, alors je devais la faire convenablement. Le fait de la compléter de mon mieux alors que je savais que personne ne la verrait m’a permis d’en retirer une certaine satisfaction même si ce n’a jamais été une tâche que j’aimais .

C’est la « petite voix » intérieure, celle qui nous dit que l’on devrait faire telle ou telle chose. Personnellement, cette petite voix est assez forte pour que je ne puisse pas passer outre et l’ignorer. Il en va de ma tranquillité d’esprit. Certains vont appeler ça la conscience, le sens du devoir, ou des responsabilités, ou un sens des valeurs. Je ne sais trop. Tout ce que je sais c’est que je dois écouter cette petite voix pour être en paix avec moi-même et garder mon estime personnelle.

Les rares fois où je n’ai pas respecté ma conscience, je l’ai vivement et longtemps regretté, ce qui m’amène à éviter de refaire les mêmes erreurs. Le prix à payer face à mon sens des valeurs n’en vaut tout simplement pas la peine.

Je suis en train de lire sur la philosophie des Stoïques, plus particulièrement Marc-Aurèle, Épictète et Sénèque. Pour les Stoïques, le bonheur n’était possible que si une personne respectait son sens du devoir. Marc-Aurèle, un empereur Romain, croyait fermement que la seule manière d’avoir une bonne vie était d’accomplir ses devoirs sociaux et moraux.

C’est un peu de l’égoïsme vu comme ça. J’évite les comportements qui me font me sentir mal dans ma peau ou qui m’amènerait à avoir des remords de conscience. J’arrive ainsi à vivre en relative harmonie avec moi-même sans trop d’états d’âme.

Dans le titre: Le devoir est la nécessité volontaire.  – Henri-Frédéric Amiel
La première récompense du devoir accompli, c’est de l’avoir fait.   –  Albert 1er
Le devoir : aimer ce que l’on se prescrit à soi-même.  –  Johann Wolfgang von Goethe

Deux poids, deux mesures

santé

Aujourd’hui, je vais examiner l’aspect santé de ma vie, plus particulièrement le poids. Il y a un peu plus de trois ans, j’avais réussi à perdre 100 livres sur une période de dix-huit mois. Idéalement, j’aurais dû perdre un autre trente livres pour arriver à un poids santé en rapport avec ma grandeur.

J’ai réussi à maintenir cette perte de poids jusqu’à il y a dix mois. Depuis, au lieu de continuer sur ma lancée, j’ai repris près de 40 livres ce qui m’horripile complètement. Le problème avec toute perte de poids assez rapide est que la reprise est tout aussi rapide. Les changements ne sont pas permanents car les nouvelles habitudes ne sont pas ancrées dans notre routine quotidienne. L’être humain est capable de grandes choses pour un court laps de temps, mais pour la durabilité, il faut y aller plus en profondeur et vraiment changer son style de vie sur une période prolongée pour que le changement soit permanent.

Donc, je me retrouve maintenant à un point où je veux m’y remettre parce que je vois les livres qui reviennent et mes genoux qui en souffrent.

Je connais toutes les explications et le raisonnement pour une alimentation saine et une perte de poids durable. Il y a par contre plusieurs lignes de pensée quant à la diète parfaite.

Le gras et la viande ne semblent plus être les vilains que l’on nous enfonce dans la gorge depuis des années. J’ai lu les livres Protein Power, Good Calories, Bad Calories et Why we get fat (à ma connaissance, aucun de ces trois livres n’a été traduit en français). Je comprends la science derrière tout ça et j’y crois. Le problème est que j’ai essayé ce programme pendant plusieurs mois et cela m’a apporté un gain de 20 livres.

J’avais pourtant calculé le nombre de grammes de protéines requis selon les formules de Protein Power. Je restais dans les normes recommandées pour les hydrates de carbone mais ça ne fonctionnait pas. Étrangement, ce programme fonctionne très bien pour Tendre Moitié; pourtant  c’est moi qui cuisine et contrôle les portions. Incompréhensible.

Je continue à essayer de réduire ma consommation d’hydrates de carbone car ce sont souvent des aliments de remplissage qui n’apporte pas beaucoup du point de vue nutritionnel. J’essaie de privilégier les fruits et les légumes. Mon seul problème avec les hydrates de carbone est le pain le matin. J’aime bien manger du pain au déjeuner et j’affectionne particulièrement le beurre d’arachides qui est malheureusement plein de glucides.

Nous avons récemment réduit notre ‘’fenêtre’’ de nutrition afin de ne pas manger en soirée et éliminer le grignotage. Cette initiative fonctionne vraiment très bien et est sans douleur. Je remarque que je si nous retardons le moment de manger le matin, cela devient plus facile de manger autre chose qu’un vrai déjeuner. Je suis alors prête à manger des légumes, de la viande ou des fruits.

J’ai aussi développé un beau petit fichier Excel avec une base de données d’aliments et des pages pour le poids, les mesures, des graphiques, des recettes et un calculateur nutritionnel pour les recettes.

J’aimerais  être capable d’être plus active, de faire plus de choses physiques et de voir mon corps réagir adéquatement à la demande. En ce moment, j’arrive à faire la plupart des activités mais mon corps me laisse clairement savoir qu’il est rouillé et pas assez entraîné pour la performance et l’endurance.

Voilà en toute honnêteté où j’en suis dans ma quête d’une bonne santé. Je vous tiendrai au courant de mes progrès vu qu’ils font partie de ma Bucket List aux points 27 et 28 et par ricochet aux points 20,21,22 et 30. À suivre…

Fais du bien à ton corps pour que ton âme ait envie d’y rester. – Proverbe indien

 »Un régime, c’est la courte période de privations qui précède une augmentation de poids »

Vivre pour écrire, et non pas écrire pour vivre

blogueJ’ai débuté ce blogue pour me donner une certaine discipline quant à l’écriture. J’ai toujours rêvé d’écrire un roman.  J’ai écrit plusieurs histoires au fil des ans mais je ne les ai montrées qu’à très peu de personnes. Elles ont été très bien reçues mais mon auditoire était déjà gagné à ma cause donc il est difficile de me faire une idée sur la qualité de mon écriture.

Au lieu d’imaginer qu’un jour j’aurai vraiment le temps d’écrire, je me suis dit que je pourrais commencer par m’entraîner en m’astreignant à pondre un article par jour sur ce blogue, créé pour l’occasion. L’objectif principal est évidemment d’être lue, mais je souhaite aussi développer une routine d’écriture en m’y consacrant quelques heures chaque jour.

Une telle rigueur implique aussi que je dois trouver des sujets d’articles intéressants pour les lecteurs. J’ai un jour lu des conseils d’écrivains reconnus qui recommandaient d’écrire à tous les jours pendant une durée déterminée et de ne pas se soucier du contenu. L’exercice d’écrire quotidiennement permet au cerveau de se mettre en mode créativité et d’être alors capable de créer de façon régulière.

Après vingt jours, je n’ai encore aucun problème à trouver des sujets d’articles. Quelquefois, je m’assieds devant l’ordinateur en me disant que je n’ai pas de sujet en tête, mais je n’ai qu’à réfléchir quelques minutes et je trouve toujours quelque chose à raconter. Je remarque une chose toutefois, je suis continuellement en mode écrire dans ma tête tout au long de ma journée et je suis toujours aux aguets pour un sujet susceptible d’être intéressant. Je trouve cela très encourageant et ça confirme mon opinion qu’être écrivain c’est un état d’être et non pas une occupation.

Mon objectif  numéro quatre dans ma Bucket List est d’écrire un article par jour sur ce blogue pendant au moins un an. J’espère avoir quelques lecteurs éventuellement, autres que des amis ou ma famille. Je me dis aussi que ce blogue sera un souvenir éventuellement pour Charmante Ado qui pourra  y relire les évènements de son enfance.

Dans le titre: Il faut vivre pour écrire, et non pas écrire pour vivre.  –  Jules Renard

Ecrire est un métier … qui s’apprend en écrivant.   –  Simone de Beauvoir

Enfin, je tâche de bien penser pour bien écrire. Mais c’est bien écrire qui est mon but, je ne le cache pas. – Gustave Flaubert